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 Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn

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Ellyn Ouestrelin
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, aux côtés d'Arianna
MessageSujet: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Lun 11 Juin 2018 - 0:14




Girls just wanna have fun

« Lady Ellyn… Puis-je vous aider… De quelque manière que ce soit ? » Devant le sourire carnassier de l’homme, la jeune Ouestrienne savait bien de quoi il parlait en faisant pareil sous-entendu. Il aurait fallu être sot pour ne pas comprendre que les intentions de ce Dornien allaient au-delà d’une simple compagnie offerte à la jeune enfant venue du cœur de Westeros. Mais était-ce si déplacé que cela quand on savait que, quelques nuits plus tôt, il avait cédé aux charmes de la joueuse jeune fille et avait fini le mariage ayant eu lieu entre les murs de Lancehélion dans un recoin de la forteresse à goûter les douces lèvres de la native de l’Ouest. Posant son regard noisette sur le jeune homme, un léger sourire en coin vint se dessiner sur ses lèvres rosées. « Je crains, monsieur, ne pas avoir besoin de vos services à cette heure… Quels qu’ils puissent être. » Et elle disait vrai. Maintenant contre sa poitrine un livre, elle se dirigeait vers la grande bibliothèque de Lancehélion, prête à rendre son ouvrage à ces lieux où étaient conservés bien des écrits précieux et intéressants pour une jeune fille de nature curieuse.

La robe qu’elle portait, aux couleurs solaires, soulignait merveilleusement sa taille dans un drapé de soieries venues d’Essos. Ses épaules, finement couvertes par quelques jeux de transparence, maintenaient un tissu qui plongeait presque jusqu’à son nombril dans un décolleté que bien des habitant des Sept Couronnes auraient jugé outrageants mais qui, à Dorne, semblait même trop habillé. Ses cheveux châtains demeuraient lâches sur ses épaules, ornés d’un petit diadème de perles et de pierres précieuses, trouvant leur chute au niveau de sa frêle poitrine. Elle portait d’imposantes boucles d’oreilles qui venaient faire de l’ombre à l’unique pendentif qui trônait à son cou : un coquillage d’or. Poursuivant sa route, le jeune Dornien, la peau hâlé tranchant largement avec celle plus claire de la jeune fille, lui prit le bras, l’accompagnant sur quelques pas. « Peut-être puis-je vous accompagner jusqu’à votre destination ? Qui sait ce qu’il peut advenir dans ces couloirs. » Elle stoppa sa marche, lui lançant un regard désabusé par-dessous les cils.

Les relations d’Ellyn avec les hommes était une chose que les siens n’auraient su comprendre. Comment aurait-elle pu se remettre de ses mésaventures à Port-Lannis si un membre de la gente masculine n’avait pas chercher à guérir ces plaies béantes qu’un Fer-Né avait laissé derrière lui, arrachant à la jeune enfant ce qu’elle eut de plus précieux jusque-là ? Il lui avait appris à comprendre son corps, à supporter les caresses et même à les apprécier. Son honneur arraché, que restait-il à la jeune fille de l’Ouest si ce n’était un pouvoir plus puissant encore que les armées ? Le charme, la séduction. Bien des jeux avaient vu le jour dans l’esprit abîmé de la jeune fille, pratiquant la plupart d’entre eux avec celui qu’elle avait espéré épouser avant de partir à Dorne. Il ne l’avait nullement retenue, pourtant, et c’était tant par vengeance que par frustration qu’elle continuait à agir de la sorte, menant en bateau tous ceux qui avaient le malheur de tomber entre ses griffes. A Dorne, ce genre de mœurs ne choquaient guère et les communications avec les autres régions de la Couronne de laquelle elle était vassale ne permettaient nullement de propager cette réputation de dépravée déshonorée qu’elle aurait porté à Castral Roc. Ellyn pouvait ainsi agir à sa guise, courtiser, plaire et déplaire aux hommes pour mieux passer le temps sans craindre de retombées directes. Certains murmures dans les couloirs commençaient d’ailleurs à laisser entendre qu’elle plaisait à d’autres femmes.

