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 Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn

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MessageSujet: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Lun 11 Juin 2018 - 0:14




Girls just wanna have fun

« Lady Ellyn… Puis-je vous aider… De quelque manière que ce soit ? » Devant le sourire carnassier de l’homme, la jeune Ouestrienne savait bien de quoi il parlait en faisant pareil sous-entendu. Il aurait fallu être sot pour ne pas comprendre que les intentions de ce Dornien allaient au-delà d’une simple compagnie offerte à la jeune enfant venue du cœur de Westeros. Mais était-ce si déplacé que cela quand on savait que, quelques nuits plus tôt, il avait cédé aux charmes de la joueuse jeune fille et avait fini le mariage ayant eu lieu entre les murs de Lancehélion dans un recoin de la forteresse à goûter les douces lèvres de la native de l’Ouest. Posant son regard noisette sur le jeune homme, un léger sourire en coin vint se dessiner sur ses lèvres rosées. « Je crains, monsieur, ne pas avoir besoin de vos services à cette heure… Quels qu’ils puissent être. » Et elle disait vrai. Maintenant contre sa poitrine un livre, elle se dirigeait vers la grande bibliothèque de Lancehélion, prête à rendre son ouvrage à ces lieux où étaient conservés bien des écrits précieux et intéressants pour une jeune fille de nature curieuse.

La robe qu’elle portait, aux couleurs solaires, soulignait merveilleusement sa taille dans un drapé de soieries venues d’Essos. Ses épaules, finement couvertes par quelques jeux de transparence, maintenaient un tissu qui plongeait presque jusqu’à son nombril dans un décolleté que bien des habitant des Sept Couronnes auraient jugé outrageants mais qui, à Dorne, semblait même trop habillé. Ses cheveux châtains demeuraient lâches sur ses épaules, ornés d’un petit diadème de perles et de pierres précieuses, trouvant leur chute au niveau de sa frêle poitrine. Elle portait d’imposantes boucles d’oreilles qui venaient faire de l’ombre à l’unique pendentif qui trônait à son cou : un coquillage d’or. Poursuivant sa route, le jeune Dornien, la peau hâlé tranchant largement avec celle plus claire de la jeune fille, lui prit le bras, l’accompagnant sur quelques pas. « Peut-être puis-je vous accompagner jusqu’à votre destination ? Qui sait ce qu’il peut advenir dans ces couloirs. » Elle stoppa sa marche, lui lançant un regard désabusé par-dessous les cils.

Les relations d’Ellyn avec les hommes était une chose que les siens n’auraient su comprendre. Comment aurait-elle pu se remettre de ses mésaventures à Port-Lannis si un membre de la gente masculine n’avait pas chercher à guérir ces plaies béantes qu’un Fer-Né avait laissé derrière lui, arrachant à la jeune enfant ce qu’elle eut de plus précieux jusque-là ? Il lui avait appris à comprendre son corps, à supporter les caresses et même à les apprécier. Son honneur arraché, que restait-il à la jeune fille de l’Ouest si ce n’était un pouvoir plus puissant encore que les armées ? Le charme, la séduction. Bien des jeux avaient vu le jour dans l’esprit abîmé de la jeune fille, pratiquant la plupart d’entre eux avec celui qu’elle avait espéré épouser avant de partir à Dorne. Il ne l’avait nullement retenue, pourtant, et c’était tant par vengeance que par frustration qu’elle continuait à agir de la sorte, menant en bateau tous ceux qui avaient le malheur de tomber entre ses griffes. A Dorne, ce genre de mœurs ne choquaient guère et les communications avec les autres régions de la Couronne de laquelle elle était vassale ne permettaient nullement de propager cette réputation de dépravée déshonorée qu’elle aurait porté à Castral Roc. Ellyn pouvait ainsi agir à sa guise, courtiser, plaire et déplaire aux hommes pour mieux passer le temps sans craindre de retombées directes. Certains murmures dans les couloirs commençaient d’ailleurs à laisser entendre qu’elle plaisait à d’autres femmes.

