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 [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:11

AVERTISSEMENT : Ce RP relève plus du délire que d'autre chose. Ne vous attendez pas à un truc d'une qualité exceptionnelle où à des sujets abordés absolument "Wouaouh".




Girls Night Out
Un énième soupir s’échappa de ses lèvres. Allongée sur le lit de sa chambre désormais épurée, elle était songeuse. La Capitale, déjà, lui manquait. Ondrew lui manquait. Le souvenir amer de cette lettre reçue, quelques lunes plus tôt, annonçant au jeune couple de fiancés leur séparation proche, inévitable. Oberyn Tyrell en personne l’avait sommée de rentrer, de s’en retourner dans son fief. La belle et jeune Araignée, emportée par son cœur et guidée par celui qu’elle aimait avait bien failli lui répondre de ne pas compter sur ces ordres, sur cette demande qu’elle savait orientée contre leur Amour. Mais, au-delà du Piète et d’elle-même, la vie de ses parents était toujours en danger. Qui pouvait lui assurer que son insolence ne serait pas remise sur ses géniteurs qui, malgré tous les bâtons qu’ils avaient placé dans les roues de cette union, avaient toujours son amour. L’amour d’une jeune fille de seize ans, encore fragile et candide bien qu’ayant offert son innocence à l’élu de son cœur.

Evidemment, ce retour ne s’était pas des mieux passés. Les fiançailles d’Elinor avaient été déclarées rompues par son père qui n’avait de cesse de ramener ses frasques sur le plateau, à toute heure du jour et de la nuit, appuyant sur la honte qu’elle devait ressentir, sur le déshonneur qu’elle jetait sur la famille Tyssier toute entière. La relation qu’elle entretenait avec lui, jadis, précieuse princesse, enfant chérie de son père, n’était plus. La déception était trop lourde à avaler aux yeux de Mathys Tyssier. Sa fille n’avait plus ce précieux avantage d’être en possession de toute sa vertu et cela était un motif suffisant pour la repousser, pour la renier. Sa mère, elle, bien qu’en désaccord avec la manière dont tout ceci s’était passé, ne pouvait haïr sa seule enfant, cette douce Araignée construite à son image, ce bourgeon fragile qui n’attendait que d’éclore. Elinor avait au moins cela : l’amour de sa mère pour se consoler, pour garder espoir qu’un jour, l’être qui possédait son âme ne revienne la chercher, la sauver de cette cage aux barreaux dorés.

Et dorés, les barreaux ne l’étaient plus tant que cela. Gabrielle Rowan avait œuvré à abattre les Aranéides, obtenant leur captivité sous sa garde, le sac de leur fief, dépouillant Froide-Douve afin de ne laisser aux traitres, aux parias, que le strict minimum nécessaire à leur confort. Les tapisseries s’étaient détachées des murs, les meubles avaient, pour beaucoup, disparus, les gardes robes pillées et les bijoux les plus précieux dérobés. A son retour, Elinor avait bien failli ne pas reconnaître sa propre maison. De cela aussi, son père l’avait durement blâmée. Elle avait bien failli lui rappeler qu’elle n’aurait pu épouser le seigneur de Chutebourg sans son accord, mais la gifle qu’elle avait reçu à l’annonce de son manquement lors du Tournoi du Roi avait marqué son esprit au fer rouge.

La jeune araignée désespérait donc, ne sachant que faire, que dire. Elle avait entendu ses parents, longuement, discuter de son sort. Son père était résolu à lui trouver un autre parti, à la marier de force à qui voudrait bien prendre cette catin pour épouse. Les Araignées, ainsi enfermées, manquaient de se dévorer. Sortir leur était interdit et seules quelques promenades autour du fief leur était autorisé, chose qu’Elinor s’était, depuis son retour, surprise à faire deux fois par jour. Trois coups frappèrent à la porte et elle se redressa sur son lit. Sa mère, lady Rohenda, fit son entrée. Droite, fière, digne dans toutes les circonstances, sa bien aimée mère était un modèle de vaillance à ses yeux et elle gagnait toujours plus le respect de sa fille. « Par les Sept, Elinor devrais-je vous répéter jour et nuit de soigner votre allure en toutes circonstances ? Nous avons des invités. Votre père exige votre présence afin de les accueillir. » Un nouveau soupir, long, signifiant on désintérêt complet pour la situation. Mais sous le regard noir de sa mère, elle finit par se redresser, et se lever. La dame de la maison Tyssier vint alors au secours de sa fille, tirant sur les mèches de ses cheveux pour la rendre plus présentable, malgré les grimaces et les quelques plaintes lâchées par sa fille. Ce fut donc vêtue d’une robe d’un rouge sombre et un chignon parfaitement remonté qu’elle descendit, rejoignant la cour intérieure de Froide-Douve où son père attendait déjà de pied ferme ceux qui serait, disait-on leurs invités pour la nuit. « Tâchez de vous tenir convenablement, Elinor. Faites honneur à votre rang, pour une fois. Elle pinça les lèvres, ne répondant pourtant pas un mot, attendant simplement qu’arrive cette voiture et ce cortège d’hommes qui portaient fièrement le blason de la maison Crane.


