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 Foi et Pouvoir • Oberyn & Agnes

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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Foi et Pouvoir • Oberyn & Agnes   Sam 31 Mar 2018 - 1:58




Faith offers Redemption
Au-dessus de la verdure bieffoise, mes ailes s’étendent. J’inspire. J’expire. L’air souffle sur mes plumes, venant maintenir cette position stationnaire bien trop haut dans le ciel pour que l’on daigne lever les yeux sur moi. La fraicheur de l’air me fait du bien. Tant de bien. Au loin, enfin, je l’aperçois. Hautjardin. La demeure fleurissante des Tyrell, siège de bien des réjouissances et bastion longtemps défendu par ce traître d’Hightower.

« Agnes, réveille-toi, par les Sept ! » La main d’Ida avait saisi son bras, le secouant avec force dans l’espoir de voir son aînée revenir parmi les vivants. L’héritière de Lac Rouge cilla longuement, dévisageant sa petite sœur dans le petit habitacle que leur offrait leur voiture. Portant une main à son front, elle expira bruyamment tandis que sa jeune sœur l’observait d’une mine inquiète. « Ca a recommencé, ma sœur, je le crains. » Fermant les yeux un instant, Agnes prit une profonde inspiration, cherchant à apaiser ses pensées, à atténuer le ressenti qu’elle avait pu avoir alors qu’elle semblait flotter dans les cieux. « N’en parle pas, Ida, je t’en prie… Ca ne fera qu’inquiéter notre père, notre sœur… Ou Alvyn. » « Peut-être devrions-nous mettre dans la confidence le Lord-Septon Osgris… Il… » « Non. » L’ordre était sans appel et Ida eut la jugeotte de ne pas relever, la moue pourtant boudeuse.

Combien de fois l’événement s’était-il produit ? Ces derniers mois, la sensation s’était intensifiée, rendant les moments plus forts, plus réels qu’ils ne l’étaient déjà. Plaçant d’abord cela sur une vision que les Dieux cherchaient à lui offrir, Agnes avait compris qu’il ne s’agissait là que de rien de plus qu’un don le matin où elle s’était d’abord vue dormir dans cet état avant de se réveiller pour se retrouver face à un échassier accroché au bord de sa fenêtre et franchement apeuré. Seule Ida avait été mise dans la confidence, forcée de constater le phénomène par elle-même le jour où sa sœur s’était effondrée sur cet échafaud, le dos martelé de coups de fouets. Un frisson parcourut l’échine de la brune, ravivant ces souffrances qu’elle gardait empreintes dans la peau, preuve de sa volonté et de sa rédemption, mais aussi de la miséricorde des Dieux à l’encontre de ceux qui s’étaient détournés de la Foi.

« Pardonne-moi, Ida.. Je ne voulais guère me montrer si dure à ton égard… Mais tu sais que cela ne peut se savoir. Si les gens venaient à penser que la malédiction me poursuit après ce que j’ai vécu… » Sans remettre en cause la religion et l’existence des Dieux tout entière, ils pourraient penser qu’elle avait de nouveau entaché son âme d’une noirceur qu’elle essayait malgré tout de repousser. « Je sais, moi, que tu n’as pas mal agi, Agnes. Tu es guidée par Eux, désormais, et la voie que tu empruntes est plus pure que toutes celles que tu as quitté. » Un sourire complice fut échangé entre les deux Crane tandis que les doigts diaphanes de l’aînée vinrent trouver ceux de la benjamine, se nouant à eux pour lui signifier combien il était important pour elle qu’elle se trouve à ses côtés à cette heure. Une voix, à l’extérieur, leur annonça qu’Haujardin n’était plus qu’à quelques minutes et que, bientôt, elles se trouveraient en la demeure du Suzerain du Bief.