« Parce que vous savez où se trouve la bibliothèque… ? Vous… ? » L’air franchement peu convaincu, elle se laissa aller à un léger rire avant de lever les yeux au ciel avec insolence. « Je pourrais vous retourner le compliment… En quoi une jeune fille au cœur si léger irait bien chercher dans des livres ? Je pensais que votre distraction ne se faisait que de plaisirs simples… » Attrapant une mèche de cheveux de la jeune fille, il la repassa derrière son oreille, toujours sous le regard franchement désabusé de l’Ouestrienne. « Peut être devriez-vous ouvrir plus souvent certains ouvrages… Ils sont emplis de secrets… Qui ne vous ferait nul mal d’apprendre. » Un clin d’œil provocateur et elle récupéra son bras avant de presser le pas, laissant là le jeune ingrat qui ne sut que répondre à cela. Ses pas la menèrent sans le moindre mal jusqu’à l’immense pièce refermant livres et parchemins jusqu’au sommet de chaque étagère. S’avançant vers un mestre, elle lui tendit l’ouvrage qu’elle avait conservé si précieusement jusque là, laissant l’homme la remercier et l’orienter vers quelques rayons qui pourraient l’intéresser. Quand elle pénétrait en ces lieux, elle se sentait perpétuellement observée. Qui sait quels secrets sur Dorne cette bibliothèque pouvait refermer… Et à qui elle pourrait les transmettre si elle les découvrait ? Un mestre se trouvait perpétuellement dans la même allée qu’elle, changeant étrangement de manière simultanée avec elle, la rappelant à l’ordre quand elle s’aventurait dans un des endroits qui ne lui avait été nullement indiqué. Evidemment, elle souriait toujours avec la naïveté de l’enfance quand cela arrivait avant de lever les yeux au ciel, emportant le premier livre qui tombait sous sa main pour éviter un conflit géopolitique supplémentaire.

Pourtant, alors qu’elle parcourait les rayons, son regard noisette finit par se poser non pas sur un livre, mais sur une jeune personne. Le teint laiteux et les robes encore bien trop habillées pour être dorniennes la trahissait largement : elle n’était nullement de cette région. Il ne fallut guère longtemps à Ellyn pour reconnaître cette jeune personne comme étant la mariée de ces noces ennuyeuses auxquelles elle avait dû faire acte de présence avant de pouvoir s’évaporer avec un – ou était-ce deux ? – hommes de son choix. Arianna l’avait alors perçue comme une menace et avait mis les sœurs Ouestrelin dans la confidence d’un suivi de celle qui portait le nom des Redwyne. Elles devaient la garder à l’œil et prévenir la princesse aux cheveux d’or si quelque chose ne tournait guère rond avec cette demoiselle. Mais, aux yeux d’Ellyn, en cet instant, elle lui rappela bien trop sa propre arrivée dans cette région déconcertante pour la trouver antipathique. Et puis… Arianna avait parlé de la suivre… N’était-il pas plus simple de le faire si elles se liaient d’amitié ? S’avançant à pas de loup jusqu’à elle, elle finit par lire au-dessus de son épaule l’ouvrage qu’elle tenait entre ses doigts. Une grimace lui échappa avant qu’elle ne commente. « Je crains que vous n’ayez nullement pris le meilleur d’entre tous… »


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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Mer 13 Juin 2018 - 21:25