« Parce que vous savez où se trouve la bibliothèque… ? Vous… ? » L’air franchement peu convaincu, elle se laissa aller à un léger rire avant de lever les yeux au ciel avec insolence. « Je pourrais vous retourner le compliment… En quoi une jeune fille au cœur si léger irait bien chercher dans des livres ? Je pensais que votre distraction ne se faisait que de plaisirs simples… » Attrapant une mèche de cheveux de la jeune fille, il la repassa derrière son oreille, toujours sous le regard franchement désabusé de l’Ouestrienne. « Peut être devriez-vous ouvrir plus souvent certains ouvrages… Ils sont emplis de secrets… Qui ne vous ferait nul mal d’apprendre. » Un clin d’œil provocateur et elle récupéra son bras avant de presser le pas, laissant là le jeune ingrat qui ne sut que répondre à cela. Ses pas la menèrent sans le moindre mal jusqu’à l’immense pièce refermant livres et parchemins jusqu’au sommet de chaque étagère. S’avançant vers un mestre, elle lui tendit l’ouvrage qu’elle avait conservé si précieusement jusque là, laissant l’homme la remercier et l’orienter vers quelques rayons qui pourraient l’intéresser. Quand elle pénétrait en ces lieux, elle se sentait perpétuellement observée. Qui sait quels secrets sur Dorne cette bibliothèque pouvait refermer… Et à qui elle pourrait les transmettre si elle les découvrait ? Un mestre se trouvait perpétuellement dans la même allée qu’elle, changeant étrangement de manière simultanée avec elle, la rappelant à l’ordre quand elle s’aventurait dans un des endroits qui ne lui avait été nullement indiqué. Evidemment, elle souriait toujours avec la naïveté de l’enfance quand cela arrivait avant de lever les yeux au ciel, emportant le premier livre qui tombait sous sa main pour éviter un conflit géopolitique supplémentaire.

Pourtant, alors qu’elle parcourait les rayons, son regard noisette finit par se poser non pas sur un livre, mais sur une jeune personne. Le teint laiteux et les robes encore bien trop habillées pour être dorniennes la trahissait largement : elle n’était nullement de cette région. Il ne fallut guère longtemps à Ellyn pour reconnaître cette jeune personne comme étant la mariée de ces noces ennuyeuses auxquelles elle avait dû faire acte de présence avant de pouvoir s’évaporer avec un – ou était-ce deux ? – hommes de son choix. Arianna l’avait alors perçue comme une menace et avait mis les sœurs Ouestrelin dans la confidence d’un suivi de celle qui portait le nom des Redwyne. Elles devaient la garder à l’œil et prévenir la princesse aux cheveux d’or si quelque chose ne tournait guère rond avec cette demoiselle. Mais, aux yeux d’Ellyn, en cet instant, elle lui rappela bien trop sa propre arrivée dans cette région déconcertante pour la trouver antipathique. Et puis… Arianna avait parlé de la suivre… N’était-il pas plus simple de le faire si elles se liaient d’amitié ? S’avançant à pas de loup jusqu’à elle, elle finit par lire au-dessus de son épaule l’ouvrage qu’elle tenait entre ses doigts. Une grimace lui échappa avant qu’elle ne commente. « Je crains que vous n’ayez nullement pris le meilleur d’entre tous… »


© Belzébuth
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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Open a book and write your own story • Laoren & Ellyn   Mer 13 Juin 2018 - 21:25

Open a Book and Write your own story

Après quelques jours passés à Lancehélion, Dorne n’était en fait pas réellement l’enfer que je m’étais imaginé quand j’étais arrivée. Pas si on parvenait à oublier la chaleur étouffante, là où le climat de mon île la rendait encore supportable, pas si l’on accordait aucune importance aux regards en coin des habitants du palais qui ne voyaient en moi que l’ennemi bieffois, l’incarnation d’un monde qu’ils ne comprenaient pas mais qu’ils détestaient quand même. Pas si j’arrivais, par certains moments, à oublier que je devais partager ma chambre avec un homme qui n’aurait jamais dû s’y trouver. Dans les rares moments où je parvenais à faire abstraction de tout cela, l’endroit était même relativement agréable, une architecture nouvelle à découvrir, témoin d’un monde où la chaleur qu’ailleurs dans le Royaume tous peinaient à surmonter était une habitude qui ne dérangeait pas plus que cela ses habitants qui avaient depuis longtemps appris à vivre avec elle. Je m’étais étonnée d’abord de voir l’activité du Palais ralentie voire arrêtée durant les heures les plus chaudes de la journée, pour reprendre plus tard, et continuer jusqu’à bien plus tard dans la nuit. Chaque soir, il semblait que quelqu’un trouvait quelque chose à célébrer, et qu’une fête, peu importe sa taille ou son importance, avait lieu quelque part entre ces murs. La ville en elle-même, même si je n’avais pas pu l’explorer, résonnait de clameurs joyeuses là où le peuple de La Treille ne s’autorisait ce genre d’éclats de voix que lors des fêtes traditionnelles, ou pour fêter une victoire militaire ou politique. L’univers tout entier de Dorne semblait aux antipodes du mien, et dans d’autres circonstances j’aurais sans doute pu m’y habituer, l’apprécier même. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient, et mon esprit tout entier ne pensait qu’à rentrer chez moi, dans mon vrai foyer, pas celui que l’on voulait m’imposer, un château lointain perdu dans des étendues de sable sans fin.

