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 War is won when peace kills it • Rhaenys & Etaine

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: War is won when peace kills it • Rhaenys & Etaine   Sam 9 Juin 2018 - 15:08




The Dragon and the Bird

Un soleil de plomb trônait majestueusement au-dessus des Sept Couronnes. La chaleur de l’air rendait la vie plus difficile encore à ceux qui la vivaient de plein fouet. La plupart des activités étaient arrêtées, les habitants reclus dans leurs demeures attendant que la nuit tombe et, avec elle, l’arrivée d’une fraîcheur nocturne ardemment désirée. Les forges ne tournaient plus que lorsque cela devenait une nécessité absolue, le brasier qu’elle nécessitaient réchauffant plus encore l’air déjà irrespirable de certaines rues. L’eau devenait un bien précieux dans lequel on prenait le temps de se baigner, que l’on buvait inlassablement. Les nobles du Donjon Rouge, eux, avaient la chance de pouvoir la parfumer afin de la rendre plus fraîche encore, les réserves ayant été placées dans les profondeurs de la forteresse, là où les caves restaient à température acceptable. Les serviteurs, d’ailleurs, se battaient presque pour être ceux qui étaient en droit d’accéder à ces lieux tranquilles autant que frais, restant des heures durant dans la douceur des caves.

Le climat était plus dur, encore, pour ceux qui n’étaient guères habitués à ces chaleurs. Etaine faisait partie de ceux-là. Les nuits n’étaient nullement reposantes, son corps tiède cherchant dans ses draps une fraîcheur qu’elle avait tôt fait de réchauffer, se débattant alors avec les tissus qui se collaient à sa peau, gênants. Chaque jour, elle se délectait d’un bain d’eau tiède, appréciant la fraicheur qu’il offrait à son corps, restant dedans jusqu’à ce que les convenances ne lui permettent plus de le faire, efforcée de sortir par les obligations de la Cour, se pliant à un protocole qu’elle avait appris durant ces quelques jours passés entre ces murs. Les choses étaient différentes du Val, du Nord ou encore de Dorne. Aucune région ne semblait être semblable à sa voisine et cela ne cessait plus d’étonner Etaine, tout comme elle commençait à comprendre les différents conflits qui arpentaient les Sept Couronnes. La paix à laquelle elle aspirait semblait difficilement obtenable et pourtant, elle était déterminée à prouver à tous que les Westerosi pouvaient s’accorder, tous ensemble. La longue discussion qu’elle avait eu avec le seigneur Baratheon à ce sujet était toujours dans un coin de ses pensées, lui rappelant tout ce qu’elle avait fait, déjà, pour cette paix utopique et pour la sauvegarde des siens. Ni Catelyn, ni Martyn ne sauraient jamais ce qu’elle avait fait, mais son intervention les avait épargnés tous deux, pour l’heure. Il ne tenait plus qu’à eux de se montrer dignes de la confiance et de leur sœur, et de la Couronne sans quoi Etaine serait certainement la première à perdre la vie.

Poussant un long soupir, elle se laissa aller dans le fond du fauteuil sur lequel elle était assise, reposant la plume à ses côtés. Rédiger des lettres était devenue une chose presque habituelle et normale pour elle et ces missives destinées à Ashara et Theon pouvaient être les plus importantes de toute sa vie. Jorah était perdu. C’était une triste réalité à laquelle elle devait faire face. De ses cousins, elle n’avait pu sauver l’aîné des Loups, l’abandonnant à son sort, demandant à ses frère et sœur d’en faire de même. Quelle image, seulement, auraient-ils d’elle, ces cousins Loups ? Martyn devait être en route pour le Nord s’il n’était pas déjà dans cette région froide et humide, à rejoindre Winterfell. Le devoir était une chose trop importante pour lui pour qu’il n’essaie de s’y soustraire. Freyja avait déjà dû prendre connaissance de son sort et, bien que les deux femmes ne s’entendaient guère particulièrement, Etaine s’était juré de veiller sur cet oisillon jeté hors du nid quand il arriverait dans la fosse aux serpents.