***

Poussant un long soupir, Agnes observa les jardins de cette merveilleuse demeure. Elle les connaissait, oui, pour y avoir déjà passé quelques soirées, mondanités autrefois obligatoires aux jeunes filles de son rang et nécessaires pour paraître devant le monde. Les Crane n’étaient nullement friands de ce genre d’événements, préférant l’ombre et le noir qui leur permettait de se faire oublier, d’éviter ces doigts accusateurs sur leur nom que beaucoup avaient cru bon de maudire plus encore qu’il ne semblait l’avoir été fait par les Sept. Pourtant, l’Aînée des Crane ne craignait plus les rumeurs et les ragots. Plus après avoir subit le chatiment nécessaire à l’expiation de ses pêchés qui, elle le savait, avait fait longuement parler au cœur de toute la région. Une jeune lady devenue martyr pour une cause encore bien difficile à cerner. Ce fut d’ailleurs certainement parce que la cause était si dure à comprendre qu’elle et son Suzerain avaient d’abord échangé par missives interposées. Andrew Osgris, qu’Agnes voyait comme un mentor, un précepteur dans sa quête de Foi et de rédemption, dans ce combat qui n’opposaient guère les régions mais les croyants et les pêcheurs, avait préféré se tenir à l’écart de cet échange et ce fut Agnes qui parvint à le convaincre de se rendre à une audience, invitation lancée par le suzerain autant que proposée par la jeune lady.

C’était là, la raison de sa venue en cette demeure aux murs dorés. Elle ne chercherait pas à convaincre l’homme, mais à lui exposer les faits, la cause qu’elle défendait et les combats qu’ils s’étaient décidés à mener contre des hommes qui n’avaient que peu à faire de leurs croyances. Aucun accord ne devait se résoudre dans la journée pour la Grue Noire, mais elle se devrait d’être une oratrice de talent pour pouvoir se faire comprendre comme il se doit de cet homme qui ne la connaissait finalement que de nom. Outre cela, évidemment, Agnes s’était illustrée par le passé en ramenant à son seigneur et maître l’enfant orphelin de mère et héritier de Lyam Hightower, dérobé à Alester Osgris dans, ce qu’elle pensait par le passé être un équilibre plus juste des pouvoirs. Mais, aux yeux du Tyrell, qu’était-elle de plus qu’une jeune fille aux intentions douteuses et aux méthodes drastiquement opposées à ce qu’elle fut par le passé.

Ida ne se trouvait plus avec elle. C’était seule qu’Agnes devait affronter cet entretien, cette rencontre avec l’homme qui pouvait les écraser autant que les pousser à prendre un envol plus grand encore que ce qu’ils souhaitaient, elle le savait. Sa jeune sœur n’était venue avec elle uniquement pour lui tenir compagnie durant le court séjour. Ida avait cette aura de pureté autour d’elle. Sa Foi était pure, inébranlable et pourrait se montrer appréciable tant elle était capable de convertir le pire des pêcheurs de ce monde par sa douceur et son dévouement à cette cause si peu concrète. Elle était celle qui rappelait Agnes à son devoir envers les Sept, l’aidant dans ses prières et la soutenant dans les épreuves.

Un bruit la fit sursauter, forçant son regard à quitter les jardins, tournant la tête vers la porte. Le Suzerain venait de faire son entrée et ce fut avec le respect dû à son rang qu’Agnes baissa le menton, exécutant une révérence grâcieuse. Sa robe azurée rappelait les couleurs de son blason, les quelques fils dorés venant dessiner une grue entre des roseaux sur son buste. Ses bras étaient couverts de tissu, malgré la chaleur, la pudeur de sa position obligeant ce geste. Ses longs cheveux noirs reposaient sur ses épaules, encadrant son visage, s’écrasant dans le bas de son dos. « Lord Tyrell. C’est un plaisir et un honneur que de pouvoir vous rencontrer et échanger avec vous. »


© Belzébuth

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Oberyn Tyrell
BIEF
■ Localisation : Hautjardin, dans le Bief
MessageSujet: Re: Foi et Pouvoir • Oberyn & Agnes   Ven 5 Oct 2018 - 20:41


 Agnès& Oberyn

 Foi et Pouvoir

 

 « Du vin ! » D'un claquement de doigt impérieux, le seigneur en ces lieux attira l'attention de son échanson, sans même lui accorder un seul regard, reposant avec fermeté le parchemin qu'il venait de lire sur la pile monumentale trônant sur son bureau. Sa table de travail ne ressemblait plus qu'à un amas informe fait de papiers et d'encre, où même la plume aiguisée du Tyrell ne trouvait plus le chemin. Les sourcils froncés, la mine sévère et les traits fatigués, Oberyn offrait un spectacle inquiétant à qui savait le déchiffrer. Rares étaient ces personnes, et l'une d'entre elle se trouvait nonchalamment assise sur une méridienne à quelques mètres de là. « Quel lord vous tourmente t-il en ce jour, mon aimé ? Ou bien sont-ce des nouvelles de la cour ? » Leandra avait employé ce ton affecté en prononçant ses mots doux, celui qu'elle avait fait sien depuis une dizaine de jours, depuis leur départ du Donjon Rouge... et l'insinuation habile et diplomate au sujet de l'emprisonnement de sa cousine Catelyn n'avait pas échappé à son époux. Il contint un soupir, refusant de laisser libre court à son agacement, craignant de ne faire qu'attiser le feu dangereux dont semblait brûler sa femme depuis que Catelyn Arryn avait levé le mystère des corbeaux sans réponses.