Open a Book and Write your own story

Après quelques jours passés à Lancehélion, Dorne n’était en fait pas réellement l’enfer que je m’étais imaginé quand j’étais arrivée. Pas si on parvenait à oublier la chaleur étouffante, là où le climat de mon île la rendait encore supportable, pas si l’on accordait aucune importance aux regards en coin des habitants du palais qui ne voyaient en moi que l’ennemi bieffois, l’incarnation d’un monde qu’ils ne comprenaient pas mais qu’ils détestaient quand même. Pas si j’arrivais, par certains moments, à oublier que je devais partager ma chambre avec un homme qui n’aurait jamais dû s’y trouver. Dans les rares moments où je parvenais à faire abstraction de tout cela, l’endroit était même relativement agréable, une architecture nouvelle à découvrir, témoin d’un monde où la chaleur qu’ailleurs dans le Royaume tous peinaient à surmonter était une habitude qui ne dérangeait pas plus que cela ses habitants qui avaient depuis longtemps appris à vivre avec elle. Je m’étais étonnée d’abord de voir l’activité du Palais ralentie voire arrêtée durant les heures les plus chaudes de la journée, pour reprendre plus tard, et continuer jusqu’à bien plus tard dans la nuit. Chaque soir, il semblait que quelqu’un trouvait quelque chose à célébrer, et qu’une fête, peu importe sa taille ou son importance, avait lieu quelque part entre ces murs. La ville en elle-même, même si je n’avais pas pu l’explorer, résonnait de clameurs joyeuses là où le peuple de La Treille ne s’autorisait ce genre d’éclats de voix que lors des fêtes traditionnelles, ou pour fêter une victoire militaire ou politique. L’univers tout entier de Dorne semblait aux antipodes du mien, et dans d’autres circonstances j’aurais sans doute pu m’y habituer, l’apprécier même. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient, et mon esprit tout entier ne pensait qu’à rentrer chez moi, dans mon vrai foyer, pas celui que l’on voulait m’imposer, un château lointain perdu dans des étendues de sable sans fin.

Tout n’était pourtant pas noir, du moins pas autant que je pouvais parfois le penser, il fallait bien l’avouer, à moi-même au moins. Vorian Dayne, mon mari puisqu’il fallait désormais l’appeler ainsi, ne s’était pas montré le rustre sans nom que Menaka m’avait laissé entrevoir, et n’avait rien tenté de charnel avec moi, probablement une réminiscence du respect qu’il avait pour ma sœur, ou un sens de la chevalerie qu’il n’avait peut-être pas entièrement oublié, contrairement à ce que j’avais pu croire. Ses responsabilités auprès des Martell lui prenaient la plupart de son temps, ce qui me laissait toute liberté pour faire ce qui me passait par la tête durant la journée, quand bien même je n’avais que peu d’options. Mon frère et les représentants de notre île étaient partis le lendemain du mariage, me laissant seule au milieu d’étrangers, j’avais compris le réel sens de la solitude, moi qui m’étais déjà crue seule tant de fois. Auparavant, j’avais toujours le Mestre de notre forteresse, j’avais toujours les recoins de l’île, où je pouvais me rappeler l’époque où je courais derrière les jupes de mes sœurs depuis longtemps partie, j’avais le confort d’une nostalgie qui ne m’était plus autorisée ici, du moins pas sans la douleur de savoir que j’avais trahi Jessamyne, ou celle qui me soufflait que je ne reverrais plus jamais les vignes, les plages et les forêts dans lesquelles j’avais joué, grandi, et tant appris. Il n’y avait qu’un endroit que je voulais réellement voir, et je n’avais pas encore osé y mettre les pieds, alors je m’étais cantonnée aux jardins, profitant de la relative fraicheur de l’endroit autant que possible, jusqu’à ne plus pouvoir supporter les regards et les murmures lancés sur mon passage, alors je rentrais, et observait l’horizon, espérant y voir la bannière de ma famille, revenue me chercher après s’être rendus compte de leur erreur. Mais elle ne viendrait pas, il fallait que je me fasse à cette idée, et je ne tenais pas à dépérir jusqu’à n’être plus qu’une ombre non plus, il me fallait quelque chose à quoi me raccrocher. Alors, j’avais décidé qu’aujourd’hui, je m’y rendrais.