Tout n’était pourtant pas noir, du moins pas autant que je pouvais parfois le penser, il fallait bien l’avouer, à moi-même au moins. Vorian Dayne, mon mari puisqu’il fallait désormais l’appeler ainsi, ne s’était pas montré le rustre sans nom que Menaka m’avait laissé entrevoir, et n’avait rien tenté de charnel avec moi, probablement une réminiscence du respect qu’il avait pour ma sœur, ou un sens de la chevalerie qu’il n’avait peut-être pas entièrement oublié, contrairement à ce que j’avais pu croire. Ses responsabilités auprès des Martell lui prenaient la plupart de son temps, ce qui me laissait toute liberté pour faire ce qui me passait par la tête durant la journée, quand bien même je n’avais que peu d’options. Mon frère et les représentants de notre île étaient partis le lendemain du mariage, me laissant seule au milieu d’étrangers, j’avais compris le réel sens de la solitude, moi qui m’étais déjà crue seule tant de fois. Auparavant, j’avais toujours le Mestre de notre forteresse, j’avais toujours les recoins de l’île, où je pouvais me rappeler l’époque où je courais derrière les jupes de mes sœurs depuis longtemps partie, j’avais le confort d’une nostalgie qui ne m’était plus autorisée ici, du moins pas sans la douleur de savoir que j’avais trahi Jessamyne, ou celle qui me soufflait que je ne reverrais plus jamais les vignes, les plages et les forêts dans lesquelles j’avais joué, grandi, et tant appris. Il n’y avait qu’un endroit que je voulais réellement voir, et je n’avais pas encore osé y mettre les pieds, alors je m’étais cantonnée aux jardins, profitant de la relative fraicheur de l’endroit autant que possible, jusqu’à ne plus pouvoir supporter les regards et les murmures lancés sur mon passage, alors je rentrais, et observait l’horizon, espérant y voir la bannière de ma famille, revenue me chercher après s’être rendus compte de leur erreur. Mais elle ne viendrait pas, il fallait que je me fasse à cette idée, et je ne tenais pas à dépérir jusqu’à n’être plus qu’une ombre non plus, il me fallait quelque chose à quoi me raccrocher. Alors, j’avais décidé qu’aujourd’hui, je m’y rendrais.

La bibliothèque de Lancehélion, probablement la plus grande de Dorne, devait regorger d’ouvrages que je n’avais encore jamais pu voir, d’histoires que je n’avais jamais imaginées, et de connaissances oubliées de la plupart des mortels. Je n’y étais pas allée, de peur de me faire renvoyer sèchement. Après tout, j’étais bieffoise, et l’endroit devait comporter des secrets que Nymeria Martell ne devait pas vouloir voir passées à l’ennemi d’une manière ou d’une autre. Elle avait parlé de paix lors de mon mariage, mais elle ne m’avait pas trompée, de la même manière que je ne devais tromper personne sur mes origines tandis que je me dirigeais d’un pas aussi décidé que je pouvais en être capable vers les larges portes qui marquaient le début de la bibliothèque. Comme mes origines se lisaient sur la robe ample que je portais, aux couleurs bleues de ma Maison de naissance et sur ma peau blanche qui semblait refuser de prendre une autre couleur malgré le soleil, ses envies guerrières se lisaient dans ses yeux et dans son attitude. Elle aurait sa guerre, un jour où l’autre, mais j’étais certaine qu’elle le regretterait. Oberyn Tyrell n’avait-il pas déjà repoussé les troupes de sa mère en son temps ? Les convenances voudraient que je soutienne ma nouvelle Maison, mais je ne pouvais m’empêcher de penser que si guerre il devait y avoir, j’en profiterais pour m’enfuir, plus sombre, je ne savais pas si je serais capable de prier pour que mon mari ne revienne jamais d’un combat, me libérant aux yeux de tous. Je ne voulais pas devenir ainsi, aigrie, et pourtant quelque chose me disait que c’était peut-être là ce que le Destin me réserverait, un jour… Secouant la tête, je poussai la lourde porte de la bibliothèque, découvrant en un clin d’oeil les nombreux rayonnages lourds de grimoires et de parchemins, et l’odeur si familière qui semblait pareille, peu importait l’endroit où étaient stockés ces masses de savoir, enfin une chose qui me rappelait une époque révolue.