© Belzébuth

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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:14




Girls Night Out
« M’en voudrez-vous éternellement, mon enfant ? » La brune releva ses yeux sombres sur son père. L’homme, en deux années, semblait avoir pris dix ans. Il n’était plus que l’ombre de lui-même et Agnes l’avait remarqué, autant qu’elle essayait de garder la tête la plus droite possible pour accuser le coup, pour être cette figure familiale qui permettait au bateau de ne pas s’échouer. « Vous êtes déjà tout pardonné, père. Je regrette simplement l’absence de Danna et d’Ida. » Elle posa sa main sur celle de son père, assise dans la voiture bringuebalante qui luttait contre les aspérités de la chaussée. Il la saisit, la serrant légèrement, souriant à son aînée. « Nul père ne saurait être plus fier de mois que je le suis en cet instant, ma chère Agnes. » Elle eut un sourire doux, franc, ne tardant pas à reprendre sa main pour la ramener sur ses genoux, observant par la lucarne le paysage verdoyant qu’offrait cette région. Jamais Agnes n’était sortie du Bief et aujourd’hui ne ferait nullement exception à cette règle. C’était en la demeure des Kidwell qu’elle se rendait avec son père. Cousin de ce dernier, le seigneur mariait sa fille et avait invité quelques familles Bieffoise. Si, d’ordinaire, ce genre de mondanités étaient évité par les Grues, celle-ci avait été un prétexte pour le seigneur Lennart de se montrer à nouveau depuis le décès de son épouse. L’aînée des Crane ne pouvait être on ne peut plus d’accord, jusqu’à ce qu’il lui demande de l’accompagner. Agnes n’était pas prête. Agnes ne souhaitait nullement se trouvait au milieu de courtisans qui la pointeraient du doigt en ricanant. Mais pour son père, elle aurait fait n’importe quoi, surtout au vu des circonstances. Dame de lac-Rouge, elle était devenue depuis le décès de sa défunte mère. La quatrième lune avait permis à la jeune enfant de célébrer ses seize ans et l’heure était plus que venue pour elle de se confronter à nouveau au monde, forte de cette carapace solide qu’elle s’était construite afin d’affronter les autres.

Hélas, le voyage ne pouvait se faire en une journée et la nuit annoncée ne faisait que forcer les Crane à devoir trouver logis pour la nuit. Ainsi, un cavalier avait été envoyé aux Tyssier de Froide-Douve qui, dans leur grande bienveillance et malgré leur condition déplorable, avaient accepté de jouer les hôtes auprès du père et de sa fille pour la nuit. Une situation qui n’enchantait guère Lennart, connaissant autant que tout le reste du Bief les rumeurs qui entouraient la famille Tyssier et son sort, mais n’ayant nul autre choix que de prendre cette décision. « Les Tyssier ont une fille de ton âge, si je me souvient bien. Leur seule fille… » « Et celle qui a offert son honneur à un traitre, n’est-ce pas ? » Le lord retint un sourire quand Agnes lui adressa un regard qui lui signifiait qu’il ne devait pas s’inquiéter pour elle. Il ne s’agissait que d’une nuit, un repas échangé avec cette famille, puis ils seraient repartis.

Le claquement des fers sur les pavés lui fit comprendre qu’ils venaient de pénétrer dans la cour de la forteresse des Araignées, là où les toiles prenaient toutes leurs racines. Bien des histoires accompagnait ce lieu, de la chute des Osgris à celle des Tyssier. Serait-il possible que cet endroit soit maudit ? Alors que se passerait-il, maintenant qu’une famille maudite venait d’en passer le seuil ? L’apocalypse devrait-il avoir lieu ? Seuls les Sept pouvaient offrir une réponse à cela. La voiture s’arrêta et un garde ouvrit la portière. Le Seigneur de Lac-Rouge en sortit le premier avant de tendre sa main. Agnes la saisit avec douceur, se redressant de son siège pour mieux apparaître dans la lumière orangée de ce début de soirée. Telle une rose un matin de rosée, elle était délicate, belle. Une robe aux couleurs azurées venait cintrer sa fine taille alors que ses longs cheveux corbeaux descendaient en une cascade ondulée jusqu’au bas de son dos. Relevant le menton, elle accorda un regard à son père avant qu’il ne la conduise jusqu’à leurs hôtes.

Le seigneur Araignée s’avança alors vers eux, un large sourire sur ses lèvres. « Lord Crane, quel plaisir de vous revoir après tout ce temps… Soyez les bienvenues à Froide-Douve. » « Merci Mathys. Permettez-moi de vous présenter ma fille aînée, lady Agnes. » La jeune fille, toujours accrochée au bras de son père, exécuta une révérence saluée par le seigneur des lieux qui enchaîna, désignant sa femme et sa fille d’un large mouvement de bras. « Voilà bien un charmant minois… Vous souvenez-vous de mon épouse ? Lady Rohenda… Et voici notre fille, Elinor. » Le regard d’Agnes croisa alors celui de la fille des Tyssier, s’essayant à un sourire timide tandis que tous se saluaient dans une suite de révérences.


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:14




Girls Night Out
Etouffant un nouveau soupir, Elinor commença à jouer de ses doigts devant elle. La voiture approchait à une allure modérée et, bientôt, elle devrait jouer à être cette fille parfaite qui faisait la fierté de ses parents. La comédie devait être parfaite afin que personne ne puisse se douter de la situation critique des Araignées ou même leur envie mutuelle de se sauter à la gorge. Pourtant, il était difficile pour la jeune enfant de feindre des sourires quand elle avait tout sauf envie de se montrer sympathique. Sa mère, remarquant son trouble, vint pourtant poser une main sur les siennes, cherchant à lui faire entendre qu’il fallait qu’elle essaie. « Essayez de bien vous tenir, Elinor… Votre père, peut-être, saura le remarquer et se montrer plus agréable à votre égard si vous y parveniez… J’aimerais que vous puissiez vous offrir une chance, l’un comme l’autre. » Cette fois-ci, elle ne put retenir son soupir, mais hocha légèrement la tête, relevant gracieusement le menton alors que la voiture prenait place devant eux, en bas des marches. La porte s’ouvrit et un homme en sortit. Quel âge avait le seigneur Crane, déjà ? Le doute l’envahit car, à sa mine décrépie, elle lui aurait aisément offert son bras pour marcher. Le décès de sa femme avait eu une conséquence bien grave. Un court instant, la naïve enfant se demanda si, à la mort de son père, sa mère pourrait bien se trouver dans une posture semblable…

Il tendit une main en arrière, extrayant du véhicule une jeune fille. Les quelques mois passés à la Cour avaient offert à Elinor cet art qui consistait à dévisager les autres d’un air supérieur et ce fut sans gêne qu’elle observa de bas en haut sa camarade du jour. Elle n’était pas vilaine, mais contrairement à elle, la Crane n’avait rien d’une beauté dévastatrice qui pourrait lui offrir un grand mariage. Elle était simple. Terriblement simple. Tout dans son attitude sentait la timidité, le retrait et un manque terrible de confiance en elle. Le contraire même de l’Araignée du Bief qui vit en elle une proie bien sympathique à se mettre sous la dent.