La bibliothèque de Lancehélion, probablement la plus grande de Dorne, devait regorger d’ouvrages que je n’avais encore jamais pu voir, d’histoires que je n’avais jamais imaginées, et de connaissances oubliées de la plupart des mortels. Je n’y étais pas allée, de peur de me faire renvoyer sèchement. Après tout, j’étais bieffoise, et l’endroit devait comporter des secrets que Nymeria Martell ne devait pas vouloir voir passées à l’ennemi d’une manière ou d’une autre. Elle avait parlé de paix lors de mon mariage, mais elle ne m’avait pas trompée, de la même manière que je ne devais tromper personne sur mes origines tandis que je me dirigeais d’un pas aussi décidé que je pouvais en être capable vers les larges portes qui marquaient le début de la bibliothèque. Comme mes origines se lisaient sur la robe ample que je portais, aux couleurs bleues de ma Maison de naissance et sur ma peau blanche qui semblait refuser de prendre une autre couleur malgré le soleil, ses envies guerrières se lisaient dans ses yeux et dans son attitude. Elle aurait sa guerre, un jour où l’autre, mais j’étais certaine qu’elle le regretterait. Oberyn Tyrell n’avait-il pas déjà repoussé les troupes de sa mère en son temps ? Les convenances voudraient que je soutienne ma nouvelle Maison, mais je ne pouvais m’empêcher de penser que si guerre il devait y avoir, j’en profiterais pour m’enfuir, plus sombre, je ne savais pas si je serais capable de prier pour que mon mari ne revienne jamais d’un combat, me libérant aux yeux de tous. Je ne voulais pas devenir ainsi, aigrie, et pourtant quelque chose me disait que c’était peut-être là ce que le Destin me réserverait, un jour… Secouant la tête, je poussai la lourde porte de la bibliothèque, découvrant en un clin d’oeil les nombreux rayonnages lourds de grimoires et de parchemins, et l’odeur si familière qui semblait pareille, peu importait l’endroit où étaient stockés ces masses de savoir, enfin une chose qui me rappelait une époque révolue.

Ma présence ici devait être aussi incongrue qu’ailleurs dans le Palais, car un Mestre vint tout de suite à ma rencontre, s’inclinant légèrement. Il était plus jeune que Chrestan, il n’était probablement sorti de la Citadelle que quelques années plus tôt, et il n’avait pas pour moi cette bienveillance qui me plaisait chez celui qui en bien des manières avait été un père là où mon géniteur ne l’avait jamais été. J’aimais à croire que si ses vœux l’avaient permis, il se serait battu pour que je n’aie pas à partir, encore un rêve de jeune fille dont je devais me défaire. Chrestan aussi, appartenait au passé.

« Lady Dayne, en quoi puis-je vous aider? »

« Redwyne. »

J’avais répondu par réflexe, intimidée par cet homme qui m’adressait la parole, le premier à part mon époux depuis un moment. Son regard interrogateur, avec une pointe de désapprobation me ramena sur terre, et je rassemblai le peu de contenance que j’avais encore pour agir comme on l’attendait de moi. Comme l’épouse d’un des conseillers de la Princesse Régente. d’une voix que je voulait autoritaire, mais qui devait sembler bien fluette et hésitante, je lui répondit :

« Lady Redwyne, mon mariage ne m’empêche pas de porter mon nom de naissance. Je voudrais consulter vos ouvrages, pour me familiariser avec ma nouvelle région. »


Il croyait probablement s’adresser à quelqu’un qui n’y connaissait rien, mais il s’inclina néanmoins et se mit à me lister toute une série d’ouvrages, allant du récit d’aventures en terres dorniennes au compte rendu de l’Histoire du pays tandis qu’il me guidait vers un rayonnage, mais je savais exactement ce que je voulais. Un récit ancien, écrit par un troisième fils de la Maison Ambrose qui avait sillonné Dorne, avant d’en écrire un ouvrage. Je l’avais déjà dévoré à l’époque où Vorian était à notre Cour comme Chevalier. C’était de cela dont j’avais besoin, un terrain connu, quelque chose qui en plus de me permettre de m’évader me renvoie à ces moments où tout était plus simple et plus joyeux. Je fis part de mes desideratas au Mestre, qui ne put s’empêcher de commenter :

« C’est un ouvrage plutôt partisan, qui ne représente pas réellement... »

« Peu importe, je veux celui-là. »

Mon rôle fit visiblement effet, car il finit par m’indiquer le grimoire en question, avant de s’éloigner, me gardant cependant dans sa ligne de vue, craignant certainement que je n’aille fureter là où je ne pouvais pas. Je le remerciai cependant d’un sourire, avant de m’asseoir à même le sol comme à mon habitude, et de me perdre dans ma lecture. Ils pouvaient bien penser ce qu’il voulaient de la petite bieffoise, j’avais besoin de reprendre mes racines, et je le ferais à ma manière.