Ma présence ici devait être aussi incongrue qu’ailleurs dans le Palais, car un Mestre vint tout de suite à ma rencontre, s’inclinant légèrement. Il était plus jeune que Chrestan, il n’était probablement sorti de la Citadelle que quelques années plus tôt, et il n’avait pas pour moi cette bienveillance qui me plaisait chez celui qui en bien des manières avait été un père là où mon géniteur ne l’avait jamais été. J’aimais à croire que si ses vœux l’avaient permis, il se serait battu pour que je n’aie pas à partir, encore un rêve de jeune fille dont je devais me défaire. Chrestan aussi, appartenait au passé.

« Lady Dayne, en quoi puis-je vous aider? »

« Redwyne. »

J’avais répondu par réflexe, intimidée par cet homme qui m’adressait la parole, le premier à part mon époux depuis un moment. Son regard interrogateur, avec une pointe de désapprobation me ramena sur terre, et je rassemblai le peu de contenance que j’avais encore pour agir comme on l’attendait de moi. Comme l’épouse d’un des conseillers de la Princesse Régente. d’une voix que je voulait autoritaire, mais qui devait sembler bien fluette et hésitante, je lui répondit :

« Lady Redwyne, mon mariage ne m’empêche pas de porter mon nom de naissance. Je voudrais consulter vos ouvrages, pour me familiariser avec ma nouvelle région. »


Il croyait probablement s’adresser à quelqu’un qui n’y connaissait rien, mais il s’inclina néanmoins et se mit à me lister toute une série d’ouvrages, allant du récit d’aventures en terres dorniennes au compte rendu de l’Histoire du pays tandis qu’il me guidait vers un rayonnage, mais je savais exactement ce que je voulais. Un récit ancien, écrit par un troisième fils de la Maison Ambrose qui avait sillonné Dorne, avant d’en écrire un ouvrage. Je l’avais déjà dévoré à l’époque où Vorian était à notre Cour comme Chevalier. C’était de cela dont j’avais besoin, un terrain connu, quelque chose qui en plus de me permettre de m’évader me renvoie à ces moments où tout était plus simple et plus joyeux. Je fis part de mes desideratas au Mestre, qui ne put s’empêcher de commenter :

« C’est un ouvrage plutôt partisan, qui ne représente pas réellement... »

« Peu importe, je veux celui-là. »

Mon rôle fit visiblement effet, car il finit par m’indiquer le grimoire en question, avant de s’éloigner, me gardant cependant dans sa ligne de vue, craignant certainement que je n’aille fureter là où je ne pouvais pas. Je le remerciai cependant d’un sourire, avant de m’asseoir à même le sol comme à mon habitude, et de me perdre dans ma lecture. Ils pouvaient bien penser ce qu’il voulaient de la petite bieffoise, j’avais besoin de reprendre mes racines, et je le ferais à ma manière.

Les livres avaient cette magie de me faire oublier tout le reste, et à peine quelques lignes passées je ne me souciais déjà plus de ce qui m’entourait. Les pages défilaient, avec elles les paysages décrits et les recommandations de cet homme qui visiblement était aussi attaché à Dorne que moi me transportaient ailleurs, dans ces endroits qu’il décrivait autant que dans la bibliothèque plus modeste où je passais le plus clair de mon temps. J’aurais probablement pu rester ainsi des heures, jusqu’au coucher du soleil, si une voix derrière mon épaule ne m’avait pas faite sursauter, m’arrachant à mes illusions.

« Je crains que vous n’ayez nullement pris le meilleur d’entre tous… »

Me retournant prestement, manquant par la même de heurter du coude la lourde étagère sur laquelle j’étais appuyée, je découvris un visage que je n’avais pas croisé auparavant, du moins ne m’en souvenai-je pas. Le teint hâlé, mais plus clair que la plupart des personnes habitant le Palais des Martell, elle ne semblait pas venir d’ici non plus, même s’il était clair que la jeune femme s’était bien plus acclimatée à la mode dornienne que moi-même. Tout en la détaillant de haut en bas, je tentai de me rappeler ses traits, cherchant en vain à mettre un nom, ou au moins une fonction sur l’apparence de cette nouvelle arrivante. Après quelques secondes de silence, je finis par me rendre compte du malaise de la situation, et répondit sans aucune assurance :

« L’auteur… L’auteur n’est pas le meilleur écrivain, mais il a l’avantage de présenter les choses d’une manière qui m’est… Familière. »

Ne sachant pas réellement quoi ajouter, je refermais le livre, gênée, pour me mettre à la hauteur de mon interlocutrice, m’inclinant légèrement pour la saluer :

« Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître, ma dame ? Laoren Redwyne, enchantée. »


Codage par Libella sur Graphiorum
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