Les salutations se passèrent, cérémonie tant gênante que longue et inutile. Croisant le regard de la blanche et innocente jeune fille, Elinor fut désabusée par ce sourire qu’elle arborait, naïf, gentil. Pourtant, elle lui rendit la pareil, la lueur de son regard seule fut suffisante pour démontrer les intentions qu’elle pouvait avoir. « Tout sera fait pour rendre votre séjour, aussi court soit-il, agréable. Lady Agnes, ma fille, dans sa grande bonté, vous laissera ses appartements… » « Plaît-il ? » Relevant ses yeux noisette vers son père, celui-ci eut un regard dur, glacial. Et soudain, la fille de Cour redevint l’enfant craintive. Prenant un air amusé, elle poursuivit. « Rien ne me ferait plus plaisir. » Son ton s’était fait plus bas, plus en retrait, l’assurance qu’elle avait au bras de celui qui fut son fiancé venant de s’envoler pour un certain temps. Elle baissa alors le regard tandis que la discussion se poursuivait entre adultes. « Lord Crane. Notre cuisinière s’affaire depuis l’annonce de votre arrivée à préparer un cerf, chassé ce matin. Aussi, veuillez me suivre, nous allons gagner la table. Le voyage a dû être éreintant. » La maîtresse de maison prit alors les devants, conduisant seigneurs et filles à l’intérieur.

***

Un clapier à lapins. C’est la pensée qui parcourut l’esprit de l’araignée quand elle observa une nouvelle fois la petite chambre au confort plus que restreint qu’on lui avait préparé pour la nuit. Son père risquait d’en entendre parler durant longtemps, menaçant d’aller lui hurler au visage qu’il ferait mieux de l’enfermer dans les cachots, leur confort n’ayant rien à envier à… ça. Moïra avait été congédiée bien vite par l’héritière des lieux, souhaitant se retrouver seule avec sa peine pour implorer les Dieux d’agir. Mais les Sept étaient sourds à ses appels. La présence maudite des Crane ne devait rien arranger à cela. Déjà, elle maudissait un peu plus cette fille qui devait, dès à présent, se prélasser dans son lit.

Allongé dans cette couche de fortune, elle eut beau essayer de s’endormir, le froid la dérangeait. Et, évidemment, des couvertures supplémentaires, il n’y en avait guère dans cette pièce. Il lui fallait aller en chercher une dans sa chambre. Poussant un énième soupir de la journée, elle finit par se décider, se levant pour mieux regagner la pièce qui était sienne. Pieds nus, vêtue d’une longue tunique d’un blanc immaculé, elle se faufila dans les couloirs, sur la pointe des pieds. Il ne lui fallut que quelques minutes pour retrouver la porte de sa chambre, malgré la nuit tombée. Apercevant la lumière passant sous la porte, elle retint un juron. Visiblement, l’invitée ne dormait guère et elle ne pourrait donc jouer à la petite souris encore bien longtemps. Se mordillant la lèvre inférieure, Elle finit par donner quelques petits coups sur la porte de bois avant de murmurer. « Lady Agnes ? Puis-je entrer, j’ai besoin de quelque chose dans mon armoire… »


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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:16




Girls Night Out
Elle ne sut que lire dans ce regard noisette, mélange de fierté mal placée et d’une innocence perdue trop vite. Agnes était réservée, en retrait, contrairement à ce que l’autre jeune fille semblait être. Des rumeurs, elle en avait entendu sur cette enfant du Bief qui s’était offerte sans condition à la Main du Roi que, déjà, on se risquait à surnommer le Cruel. Amour foudroyant ? Agnes ne croyait nullement en cela et préférait penser qu’il s’agissait plus d’un désir purement incontrôlé d’une enfant découvrant les joies d’une Cour qu’elle ne maîtrisait pas et d’un homme forcé d’admettre sa faute et de devoir rendre des comptes à qui de droit. Pourtant, elle ne pouvait se permettre d’offrir ses pensées à voix haute. De commenter tout ceci sans que leurs hôtes du jour ne prenne la mouche et elle souhaitait, plus que tout, que cette étape se déroule sans accroche.

Le seigneur de la maison Tyssier lui fit alors remarquer que sa fille lui céderait ses appartements pour la nuit. A la réaction de l’autre brune, elle comprit qu’elle n’avait nullement était prévenue. Si elle semblait agressive, prête à mordre, un simple regard de la part de son père la calma et ce fut en regardant ses pieds que l’Araignée reprit, affirmant que cela était un plaisir. Agnes n’aurait été en présence de personne de son rang, elle aurait très certainement éclaté de rire devant le comique de la situation. Au lieu de cela, elle s’inclina légèrement. « Je vous remercie de votre complaisance, lady Elinor. Je vous assure que je prendrais grand soin de laisser les choses en ordre, comme je les aurais trouvées. » Elle eut un sourire des plus aimable qui ne trouva nul regard pour être remarqué. Lennart, lui, observait sa fille avec fierté. Puis, ce furent tous ensemble qu’ils gagnèrent l’intérieur de la forteresse. Plus d’une fois, Agnes tenta de nouer le dialogue avec la jeune Elinor, mais, toujours, elle ne fit que trouver un mur…

