Partagez | 
 

 War of hearts

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Faust
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: War of hearts   Lun 21 Mai 2018 - 17:57




War Of Hearts

Rhaenys & Faust

Even if it hurts. Even if it makes me bleed. I’m gonna carry you. Pushing through with the dirt on my sleeves. Even if it hurts. Even if it’s razor deep. I’m not giving up, not gonna run. I’ll be there when you need me. Even if it hurts...

Nobody’s heart is perfect


       

Le trait siffla dans l’air avant de se ficher tout près du centre de la cible, à proximité de quatre flèches enfoncées dans la paille. Je baissais mon bras, observant la banale prouesse d’un air peu convaincu. J’avais passé cette époque où je me contentais d’une mire immobile pour m’entrainer. Il n’y avait plus de difficulté et encore moins de pertinence à cet exercice, si ce n’était celle de m’occuper l’esprit. C’était dans les bois du roi qu’il me fallait me rendre. Quelques jours à l’écart du tumulte gardé précieusement entre les mains des influents, troquant le foin pour une bête me donnant plus de fil à retordre. Un court périple de chasse, retrouvant l’essence de ce talent laissé à l’abandon. Pendant une seconde je m’étais laissé convaincre à l’idée d’en informer Alys. Une proposition ambitieuse et certainement une gaffe. La nordienne s’offusquerait à tous gestes mortels et trépignerait d’impatience. Je voulais rehausser le défi, mais à ce point? Peut-être pas. J’arrachais les projectiles de leur atteinte, avant d’observer la place s’offrant à la pratique des arts de la guerre. Le soleil avait quitté son point le plus haut depuis un moment, mais rare avait été ceux venu braver le climat pour quelques passes d’armes. Je remarquais plus loin, un jeune observateur. Olyvar. De l’âge de ce roi imposteur, il s’approchait pour me tendre une chope d’eau fraiche, mais son geste serviable ne parvenait pas à masquer son intérêt pour l’occupation qui maintenant m’ennuyait. D’un geste naturel, je lui avais tendu mon arc – fait de bois d’If teint d’un marron foncé, renforcé de cuir de daim noir. Il était court, comme ceux utilisé par les cavaliers, mais si peu simple à manier. Je plantais au sol, à la ligne de tire, les cinq flèches qui avaient fait mouches. Le garçon ne s’était pas fait prier, prenant le relais, s’imaginant soldat plutôt que domestique. Je me reculais, vidant le tiers de ce gobelet d’étain. La première manqua de peu, mais la deuxième se ficha très honorablement.   «Ce n’est certainement pas la première fois qu’un arc tombe entre tes mains. Tu es plutôt doué.»  Il cherchait à ne rien démontrer, mais se fut plus fort que lui. Sa poitrine vint se gonfler d’un égo rarement flatté et ses yeux brillèrent à l’énoncé de cette bonne impression. Un petit triomphe dans un quotidien que je savais bien morne – surtout lorsque tout ce qui nous entourait appelait à ces rêves ambitieux réservés à d’autres. Il saisissait une autre flèche, encouragé par cet élan de confiance. «Mon père en avait un. Il ne s’en servait plus. La guerre l’a estropié de deux doigts.» Dit-il en agitant son pouce et son index pour en appuyer l’ironie. «La Bataille d’Herpivoie-ville. Cela fait six ans.» À cette mention, je me trouvais bien peu renseigné sur les épreuves de la région. De tout combat ayant sévit dans le Conflans, seul celui d’Harrenhal m’était familier. Le Nord avait été appelé à prendre les armes, forçant le siège de celui qui était aujourd’hui main du roi. Dire qu’il en avait fallut de peu pour que je sois contraint de joindre ces hommes ayant risqués leur vie pour une cause relevant des pires intentions. Théon Stark avait vu en moi une valeur martiale dont j’étais si peu disposé à confier. Non pas à l’encontre du Nord et des loups m’ayant accueillit dans leur demeure, mais bien contre une cause favorisant un roi despote et cruel. La dragonne enneigée m’avait trop bien renseignée sur cette histoire qui soulevait bien des conflits avec cet époux devenu nuisible. Ils n’obtinrent pas mon appui. Je m’étais cantonné à ce rôle ingrat plutôt qu’aux promesses d’exploits militaires. J’avais déjà choisi mon camps et ce n’était pas celui du Loup ascétique, ni celui de la Vouivre folle. «Après la guerre, il se contentait de le glisser jalousement sous son lit. Je crois bien qu’il le savait, mais mes frères et moi le lui empruntions lorsqu’il n’était pas présent. Je n’ai pas beaucoup pratiqué. Cela fait même très longtemps que j’ai pu le faire.» La corde vint se détendre et la flèche se planta tout en haut de la cible. Le manque de concentration avait joué en sa défaveur. Je n’émis aucun commentaire. Je devinais dans son regard insatisfait, son autocritique. Il connaissait son erreur. «Comment un garçon de Viergétang en est-il venu à servir la couronne?» Dis-je sans trop réfléchir, renchérissant simplement l’échange de menus propos. «Comment un homme du Nord a pu en faire autant?»  Touché. Le jeune homme d’apparence si commune était vif et irrévérencieux. Sans méchanceté, ni manque de respect - un fin sourire perlant au coin de ses lèvres pour éviter tout mal entendu pouvant lui porter préjudice. Observateur, il s’était risqué à confronter l’homme affable d’un humour pince-sans-rire. Il me rappelait ma propre audace, voir l’arrogance de la jeunesse dont était également détentrice la jeune Manderly. Je m’amusais de sa nargue, faisant mine d’avoir été atteint sans ménagement. Je lui concédais la victoire, le laissant profiter de sa petite gloire, encourageant un franc-parler trop rare entre ces murs. On le héla. Un homme des cuisines, les manches d’une chemise couleur miel roulées aux coudes et un tablier crasse à la taille. Il venait de rappeler gentiment au travail, mais avec une certaine autorité, celui qui avait pu profiter de mon laxisme. Son regard avait soudain changé, passant de l’espièglerie à l’embarras. Il vint me rendre l’objet de son enthousiasme, regrettant de devoir partir si tôt. Il souriait, manifestement incapable de laisser cet homme mécontent venir obscurcir ce moment privilégié. «Cela a été fort agréable, j’vous remercie de cette faveur messire.» Avait-il dit aimablement avant de partir d’un pas pressé. Messire. Cette reconnaissance étrange et injustifié me laissait pantois et un brin égayé. «Je ne suis pas...» Trop tard. La précision n’avait pas su parvenir jusqu’à celui s’étant empressé de retourner à sa besogne. L’aristocratie, elle,  ne se méprenait jamais. Pas même par étourderie. C’était là, la toute première fois que ce terme poli m’était accordé. Le garçon s’était laissé prendre au jeu, par habitude sans doute, cela n’avait pas d’importance. Une part de moi s’en découvrait une certaine fierté, mais avec le recul je m’en trouvais bien ridicule.

