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 Le bois du secret |Gudbjoern|

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Le bois du secret |Gudbjoern|   Ven 13 Avr 2018 - 11:45

La forêt sacrée n'était plus la même sans la neige. Sur le sol, l'humus s'était transformé en un parterre verdoyant, mélange de mousses, de fougères et de lichens aux nuances raffinées. Le vert était partout représenté, d'absinthe à mine, d'émeraude à empire. Parfois, comme une rivière colorée parmi les branchages au sol et les feuilles tombées, les crocus multicolores et autres myosotis, agrémentaient la beauté de la forêt tels les bijoux au milieu de l'écrin.
Ashara n'avait jamais vu cela auparavant, elle ne connaissait que le blanc immaculé, que la neige et le froid brillant, glacé. Celui qui vous pénètre dès que vous le rencontrez et qui vous habite toute la journée durant.
Cette découverte faisait la joie de la jeune femme, prenant cette sécheresse comme une malédiction mais aussi comme un cadeau des Dieux.
Si la population souffrait du manque de nourriture, la nature elle, semblait se réveiller et renaître dans le bruissement d'ailes et le murmure chantant des oiseaux.
Chaque bourdonnement d'insecte, chaque brise traversant les cimes des arbres, composait cette atmosphère vivante, riche à la manière d'une musique entêtante et sans fin.

Tandis qu'elles avançaient, levant leurs jupes pour laisser les herbes folles caresser leurs mollets, Cathan et sa mère riaient, enhardis de la découverte de ces nouveaux lieux sacrés. Ce n'était pas la première fois qu'elles y venaient, la foi les y avait guidé plusieurs fois depuis la fonte des neiges. Mais à chaque traversée, à chaque pas sur les sentiers, les sensations demeuraient les mêmes.
La complicité de l'enfant et de la mère n'était plus à prouver. Petit à petit et malgré les soucis, Ashara tentait de reprendre sa vie en main. Longtemps, elle avait gardé sa fille éloignée, pour la protéger comme pour se protéger elle-même du ressentis que l'enfant lui rappelait.
Le manque cruel et terrible de l'homme qu'elle aimait, et qu'elle retrouvait derrière les yeux de son enfant, l'inquiétude qui la paralysait parfois, à l'idée que la Guerre puisse venir la lui arracher. Aujourd'hui, Ashara voyait une autre sortie, une autre possibilité.
L'arrivée de Gudbjoern d'abord, de Martyn après l'avait en quelque sorte libéré des chaînes que Jorah lui faisait porter.

Si la confiance en ces deux hommes était encore en construction, elle s'empressait d'y apporter les pierres, car le temps lui manquait, que bientôt il serait trop tard. S'il fallait tenter quoique ce soit, ce serait dans les jours à venir.
Agenouillée au bord de la source, celle-là même où les prénoms de Etaine, Brandon et le sien avait été gravé, Ashara priait tandis que Cathan courrait après quelques papillons colorés en riant.
La glace éternelle s'était brisée, avait fondu et Ashara y avait vu un signe : il était temps de laisser derrière elle son passé. Son avenir, elle le construirait de ses mains, quitte à les salir avec les pires possibilités. Pour l'amour de sa fille, elle le devait.
Avec humilité, elle s'adressait aux barals et aux esprits de la forêt, leur demandant de lui accorder la force et le courage, de mener à bien et surtout jusqu'au bout ses projets. Le chemin serait semé d’embûches, la route serait longue et la mort pouvait l'attendre tout au bout.
Mais encore une fois, plus elle y réfléchissait et plus sa volonté s'affermissait. Elle n'avait pas le choix.