***

Dormir dans un autre lieu que dans sa chambre avait toujours été chose compliquée. A genou devant son lit, Agnes avait fait une prière aux Sept. Ida, malgré son jeune âge, faisait cela chaque soir et c’était dans le but de communier avec sa benjamine plus qu’avec les Dieux que la jeune Crane avait agi de la sorte. Elle espérait que, de là où elles se trouvent mutuellement, les sœurs puissent s’entendre et s’envoyer leur amour et leur courage. Se rendre à ce mariage ne l’enchantait guère plus que de se trouver entre ces murs pour la nuit et, pourtant, ainsi était-il. Gagnant les draps, elle se glissa sous le tissu, vêtue d’une tunique ivoire en satin. Elle resta assise un long moment avant de sortir une feuille de parchemin de sous son oreiller. Message écrit par l’une de ses cadettes ? Nullement. La lettre avait été annotée de la main d’Andros du Rouvre. Un ami. Un confident. De tous les gens du Bief, Andros avait été celui qui l’avait regardée avec le plus de sympathie. Son frère, lui, fanfaron de la première heure, s’était contenté de s’essayer à la complimenter, moment malaisant et terriblement gênant pour elle. Andros avait tenté de lui faire valoir la maladresse de son jumeau mais pouvait-elle vraiment la lui pardonner quand, jour après jour, moqueries et mots durs se succédaient quand il s’agissait de parler de sa famille ?

Andros et elle avait entamé une correspondance peu de temps après la mort de sa mère. Il lui offrait ses condoléances, elle lui présentait ses remerciements… Et de fil en aiguille, la brune s’était adoucie devant les mots empathique du blond. Lui et son frère étaient les cousins du jeune seigneur du Vieux-Rouvre et peut-être finirait-elle par obtenir un mariage avec Andros, si les choses pouvaient lui offrir cela ? L’avenir seul pouvait le lui dire… C’était, ainsi perdue dans ses pensées, qu’elle fut interrompue par quelques coups timides contre le battant de la porte. Fronçant les sourcils, un murmure finit par se faire entendre. Elinor. La jeune fille de la famille qui la recevait semblait avoir oublié de prendre quelque chose dans sa chambre. Elle hésita un instant avant de poser la lettre sur le lit et de se lever afin d’aller lui ouvrir la porte, faisant face à nouveau à cette Bieffoise qu’elle ne connaissait finalement pas. Sans ajouter mot, elle se dirigea vers l’armoire et Agnes la regarda faire, cherchant un moyen de la retenir. Devait-elle réellement passer la nuit ainsi ? Alors que son hôtesse ne lui accordait que de l’indifférence ? Alors qu’Elinor s’emparait d’une couverture et faisait déjà route vers la porte pour s’enfuir, Agnes repoussa le battant, un sourire bienveillant sur ses lèvres. « N’avez-vous guère envie de passer quelques minutes en ma compagnie ? Je crains ne pas trouver le sommeil pour l’heure… » Et c’était vrai. La jeune Crane peinait à fermer les yeux sans que ses pensées ne viennent la hanter, encore et encore.


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:16




Girls Night Out
Elle attendit plusieurs longues minutes à l’extérieur, ses bras croisés sur sa poitrine, essayant de ne pas frissonner malgré le froid qui pénétrait le léger tissu de son vêtement de nuit. Dormait-elle pour ne guère venir ? Ne savait-elle pas qu’il était des plus dangereux de s’endormir avec une bougie allumée ? Que le feu pourrait se propager dans toute la pièce et brûler la chambre si précieuse d’Elinor, bien que momentanément appauvrie par les saisies de la dame de Boisdoré ? Elle soupira longuement, bougeant ses orteils sur la pierre froide du château quand, enfin, la poignée fit ce bruit signifiant que l’ouverture était en cours. La porte s’ouvrit et Elinor fit de nouveau face à cette précieuse fille du seigneur Crane. Elle attendit qu’elle la laisse passer, se dirigeant droit sur son objectif sans même décrocher un mot. Son pas était franc et ne cachait nullement son agacement. Ouvrant l’armoire, elle ne mit que quelques secondes à identifier une couverture qu’elle attrapa, se mettant sur la pointe des pieds. Fermant le placard ainsi dépouillé, elle reprit sa marche, se dirigeant droit vers la sortie… Que l’autre brune finit par lui barrer.

Haussant un sourcil, Elinor manqua de lui signaler qu’il allait falloir la laisser ouverte, cette porte, si elle ne souhaitait pas dormir dans la même pièce. Mais Agnes avait d’autres intentions. Lui proposant de rester, elle souhaitait de la compagnie. Visiblement, quelques troubles venaient inquiéter son sommeil. Elinor se figea, la regardant d’abord sans rien dire. Puis, d’un hochement de tête, elle acquiesça, permettant à l’autre jeune fille de fermer la porte. Posant la couverture sur le pied de lit, Elinor s’assit sur son matelas, oubliant un instant qu’il s’agissait, pour aujourd’hui, du lit de son invitée et non le sien. De nouveau, comme en fin d’après-midi à son arrivée, elle l’observa. Jolie, mais banale. Terriblement banale. Pourtant, les Sept seuls pouvaient comprendre le potentiel que représentait cette brune ingénue et aussi innocente que la plus pâle des roses. Une pensée lui vint alors en tête. Une pensée fugace et pourtant bien inconvenante pour deux jeunes filles de leur rang. « J’ai peut être une solution pour vous aider à trouver sommeil… » Elle attendit quelques instants, qu’Agnes ne lui en donne l’autorisation, avant de se lever du lit, se dirigeant vers sa coiffeuse. D’une manœuvre précise, elle en ouvrit un tiroir à double fond pour en sortir une bouteille de liqueur, tout droit venue de Port-Réal. Un ultime présent de la part d’Ondrew, vin longuement dégusté par les âmes sœurs lors de leur rencontre. Chaque gorgée la ramenait à Port Réal, auprès de l’homme à qui elle avait offert son cœur et son corps sur un plateau.