☩☩☩

Il faisait noir depuis longtemps. Le feu des braseros posés dans la cour, miroitait un semblant de vie dans un endroit pourtant désert. J’étais seul, m’accommodant de ce fait qui me poursuivait continuellement dans cet endroit maudit. Il y avait un certain temps que j’avais abandonné mes intentions de me tenir occupé. Combien? Je n’en avais pour ainsi dire, aucune idée. Je ne comptais plus les heures, repoussant ce moment qui me rappellerait à mes affaires. Je me prélassais sur le dos, sur un des longs bancs de bois, à scruter le ciel. Peu importe où je m’étais retrouvé, ce spectacle étoilé était le même. À traquer un cerf au delà du mur, voguant sur les mers à l’Ouest ou me prélassant dans les bois sacré du Nord. Il y avait là quelque chose de rassurant, d’apaisant. Il n’y avait qu’à lever les yeux pour oublier les paysages inhospitaliers, les inconnus vaniteux et cette pesante solitude. Tout semblait futile lorsque les cieux s’illuminaient. Et l’idée toute simple de savoir que ce tableau merveilleux serait vu, par celle qui s’était éloignée de moi, était ma seule consolation. Mes mains se distrayaient de la douceur d’une plume immaculée, rescapée de l’œuvre de l’empennage délicat, auquel je m’étais afféré plus tôt. Je me redressais péniblement, rajustant ce gambison léger dont les manches furent retirées. Cendré, piqué en losanges, des boucles en laitons, le col relevé. Sans fioriture, sans symbole pouvant relier à une quelconque allégeance. La chemise bourgogne sans éclat était le seul indice rappelant les couleurs du blason royal. Un compromis élégant, mais diablement simple. Pouvait-on en attendre plus d’un homme habitué à la rudesse et si peu enclin à l’extravagance? Je m’échappais de la noirceur extérieure pour rejoindre les coursives du château qui me mèneraient au confort de mes appartements.

