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 And the little mermaid tamed the shy dragon • Aemon & Alys

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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: And the little mermaid tamed the shy dragon • Aemon & Alys   Dim 6 Mai 2018 - 0:55




My heart beats with yours
Les derniers jours avaient été éprouvant. Tout le Donjon Rouge semblait encore trembler des sinistres événements qui avaient secoué le mariage royal et le couronnement officiel du jeune souverain des Sept Couronnes. L’empoisonnement de la suzeraine de l’Orage et la perte des héritiers de la Main du Roi, récemment élu au statut de Régent avait plongé la capitale dans le deuil. Une journée entière avait été marquée par le respect, de silence et le recueillement en l’honneur de cette lady éprouvé par un acte d’une barbarie incomprise. Alys s’était pliée à ce protocole, n’ayant pourtant ni l’envie de le faire, ni le courage d’y résister. Elle s’était enfermée dans ses appartements depuis l’instant où Faust l’y avait amenée, fatiguée, lasse, pas même affamée. Elle s’était laissé aller dans son lit, avait longuement pleuré avant de s’assoupir d’une fatigue poignante, oubliant même d’ôter la robe magnifique qu’elle avait porté en ce jour sacré.

Les célébrations avaient pourtant fini par reprendre, soirées après soirées. En ce troisième jour, Alys s’était réveillé dans un long soupir ennuyé. Elle ne s’était pas rendue, la veille au soir, aux festivités. L’idée de croiser à nouveau le regard de Rhaenys lui serrait le cœur autant qu’elle n’avait pas l’envie de discuter avec son nouveau Roi. Pas encore. Pas alors qu’il venait de lui arracher celle qu’elle voyait comme cette sœur qu’elle n’avait plus, ce modèle en tout temps. Alys ne souhaitait voir personne et encore moins discuter avec qui que ce soit. Alors, quand on lui rappela que les demoiselles de l’entourage de la reine étaient attendues dans les jardins pour discuter en début d’après-midi, le soupir avait été plus long encore qu’à son réveil. Et pourtant, la jeune native du Nord se pliait à ses devoirs de dame de compagnie, même si ceux si pesaient bien plus qu’elle ne l’imaginait. Elle aurait donné tout ce qu’elle avait pour éviter cela et se retrouver plutôt en compagnie de Faust à pouvoir cracher sur ces noces ou bien du Prince Aemon qui aurait peut-être pu la réconforter de mots sagement trouvés.

Se pliant au protocole, la jeune femme avait laissé ses domestiques la vêtir d’une robe blanche, rappelant l’innocence de la jeune enfant. Ses cheveux blonds, tant similaires à ceux des Targaryen, avaient été remontés dans un joli chignon orné d’une couronne de fleurs toutes aussi pures, un lys venant trouver place dans la composition. Alys n’était nullement princesse mais son statut de pupille royale lui permettait de porter des couronnes et des diadèmes en tout temps sans paraître présomptueuse. La création qu’elle préférait était, d’ailleurs, celle qu’elle avait porté lors du mariage, diadème d’argents aux plantes aquatiques rappelant avec grâce son statut de sirène. Puis, quittant ses appartements, elle rejoignit les autres jeunes filles de son âge si ce n’était un peu plus vieilles qui accompagnaient partout Rhaenys à ses côtés.

Assises dans les jardins, elles formaient une ronde, une place libre étant déjà toute désignée pour elle. Prenant place, elle salua ses pairs qui ne tardèrent pas à lui faire remarquer son absence lors des célébrations de la veille. « Je me sentais mal… J’imagine que tous ces événements m’ont éreintée et que le repos était le seul remède dont j’avais besoin. » Pourtant, à peine eut-elle achevé sa phrase que le sujet de conversation dévia de but en blanc, revenant sur la robe de la Reine le jour de son mariage. Des futilités qu’elle devait considérer, se contentant de hocher la tête, d’approuver lorsque son avis était demandé ou encore de sourire quand l’une d’elle lâchait quelque chose qui méritait une hilarité feinte. En vérité, la jeune femme était perdue dans ses pensées. Depuis son arrivée, il y avait de cela un an, sa vision toute entière de la cour avait changé. Elle avait imaginé Port-Réal et le Donjon Rouge comme des lieux d’une beauté incroyable dans lesquels les gens évoluaient tous avec un large sourire, emplis d’un bonheur dû à leur simple présence entre ces murs, reconnaissants envers la famille royale de leur offrir cette opportunité, cet avantage. Elle avait crut que tous souhaiteraient devenir son ami, non pas par intérêt mais bien parce qu’ils se seraient intéressés à elle, à sa personnalité et à son esprit. Pire encore, elle avait poussé le vice jusqu’à penser qu’elle finirait par trouver une place plus durable dans les rangs de la famille Targaryen qu’en demeurant leur pupille. Etait-ce pour cela que son cœur, aussi emballé et sauvage pouvait-il être, tremblait dès que ses yeux se posaient sur un dragon bien particulier ?