Les livres avaient cette magie de me faire oublier tout le reste, et à peine quelques lignes passées je ne me souciais déjà plus de ce qui m’entourait. Les pages défilaient, avec elles les paysages décrits et les recommandations de cet homme qui visiblement était aussi attaché à Dorne que moi me transportaient ailleurs, dans ces endroits qu’il décrivait autant que dans la bibliothèque plus modeste où je passais le plus clair de mon temps. J’aurais probablement pu rester ainsi des heures, jusqu’au coucher du soleil, si une voix derrière mon épaule ne m’avait pas faite sursauter, m’arrachant à mes illusions.

« Je crains que vous n’ayez nullement pris le meilleur d’entre tous… »

Me retournant prestement, manquant par la même de heurter du coude la lourde étagère sur laquelle j’étais appuyée, je découvris un visage que je n’avais pas croisé auparavant, du moins ne m’en souvenai-je pas. Le teint hâlé, mais plus clair que la plupart des personnes habitant le Palais des Martell, elle ne semblait pas venir d’ici non plus, même s’il était clair que la jeune femme s’était bien plus acclimatée à la mode dornienne que moi-même. Tout en la détaillant de haut en bas, je tentai de me rappeler ses traits, cherchant en vain à mettre un nom, ou au moins une fonction sur l’apparence de cette nouvelle arrivante. Après quelques secondes de silence, je finis par me rendre compte du malaise de la situation, et répondit sans aucune assurance :

« L’auteur… L’auteur n’est pas le meilleur écrivain, mais il a l’avantage de présenter les choses d’une manière qui m’est… Familière. »

Ne sachant pas réellement quoi ajouter, je refermais le livre, gênée, pour me mettre à la hauteur de mon interlocutrice, m’inclinant légèrement pour la saluer :

« Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître, ma dame ? Laoren Redwyne, enchantée. »


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Invité
MessageSujet: Re: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Dim 1 Juil 2018 - 18:22




Girls just wanna have fun

La benjamine de la famille Ouestrelin avait souri en coin devant le léger sursaut qui s’était emparé de la Bieffoise au moment de son intervention. Surprendre était une des choses qui lui plaisait le plus depuis sa tendre enfance. Ellyn avait toujours était chipie, mutine enfant aux stratagèmes toujours plus élaborés pour obtenir ce qu’elle voulait et créer des farces qui faisait rire ses aînés. L’avenir ne l’avait pas transformée malgré les coups durs que la vie lui avait infligés, loin de là. Ses mains vinrent de rejoindre dans son dos, posture qu’elle adoptait bien souvent lorsqu’elle était satisfaite – ou bien qu’elle eût quelque chose à cacher entre les doigts. Elle s’écarta légèrement, laissant à la jeune femme l’opportunité de se retourner pour mieux lui faire face. Un large sourire était plaqué sur ses lèvres, forçant ses yeux à se plisser légèrement, lui offrant cette mine charmante et heureuse qui ne faisait que l’aider à mieux obtenir tout ce qu’elle désirait.