Le loquet cédait dans un bref cliquetis provoqué par le soulèvement de la clenche. Il semblait que jamais le verrou de cet endroit ne fut usé et l’intention d’y remédier ne m’avait pas même traversé l’esprit. Il était entendu chez les servants, dont le rang m’était trop familier, que les appartements de l’homme, venu choquer de sa présence illégitime, n’était pour ainsi dire jamais verrouillé. Une porte ouverte sur cette intimité qui ne souffrait d’aucune attache matérielle. Qu’ils volent donc ces fruits, ce vin et cet or! Comme si cela fut le seul danger pouvant guetter la suite privilégiée de la reine. Je poussais le battant d’une main, frappé par le passage de l’air chaud, dont la douce brise n’avait rien de désagréable. Le ciel s’était couvert d’encre, noyant l’ardeur de l’astre incandescent, offrant un répit tempéré et agréable. Entre mes doigts agités roulait le rachis de la plume opaline dont je m’étais fait gardien, mais cette prise se relâchait abruptement. Saisi, je laissais se dérober de mon emprise légère, l’objet qui virevoltait bien bas, dans  une valse courte. Elle vint alors se choir gracieusement sur le sol à deux pas de l’entrée que je n’avais pas encore su franchir. Je m’étais figé, mes iris d’un bleu glacial s’étourdissant dans l’admiration de ce profil dont j’étais le fin idolâtre. Le portrait délicat balayé par le chatoiement de l’âtre brûlant, remuait tant de désir interdit. J’étais contemplatif. L’indécence de ce regard souffrant de convoitise se glissait sur le maintien parfait de celle qui m’avait assujetti à l’ivresse. J’étais envouté par ce cœur tendre capable de fureur et conquis par le feu noble et souverain.  Et alors que mon œil avare mirait sur la commissure de ses lèvres roses, une douleur vint s’éprendre de mon palpitant. Ma paume glissa contre ma poitrine, réagissant de stupeur au souvenir douloureux de cet adieu. Cette main venue m’effleurer, caressant mon visage avec affection, m’avait enjôlée d’un plaisir gâché par les circonstances. Inerte et choqué. J’avais tenté faiblement de la garder près de moi, pour en retarder l’instant fatal et aujourd’hui je regrettais ce corps vulnérable s’accrochant au mien. Je regrettais ce baisé fade auquel je n’avais pas répondu. Je regrettais ce silence. Comme je regrettais...

Mes yeux ne vinrent jamais affronter les siens, se détournant dès lors que ses prunelles améthyste menaçaient de se tourner vers moi. Mon cœur, gorgé de sentiments trop violents, manqua un battement. «...Ma confiance t’est entièrement acquise, toi et toi seul. » Cette déclaration appartenait au passé - à une toute autre vie. Je n’étais plus le seul à me vouer, mais j’étais convaincu d’être le seul audacieux prêt à tout risquer pour elle. Je ne partageais peut-être pas son sang, mais nous étions dotés de la même véhémence. Tel le protecteur transit d’amour, je n’avais d’autre intérêt que son contentement. Que le royaume tout entier se consume en un gigantesque brasier si pour cela elle devait me survivre.  La porte claqua. L’envie la plus viscérale m’appelait auprès d’elle, mais cette déraison ne m’avait pas conduite à sa proximité. J’avais puisé des efforts surhumains pour ne pas succomber à cette vicieuse tentation, effrayé par l’idée d’être blessé de nouveau. Je m’étais écarté en silence, d’une démarche droite et faussement assuré. J’étais hésitant. Malgré tout, ma dégaine reflétait cette attitude humble et digne propre à ce Nord que j’avais abandonné. Dans ce monde d’artifices où la délicatesse et l’élégance étaient choses courantes, j’avais l’air d’un rustre. D’autant qu’être un fils de l’hiver n’avait rien d’élogieux quand les tensions sévissaient entre Winterfell et la Couronne étaient évoquées. Être authentique n’était pas une valeur encensée par les esprits malins de la cour et à trop vouloir apprendre à me confondre parmi la masse, je souffrais de ma propre maladresse. Cette table encombrée que je venais de rejoindre était le parlant témoignage de cette confusion. Si le reste de la pièce était immaculé, cet étal était chaotique. Un amas varié où se succédait cartes, encre, plume, parchemins vierges, recueil sur les grandes familles de Westeros et même un jeu de cyvosse aux figures mal positionnées. Mon arc vint rejoindre le désordre, percutant un destrier couleur d’ébène qui vacilla avant toquer contre la planche de jeu. Je lui faisais maintenant dos. Mes mains s’évertuaient à défaire les boucles du carquois fixé à ma ceinture. Il était évident que cet exercice était le prétexte pour me dissocier de l’ambigüité de cette relation   -  ruinant mes envies dans un silence désagréable. Je n’étais en rien à l’aise, tremblant d’inconfort et balançant nerveusement entre l’amertume et la béatitude de cette précieuse entrevue.  Nous n’avions pas eut l’occasion de nous retrouver suite à ces vœux échangés. Un calvaire achevé au terme de ce renouvellement de mon allégeance, heurtant sans le moindre scrupule l’autorité de ce prétendu roi - mais surtout, surtout, de ces allusions idylliques s’armant d’une simple rose blanche.