Les rêves d’Alys s’étaient mués en cauchemar. Les vipères de la cour cherchaient à la mordre quand les moins venimeuses espéraient l’étreindre dans leurs anneaux, la faire prisonnière de leur corps et de leur rang. Les jeunes hommes l’agaçaient, les demoiselles n’étaient que d’hypocrites enfants cherchant à plaire quitte à tuer leur sœur pour cela. Rien de tout ce qu’elle avait pu imaginer n’était vrai. Bien au contraire. L’ennui s’était emparé d’elle quand ses folles envies de liberté semblaient se battre dans une cage aux barreaux dorés. Ses occupations étaient bien loin de ce qu’elle avait espéré et elle aurait pu se morfondre de ne pas agir à sa guise comme elle le souhaitait. Perdue dans ses pensées, la jeune sirène hocha négligemment la tête quand on lui demanda quelque chose, ne sachant même à quoi elle acquiesçait. Une autre fille pouffa, mais elle s’en moqua.

Soudain, comme un ballet orchestré avec minutie, toutes se levèrent de concert avant de s’incliner vers Alys… ou plutôt, vers la personne qui se trouvait derrière elle. Cillant un instant, ce ne fut que lorsque l’une des demoiselles qui lui tenait compagnie prononça le nom du prince qu’elle écarquilla les yeux, faisant volte-face, toujours assise dans le jardin. Relevant le regard, elle tomba rapidement sur le jeune dragon avant de bondir sur ses pieds, manquant de perdre l’équilibre. Elle improvisa alors une révérence bien bancale qui, elle le savait, ferait jaser ses « amies » dès le prince parti. « Prince Aemon… Veuillez me pardonner, je ne vous ai pas vu arriver. » Le rose monta à ses joues autant qu’elle sentit son cœur battre un peu plus fort contre sa poitrine. Une autre lady osa poser une question au jeune Targaryen. Cherchait-il Rhaenys ? Dans ce cas, il serait fort déçu de constater qu’elle devait affronter la crise qui secouait le Donjon tout entier… Alys déglutit avec difficulté avant de prendre une longue inspiration, cherchant presque un prétexte pour forcer le prince à rester auprès d’elle.


© Belzébuth

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Aemon Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: And the little mermaid tamed the shy dragon • Aemon & Alys   Mar 8 Mai 2018 - 13:34

Aemon avait dormi jusque tard dans la matinée, comme il en avait la mauvaise habitude. Il n'avait aucune excuse, non que quiconque n'ose lui demander des comptes. Il n'était pas fatigué de la veille, car encore affecté des horreurs et des vexations du Couronnement, il n'arrivait pas à fêter dignement. Ses rêves n'avaient pas non plus perturbé son sommeil ; depuis la paix, Aemon n'en avait presque plus, et en arrivait, aujourd'hui, à la regretter. Il aurait aimé voir ce malheur qui s'annonçait : une attaque sanglante à leur nom frappant la chair Baratheon. Aemon était peiné pour la Biche ; il avait demandé à Rhaenys de lui transmettre ses condoléances, ses vœux de rétablissement, l'assurance de son amitié qui n'existait pas vraiment ; il avait fait porter dans sa chambre une brassée de fleurs blanches, que la sécheresse rendait précieuses, mais qui paraîtraient sans doute ridicules à la mère endeuillée. Mais plus encore que peiné, le Dragon était en colère ; un sentiment qui jusqu'alors, lui était presque étranger, même pendant le règne cruel de Maegor. Naïvement, Aemon avait cru que tout irait mieux. Que l'union de Rhaenys et son frère serait dignement célébrée, que sa beauté rayonnerait sur le Royaume entier. Mais sitôt sortis du Septuaire, il n'y avait eu que laideurs. La torture de la Biche. Puis, comme si l'horreur donnait le ton, le spectacle des allégeances, avec ses demi-révérences, ses absences criantes, et le crâne sec de son aïeule roulant sur le sol. A y repenser, Aemon en avait encore la respiration coupée. Il ne rêvait que d'avoir un Dornien à torturer, même s'il savait qu'il n'en serait pas capable, ni même de regarder.