Se massant un instant les tempes, elle finit par se lever, quittant ses appartements. Elle avait besoin de se dégourdir les jambes, de réfléchir en marchant. Le tissu de sa robe était Dornien, à n’en pas douter. Organza bleuté aux reflets brillants, le drapé du bustier semblait l’envelopper dans le tissu plus que l’habiller véritablement. Seules ses épaules étaient couvertes, laissant la peau diaphane de ses bras nus révélée aux yeux de tous, immaculée comme elle l’était. Nulle broderie ne venait orner l’ouvrage, le drapé en lui-même étant suffisamment beau pour être paré de fils et de perles. A son cou, la Valoise portait l’un des colliers laissé par sa mère, turquoise imposante trônant magnifiquement au bout d’une chaîne en or, venant habiller le décolleté de la native des Eyriés. A son poignet, un jonc également doré, frappé d’un soleil et d’un oiseau. Sa lourde chevelure de jais avait été remontée dans un chignon nullement sophistiqué, simplement destiné à ne pas lui tenir plus chaud encore qu’elle ne l’avait déjà, libérant sa nuque de ce fardeau.

Elle saluait poliment les gens qui se présentaient à elle, ne sachant encore mettre un nom sur tous les visages qu’elle croisait. La vie à la Cour était dure mais Etaine essayait tant bien que mal de ne pas se soucier des autres. Elle était ici pour les siens, pour se porter garante de leur innocence à tous dans l’affaire de l’empoisonnement de lady Rohanna Baratheon. Le reste et les autres, elle s’en contrefichait, autant que la réputation qui pouvait l’accompagner dans les couloirs du Donjon Rouge, sachant son honneur lavé dès lors par le Roi lui-même. La Colombe volait trop haut pour que l’on puisse l’entacher de quelques rumeurs désagréables. Ses pas la conduisirent jusqu’au bas d’un grand escalier qui menait sur le toit du Donjon de Maegor. Elle y avait pris ses habitudes, appréciant observer depuis ce point culminant les alentours, pouvant passer des minutes comme des heures accoudée au muret afin de se perdre dans une contemplation méditative. Tenant un pan du tissu de la robe, veillant ainsi à ne pas se prendre les pieds dedans à chaque marche, elle finit par atteindre le sommet en poussant un léger soupir de soulagement. L’effort était dur mais la vue en valait la peine. La solitude qu’elle trouvait en ces lieux valait toute la fatigue du monde. Du moins, elle le pensait.

Pour la première fois depuis qu’elle avait découvert cet endroit, Etaine réalisa qu’il était déjà occupé. Fronçant les sourcils, elle se rendit bien rapidement compte que celle qui lui tournait le dos, le regard perdu sur l’horizon n’était autre que la Reine en personne. Visiblement, elle ne l’avait pas entendue arriver. Se mordillant la lèvre, la Colombe hésita. Devait-elle lui laisser la place et se retirer, ou bien s’annoncer ? Elles étaient seules, personne ne le ferait pour elle. L’instant dura plusieurs secondes avant qu’elle ne se décide. Faisant quelques pas, elle toussota avant de se placer aux côtés des la souveraine des Sept Couronnes. « Il m’arrive de venir ici et d’observer vers les Nord… Quand la fatigue me guette, j’ai l’impression de discerner au loin les hauts monts du Val… » Elle eut un léger sourire avant de faire face à sa Reine, s’inclinant devant elle dans ne révérence respectueuse. « Votre Majesté… Veuillez me pardonner cette intrusion. J’ai également pour habitude de trouver une certaine quiétude en haut de cette tour. Si ma présence vous dérange, alors je saurais revenir plus tard. »


© Belzébuth

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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
MessageSujet: Re: War is won when peace kills it • Rhaenys & Etaine   Sam 9 Juin 2018 - 17:10




The Dragon and the Bird

La terrasse était déjà baignée d’un soleil brûlant, pourtant le matin venait à peine d’apparaître. Le petit matin promettait une autre de ces journées où la chaleur immobiliserait un royaume tout entier. Assise à la terrasse des appartements royaux, je buvais une eau fraîche aromatisée à la menthe, et me rassasiait de quelques fruits ramenés de contrées lointaines et exotiques par les nombreux marchands qui, plus que jamais, s’enrichissaient du commerce entre Westeros et Essos. Jaehaerys, à mes côtés, prenait également le temps de manger avant de rejoindre notre cousin et quelques autres conseillers pour échanger sur le sujet le plus brûlant du moment au sein du gouvernement : le Nord.