Son vis-à-vis, lui, avait des traits doux. Si doux que l’on aurait pu jurer avoir croisé un ange quand elle se trouvait là. Il y avait sur ce visage une innocence bien portée, radieuse, magnifique. La ieffoise était une beauté, à n’en pas douter, qui avait dû faire tourner bien des têtes dans sa région natale autant qu’attiser les jalousies des femmes. Ses grands yeux noisette, un port de tête altier qui rappelait trop bien à la Ouestrienne les dames de ces régions plus distinguées… La jeune mariée était une rose qui ne faisait que s’ouvrir au monde, malgré un âge plus avancé que celui d’Ellyn. Pourtant, quand le regard noisette la dévisagea de haut en bas, nulle gêne ne vint dans l’esprit de la jeune fille qui avait presque l’habitude d’être ainsi observée, par tous. Si à Castral Roc, les mœurs entourant l’attaque de Port Lannis avaient été bien enterrées tout comme cette relation qu’elle avait su développer avec l’héritier de la maison Westford, ici, il était presque louable pour la jeune fille d’être aussi libérée et n’en était que davantage un objet de désir et de tentation pour bien des hommes.

Finalement, après un long silence et cet instant de regards croisés, la brunette prit la parole. Haussant les sourcils, Ellyn fut presque surprise d’une telle réponse. L’auteur. Voilà matière à réflexion et soudainement, la jeune enfant eu envie de savoir quel nom portait ce mystérieux homme et d’où il pouvait bien venir. Mais elle n’en eut guère l’occasion, la couverture du livre claquant bien vite entre les mains de la jeune femme au teint pâle que le soleil aurait tôt fait de foncer. Si la manière familière était ce qu’avait en tête Ellyn, pourtant, elle ne douta pas qu’il devait être Bieffois, lui aussi. Finalement, elle se remit sur ses pieds avant de s’incliner devant la jeune Ouestrelin qui sourit un peu plus devant tant de manière avant de l’imiter, répondant à ses interrogations en se présentant à son tour. « L’enchantement est pour moi, ma Dame. Et si nous ne nous connaissons guère, j’ai été présente lors de vos Noces. Félicitations pour ces dernières, par ailleurs. » Mais à la mine de l’enfant, il n’y avait nul doute quant à la politesse de la formulation. Le mariage était chose que bien des jeunes filles idéalisaient mais qu’elle avait su mettre de côté en ce sordide jour de l’an 47 où elle aurait préféré perdre la vie. Pourtant, depuis plusieurs lunes et grâce à l’aide reçue par bien des proches, un voile s’était posé sur cet épisode douloureux, ne lui laissant aucun souvenir de la scène, juste l’idée vague de ce qui avait pu se produire.

« Je m’appelle Ellyn. Ellyn Ouestrelin. Je suis, ainsi que ma sœur aînée, dame de compagnie de la princesse Arianna. Ce nom doit vous paraître plus familier que le mien, je pense. » A n’en pas douter. Arianna Lannister, épouse de Manfrey Martall, savait faire parler d’elle au sein de cette cour et ses suivantes ne pouvaient que s’en réjouir, profitant de l’aura lumineux de leur maîtresse pour briller à leur tour. Ymir était plus mesurée, plus en retenue quand Ellyn se débridait un peu plus après chaque jour passé entre ces murs. Pourtant, son allégeance n’était et ne serait jamais Dornienne. Elle est et demeurerait une fille de l’Ouest, fière, impétueuse et capable de tout pour les siens. D’un regard circulaire, elle observa les alentours, comme cherchant les mestres qui les observaient pour mieux savoir ce qu’il se tramait entre les allées. « J’imagine que si vous vous cachez ici, c’est que vous avez encore bien du mal à supporter le climat et… Les Dorniens ? » Un léger sourire en coin s’étira le long des lèvres de l’enfant avant qu’elle ne poursuive. « Si vous cherchez des lieux de tranquilité, croyez-moi, je pense être capable d’en partager quelques uns avec vous… Les coutumes de cette Principauté et tout ce qui va avec demande parfois… Quelques instants solitaires de pensées étrangères pour se sentir un peu mieux, je peux vous l’assurer… » Elle rit doucement avant de penser à voix haute. « Mais au moins, la présence d’un époux à vos côté doit vous aider… »


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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Mer 29 Aoû 2018 - 17:07