S’avançant vers la jeune fille, elle l’invita à s’asseoir à ses côtés, sur le lit, lui tendant la bouteille. « Tenez… Il m’arrive d’en boire quelques gorgées avant de dormir… ça apaise l’esprit. » Devant la mine déconfite de la jeune femme, elle ne put s’empêcher de rouler ses yeux dans ses orbites. « Allons, faites, vous dis-je ! Je vous jure de ne rien dire à votre père, à condition que vous n’en touchez pas un mot au mien… C’est quelque chose qui m’est... précieux. » Afin de lui prouver qu’elle n’avait rien à craindre, elle porta le goulot à ses lèvres, buvant une gorgée en plissant les yeux devant le fort goût de la boisson, la confiant ensuite à l’autre brune. Un court silence s’installa alors, qu’Elinor finit par rompre de quelques mots. « Alors ? J’imagine que… Les rumeurs courent à mon sujet à travers le Bief tout entier ? » Ses yeux noisette se posèrent sur Agnes, cherchant des réponses dans son regard, cherchant à voir qu’elles atrocités pouvaient être prononcées à son égard, à l’égard de sa famille. Ce qui circulait entre les murs de Froide Douve était déjà dur à entendre. Mais à l’extérieur ? Etait-ce pire ? Etait-ce faussé ? La réputation de l’Araignée l’importait, elle qui avait toujours été vertueuse, bonne fille à l’éducation irréprochable… Avait-elle vraiment tout envoyé en l’air, comme le prétendaient ses parents ?


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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:17




Girls Night Out
Il y eut l’hésitation. Dans le regard de l’Araignée, Agnes lut la surprise. Apparemment, une telle proposition n’était pas habituelle pour celle qui était fille unique. Combien de fois Agnes et ses sœurs avaient passé une soirée ensemble, enfermée dans la chambre de l’une ou de l’autre pour discuter, toute la nuit durant, pour s’entretenir sur un sujet ou un autre ? Elinor n’avait pu avoir cette chance, elle qui n’avait ni frère ou sœur. Dans le fond, la Crane la plaignait un peu. Pourtant, hochant simplement la tête, l’Araignée avait fait demi-tour, renonçant à sortir dès à présent. L’héritière de Lac-Rouge, un léger sourire aux lèvres, acheva alors de refermer le battant de la porte, s’apprêtant à rejoindre l’autre jeune fille sur le lit. Pourtant, avant qu’elle ne prenne place, l’autre enfant du Bief émis une possibilité concernant un moyen de l’aider à trouver le sommeil. Haussant les sourcils, Agnes la regarda faire, s’avançant vers la coiffeuse pour en sortir… Une bouteille de vin.

La brune l’observa, l’air franchement gêné, le regard empli de jugement. Il n’était pas décent pour une jeune fille de leur âge de dissimuler pareille chose dans leurs appartements. Ses parents étaient-ils au courant ? Et son père à elle ? Qu’en penserait-il s’il l’apprenait ? S’asseyant sur le lit aux côtés d’Elinor, elle l’observa tandis qu’elle lui tendit la bouteille. L’Araignée ne mit guère longtemps avant de cerner les interrogations qui se bousculaient dans la tête d’Agnes, commençant à lui faire comprendre que personne n’en saurait rien… Avant de souligner l’aspect précieux de la boisson. Elle haussa un sourcil, l’observant boire une gorgée à même la bouteille, oubliant toutes les convenances que ce monde dictait aux jeunes filles. Elinor avait-elle donc repoussé toute son éducation le jour même où elle avait cédé aux désirs de la chair ? Se saisissant de la bouteille, Agnes hésita un instant avant de la porter à ses lèvres. L’autre jeune fille la jugeait ouvertement et se dégonfler maintenant reviendrait à lui faire entendre raison, à lui prouver qu’elle était bel et bien cette jeune fille de bonne famille à la conscience si importante qu’elle ne prenait pas de risque. La coquille qui la gardait en sécurité était une barrière énorme, la séparant du reste du monde jusqu’à la mettre à l’écart des jeunes filles de son âge. Mais on lui offrait une possibilité de se rattraper. Et puis, une simple gorgée n’engageait à rien, n’est-ce pas ?

Le liquide se glissa dans sa bouche, froid et pourtant chaud, déglutit bien assez vite pour que cesse cette sensation étrange autant que peu agréable. Des vins, elle n’avait eu l’occasion que de boire ceux de la Treille, lors d’événements exceptionnels. Son père tenait à lui éviter des abus qui pourraient la faire passer dans un état second. Ce vin-là, il était bien différent de ce dont elle eut l’habitude. Redressant la tête, elle éloigna la bouteille avant de tousser. « Par les Sept, est-ce le feu du dragon en bouteille ? » Il lui fallut plusieurs longues secondes pour se remettre de ses émotions. Quand cela fut fait, Elinor reprit la parole, lui posant une question simple, quoiqu’assez dérangeante. Agnes n’aimait pas les ragots, pour la simple bonne raison que sa famille en avait bien trop souffert. Elle ne comprenait pas comment les gens pouvaient prendre plaisir à s’acharner par des dires, bien souvent, faussés, sur d’autres personnes dans l’unique but de ternir leur réputation.