La missive que m’avait envoyé Jorah avait fini de nous convaincre que l’actuel seigneur du Nord n’était plus disposé à un dialogue pacifique et que rien au monde, hormis l’accord de la couronne sur l’indépendance, ne le persuaderait de baisser les armes. Depuis la lecture de la missive de Jorah, je n’avais pu me résoudre à en parler avec Jaehaerys. Il n’avait pas manqué de me questionner sur les raisons qui auraient pu pousser Jorah à se lancer dans une telle provocation à l’égard de l’intimité que nous avions partagée. Mon époux s’était même enquis d’une potentielle violence du seigneur Stark à mon égard.  Je me contentais de rassurer ses inquiétudes mais ne me lançais guère d’avantage dans le moindre récit complémentaire. Jorah avait sali le souvenir de ce mariage. Il y avait eu du bon dans notre mariage, nous avions eu des moments de complicité, et même, au bout du compte, avions-nous fini par nous comprendre. Tout cela m’apparaissait à présent comme de simples moments illusoires auxquels je m’étais accrochée pour oublier les affrontements.

« Tu es bien pensive, ce matin. »

Je ne répondais pas, me contentant de tendre la main vers celle de Jaehaerys pour le rassurer. Il était étonnant de le voir si protecteur envers moi, le contraire aurait été plus logique. Pourtant, il n’avait de cesse de s’enquérir de mon bien-être, de s’assurer que cette histoire ne blessait pas outre mesure. Je le voyais tenter de me rassurer, de faire s’évaporer les souvenirs douloureux d’une séparation nécessaire, mais surtout de balayer la culpabilité qui ne me quittait plus.

Ces derniers jours avaient été éprouvants. Le Conseil Restreint avait été une épreuve en lui-même, et il me semblait que notre monde tout entier menaçait de basculer dans le chaos. Il me semblait retomber dans mes vieux travers, ceux qui avaient pris nécessaire à l’époque de Maegor : la méfiance, le doute, la peur. Je pensais avoir grandi et m’être débarrassés de ceux-ci, et pourtant force était de constater qu’ils étaient toujours bien là, nichés au creux de mon ventre. Je doutais de tout, de tout le monde, et il me semblait qu’une simple étincelle aurait suffit à faire exploser la poudrière qu’était devenue notre royaume.

Le regard de Jaehaerys ne me quittait pas une seconde, et je pouvais deviner qu’il n’avait aucune difficulté à lire mes pensées tant elles s’écrivaient sur mon visage. S’il nourissait des inquiétudes, il était très difficile de les deviner tant il était un jeune homme secret. Sans doute étais-je celle auprès de laquelle il s’ouvrait le plus, et pourtant je n’aurais pu me hasarder à parier sur ce qui animait son esprit à cette heure. Il détaillait mon visage, mes yeux qui fuyaient les siens, mon visage marqué par l’inquiétude et un sommeil trop léger. Il déposait une main sur ma joue, et j’en constatais la chaleur. Sans doute étions-nous les seuls êtres de ce royaume à ne pas souffrir de la chaleur de l’été, étant nous-mêmes rassérénés par celle-ci.

Il était plaisant de ce retrouver dans cet instant d’intimité rare. Nous étions seuls, isolés sur cette terrasse que des voiles séparaient de l’intérieur des appartements. La paix qui nous animait contrastait violemment avec la dispute qui nous avait déchiré quelques jours auparavant. Le Conseil Restreint avait, à lui seul, eu la capacité de faire voler en éclat le calme olympien que je m’étais efforcée de garder depuis mon retour à la Cour.

Il avait eu raison sur toute la ligne, mais j’avais été trop énervée, trop aveuglée pour le reconnaître. Jaehaerys avait eu l’imprudence de me faire remarquer le caractère trop évident de ma colère face aux agissements de Robb.

« Ne me dis pas comment me comporter ! »
« Et pourtant là est mon rôle, Rhae. C’est moi qui ai demandé à Robb de devenir Régent, et tu étais la première à me convaincre qu’il était digne de confiance. »
« Il parle en ton nom sans te consulter ! Il prend des décisions sans te consulter avant ! Il met en danger la stabilité du Royaume ! Comment peux-tu seulement ne pas voir tout cela ! »
« Il ne fait rien de tout cela. J’étais au courant, Rhaenys. »

J’avais crié, tempêté, ragé, comme je l’avais fait de si nombreuses fois auparavant. J’allais trop loin, et je me montrais injuste, et pourtant j’étais bien incapable de le reconnaître à cet instant. Jaehaerys avait tenté de me retenir, de me convaincre qu’il était plus raisonnable de le laisser s’entretenir seul avec Robb à propos de ce qui venait de se passer. Il avait compris que je n’étais pas moi-même, et que l’entrevue qui pourrait avoir lieu avec notre cousin ne serait guère productive. Pourtant j’avais refusé. Du moins j’avais tenté de refuser, balayant d’un revers de la main les réticences de mon frère pour me diriger vers la double porte qui ouvrirait sur la pièce où nous attendait Robb. Approchant de ladite porte, les soldats qui la gardaient n’avaient pas esquissé le moindre geste.