Allons, il fallait - non pas oublier - mais penser à autre chose. Faire bonne figure. Célébrer ! L'union était belle, elle le méritait. Malgré son amour jadis pour Rhaenys, qui trouvait là son terme naturel bien que ne mourrait jamais tout à fait, Aemon en était persuadé. Peut-être était-il l'un des rares dans ce Royaume semi-civilisé, à comprendre ce qu'avait de pur l'union d'un frère et d'une sœur Targaryen. Cette union si pure que lui, ne pourrait pas avoir. Aemon en avait le vague à l'âme. Il devrait se contenter de prendre celle qu'on lui donnerait. Que pouvait-il espérer d'une telle union marchande ? Sans doute pas grand chose de plus qu'une descendance, et, s'il embrassait l'importance de perpétuer son nom, sa lignée, même abâtardie, Aemon n'était guère à l'aise avec l'idée de paternité. Il avait déjà suffisamment de mal à s'occuper de lui-même.

A cela non plus, ne pas penser ! Il avait encore du temps, son mariage avec la jeune Rose étant encore en "négociation". En attendant, le Prince Dragon avait la faiblesse de chercher la compagnie d'une certaine Alys Manderly. Si on lui avait dit, un an auparavant, qu'enfin libéré de la Nordienne à laquelle on le promettait, il s'enticherait d'une autre, Aemon ne l'aurait pas cru. C'est qu'il s'imaginait les Nordiens comme les citoyens les plus sauvages des Sept Couronnes, ce que ne démentait pas leur grossière absence au Couronnement. Sauvage, Alys l'était un peu, à moins que cela ne tienne à son jeune âge ; mais grossière, certainement pas. Elle était même ce qui se rapprochait le plus d'un Targaryen en terme d'apparence. Avec ses cheveux pâles et sa robe admirable, elle n'avait fait au premier rang royal nulle tache d'ombre - à l'inverse de son pauvre ami, Nordien lui aussi. A la Sirène, Aemon avait offert son bras, Aemon s'était assis à côté d'elle, rendant la cour discrète qu'il lui faisait un peu trop officielle, comme lui avaient reproché les yeux de sa mère. Il ne voulait pas lui faire la cour à proprement parler, se sachant ailleurs engagé ; le Prince jouissait seulement, sagement, de la compagnie charmante de la jouvencelle, qui lui faisait oublier les regards habituels qu'on posait sur lui.

Avec les femmes, Aemon était vite fixé. Soit elles le méprisaient, soit elles étaient séduites par les mêmes choses, relevant de sa prétendue "féminité" : sa discrétion, sa sensibilité, sa coquetterie qui en ces jours de faste, trouvait libre cour. Si elles n'en étaient directement témoins, il y avait toujours ces rumeurs qu'elles avaient entendues et qui d'emblée, se superposait aux regards. En Alys, Aemon avait trouvé un regard presque vierge et une langue surprenante, bien qu'il ne l'eut jamais embrassée ; il n'eut pas osé, et d'ailleurs il n'osa pas même toucher de ses lèvres la paume qu'il lui prit en un baise-main tout conventionnel. Mais au milieu de ce groupe de demoiselles, c'était sa main à elle, qu'il avait prise ; elle, qu'il regardait avec un sourire amusé par cette gêne que la Sirène ne témoignait pas, ou plus, lorsqu'ils n'étaient que tous les deux - sans doute l'effet du groupe. Aemon détestait les groupes, ils le faisaient disparaître ou comme à l'instant, exister trop fort, et il était mal à l'aise de tous ces jolis yeux posés sur lui. Il aurait pu attendre qu'Alys soit seule, mais il ne voulait plus attendre : cela faisait deux jours qu'il la guettait sans oser aller la chercher, depuis qu'elle avait quitté la cérémonie sans qu'il puisse vraiment le lui reprocher.