La voix de Cathan la tira de ses pensées lorsqu'elle prononça le nom du géant.
Ashara se retourna et vit sa fille courir vers le sauvageon. Elle retint son souffle et se redressa vivement, le souffle court, peu rassurée. Contre toute attente, la gamine appréciait celui que sa mère avait engagé pour la protéger. Sa confiance était limité dans le poids des pièces qu'elle lui donnait, mais elle voulait croire par moment, qu'il existait plus que ce que le contrat exigeait.
Gudbjoern s'était relativement bien intégré à Winterfell. Malgré sa carrure imposante, on le considérait désormais comme un soldat de plus pour la Guerre à venir. Recruté par Theon à l'Est et d'autres bannerets, il en venait de nouveaux presque tous les jours. Le géant se fondait dans la foule et rassurait même certains par sa seule présence. Les paris allaient bon train, concernant le nombre de bonhommes que le sauvageons empilerait sur sa lame, avant de peut-être, mourir lui aussi.
En la présence des hommes, Ashara agissait comme s'il était un soldat parmi tant d'autres, elle ne lui apportait que peu d'importance. Mais dans la forêt, à l'abri des regards, ils conversaient souvent et faisaient connaissance poussés par une Cathan dont l'innocence enfantine et la curiosité aurait mis à mal la barrière la plus haute de n'importe quelle forteresse.
Ashara épousseta sa robe, chassant les brindilles du tissu velouté avant de saluer le géant. Les peaux avaient été troqué contre une armure de cuir bouillis que la Louve avait du faire élaborer spécialement pour lui étant donné la carrure de l'homme. Sa barbe avait été taillée et laissait apparaître une mâchoire carrée qui se fondait naturellement dans la masse de chair qui le représentait.

- Bonjour Gubdjoern,
le salua-t-elle avec un sourire non feint, mais toujours un peu hésitant.

Malgré les quelques fois où ils s'étaient rencontrés, malgré le fait que Cathan lui fasse une confiance quasi aveugle (les Dieux seuls savaient ce qu'il lui avait fait), Ashara se méfiait toujours un peu. La peur parlait encore et comment aurait-elle pu se taire, en voyant que d'une seule main il pouvait la broyer.
La louve était craintive et sur la défensive toujours, mais au fond d'elle, la voix persistait à lui souffler qu'elle n'avait pas le choix. La vie était question de confiance placée dans les bonnes ou les mauvaises personnes.
Elle n'avait pas eu l'occasion d'en faire les frais pour l'instant, bien que son frère petit à petit avait réussi à la faire douter, jusqu'à ce qu'elle décide d'agir contre lui, pour le bien de sa maison et de sa famille.

- J'ai entendu dire que vous avez affronté mon cousin Martyn lors d'un exercice. Qu'en avez-vous pensé ?

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Le bois du secret |Gudbjoern|   Dim 15 Avr 2018 - 20:49

Il ne faut en réalité que très peu de choses pour parvenir à conquérir le cœur d’une enfant. La première, c’est de lui montrer que vous ne lui voulez aucun mal. Pour cela, rien de bien difficile. Aussi dur que vous puissiez paraître, faite la rire. Montrez-lui le ridicule dans de petits gestes et de petites actions. Présentez vous comme aussi dur dans la tâche de la couvrir qu’habituellement. Détournez le regard quand il le faut, laissez la faire une petite bêtise. Montrez lui qu’en votre présence, elle ne craint rien. Et la confiance naîtra. Si à côté de ça, vous vous montrez capable. Si un enfant commet de petites bêtises sans réel danger, il ne faut pas blâmer pour rien. Nous sommes tous enfants et les interdits ont la fâcheuse tendance à devenir des habitudes que l’on aime retourner. Cela dit, si vous apprenez à gronder quand il faut, l’enfant comprendra. L’enfant n’est pas stupide et souvent, très souvent, l’enfant est encore blanc de toutes les corruptions. Dans notre monde, ce sont ces enfants qu’il faut protéger et aider. Eduquer convenablement. Bien loin de moi l’idée d’éduquer tout enfant qui n’est pas mien, cela dit. Pour dire vrai, je ne sais même pas si j’ai laissé quelconques « bâtards » derrière moi, dans le nord. Des femmes, ça, j’en ai baisées, ouais. Le reste…. Franchement, je m’en cogne. Ils grandiront et deviendront robustes, ou mourront bêtement et jeunes. Si toutefois j’en ai. Cela dit. Le plus amusant dans tout ça, c’est de se dire que malgré tout, je ne peut m’empêcher d’apprécier les gosses.