« Rhaenys, laisse moi m’entretenir avec Robb aujourd’hui. »

Je m’étais retournée, plus furieuse que jamais devant l’autorité que m’imposait Jaehaerys. Je n’avais pas eu l’habitude d’une telle fermeté face à moi, car il était d’ordinaire plus propice à écouter mon avis qu’à me faire taire. A cet instant, je n’étais pas en mesure de comprendre qu’il ne se forçait à de telles extrémités qu’à cause du fait de mon manque de discernement.

« Comment oses-tu ? »
« Ser Gavin, raccompagnez Sa Majesté jusqu’aux appartements de la Reine, je vous prie. »

J’étais restée interdite, le garde blanc n’osant pas me brusquer pour quitter la pièce en direction de mes appartements. Jaehaerys, lui, était resté silencieux et de marbre alors que nos regards s’affrontaient. Il pouvait lire la rancœur dans le mien, et je pouvais lire une tristesse infinie dans le sien. Il m’avait fallu deux journées entières pour accepter de lui parler à nouveau, et ce matin était le premier où nous nous étions réveillés ensemble depuis l’altercation.

La fureur m’avait quittée rapidement, laissant place à une certaine amertume, puis à une culpabilité écrasante. Cela avait suffit à rendre nos retrouvailles possibles, et il faudrait bientôt que je vois Robb. Jaehaerys m’avait fait un rapport complet de ce qu’ils s’étaient dit à la suite du Conseil Restreint, et ces échanges expliquaient de nombreuses choses. Beaucoup de choses avaient été dites et faites, et il serait bientôt temps pour moi de m’entretenir avec Robb. J’avais eu du mal à pardonner à Jaehaerys cette mise en scène ridicule dont j’étais définitive le bouffon. Il avait été au courant depuis le début de la petite stratégie de Robb, et tous deux avaient jugé opportun de me laisser dans l’ignorance, profitant de mon tempérament emporté pour donner de la profondeur à ce qui se déroulait devant les yeux ébahis des membres du conseil. Pourtant, j’avais pardonné. J’avais pardonné à Jaehaerys, et il faudrait rapidement briser la glace qui s’était créée entre mon cousin et moi-même. Il était mon sang, mon ami, mon confident, et si j'avais eu mes doutes - peut-être même les avais-je encore - concernant certaines de ses motivations, il n'en restait pas moins mon allié le plus fidèle, le plus solide. Cette situation n'avait que trop duré, et elle me rendait malheureuse.

Le Roi se levait, déposant un baiser sur mon front avant de se diriger vers les appartements et se préparer pour sa réunion. De mon côté, j’avais encore de longues heures devant moi avant le déjeuner protocolaire que j’avais convenu de prendre avec les épouses de quelques vassaux fidèles de la couronne. Disposer de temps libre était un phénomène bien rare dans mon quotidien, aussi je me préparais rapidement pour sortir et prendre le temps de déambuler dans les couloirs du palais, peut-être même rejoindrais-je les jardins.

La chaleur et les jours d’été encourageaient les tenues les plus déshabillées au sein de la cour, et je ne manquais pas à l’appel malgré mon indifférence à la chaleur. Ma robe était légère, faite d’un tissu mousseline plissé de couleur blanche, une maigre ceinture d’argent était semblable à deux dragons entrelacés. J’avais voulu m’éviter le fardeau des bijoux pour une simple promenade, mais cela semblait un accessoire obligatoire pour une reine. Je me contentais de déposer un diadème sur le haut de ma tête, fin et discret, dont seules quelques pierres précieuses colorées trahissait la présence au milieu de ma chevelure fournie. Celle–ci, d’ailleurs, avait été rassemblée toute entière sur un côté, retenue par un maigre fil d’argent tout simplement invisible.

Mes pas n’étaient guidés par aucune volonté de rejoindre un endroit particulier. Je cherchais simplement un espace de tranquillité. Je montais pas à pas des marches qui me menaient vers un endroit auquel je n’avais pas repensé depuis des années, mais qui était loin de m’être inconnu. Arrivée en haut des escaliers j’ouvrais la petite porte de bois qui ouvrait sur une tour, qui elle même permettait d’accéder au chemin de ronde. J’aurais pu reconnaître cette tour entre mille autre, car elle avait été le théâtre d’une tragédie, des débuts d’une catastrophe qui avait mené le royaume vers la guerre.