- Mesdemoiselles... les salua-t-il après la Sirène, son mal-être disparaissant derrière son impeccable courtoisie. Vous êtes les joyaux de la couronne de la Reine, et j'espère que vous profitez pleinement des festivités.
Elles n'avaient pas l'air malheureuses. Les derniers jours alimentaient à pleines eaux le moulin à ragots, qui reprendrait de plus belle, Aemon n'en doutait pas, dès qu'ils auraient le dos tourné. Il secoua sobrement la tête. Non, il ne cherchait pas Rhaenys. Sa cousine, il n'avait pas besoin de ses demoiselles de compagnie pour la trouver. Ils avaient grandi ensemble dans ce château, même si, c'est vrai, les choses avaient changé...
- Je vous emprunte Dame Manderly... veuillez me pardonner, murmura-t-il avec un regard complice vers Alys, dont il singeait sans méchanceté les excuses.
Le Prince salua les jouvencelles une dernière fois. Et, avant de leur laisser le temps de poser d'autres questions, il entraîna Alys par cette main qu'il avait gardée, peu soucieux de cette familiarité qui, il le savait, ne serait pas mal accueillie.

La Sirène et le Dragon s'éloignèrent dans les jardins, à la recherche d'un coin tranquille où ils pourraient converser, non sans détours par les allées fleuries où les efforts d'irrigation avaient été concentrés. Aemon regardait devant lui, autour de lui, mais bien sûr il posait des regards sur celle qui marchait à ses côtés, au rythme paisible qu'il avait adopté. Alys avait l'air plus jeune, avec sa robe virginale, mais plus âgée aussi, avec son air soucieux qu'il s'imaginait peut-être, supposant que la petite Sirène devait être affectée des récents événements.
- Allez-vous mieux ? demanda-t-il innocemment, laissant à la jeune fille le loisir de se confier à lui.
Aemon espérait jouir de sa confiance. Il avait toujours été doué pour écouter.
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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: And the little mermaid tamed the shy dragon • Aemon & Alys   Sam 12 Mai 2018 - 10:11




My heart beats with yours
Manquant de tomber à cause de la précipitation dans laquelle elle avait exécuté tous ces gestes, il vint à nouveau la secourir. La main du Targaryen vint se saisir de la sienne, délicate, douce et aussi raffinée qu’Aemon pouvait être, la portant à ses lèvres dans un geste qui suffit à la jeune sirène pour que son visage s’empourpre doucement. Ses iris azurés se relevèrent, croisant celles améthystes du prince, lui adressant un sourire tout en retenue. Elle ne pouvait pas simplement laisser les autres jeunes filles comprendre la nature de ses sentiments sans avoir à répondre de ceux-ci par la suite, des heures durant. Mieux valait qu’elles l’ignorent, que les rumeurs suffisent à apaiser leur soif de savoir mondain. Puis, l’instant se brisa tandis que le dragon offrait enfin son attention à toutes ces autres jeunes filles qui menaçaient de glousser sous tant de compliments. Les joyaux de la Couronne de la Reine. Fallait-il en faire autant ? D’un regard périphérique, Alys comprit que d’une phrase, il venait de toutes les faire chavirer et en aurait volontiers ri si cela n’avait pas été outrageux.