Elle toussota légèrement, avant de timidement se lancer. « Eh bien… Les gens disent que vous vous êtes… Offerte, abandonnant votre honneur aux mains d’un homme à la sinistre réputation… Un traitre. » Déglutissant avec difficulté, elle fut finalement bien contente de reprendre la bouteille pour noyer sa gêne dans une nouvelle gorgée aussi peu agréable que la première. « Mais, vous savez comme ils sont… Toujours à noircir le tableau qui, finalement, n’est pas aussi terrible que ce que l’on dit… » Maternelle, elle l’était avec ses proches et, étrangement, elle agit avec Elinor comme elle pouvait agir avec Danna ou Ida, essayant de la rassurer, de lui prouver que ces ragots n’étaient que paroles infondées, que dires peu recommandables. Après tout, qui d’autre que la principale concernée pouvait lui offrir la vérité ?


© Belzébuth

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:18




Girls Night Out
Elle rit sans retenue devant la mine d’Agnes et la quinte de toux qui en suivi. Avait-elle eu cette même réaction la première fois qu’Ondrew lui avait fait boire de ce nectar ? Elle n’en avait nul souvenir, mais la grimace de la Bieffoise l’amusa fortement et, tandis qu’elle lui replaçait la bouteille entre ses main, Elinor pouffa. Portant de nouveau la boisson à ses lèvres, elle manqua de s’étrangler de rire quand la Crane s’interrogea sur la contenance de la bouteille, allant même jusqu’à supposer qu’il s’agissait là de Feu-dragon en bouteille. Décidément, peut-être que les a priori qu’elle avait eu à son égard était infondés et que la jeune fille pouvait largement s’amuser si les circonstances s’y prêtaient. Il leur restait donc à découvrir jusqu’à quelle mesure l’amusement d’Agnes pouvait être agréable…

Suite à la question de l’Araignée, un malaise prit place dans la chambre et Elinor n’eut aucun mal à comprendre que les dires de bonnes femmes qui parcouraient le Bief n’allaient nullement en sa faveur. Pourtant, les dents serrées, la mâchoire crispée, elle écouta attentivement les mots d’Agnes. Etait-ce la manière dont les gens résumaient l’Amour qu’elle éprouvait pour le Seigneur de Tumbleton qui la dérangea, ou ce rang de traitre que tous lui offraient. Ses lèvres retrouvèrent la bouteille, buvant une nouvelle gorgée, ses yeux clos lui ramenant le doux visage d’Ondrew en mémoire. Elle l’aimait. Quelle idiote, elle l’aimait. Il hantait ses nuits, ravivait ses souvenirs et lui permettait d’endurer toutes les peines du monde le jour venu. De toute sa vie, Elinor s’était promis de ne jamais laisser son cœur lui dicter ses lois. Un homme, elle devait en épouser un grand, puissant, pour mieux pouvoir tisser ses toiles à ses côtés et, contre sa volonté, le faire aller là où elle le souhaitait. Ainsi agissaient les Tyssier. Ainsi avait-elle été élevée. Le doux minois qu’elle portait, ces traits angéliques, dissimulaient le pire des démons, habile tisseuse de toiles qui ne laisserait personne juger de son sort, personne la dominer. Jamais.

A sa surprise, Agnes reprit également la bouteille, certainement consciente de la gêne que le silence ainsi tombé avait amené dans son sillage. L’Araignée la regarda boire, silencieuse, le regard perdu dans le vague, songeuse de tout cela. Puis, la fille de lac-Rouge reprit la parole, rassurante, tâchant d’essayer d’alléger la peine de la Tyssier. Noir, le tableau l’était, mais pas pour les raisons évoquées, non. Elinor vendrait son âme pour pouvoir retrouver les bras de l’homme de qui elle s’était entichée sans le vouloir. Un besoin plus qu’une envie. Il était une plaie béante dans son cœur et pourtant, si songer à lui était une chose doucement amère, cela lui faisait du bien et l’aidait à oublier tout le reste car l’espoir résidait toujours au fond de con esprit. « Je crois que les gens n’ont pas si tort, cette fois-ci. » Elle poussa un long soupir avant de poursuivre. « J’aimerais vous dire que tous ces mots sont faux et pourtant, je suis fière de vous affirmer qu’ils sont justes. Oui, j’ai fauté. Mais mon cœur, aussi incontrôlable soit-il, m’a assuré que je n’aurais nullement à le regretter. Le seigneur Piète n’est nullement un traitre. Oberyn Tyrell l’a simplement déclaré comme tel pour mieux l’attaquer, lui, cet homme qui a refusé de ployer le genou devant lui. C’est pour le punir qu’il nous a séparé. » Son regard se baissa vers la bouteille, un sourire triste se dessinant sur son visage. « Je crains qu’une partie de mon cœur, pourtant, ne soit restée à Port-Réal… Avez-vous déjà été amoureuse, lady Agnes ? » Relevant son regard, elle posa la bouteille sur le chevet. C’est alors qu’elle avisa la lettre posée sur l’oreiller. La signature ne laissait aucun doute sur son expéditeur et un sourire en coin prit place sur ses lèvres. « J’aurais tendance à dire que oui… » Se saisissant de la lettre, elle croisa ses jambes en tailleur sur le lit, commençant la lecture à voix haute. « Agnes, ma douce amie… Oh oh ! Volà qui est intéressant ! »


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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:18




Girls Night Out
Le sourire de la jeune Crane s’effaça peu à peu, tandis que l’Araignée lui annonçait ce qu’elle craignait. Les rumeurs, parfois, s’avéraient fondées. Ainsi, tout était vrai. La Tyssier avait décemment renoncé à la chose la plus précieuse qu’une femme se devait de garder pour mieux céder au désir, au plaisir. Malgré elle, un tas de questions lui vinrent à l’esprit. La curiosité de la Grue était une chose qu’elle ne pouvait indéniablement dissimuler mais, si les Sept percevaient le sujet de ce questionnement, ne risquaient-ils pas de la damner plus qu’elle ne l’était déjà ? Plus d’une fois, Danna lui avait posé cette question, concernant le mariage et la soirée qui en découlait. Leur mère était partie depuis deux années déjà et, pourtant, les réponses, elle ne les avait guère à ce sujet. Evidemment, elle imaginait assez bien la manière dont tout ceci devait se passer, mais son esprit demeurait ignorant sur le sujet. Finalement, rencontrer une autre jeune fille comme Elinor qui, déjà, était passée par là, était peut-être l’occasion pour elle de trouver des réponses afin de pouvoir les donner, ensuite, à sa sœur.