Finalement, j’ai fini par troquer mes peaux contre une tenue de cuir bouilli. Du bon ouvrage. J’ai donc pris soin de tout de même venir tailler l’une de mes peaux pour qu’elle puisse venir recouvrir le tout. Ultime souvenir que je m’accorderai à garder de mon passé. Une bonne peau sert en toutes bonnes circonstances. Celle-ci appartenait à un ours des plus massifs et robustes. D’autant pourraient penser qu’il s’agit là d’une armure en soi. Dans le fond, ce n’est probablement pas faux, elle m’a servi à cette fin jusqu’à aujourd’hui, après tout. Après, je ne me plaindrai pas de ces changements : Après tout, la chaleur du coin ne risque pas d’aller en s’arrangeant, pas vrai ? Ma barbe taillée me donne l’impression d’être à poil. Mais ça, je présume qu’il me faudra de toute façon du temps avant de m’y faire. J’ai aussi pris soin de passer voir l’ébéniste et le forgeron. L’un pour me faire tailler un bouclier massif, rond, qui trône dorénavant dans mon dos, par-dessus la large lame, ainsi que pour une hache courte. Enfin… courte pour ce qu’on pourrait attendre d’un type de ma carrure. En réalité, elle l’est juste assez pour pouvoir pendre sans gêne à ma ceinture. Un homme normal l’utiliserait sans doute à deux mains. Le poids de ma tenue ayant drastiquement diminué, inutile de me priver du poids de l’acier.

Une fois ces « commandes » récupérées, il ne me restait plus qu’à aller à l’office du jour. Ouais, je sais. On à tendance à oublier que tous les hommes peuvent être pieux. Et pieux, je le suis bien plus qu’on pourrait le penser. Les anciens dieux n’ont eu de cesse de m’observer. Il faut bien que je continue à leur rendre quelques rapports, hm ? Bien que ce fût arrivé quelques fois par le passé, je ne pouvais cependant en rien me surprendre de trouver mon employeuse, lady Ashara, dans le bois sacré. C’est en tout cas sans crainte que je me permets d’approcher, d’abord silencieux. En tout cas jusqu’à ce qu’elle offre de m’accueillir. Ce sans quoi je me serais contenté de m’installer près du baral pour faire mon office personnel. La chose qui ne me surprit en rien, cependant, fut de découvrir sous son sourire et ses mots, des restes d’inquiétudes. Si Cathan, sa fille, semblait m’avoir plutôt bien adopté, elle ne restait encore qu’une enfant et si il y à bien une différence majeure entre l’enfant et l’adulte… c’est que l’adulte, lui, ne peut en rien s’empêcher de craindre et de douter. On rassure bien moins facilement un adulte qu’un enfant. C’est bien pour cela d’ailleurs qu’un adulte méfiant finit par vivre bien plus longtemps. Je serais donc en soi parfaitement stupide de la blâmer pour sa méfiance. Et c’est d’un simple sourire bref que je la salue à mon tour, inclinant du chef sans un mot. La remarque, en tout cas, m’arracha un léger ricanement.

-Un homme habile. Nul doute qu’il à bien appris à combattre. Je serais…. Curieux de voir ce qu’il accomplirait sur un champ de bataille, en sachant sa vie menacée. Il semble du genre à différencier l’entrainement du combat.

La fin semble peut être trahir une fin déception. Mais il n’en est pas forcément le cas. Moi-même, je n’aime pas les entrainements. Aucun homme n’as autant de valeur en jouant à l’épée qu’en combattant pour sa vie. C’est là, qu’on goûte à la vraie valeur d’un homme. Cependant, cet échange fut des plus utiles et plaisant, dans la mesure de ce qu’il à été. Pour le reste… peut-on juger l’entrainement utile si son but n’est pas de se préparer sérieusement au combat ? Blessure minime et contres inattendus. C’est de ce genre de choses qu’on apprend. Et tous deux, avons appris.