« Nulle nouvelle de Port Réal, ma mie, mais vous serez sûrement rassurée de savoir votre frère et ma sœur rentrés sains et saufs aux Eyrié. » Cela avait été son unique clarté dans l'océan de ténèbres qui l'avait englouti dès qu'il avait posé le pied dans le Bief : sa tendre Rose n'avait pas manqué de le tenir informé de leur avancée, lui contant par le menu leur trajet depuis leur départ précipité du Donjon Rouge. L'arrestation de Catelyn Arryn avait été un scandale tonitruant et le traitement réservé au seigneur des Eyrié et sa suite avait été pour le moins préoccupant. S'il n'avait guère d'affection pour Martyn, sans mentionner l'antipathie profonde qu'il ressentait pour sa cousine, Oberyn ne pouvait supporter de savoir sa petite sœur en situation périlleuse et fragile, peut-être même en danger... Qui savait quel coup la Main ambitieuse conservait encore dans sa manche ? Le soulagement qu'il avait ressenti en la sachant hors de toute emprise royale n'avait d'égale que la lassitude agacée qu'il éprouvait à l'instant même. Le Tyrell inspira profondément avant de se saisir de son verre de vin et d'en boire quelques gorgées bienfaitrices. Peut-être la légèreté d'une ivresse naissante l'aiderait à mieux appréhender la situation du Bief... Mais le problème semblait inéluctable et le lord n'était pas loin de penser qu'il faudrait agir avant que l'anarchie ne s'installe pleinement. Posant son gobelet de bronze, il fit claquer sa langue avec satisfaction avant de planter un regard à la fois dur et cynique dans celui de Leandra : « Non ma mie, ce sont encore et toujours les frères Osgris qui me donnent la migraine. J'ai cru que ne rien faire laisserait passer le mal et le soignerait tout seul, mais je commence à croire que le remède est ailleurs... »

Lentement, ses yeux se posèrent sur un parchemin où s'étalait une écriture fine et volubile, marquée du sceau de la grue...

***

Andrew Osgris. Alester Osgris.

Le Gouverneur du sud laissait son regard s'abîmer vers la ligne floue de l'horizon, déformée par le carreau des fenêtres de son cabinet privé, son lieu de prédilection lui permettant de se concentrer et de mieux réfléchir avant un entretien d'importance. Les frères ennemis. Chacun avait ses forces et ses faiblesses... Oberyn ne pouvait nier l'aide précieuse que lui avait fourni Alester lors de la trahison Hightower, menant moult combats et devenant le véritable bras armé de son seigneur et maître pour lui rendre son fief. Andrew n'avait pas démérité non plus, l'aidant à reprendre Hautjardin, l'accompagnant au cœur même de la crise alors que ses enfants étaient en danger, prisonniers du traître... Mais il n'était pas dupe, le Tyrell savait pertinemment que ces aides miraculeuses n'étaient pas nées de la bienveillance désintéressée, ni de la loyauté sans borne de ces deux lions échiquetés. L'un espérait obtenir l'appui de son suzerain, son aval pour s'emparer du fief Osgris et l'étendre bien plus encore, prêt sans aucun doute à revendiquer une dette que le seigneur aurait envers lui. L'autre n'avait seulement voulu que mettre la main sur sa belle-soeur et sa nièce, pour les mettre à l'abri de tout danger pour ensuite proclamer sa nièce héritière légitime de Piéferme.