Laissant une autre jeune fille parler, son attention se reporta sur le blond qui lui tenait toujours la main, ses doigts longs est fins accrochés à cette dernière, ceux de l’enfant ne sachant pas s’ils devaient venir se nouer autour d’eux également. Mais il secoua la tête, en signe de dénégation, assurant alors qu’il ne cherchait nullement la Reine nouvellement couronnée. De quelques mots, il réchauffa pourtant l’âme d’une sirène qui se noyait dans des eaux glaciales. C’était elle qu’il souhaitait voir et avec elle qu’il souhaitait s’entretenir. Elle haussa les sourcils, soudainement curieuse et envieuse de connaître le propos même de cette nouvelle rencontre, et, en même temps, soulagée d’échapper à ces commérages de cour qui l’épuisaient. Les conversations qu’elle avait avec Aemon étaient de loin ses préférées tant pour leur contenu que pour la présence à ses côtés du prince pour qui son cœur s’emballait furieusement dès que ses pensées se tournaient vers lui.

Les excuses qu’il formula n’étaient là que pour la forme et son regard suffisait pour qu’elle comprenne qu’il n’était pas le moins du monde navré de l’enlever ainsi à ses occupations – devait-on parler de devoirs ? Coupant court à la situation, il salua rapidement celles qui partageaient la vie d’Alys avant de l’entraîner à sa suite, n’ayant pas lâché cette main qu’il avait emprunté quelques instants plus tôt. Docile, entièrement dévouée à ce jeune homme, la jeune femme ne se fit pas prier pour le suivre, pour se laisser guider par le dragon, suivant la cadence en refermant ses doigts sur les siens. Traversant les jardins côte à côte, ils laissèrent un léger silence les accompagner, cherchant cet endroit qui leur offrirait intimité sans défier les règles de la bienséance qui aurait pu mettre l’honneur de l’un ou de l’autre en péril.

Le tissu fluide et blanc glissait contre les jambes de la jeune fille qui, de sa main libre, prit la peine de s’assurer que la couronne de fleurs demeurait bien en place sur sa tête. Tout n’était plus que légèreté alors et, déjà, elle se sentit s’envoler à chaque nouveau pas, la situation pesante qu’elle était forcée de vivre auparavant étant bien derrière elle. Si elle avait su qu’être dame de compagnie de la Reine nécessitait tant de sacrifices, alors il y avait fort à parier qu’elle aurait demandé à Rhaenys de la placer ailleurs. Aemon vint alors rompre le silence qui les avait enveloppés, forçant les yeux clairs de la sirène à venir se poser sur lui. Si elle allait mieux ? Force était de constater qu’elle devait aller mieux mais qu’elle ne savait pas réellement si c’était le cas. Faust avait déjà pris soin d’essayer de crever l’abcès mais avec Aemon… Lui mentir était chose impossible et le sourire de la jeune fille s’effaça peu à peu de ses lèvres rosées. « Je… J’essaie. Tous ces évènements ont été terribles et m’ont véritablement épuisée… Je suis navrée de vous avoir abandonné peu après que tout ça ne se soit passé… Mais je crains avoir senti mes forces se vider entièrement et il aurait été indélicat de ma part de vous faire subir ma fatigue. A vous tous. » Et de ses humeurs mélancoliques, surtout. Se sentir rejetée par Rhaenys, admirer son jeune frère la relever et obtenir son attention en quelques secondes… La jalousie avait dévoré le cœur de l’enfant du Nord, le baignant d’amertume qu’elle n’avait pu repousser.

Faisant quelques pas, à nouveau, elle poussa un long soupir. Lasse, elle l’était de tout ceci. Si elle s’était réjouie des festivités, du mariage et de tout ce qu’elle avait pu imaginer de la vie de cour, la réalité n’en était pas moins désillusion et déception. « Enfin, dans mon malheur, j’aurai évité la cérémonie du coucher… Savez-vous si Rhaenys va bien ? Je n’ai pas eu l’occasion de lui parler depuis… Bien trop longtemps. » Ses lèvres se pincèrent, irritée comme elle pouvait l’être dès que ce sujet revenait sur la table. La Reine avait des occupations bien plus importantes qu’une enfant capricieuse qui n’avait pas le moindre lien de sang avec elle, c’était chose certaine. Mais Alys avait vu en son choix de rester une promesse de la part de celle qui avait partagé bien plus avec elle que de simples discussions vides. Et cette promesse lui semblait brisée depuis quelques lunes, à présent.