-Comme promis, j’ai tâché de ne pas trop esquinter les vôtres. Je l’ai bien entendu inclus là dedans.

Un sourire amusé voir nigaud trahit mes mots. Bien entendu, le ton était charrieur. Même si il ne relatait que de faits. Un guerrier se doit de se montrer sur de lui face à qui l’emploie. C’est une règle de vente classique, si je peux dire.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Le bois du secret |Gudbjoern|   Jeu 19 Avr 2018 - 9:52

Gudbjoern ricanât et Ashara ne put s'empêcher de sourire. Elle avait entendu les rumeurs qui avaient découlé de cet entraînement. Pour autant, les paroles suivante du mercenaire eurent pour effet d'élargir un peu plus l'étirement de ses lèvres. N'ayant pas assisté à l'affrontement, elle ne pouvait que comparer les deux façons d'être des deux hommes. Mais pouvait-on réellement comparer la manière de combattre d'un mercenaire et d'un seigneur ? Martyn avait apprit l'épée à travers les exercices et les joutes formalisées, Gudbjoern à travers son expérience et son instinct de survie. Elle ne donnait pas cher de la vie de son cousin si ces deux là se croisaient sur un vrai champ de bataille, par leurs techniques d'une part et par leurs carrures.
Martyn était fort réfléchi, il pensait beaucoup, peut-être trop, semblant mesurer l'étendue de chacun des conséquences qu'un battement d'ailes de papillon pourrait colporter. Pouvait-on prendre le temps de le faire lors d'un combat acharné ? Ce temps précieux ne pouvait-il pas jouer contre sois ?
Elle n'en avait pas la moindre idée.

Parfois, elle observait les entraînements des hommes de Winterfell. Du haut des murailles, elle laissait divaguer ses pensées tandis qu'à ses pieds, les hommes se traînaient dans la boue comme des bêtes. Combien de fois avait-elle assisté aux entraînements de Bran ?
Ashara exécrait la violence de quelque forme qu'elle fut. Mais dans ce monde de Guerres et de batailles, pouvait-on vivre sans ?
La vie n'était-elle pas une Guerre et chaque grand changement qui la composait une bataille à gagner ? Il lui semblait que jusqu'à présent, elle avait plus perdu qu'autre chose, mais peut-être qu'enfin le vent changeait. Ses choix étaient fait.

Au trait amusant du géant, Ashara répondit en hochant la tête pour appuyer ses propos.

- Et je vous en remercie.

Aujourd'hui, elle voulait profiter de le rencontrer pour lui parler de ses plans dans lesquels elle avait impliqué le mercenaire.
Son regard dévia sur Cathan, comme pour se donner le courage de le faire. La fillette courait après un papillon, innocente et façonnée de joie à laquelle Ashara était étrangère. Comme ils lui manquaient, ces temps d'enfance à la chaleur et au destin tracé.
Dans sa robe légère et bleu, Cathan semblait être une invitée des Dieux, riant aux éclats, carressant les feuilles et le bois. Ici, elle était dans son élément plus que nulle part ailleurs et sa propre mère se préparait à l'arracher à tout cela.
Son coeur se serra un peu plus à cette idée et elle se borna à se dire que c'était pour le mieux. Elle se surprit à avoir oublié la moitié des descriptions de Edric au sujet d'Accalmie. Par tous les Dieux, cela faisait trop longtemps. Se souvenait-elle vraiment du son de sa voix ou bien son cerveau lui jouait-il des tours ?
En proie à une nouvelle détresse liée à la solitude dans laquelle elle était enfermée depuis trop longtemps, elle serra sa robe entre ses doigts et afficha un sourire sur ses lèvres en regardant le géant de nouveau.
La résignation apparut dans ses pupilles et mentalement, elle se répétait qu'elle n'avait pas le choix ou plutôt, elle avait le choix. Faire vivre ou laisser mourir.

- Gudbjoern, je suis contente de vous voir en ces lieux, il fallait que je vous parle, reprit-elle.