Comment leur faire confiance ? Des rumeurs circulaient sur la mort suspecte de l'aîné des frères, et pour avoir côtoyer celui qu'on surnommait le Damné, le brun n'aurait pas été étonnée qu'elles soient vraies. Mais quand bien même il aurait accordé crédit aux paroles de la veuve et l'orpheline et de son oncle, Oberyn avait dès les prémices décidé qu'il ne se mêlerait pas du problème. Que les lions verts se déchirent entre eux et règlent leur problèmes familiaux, le Bief n'était pas concerné. C'était sans compter sur la hargne et ténacité d'Andrew, ni sur la gourmandise gloutonne et démesurée d'Alester. Et à l'heure actuelle, le nord du Bief était à feu et à sang sans espoir apparent d'apaisement des tensions. Pour couronner le tout, Andrew Osgris avait transformé sa guerre fratricide en guerre de religion, haranguant le petit peuple et les grands seigneurs avec ses discours enfiévrés et les armant pour les convaincre à se soulever. Contre qui ? Alester, mais pas seulement... Et c'était peut-être là le plus grand danger d'Andrew. Car si les intentions d'Alester étaient claires et presque grossières, celles de son cadet étaient beaucoup plus vaseuses et abstraites... Mais apparemment très efficaces. Ne venait-il pas de mener le siège de Château-Lyberr avec succès, réussissant même à rallier l'héritier de la maison à sa cause ?... Des coups à la porte et un grincement arrêtèrent le fil de ses pensées. « Mon seigneur, la lady Crane est arrivée et vous attend dans le petit salon. »

Agnès Crane... Voilà une autre âme mystérieuse qu'il allait falloir apprendre à cerner. La vision qu'il avait d'elle était empreinte de lointains souvenirs lors de fugaces apparitions de la famille à Hautjardin et d'une multitude de ragots pétris de malédiction et autres scandales noirs. Ses conseillers lui avaient rapportés la subite dévotion envers la Foi de la jeune femme, agrémentée d'un récit assez effrayant mettant en scène un fouet... La personnalité de cette bieffoise semblait d'une force et d'une férocité sans borne. Oberyn savait aussi que les Crane étaient devenus un allié de poids pour Andrew Osgris et qu'elle jouait le rôle de conseillère... et d'intermédiaire. Ce n'était pas le premier corbeau qu'il avait reçu de la lady de Rougelac, et le suzerain avait fini par accepter de la recevoir, mettant sa neutralité et ses réserves de côté. Agnès Crane était sans doute la mieux indiquée pour l'aider à appréhender le problème des fanatiques et du Septon Osgris. Car le désordre avait bien assez duré, il était temps pour le seigneur de Hautjardin de prendre parti et de résoudre le problème. D'un air décidé, le Tyrell quitta la pièce, son sbire le suivant à la trace comme une âme damnée.

Anticipant l'ordre de leur suzerain, les gardes en faction ouvrirent les deux battants de porte, donnant à l'entrée d'Oberyn toute la grandeur qu'elle méritait. Impérial, il pénétra dans la pièce, accompagné d'une armée de serviteurs prêts à répondre à ses ordres et qui déjà se dispersait dans la pièce pour se mettre à leur poste. Oberyn respirait l'assurance et ce fut d'un œil circonspect qu'il examina la silhouette délicate tombant en une gracieuse révérence devant lui. Elle était d'une sobre beauté, élégante et distinguée, son teint de porcelaine venant renforcer son côté dévote et un peu trop sérieuse. « Lord Tyrell. C’est un plaisir et un honneur que de pouvoir vous rencontrer et échanger avec vous. »

Le silence s'installa, Oberyn laissant sciemment son invitée patienter dans sa position révérencieuse. Il la jaugeait, appréciant l'humilité qui se dégageait d'elle, mais également cette force insoupçonnée dans ce corps si frêle. La force de la Foi ?... Ses longs cheveux d'ébènes captaient les rayons ardents du soleil filtrant par les fenêtres ouvertes, et les fins fils d'or de sa robe lui conférait un air angélique... Agnès Crane... Intéressant. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire en coin, et son regard s'illumina d'une flamme espiègle. Le jeu allait pouvoir commencer. « Le plaisir est pour moi, Lady Crane... Il tendit la main pour que la belle s'en saisisse, et la porta à sa bouche pour y déposer un chaste baiser respectueux... J'espère que le voyage ne fut pas trop mouvementé. Vous devez avoir soif et être passablement fatiguée. Que l'on apporte de l'eau et du vin, ainsi que des coupes de fruits. »