Les sangles de cuir se libéraient et l’étui vint lourdement rejoindre le fouillis. Ma tête s’inclinait légèrement sous le poids trop lourd des préoccupations. «Je t’ai attendu. J’ai tant espéré. Et maintenant que tu es là...» Je m’interrompais, fermant un instant les yeux, dans une mimique cherchant à se lester de son chagrin. Ce n’était pas d’elle dont je devais me prémunir, mais de moi-même; de ces mots brûlants ma gorge, de ces gestes contraints de leurs impulsivités. Immobile, l’allure fière mais affectée. Je n’avais toujours pas acquis le courage de la confronter. Je craignais de succomber à la vue de cet être cher, m’interdisant l’apitoiement. Je lui avais offert ma vie, mon cœur et mon âme et pourtant les paroles de la vierge des eaux résonnaient en ma mémoire : Ce n’était pas suffisant. Étais-je encore en droit d’exiger quoique ce soit de cette femme que je comparais sans honte à la plus belle déité? Le crépitement des flammes s’était chargé de répondre pour moi. Ce destin, peut-être, nous liait-il encore.  J’inspirais profondément, soulevant ce buste propice à s’écraser sous les contres-coups, m’armant d’un aplomb fragilisé. Un sentiment de déjà-vu me happait. Du coin de l’œil, le foyer irradiant de toute sa chaleur était l’objet de mon attention évasive, alors que je me revoyais secouer les braises pour insuffler leurs renaissances - les genoux érodés sur le sol de pierres dures de la tanière austère du loup. Volontaire et fasciné, j’avais répondu comme je l’avais fait à ce banquet funeste. Cette rencontre s’apparentait à un hommage involontaire, de cette fois parfaite qui m’avait unie au dragon et à sa conquête légitime. Cependant, la naïveté des premiers instants, n’était plus. Ce couronnement, ce mariage, ce lien auprès duquel je ne pouvais rivaliser. Quelque chose s’était irrémédiablement brisée. Et après que la réalité m’eu ruée de coups, j’avais rassemblé le peu de force qui subsistait – livrant mes derniers efforts aux pieds de cette souveraine tenue au silence. Tout ce que j’avais à offrir, elle le possédait...jusqu’au dernier souffle ponctuant une phrase qui resterait incomplète.



(c) naehra & DΛNDELION.



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

I AM ONE MAN
BUT I'LL STAND LIKE AN ARMY OF SOLDIERS

SWORN SWORD ‡ I'll be the shield that blocks every sword. I'll be the steal the fires will forge. To bring you peace, I'll will go in to war. Ain't afraid of the rain, I trained in a storm.

Revenir en haut Aller en bas
 

War of hearts

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Forum RP] Kingdom Hearts Heaven !
» Fiche de Pandora Hearts Abyss
» News de Pandora Hearts Abyss
» Kingdom Hearts News Adventures RPG
» Pawn Hearts - Van der Graaf Generator

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

The seven kingdoms

 :: Terres de la Couronne :: Port-Réal
-