Après s'être assurée qu'il n'y avait personne à la ronde, elle s'installa sur une grosse souche de bois. Les Dieux seraient témoins de l'infamie et de la trahison qu'elle s'apprêtait à expliquer. Si leur volonté était telle alors les projets seraient menés à bon port, dans le cas contraire...la louve préférait ne pas y penser.
Cathan jouait toujours un peu plus loin, s'inventant une histoire d'enfant de la foret et d'envoyée des Dieux. Son imagination avait toujours été débordante et Ashara s'y était habituée. Mieux valait qu'elle s'imagine des voix plutôt qu'elle entendent celles qui allaient prononcer l'enlèvement de son oncle.

- J'ai une mission pour vous, plusieurs même en réalité.

Elle ne savait pas vraiment comment tourner ses mots, elle ignorait même s'il accepterait bien qu'elle le payait grassement. La confiance et l'honneur changeait en fonction des bourses, mais eux deux s'étaient serré la main.
De sa poche cachée dans sa robe, elle sortit une carte qui représentait la région puis fit signe au géant de s'approcher.

- A l'est de Winterfell, il y a cette rivière. J'ai besoin que vous trouviez le moyen le plus sûr de la traverser et aussi le plus rapide. De l'autre côté, il faudra y cacher des vivres, de l'eau et des vêtements de rechange que je vous préparerais dès ce soir.


Elle pointa sur la carte l'endroit auquel elle pensait. Avec la sécheresse, peut-être le niveau de l'eau avait baissé, peut-être qu'il existait de nouveaux points d'accès. Elle n'avait pas pu y aller, n'étant pas autorisée à s'éloigner du domaine mais comptait sur l'aspect pratique du mercenaire et sur son instinct naturel pour passer de proie à prédateur.
Ce n'était pas si loin et elle pourrait lui fournir un cheval s'il le désirait. Un demi-trait serait parfait pour lui, mais savait-il au moins monter ?
Quand à la suite des projets, il n'était pas nécessaire qu'il apprenne tout ce jour. Au moins, s'il se faisait attraper pour son comportement suspect, il ne pourrait pas l'accuser.

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Gudbjoern
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MessageSujet: Re: Le bois du secret |Gudbjoern|   Ven 20 Avr 2018 - 22:35

Il est vrai qu’un entrainement limite l’épée. Tant dans la force, que dans l’habilité. On fait rarement montre de l’étendue de nos capacités dans une simple joute, je pense. Pourquoi offrir ses capacités sur un plateau, si ce na convient à se faire embrocher plus tard ? L’avantage me séparant de la plupart des seigneurs et chevaliers… c’est que l’honneur m’est purement secondaire. Vaincre avec honneur revient souvent à mourir face à quelqu’un qui combat simplement. Shooter dans un tas de caillasses au combat peut donner la différence. Porter un coup de pied au bon moment, aussi. Voir même attraper le bras de l’adversaire pour le déchirer, armure ou pas. Certes, ma situation m’offre pour le coup nombre d’avantages. Jusqu’à ma lame, qui est parfaite pour broyer les fines lignes d’acier servant de protection. J’ai connu un type autrefois. Un corbeau qui se faisait appeler « boucher ». Tout ça car avant de revêtir le noir, il aimait à découper. « Le boucher s’en est payé une tranche » sorti l’un des ses camarades, lorsque ma lame est venue attendrir sa chair. L’un dans l’autre, tout demeure sujet à interprétation, finalement. Maintenant, j’ai appris à ne considérer malgré ma force et mon talent évident pour la violence, à ne jamais considérer un combat comme gagné avant d’avoir fait rouler la tête de mes adversaires. Aucun combat n’est gagné d’avance. Aucune peau tanné avant victoire. J’avais admis moi-même le talent de ce « Martyn ». De fait, le combat serait sans nul doute intéressant. Bref, je pense, mais intéressant. Sa réponse finit de me faire ricaner, tandis que j’inclinais faiblement du chef, en réponse. Martyn m’avait dit de plus surveiller mes propos. J’en déduisis qu’il me fallait aussi surveiller mes manières. J’ai passé le clair de la dernière soirée à me former aux mœurs et usages auprès de quelques gardes du château, à l’extérieur. Ils ont suffisamment apprécié mon grog pour que l’affaire demeure aussi entendue qu’oubliée, je gage. Mon regard dévia sur l’enfant un moment, ce qui eut pour effet de m’adoucir un peu, sans doute. L’enfant était gentille et joyeuse. Puisse-il durer. Aucune enfant ne devrait connaitre le monde brutal des adultes. Cependant, aucun enfant ne devrait rester toujours à l’abri d’un grand mur. Les dangers sont partout, et c’est justement face au danger que l’on s’endurcisse. Un enfant qui n’est pas endurci ne vit malheureusement pas bien longtemps. Enfin... Je présume que c’est là l’une des différences majeures entre ce monde et le mien. Dans le mien… Il n’y à pas de grands murs pour protéger les enfants, et ceux-ci doivent se battre tôt pour survivre.