Je pouvais encore me figurer la scène avec une précision impressionnante. Une jeune femme tirait avec désespoir un petit garçon à sa suite. Elle se savait prisonnière à jamais si elle ne quittait pas ses murs, et elle avait fait l’erreur de remettre sa confiance entre les mains d’un homme qu’elle pensait bon. Valyron de Mantarys avait été mon guide jusqu’à ces hauteurs, et cela avait été sur ces mêmes hauteurs qu’il avait mit fin à mes espoirs de liberté, à ma tentative d’échapper à Maegor, avec Jaehaerys, pour rejoindre Aegon et combattre à ses côtés. Brandissant une épée devant mon jeune frère et moi-même, il nous avait contraints à retourner jusqu’à la salle du trône. Nous avions du ployer le genou devant Maegor, et mon frère Aegon avait perdu la vie durant son combat pour récupérer son trône.

Je décidais de rester là, car la tour offrait un point de vue inégalable sur la ville et ses alentours. La reconstruction de Port-réal était achevée, et pourtant l’été ne l’épargnait pas et amenait une certaine misère à ceux qui avaient déjà tout perdu. Cela faisait quelques jours que je ne m’étais pas rendue en ville, l’orphelinat était entre les mains expertes de Septas dévouées, le nouvel hospice était – comme prévu – débordé, mais nous supervisions toujours l’aménagement d’un lieu d’accueil pour les veuves de guerre.

« Il m’arrive de venir ici et d’observer vers les Nord… Quand la fatigue me guette, j’ai l’impression de discerner au loin les hauts monts du Val… »

Je sursautais légèrement lorsque j’entendais la voix d’une jeune femme qui s’était approchée dans mon dos. Je me retournais et faisais face, pour la première fois, à Lady Etaine Arryn. La jeune femme avait accepté de rester à la Cour, en signe de collaboration avec la Couronne, mais nous n’avions encore eu l’occasion de nous entretenir seules. Je lui souriais en retour alors qu’elle me gratifiait d’une révérence élégante.

« Votre Majesté… Veuillez me pardonner cette intrusion. J’ai également pour habitude de trouver une certaine quiétude en haut de cette tour. Si ma présence vous dérange, alors je saurais revenir plus tard. »
« Vous ne me dérangez pas le moins du monde, Lady Etaine, je vous en prie restez. »

Je l’invitais avec un sourire à s’avancer pour prendre place à mes côtés. Je l’observais un instant discrètement, la beauté de la jeune femme était toute nordienne. Ses longs cheveux noirs encadraient un visage à la peau diaphane et des yeux d’un bleu clair magnifique. Ses traits étaient délicats mais ils trahissaient une certaine robustesse, c’était bien la même expression que j’avais pu observer chez Ashara ou Lyanna Stark durant mes années à Winterfell.

« J’imagine que votre Val natal doit vous manquer. J’avais l’habitude, également, de monter au plus de la forteresse d’Hiver, espérant apercevoir au loin les tours du Donjon Rouge, ou la roche abrupte de Peyredragon. »

C’était un réflexe enfantin sans doute, mais quoi de plus naturel que de se raccrocher au souvenir de notre maison lorsque nous étions déracinées ? Le plus surprenant était que je me surprenais parfois à imaginer Winterfell. Je tentais de me remémorer les couleurs, la pierre et les visages. Je n’avais aucun de mal à retracer le chemin menant de mes appartements au Grand Hall, et j’aurais pu décrire à la perfection ces jardins que j’avais fleuris en l’honneur de ma région natale, si colorée. Winterfell était devenue une maison, pendant un temps du moins.

« Vous acclimatez-vous à la Cour, Lady Etaine ? La chaleur est toute nouvelle, l’ambiance étouffante quant à elle est ancestrale. »

Je lançais un regard amusé à la jeune femme. L’occasion de se connaître, sans la pression des regards extérieurs et des jugements jaloux, était bien trop belle. Le dragon et le faucon, ne pouvaient que se plaire en hauteur.




© Belzébuth

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If I look back I am lost
I am the blood of the dragon. I must be strong. I must have fire in my eyes when I face them, not tears. © by anaëlle.
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