La foule silencieuse se mit en mouvement, certains disparaissant en cuisine, pendant que d'autres s'affairaient autour des verres, plateau et autre vaisselle. D'un geste souple et royal, Oberyn Tyrell indiqua un fauteuil à son hôte, l'invitant à y prendre place pour converser plus agréablement tandis que lui même s'installait en vis-à-vis, affichant toujours sa mine affable et ses airs de grand seigneur. « Je gage que ces derniers jours ont été ascétiques, ma Dame, un siège, même du côté vainqueur, n'est pas une partie de plaisir et les conditions de vie y sont spartiates... N'est-ce pas, d'ailleurs, un lieu bien trop sauvage et âpre pour une lady de votre rang ? » Ses yeux d'un bleu d'acier ne la quitta pas du regard, se faisant intense comme pour percer la carapace de cette Grue étrange. Il voulait la tester, la voir réagir, pour mieux saisir sa personnalité. « Alors je vous en prie, servez-vous autant qu'il vous plaira... A ces mots, un plateau comportant deux verres se posa discrètement sur la petite table devant eux, pendant que deux cruches et trois coupes de fruits faisaient leur entrée. Comment se porte votre famille, lady Crane ? » Son échanson lui servit du vin, s'apprêtant à remplir également le verre de la jeune femme mais d'un geste rapide, Oberyn l'en empêcha en imposant sa main au dessus du verre d'Agnès. « La lady Crane ne désire peut-être pas de vin. Ma dame, voulez-vous goûter à ce cru de la Treille ou bien préférez-vous de l'eau ? »

Le Tyrell souriait toujours. Charmeur, tranquille, sûr de lui, bienveillant. Mais tout chez lui était calculé et le choix de la noble bieffoise en dirait long sur elle aux yeux du lord...



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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: Foi et Pouvoir • Oberyn & Agnes   Mer 31 Oct 2018 - 18:12




Faith offers Redemption

La tête baissée, la révérence bien basse maintenue sans qu’un tremblement ne vienne tenter de la faire vaciller, Agnes attendait. Elle connaissait le respect, son éducation ayant été basée sur ces manières et ces louanges que sa mère lui faisait de la famille Tyrell. C’était la première fois qu’elle se retrouvait ainsi face au seigneur suzerain du Bief, de cette région qu’elle n’avait jamais quitté. Evidemment, l’homme ne lui était pas non plus entièrement inconnu car elle l’avait déjà croisé lors de célébrations officielles et notamment lors du Tournoi du Vieux-Rouvre. Alvyn… Son cœur se serra quand elle songea à la tête blonde du jeune homme qui l’avait fait battre avec tant d’ardeur qu’elle avait dû s’en repentir. Mais ce souvenir lointain s’éloigna bien assez vite pour qu’elle puisse ainsi se reconcentrer sur l’instant présent. La Grue était intimidée, silencieuse et respectueuse, courbant les échasses pour mieux s’incliner devant la merveilleuse Rose.

Finalement, reconnaissance l’enchantement de cette rencontre, il tendit une main dont elle se saisit, accusant ce chaste geste en baissant légèrement le menton, jouvencelle encore prude de toute proximité, trop souvent repoussée au loin à cause d’une malédiction qu’elle s’efforçait de briser. Soulignant l’intensité du voyage qu’elle avait dû faire pour atteindre Hautjardin, il fit en sorte qu’elle ne manque de rien et Agnes s’empressa de le remercier comme il se devait. « Mon Seigneur est bon et je vous remercie de la sollicitude qui est vôtre. Les Sept ont su veiller à ce qu’aucun danger ne soit mis sur ma route et ma sœur fut présente pour trahir l’ennui de ce temps perdu. » Invitée à prendre place, Agnes se mit en mouvement, silhouette délicate aux allures modestes que les Dieux avaient su redresser, la couvrant d’une grâce presque surréaliste. Prenant place dans le fauteuil, elle conserva cependant une allure droite et maîtrisée. Elle avait cessé de se servir de l’assise des chaises dès le lendemain de sa punition, son dos portant encore les marques de l’expiation, souvenir ancré dans une chair de porcelaine et fragile. Ses mains se posèrent machinalement sur ses genoux et son menton demeurait légèrement baissé, par respect pour son Suzerain.