Mon attention ne tarda guère à revenir se poser sur la dame. Après tout, même si je pourrais rester à regarder l’innocente jouer un bon moment, mon interlocutrice n’était guère autre que la jeune dame qui me faisait face. Celle-ci manqua de retomber dans la résignation que je lui avait relevée, mais… cette fois, elle semblait différente. Si la dernière fois, elle m’inspirait de la faiblesse… cette fois, elle semblait plus décidée. De fait, mon air se fit plus sérieux alors que j’attends la confirmation de ma pensée. Bien que cet air résigné ne lui sied que bien moins qu’un simple sourire, fort heureusement, on ne sourit pas tout le temps. Je gagnerais bien moins ma vie, dans le cas contraire. Regardez, à peine arrivé, je croule déjà sous les tâches ! bon, trêve de plaisanteries, ses mots finissent par me ramener au présent, et il semble que mon intuition ne m’aies pas trompée. Des missions, donc ? Voilà une sonorité intéressante. Si je me suis mis à apprécier la présence de la dame, je me demandais néanmoins quand les choses allaient devenir plus… palpitantes. Sa tirade suivante ne tarde en rien à me parvenir, j’hoche donc.

-Trouver ou créer un chemin sûr et dissimuler des affaires. Ça ne devrait pas être trop compliqué.

Pour dire vrai, je savais même déjà quoi faire pour dissimuler les affaires. Pour voir quel passage serait le plus propice, cela dit, il me faudrait encore savoir de quoi il en retourne. Nul doute que les informations viendraient à moi sans trop de patience, mais… autant être curieux, pas vrai ?

-Qui voulez vous que je sorte des murs ?


Quelque part, pas mal de petits détails pouvaient m’amener à me faire une idée de la finalité. Du nom qu’elle me donnera. Mais je serais bien malpoli de la couper et de lui ôter quoi que ce soit des lèvres. C’est elle, qui décide et qui me dit quoi faire, pas l’inverse. Moi, mon rôle est de bien le faire. Rien de plus.

-J’en déduis que l’œuvre finale sera aussi pour bientôt. Pour ma part, tout est prêt, j’ai trouvé de quoi faire mon bonheur et possède tout ce qu’il me faut. Je suis donc à votre entière disposition dès que vous le souhaitez.

Mon ton calme trahit un désir de professionnalisme certain. Je pourrais sembler équipé comme un fou, mais pourtant, chaque gramme est mesure et positionné idéalement. On pourrait me donner l’ordre de partir maintenant, qu’il ne manquerait plus qu’à lever le pied. Silencieusement, j’accorde un regard au Baral, non moins calme. Mon instinct me dit que suivre cette femme est folie. Mais sans folie… pas de plaisir, n’est-ce pas ?