Relevant son regard, un timide sourire se dessina sur ses lèvres tandis que ses doigts se resserraient un peu plus sur les siens. « Merci… D’être venu me secourir de ces harpies. Je crois bien avoir de plus en plus de mal à les supporter, toutes autant qu’elles sont, à se plaindre d’untel pour ensuite raconter que je ne sais quelle lady a obtenu les faveurs d’un lord qui m’est entièrement inconnu… Comment peut-on être friand de ce genre de ragots ? »


© Belzébuth

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Aemon Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: And the little mermaid tamed the shy dragon • Aemon & Alys   Mer 16 Mai 2018 - 12:16

Aemon acquiesça silencieusement, lorsqu'Alys avoua son épuisement. Bien sûr, la Sirène avait été chamboulée par les événements. Quelle jeune fille ne l'aurait pas été en voyant la Biche saigner ? Aemon ne songea pas qu'autre chose en fut la cause. Alys s'était éclipsée, elle n'avait pas voulu ajouter son poids plume à celui du malheur qui frappait déjà les Targaryens ; c'était louable de sa part. Pour les Dragons, les offenses s'étaient succédées. Aemon avait regretté le départ précipité de la blonde ; mais sans doute n'aurait-il pas trouvé la ressource de la consoler. Il était trop ébranlé lui-même, et s'inquiétait plutôt pour ses cousins dont le mariage et le règne avait été insulté ; pour Rhaenys.

Il réalisa qu'Alys n'avait pas été là pour Rhaenys. Cela le troubla, tout comme ses paroles suivantes. La jeune fille se réjouissait d'avoir évité la cérémonie du coucher, et juste après, s'inquiétait pour son amie. Croyait-elle que sa nuit de noce l'avait éprouvée ? Aemon s'efforça d'y voir une inquiétude de pucelle plutôt que de la répugnance pour l'union charnelle du frère et de la sœur. Lui-même y avait à peine pensé. La chair n'était qu'un détail dans une union totale, presque une formalité. Rhaenys et Jaehaerys n'avaient pas besoin de s'accoupler pour être au plus intime. Ils le feraient si et quand cela leur plairait.

Alys n'avait pas parlé de tout cela avec la Reine. Alys n'était pas convaincue. Alys les méprisait-elle, Dragons incestueux, comme ces dames de compagnie dont elle parlait avec légèreté ? Méritaient-elles vraiment le nom de harpies ? La martyrisaient-elles ? Mieux que personne, Aemon connaissait les cruautés de Cour ; il en avait longtemps souffert. Il y avait des coups qui ne laissaient pas de marques.

Il ne voulut pas apporter un nouveau coup à la jeune fille en lâchant sa main, pourtant il le fallait, maintenant qu'il ne la guidait plus, qu'ils déambulaient seul à seul. Ses doigts glissèrent de ceux de la Sirène et, charmante parade, cueillirent une fleur qu'ils lui tendirent. Une fleur rose, non plus blanche, car il voulait apporter un peu couleur aux joues de la Nordienne. Le Prince la soupçonnait capricieuse, et cela aurait pu paraître indécent face aux malheurs qui les secouaient tous. Alys avait des peines de jeune fille, mais c'est ce qu'elle était, une jeune fille, loin de chez elle. Elle ne semblait plus aussi proche de Rhaenys qu'il l'avait cru, et cela l'inquiétait pour l'une comme pour l'autre. Mais à présent, Rhaenys avait Jaehaerys. Peut-être pour Alys, devait-il être cet ami. Il regretta d'avoir lâché sa main.

- Peut-être cherchent-elles à tromper l'ennui, en attendant de trouver ce qui saura les rendre heureuses. Ou celui.
L'objectif explicite de la plupart de ces jeunes filles était de trouver un bon parti. Ces fleurs là ne craignaient que la sécheresse du cœur.
- Vous ne me ferez pas croire que vous n'avez pas obtenu quelques faveurs, vous aussi, dit-il sur le ton de la plaisanterie.
Mais ses yeux étaient curieux. Il voulait et ne voulait pas cette réponse. Il poursuivit.
- Peut-être devriez-vous faire comme elles. Après toutes ces aventures, vous avez bien mérité un peu de futilité.
Quel mal y avait-il à badiner ? Oui, quel mal ? et il vola une petite fleur à ses cheveux.
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