Oberyn revint alors sur les derniers jours passés devant la forteresse des Lyberr. La situation aurait pu être pire, aurait pu être nuisible à leur cause mais les Sept avaient parlé en faveur des défenseurs de la Foi, non de ces traitres de soutien à un homme qui bafouait les lois les plus sacrées qu’étaient celles du sang. Agnes, pourtant, s’était habituée à vivre dans des conditions très simples. Elle n’avait jamais été du genre à pousser des caprices pour obtenir quelque chose tout comme elle avait pris le chemin de la guerre il y avait maintenant deux ans, quand elle avait rejoint son père et son fiancé à Boisdoré, rencontrant ainsi celui qui fut responsable de l’empoisonnement de son âme, le Lion Echiqueté. « Bien des hommes aimeraient me voir redevenir la simple héritière de Lac-Rouge, mon seigneur, affairée à de la broderie et conversant de mes parures. Mais je crois que ma propre voie ne se trouve loin du confort d’un château et de la légèreté des mots qu’une enfant pouvait avoir. Je n’ai aucun goût pour la guerre, mais j’aime à croire que ma présence sur ce terrain pourrait éviter de nombreux bains de sang. » La douceur naïve d’une jeune femme face à la brutalité des hommes… Et pourtant, le sang coulait un peu plus qu’Andrew Osgris lâchait ses chiens sur ce peuple déchiré qui finissait par demander le pardon divin, à l’image de l’héritière de Lac Rouge une année plus tôt.

Insistant sur le fait qu’elle pouvait se servir à son aise, la jeune femme baissa les yeux, hochant la tête pour le remercier silencieusement, cherchant à tester ses sens pour savoir s’il lui était nécessaire de céder à l’opulence que cette entrevue lui offrait, ou si elle devait se contenter de conserver cette prestance qui lui intimait de ne pas en toucher une miette. Le seigneur Tyrell eut alors une question d’un tout autre sujet, en venant à toucher la famille de la jeune femme. Déchirée. Le premier mot qui vint à l’esprit de l’héritière de Rose de Lac-Rouge était affligeant de tristesse mais terriblement vrai. Un sourire mince se plaqua sur ses lèvres et elle ouvrit la bouche pour répondre quand, d’un geste vif, le seigneur s’interposa entre le vin et le verre, venant relever le souhait de son invitée du moment, la forçant à plonger son regard noir dans celui céruléen de l’homme de pouvoir. Les mots du Suzerain furent directs, lui imposant alors de choisir. Et il était une chose qu’Agnes avait appris de ces longs instants passés avec des hommes : on remarque à sa boisson s’il est prêt à s’affaiblir ou non. Evidemment, son choix premier se serait, en effet, porté vers de l’eau. Depuis quand n’avait-elle pas cédé au vin ? Andrew Osgris luttait pour qu’elle garde les idées claires en permanence, pour qu’elle soit digne de cette Foi qui brûlait en son cœur, pour lui éviter de céder au blasphème à cause d’une substance qui changeait un Homme. Mais choisir l’eau revenait à faire entendre à son Suzerain qu’elle ne baisserait pas sa garde, qu’elle serait implacable et risquait de le froisser, peut-être même de le buter entièrement ce qui réduirait à néant l’intérêt même de cette discussion.

Souriant aimablement, elle reprit donc de sa voix douce et mesurée. « N’ayant eu l’occasion de célébrer la réussite de ce siège, je saurais m’autoriser un peu de vin, à moins que mon Seigneur ne juge cela trop déplacé car je n’ai nul chaperon en ma compagnie pour veiller à ce que mon intégrité reste entière. » Un ton amusé avait achevé sa phrase, rappelant au seigneur du Bief qu’elle avait toujours bien conscience de ce qu’elle était, une jeune femme à l’honneur intact qu’il fallait préserver. Mieux encore, elle lui remettait la décision entre les mains. Elle le laissa donc gérer cette situation avant de répondre à la question de l’homme énoncée quelques instants auparavant. « Ma famille se porte bien, me semble-t-il. Je dois avouer ne pas avoir vu mon père depuis son retour du couronnement, de même que ma sœur Danna qui demeure à Lac Rouge afin de diriger le domaine en notre absence. Ma jeune sœur m’accompagne bien souvent elle… Mais les avis divergent dans notre demeure et les conflits qui ont animé le Bief ces dernières années en son malheureusement la cause… A dire vrai, je pense même pouvoir assurer à mon Seigneur que ma famille n’est guère la seule à trembler du contrecoup des choix passés. » Et pour la seconde fois, ses yeux noirs s’étaient relevés pour mieux se planter dans ceux de son suzerain.


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