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Le bois du secret |Gudbjoern|   Dim 29 Avr 2018 - 16:44

Le géant semblait à l'écoute. Il hocha gravement la tête avant d'indiquer que la requête serait aisée. Ashara ne douta pas un seul instant qu'il comprenait le caractère discret lié de manière intrinsèque à la-dite mission, tout comme elle ne douta pas qu'il la mènerait à bien. Cette première partie serait la plus simple et la moins dangereuse. Personne ne viendrait questionner l'homme si on le voyait quitter le domaine, chargé ou non.
Rassurée sur l'idée qu'il la suivait dans son plan sans poser plus de question, Ashara s'autorisa à afficher un faible sourire. Cependant, cela ne dura pas. L'homme venait de deviner une partie du projet : kidnapper quelqu'un. Le regard clair de la jeune femme se figea sur le parchemin de la carte, tout comme son sourire avant de s'effacer lentement. La suite des propos du Géant confirmèrent ses pensées.

Elle déglutit discrètement, sentant le rythme des battements de son coeur s’accélérer. De quoi avait-elle peur ? Qu'il la dénonce ? Qu'il la juge ? Qu'il lui refuse ses services ?
Subitement inquiète, voire effrayée, elle releva son visage pourtant et inspira profondément afin de mieux gommer sa peur.
Étrangement, la sérénité revint assez rapidement dans son esprit qui cherchait encore à la convaincre que cette décision était la meilleure à prendre, même si l'entreprise serait ardue.

- Vous le saurez en temps et en heure, répondit-elle d'un ton sans appel et pourtant doux.

Son regard changea, chargé d'excuses muettes car elle ne pouvait en rien tout lui dire, ce ne serait que folie de dévoiler l'ensemble du plan à présent. Ashara devait surveiller ses arrières, ce qu'elle s'apprêtait à faire relevait de la haute trahison envers le Nord.
Si on la découvrait avant de mettre en œuvre son plan, si on les rattrapait sur la route, elle serait exécutée par son propre frère. Car c'était ainsi que le Nord traitait ces traîtres. Le Chef de famille tranchait lui-même la tête des vassaux infidèles.
Elle hocha la tête pour confirmer la suite à Gudbjoern.

- En effet, le temps nous est compté. L'heure du départ est proche.

Et ils en avaient perdu une grande quantité depuis l'arrivée de Martyn mais le géant semblait disposé à être prêt sur le champ. Elle lui résuma rapidement ce qu'elle envisageait : la charrette de fumier, les deux chevaux, la suie pour couvrir leurs cheveux et sa participation pour le faire entrer entre les murs du château. A aucun moment elle ne mentionna Jorah. En revanche, il comprendrait aisément que Cathan ferait partie de l'expédition.
Machinalement, Ashara détourna son regard et observa sa fille au loin qui chantonnait en lissant les plis de sa robe d'été.

- Peu importe ce qui pourrait arriver...commença-t-elle le regard rivé sur la chevelure rousse. La priorité de cette entreprise, sera de ramener Cathan vivante à Port-Réal. Vous n'ignorez sans doute pas je suppose, que dès que notre fuite sera reconnu on enverra des gens à nos trousses.
Protégez la. Je vous en supplie.


La louve planta alors son regard dans celui du mercenaire, un regard chargé d'humilité et de déférence. Elle s'en remettait entièrement à lui, ses bras et ses jambes sous contrat.
Nul doute qu'il mènerait l'enfant à bon port, même si la mère devait périr.
Avec un peu de chance, le mot qu'elle aurait envoyé à Edric les aiderait dans leur entreprise, mais elle ne pouvait pas compter dessus car rien n'était moins certain.
Suspendue à ses lèvres, espérant qu'il accepte ce surplus de responsabilité, elle patienta pour obtenir sa réponse.
Une réponse qui elle l'espérait, la rassurerait sur la suite des événements. Ils n'auraient pas le droit à l'erreur et leur marge de manœuvre serait faible. Sur le chemin qui les mènerait jusqu'à Port-Réal, la route serait semée d’embûches et les alliés d'aujourd'hui pourraient devenir les ennemis de demain.
Une idée que Ashara ne pouvait se permettre d'oublier.
Aujourd'hui Martyn lui apportait son aide, mais une fois qu'elle serait livrée à elle seule avec sa fille et son frère pour seules responsabilités, qui serait là ?
Gudbjoern.

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