Open a Book and Write your own story

Quelques secondes durant, le jeune fille en face de moi me sembla être la première personne amicale que j’avais pu croiser depuis que j’avais quitté mon île, peut-être même depuis plus longtemps. Dans le ton de sa voix autant que dans sa posture, je pouvais lire les règles que l’on m’avait un jour inculquées pour faire de moi une vraie dame, digne d’épouser un riche héritier, ou un puissant seigneur pour la gloire de ma Maison. Ellyn était plus jeune que moi, chose à laquelle je n’étais pas réellement habituée. Benjamine de ma fratrie et peu sociable de nature, je n’avais jamais côtoyé que des aînés, mes frères, mes sœurs et leurs proches, qu’ils soient courtisans, suivants ou amis. On ne pouvait pas produire le meilleur vin du monde sans attirer vers soi une foule de fêtards plus ou moins intéressés, qui n’attendaient que l’accord de la famille régnante de La Treille pour s’abreuver dans leurs mythiques caves, après tout… Cette pensée m’aida à sourire, maigrement mais suffisamment pour maintenir les apparences, quand l’ouestrienne m’offrit ses félicitations pour mon mariage, comme le voulait le protocole. Je n’avais aucun doute quant au fait que le moindre de mes faits et gestes devaient être rapportés au Dayne, voire à Nymeria elle-même… Après tout, n’étais-je pas l’ennemi entre ses murs ? Mon père répétait suffisamment que les Martell ne rêvaient que d’anéantir tout ce que les Bieffois avaient accomplis, aucun discours prétendument pacifique ne pourrait masquer la violence que l’on pouvait lire dans les yeux de la Princesse Régente.

En un instant, pourtant, la relative innocence et la sympathie que m’inspirait cette rencontre se volatilisa pour laisser place à un frisson glacé qui me parcoura le dos lorsque la jeune femme mentionna qui était sa maîtresse. Evidemment, lorsqu’elle m’avait dévoilé son nom de famille, j’aurais pu m’en douter, après tout les ouestriens présents à Lancehélion devaient tous être plus ou moins liés à l’épouse de Manfrey, Nymeria ne m’avait pas marquée comme le genre de souveraine qui gardait des représentants des terres extérieures aux siennes auprès d’elle, au contraire. Après tout, mon mariage n’avait-il pas été le premier depuis qu’elle s’était emprrée du trône entre un dornien et une famille qui servait les Dragons ? Le précédent avait été celui du Prince Manfrey, et je pouvais imaginer que la Régente laisse l’épouse de son héritier s’entourer de gens qui partageaient son origine, après tout elles devaient s’entendre, elles avaient toutes les deux ce regard carnassier. Instinctivement, la mention d’Arianna me fit reculer d’un pas, sans que j’en connaisse la raison : crainte, peur, surprise ? Je n’avais pas réellement parlé avec elle, à dire vrai je ne l’avais qu’à peine croisée durant mon mariage, mais les regards qu’elle me lançait quand le Prince Manfrey m’avait adressé la parole n’avaient pas laissé un énorme doute sur ce qu’elle pouvait penser de ma présence, et du fait que son époux avait daigné me parler.

Blême, je ne sus que répondre à la dame de compagnie, mes réflexions comme à leur habitudes me poussant à analyser tous ces éléments pour tenter de comprendre la raison des choses. D’un coup, il me semblait beaucoup moins probable qu’Ellyn m’ait trouvé par hasard, ou qu’elle m’adresse la parole par simple sympathie. Derrière le corps élancé de la jeune femme, je pouvais presque voir, tangible, l’ombre de sa maîtresse, des yeux brûlants dardés sur moi, cherchant une raison de me faire éliminer pour avoir osé sourire à son époux. Visiblement pas dérangée par ma réaction, la ouestrienne continua sur sa lancée, balayant mes espoirs que mon attitude ne soit pas, à juste titre, interprétée comme un moyen d’échapper à ce nouveau monde qui m’avait été imposé. Plus dans un vague murmure que pour réellement protester, je tentai sans grand succès de me défendre sur ce point, doutant même qu’elle ait pu m’entendre, c’était à peine si elle aurait pu voir mes lèvres bouger.