Fière. De sa bêtise, ainsi se voyait Elinor quand les yeux de la Crane s’arrondirent, passablement choquée de son propos. Comment jeune fille aux mille vertus pouvait, d’un jour à l’autre, basculer dans le vice ? Bien qu’elle reconnût son geste comme une faute, elle semblait ravie de la finalité de la chose. Mais comment ? Pourquoi ? Sa Septa ne lui avait-elle guère appris qu’une jeune fille se doit de protéger sa vertu comme un précieux trésor ? Agnes ne comprenait guère, trop assise sur les principes les plus pures de son éducation. Mais, où étaient les Dieux, durant toutes ces années ? Comment avaient-ils récompensé tous ces efforts ? Les propos d’Elinor allaient de mal en pis. Voilà qu’elle venait, ouvertement, de déclarer Oberyn comme étant un être monstrueux. Regrettant un court instant d’avoir invité la jeune fille à rester, elle hésita à la renvoyer devant de tels dires. Comment osait-elle accuser leur suzerain de la sorte ? Son cœur était-il si désespérément attaché au Seigneur Piète pour ainsi trahir son Suzerain ? Lui avait-il retourné l’esprit, la façonnant à son image ? Les hommes pouvaient être terriblement dangereux.

De nouveau, elle prit la bouteille, se demandant si son contenu ne pourrait pas effacer ces paroles déplacées de sa camarade nocturne avant de se figer devant la question de l’Araignée. L’amour ? Elinor lui prit la bouteille des mains, la plaçant sur la table de nuit, comme pour signifier qu’il valait mieux arrêter là les frais, ou bien que le précieux nectar lui était bien réservé. « Euh… je… » Elle n’eut guère le temps de finir sa phrase que l’intrépide Tyssier mettait la main sur ce qu’elle avait bien oublié depuis le début de leur discussion. La lettre d’Andros. Commençant à la lire, les yeux d’Agnes s’écarquillèrent. « Rendez-moi ça ! » Elinor, elle, riait de nouveau, retenant cet air cristallin pour éviter qu’elles ne se fassent entendre. Les doigts d’Agnes finirent par se refermer sur le document qui lui était si précieux. « Andros du Rouvre est un ami… Peut être même le seul que j’ai… » L’hilarité de l’Araignée s’était stoppée.

Le débat fut lancé sur le sujet et Agnes essayait de trouver des réponses à ses propres interrogations dans tout cela. Elle parla longuement des deux frères du Vieux-Rouvre, de la manière dont elle se sentait en présence de bien du monde… Et bientôt, l’alcool altéra les propos des jeunes filles. Agnes, n’ayant pas l’habitude d’un tel breuvage, sentit ses sens se désinhiber. L’Araignée qui était à ses côtés ne semblait pas en reste et, finalement, les deux jeunes filles s’étaient allongées sur le lit, sous les draps, discutant de ces sujets qu’aucune jeune fille n’est sensée aborder. « Non, vous dis-je ! Jamais au grand jamais je n’ai fait cela ! » Elles rirent de concert devant cette révélation qui manquait de faire d’Agnes une Septa. Embrasser un garçon. Voilà bien une chose inconvenante tant qu’elle n’était nullement mariée, n’est-il pas ? Comment pouvait-on se laisser aller comme ça ? Mais la curiosité et l’alcool ne faisaient guère bon ménage. « Comment est-ce ? » Après sa question, elle porta sa main à ses lèvres, ricanant et pourtant, les yeux brillants de cette envie de savoir que nul livre pouvait leur apprendre, qu’aucune mère ne saurait désormais enseigner à Agnes.


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 16:20




Girls Night Out
Si elle n’aimait pas que l’on touche à ses affaires, la réaction d’Agnes quand elle mit la main sur le précieux document la fit rire, pouffer sans retenue malgré un semblant de colère qui émanait de l’autre jeune fille. Un ami. Elinor aussi, en avait eu, des amis. Combien avaient fini par lui faire la Cour ? Par essayer de la séduire ? Combien en avait-elle embrassé ? L’innocente et vertueuse jeune enfant du Bief avait longtemps masqué son jeu, se contentant de mesurer jusqu’où les choses pouvaient être tolérées, jusqu’où les toiles qu’elle tendait pouvaient la mener. Tout n’avait été que calcul et distractions futiles et inutiles. Chose incomparable dès lors qu’il s’agissait d’Ondrew. Nulle toile n’avait été tendue que, déjà, elle avait été faite prisonnière de son regard.

Le débat fut alors lancé sur la véritable nature de la relation d’Agnes avec le jeune Rouvre et, bientôt, elle n’hésita pas à lui parler de son frère jumeau, ce qui manqua de tuer Elinor de rire. Visiblement, la Crane était loin d’être aussi peu sur la retenue qu’elle le semblait. Deux frères semblaient lui faire la Cour et elle ne s’en rendait pas même compte. La Tyssier eut envie de la secouer pour lui faire entendre la vérité. Mais, finalement, elle ne dit rien, se contentant d’écouter, finissant par s’allonger sur le lit, l’alcool menaçant de l’endormir devant la longueur du discours d’Agnes. Mais elle tint bon. Agnes n’avais que peu d’amis, elle l’avait dit elle-même. Se pourrait-il que l’araignée parvienne à devenir cette amie dont la Grue avait besoin ? Le souvenir de la malédiction qui planait sur sa famille lui revint alors en mémoire et elle se ravisa de lui tendre une main si franchement. N’avait-elle pas suffisammet de soucis comme cela, elle-même ?