« Je ne me cache pas... »


Bien sûr que si, je me cachais, et quand bien même je pensais être d’une relative discrétion ce faisant, je n’aurais pas du me faire d’illusion sur le fait que cette mascarade ne pouvait durer longtemps. Après tout, je ne connaissais rien des lieux, ni de quelles personnes éviter pour que l’on ne parle pas de moi, ou que des rumeurs ne viennent à naître à mon sujet, un art que j’avais appris à maîtriser sur mon île, où il n’était pas rare que l’on passe plusieurs jours sans savoir exactement à quoi j’étais occupée, ou l’endroit où je passais mes journées. Ici, je n’étais qu’une enfant qu’il était simple de traquer, dans un palais empli de fauves de toute sorte qui ne demandaient probablement rien de mieux que d’offrir une bieffoise à leur maîtresse pour s’assurer de ses faveurs.

J’avais décidé de garder mon calme, autant que possible, de rester courtoise et polie pour ne donner aucune raison à la maîtresse de la jeune femme de me châtier pour une raison ou une autre, mais je ne pouvais pas pour autant cacher le certain malaise que m’inspirait l’idée de savoir que quelqu’un comme Arianna Martell pouvait me faire suivre, ou de savoir que cela ne pouvait rien présager de bon. A aucun moment, je ne parvenais à me convaincre que tout cela n’était peut-être que le fruit du hasard, même si c’était probablement le cas. Mais comment penser de la sorte, lorsque l’on est entouré de ceux que l’on nous a appris à traiter en ennemis toute notre vie ? Les mains cachées derrière mon dos, j’écoutais attentivement ce que l’ouestrienne avait à dire, cherchant dans ses mots un indice qui ne venait jamais sur ses réelles intentions, ou sur les instructions qu’elle pouvait bien avoir reçues, mais Ellyn semblait honnête quand elle me proposait son aide, ou du moins elle était une excellente actrice. Je fus même presque tentée d’accepter, quitte à prendre le risque qu’une dague me tranche la gorge dans le premier endroit où elle m’amènerait, après tout qu’avais-je à perdre ? Une vie de servitude, tout au plus, et la libération de ne plus avoir à penser que j’avais trahi ma propre sœur. Oui, j’aurais pu accepter, jusqu’à ce qu’elle mentionne une fois encore mon mariage.

Je tentai de prendre le visage le plus neutre possible quand je lui répondis, ne parvenant qu’à peine à masquer l’opinion pour le moins tranchée que j’avais de ma situation et de mon mari, suffisamment je l’espérais pour ne pas contrevenir aux apparences :

« Mon mari n’a guère le temps de s’occuper de mes préoccupations, pas plus qu’il ne puisse réellement les comprendre. Mais ma mère, et mes sœurs, m’ont toujours dit que le mariage n’était pour nous qu’un sacrifice auquel il fallait consentir pour la gloire du nom qu’on nous avait donné. Je n’attends pas plus de cette union que l’alliance qu’elle est sensée apporter à ma famille. »

Je haussai les épaules, autant devant l’impuissance imposée par mon rang que parce que les mots prononcés n’étaient qu’un pâle reflet de ce que je pouvais penser réellement de Vorian, de moi-même, ou de ce mariage. Il y avait néanmoins des choses que l’on ne pouvait pas dire, et certainement pas à quelqu’un que l’on ne connaissait qu’à peine. Mieux valait changer de sujet avant que je ne finisse, comme toujours, par me démasquer moi-même, aussi je jetai un œil aux rayonnages, ne pouvant faire autrement que d’admettre que la collection d’ouvrages des Martell était pour le moins impressionnante.

« Mais je me suis toujours sentie plus à l’aise entourée de livres que d’hommes, j’imagine donc que cette situation n’est pas si terrible… »

Relevant le visage vers mon interlocutrice, je tentai un sourire mince, poursuivant sur ma lancée :

« J’imagine que vous êtes venue pour chercher un ouvrage ? Pour vous-même ou votre maîtresse ? Je ne voudrais pas que vous vous mettiez en défaut parce que vous vous inquiétez pour ma personne... »


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