La conversation dévia sur de plus grandes généralités. Seize ans. L’âge où les interrogations se posent sur des sujets encore inabordés jusque-là. Elinor n’avait guère de frère ou de sœur mais sa mère et la proximité de leur relation lui permettait de pouvoir poser toute sorte de questions sans que des tabous ne se posent. Alors, quand elle demanda à Agnes si elle avait déjà embrassé un serviteur, un garçon d’écurie ou même un autre noble, les rires reprirent de plus belle. Cette fille était aussi pure que la plus blanche des roses et ses pensées semblaient seulement se tourner vers ce sujet quand Elinor, elle, s’était fait happer par la chose en quelques jours seulement, le regard d’Ondrew Piète sur son corps lui rappelant combien elle était désirable et comme cette sensation lui était agréable. La fille de lac-Rouge lui posa alors une nouvelle question, pouffant d’avance de la réponse. Elinor eut un large sourire. « C’est… Agréable… Tout dépend du garçon, à vrai dire. Certains sont bien plus rustres que d’autres qui préfèrent déposer leurs lèvres sur les vôtres avec douceur… Et puis, il y a ceux qui viennent glisser la langue dans votre bouche. » Nouveau fou rire, étouffé dans l’oreiller. A la mine dégoutée d’Agnes, elle ne pouvait résister de vouloir hurler de rire. Cette fille était tellement à cheval sur les principes qu’elle se refusait toute sorte d’essais. « Vous devriez vraiment vous y mettre… Sinon, vous risquez bien des surprises le jour de votre mariage. Gardez bien en tête qu’il ne faut pas tendre les lèvres. Juste laisser les choses se faire… De toutes façons, il saura vous guider… Qui que ce soit… Alvyn ou Andros… » Et un nouveau fou rire secoua les deux jeunes filles.

Finalement, la fatigue se fit de plus en plus forte et Elinor finit par poser sa tête sur l’épaule d’Agnes. « Je suis sûre que tu sauras expliquer tout ça à tes sœurs, maintenant… Moi je n’ai personne à qui apprendre… Tu as de la chance... » Y avait-il pire fléau que la solitude? Elinor n'aurait su dire tant ses pensées s'éteignaient une à une, l'amenant un peu plus vers le sommeil.


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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: [FB] "Et, comment on fait les bébés ?" • Elinor & Agnes   Sam 14 Avr 2018 - 17:50




Girls Night Out
Agréable. Agnes rit de plus belle, étouffant ce chant de sa main plaquée contre sa bouche avec force. Evidemment, elle imaginait l’acte en lui-même comme une douce caresse posée sur ses lèvres, comme une plume duveteuse venant effleurer sa peau. Là où elle ignorait bien des choses, c’est sûr la variété possible de ces baisers. La caresse devint pierre dure venant arracher ses lèvres carmines et, quand elle en vint à imaginer la langue humide de quiconque se glisser dans sa bouche, elle ne put s’empêcher de lâcher un son faisant part de son dégoût. Une langue ? Dans sa bouche ? Comment pouvait-on envisager une chose pareille ? Elle eut un frisson qui fit trembler tout son corps sous les draps tandis qu’Elinor, elle, peinait à ne pas rire aux éclats. « Mais quelle horreur… »

Devant son conseil, pourtant, la brune fit la moue, pas sincèrement convaincue de l’intérêt d’une telle expérience avant son mariage. Pourtant, quand elle nomma les jumeaux du Rouvre, elle rit de plus belle, incapable de garder son sérieux, se laissant aller à cette simple pensée de s’imaginer au bras de l’un ou de l’autre. Etait-ce si différent ? Après tout, ils étaient identiques physiquement… Clairement, elle imaginait les baisers d’Andros bien plus doux que ceux d’Alvyn. Plus timides, moins sûr de quoi faire. La timidité et la retenue du plus jeune des deux lui offrait la possibilité d’une certaine douceur… A contrario, elle avait déjà classé Alvyn dans la case des rustres. La manière dont il lui parlait, dont il essayait de faire des compliments à la Crane était si bancale qu’elle voyait tout ceci comme une attaque. Alors, forcément, les baisers du jeune home ne pouvaient qu’être aussi bruts et rudes que ne l’étaient ses paroles. « Andros ! Je suis certaine que ce sera Andros ! » Le rire finit par s’éteindre, laissant la fatigue lui arracher un bâillement.

La tête d’Elinor finit par venir se loger contre son épaule. Lâchant une phrase, Agnes eut ce sourire maternel qu’elle avait souvent quand il s’agissait de regarder ses sœurs. De la chance. Oui, elle en avait d’être aussi bien entourée et, finalement, elle en vain à comprendre comment Elinor avait tant pu céder à ses envies sans trop réfléchir. Elle n’avait pas de filet, pas de sœurs pour la soutenir, pour la rattraper. Le clan Crane, lui, était plus soudé que jamais et c’était là la force de cette famille. Comment pouvait-on faire face à la vie, autrement ? Laissant sa tête se poser sur celle d’Elinor, elle son sourire s’élargit. « Oui… Je crois qu’on peut dire que j’ai de la chance… Malgré tout le reste. » Qu’importait finalement ce que l’on pouvait murmurer sur son passage et cette soit disant malédiction dont elle était victime autant que les autres membres de sa famille. Ils étaient nombreux face à cette adversité. Les Grues faisaient face ensemble. Un soupir lui échappa alors qu’elle fermait les paupières, laissant les Sept guider son sommeil, l’emmener bien loin de cette terre, dans les cieux étoilés.


- - FIN DU RP - -


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