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 Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Ven 15 Juin 2018 - 16:45





Une Main tendue est parfois plus utile qu’un poing fermé

Depuis son retour à la Tour de la Main, le large bureau de Robb s’était transformé en centre de commandement, les meubles de la pièce étaient constellés de cartes et d’annotations, de rapport logistiques et d’estimations futures, tous autant d’éléments qui permettraient d’écraser les troupes Stark le plus rapidement possible, et de rendre au Royaume la paix et l’unité promise au début du règne de Jaehaerys. Le Cerf avait cru qu’il s’agirait là de son dernier cadeau au souverain, avant de quitter Port-Réal et de reprendre définitivement le chemin d’Accalmie, mais les événements du Conseil Restreint avaient changé la donne, d’une façon qu’il n’aurait pu prévoir. Le peuple qui se soulevait en son nom ? N’importe quel simple d’esprit se serait réjoui d’un tel gain de popularité, qui le propulsait soudain au rang de ceux qui pouvaient prétendre, même rien qu’un peu, au titre de Roi des Sept Couronnes, mais Robb était trop intelligent pour ne pas y voir une énième manœuvre destinée à voir son influence sur les Targaryen et son assise sur l’Orage réduite à peau de chagrin. S’il n’avait pas réfléchi plus loin, peut-être aurait-il pu envoyer l’ordre à ses armées de marcher sur Port-Réal sous couvert de restaurer l’ordre, avant de se saisir de la Couronne définitivement, et de se proclamer Roi, les cadavres des derniers Targaryen à ses pieds. Il n’aurait fallu que quelques soutiens étrangers alors, qui n’auraient pas été si difficiles à obtenir. Les Lannister étaient des alliés de longue date, officieusement mis au ban par les Dragons qui n’avaient pas apprécié la conduite de Garett au lendemain de la prise de Port-Réal, ils auraient pu trouver leur intérêt dans ce nouveau règne, et les Tully auraient soutenu un membre de leur famille sur le trône de la même façon. Seraient restés les Arryn et les Stark, qui avaient déjà été battus par les forces combinées du Lion et du Cerf, et les Tyrell, dont la réaction était toujours tournée dans le sens des vainqueurs. S’attirer le soutien de Dorne en leur promettant qu’ils n’auraient plus à craindre une invasion aurait pu marcher, et en quelques semaines, ç’aurait été un Cerf qui serait assis sur le Trône de Fer. Oui, la chose semblait si simple… Trop simple même.

Tout laissait à penser que ce n’était qu’un piège destiné à le tenter, à faire en sorte qu’il trahisse ses cousins, mais Robb n’était pas ainsi. Il n’avait aucune envie de régner sur Westeros, pas après en avoir eu un avant-goût aussi éreintant que douloureux. Que les Targaryen s’occupent de tenter de concilier tout ces seigneurs orgueilleux et ingrats, lui était plus que satisfait de s’assurer de la grandeur de l’Orage, et ni Jaehaerys ni rhaenys n’avaient fait quoi que ce soit qui mérite qu’il se soulève contre eux, au contraire. Sa décision prise, il ne restait plus qu’à découvrir qui pouvait bien avoir un intérêt à l’écarter du pouvoir, à lui ôter l’oreille et la confiance du Roi, et dans ce domaine, il n’y en avait qu’un qui correspondait parfaitement au mobile. Tyvaros, evidemment, ce serpent opportuniste qui ne cherchait qu’à obtenir plus d’influence auprès de ses maîtres, lui qui n’avait soit-disant rien vu venir de cette émeute, qui était incapable de trouver quoique ce soit quant à l’empoisonnement de son épouse, qui cherchait à s’immiscer dans les affaires de ceux qui étaient bien au dessus de lui pour se donner une importance qu’il n’aurait jamais. Il était une tumeur dans le gouvernement, qui n’agissait dans le sens des Targaryen que parce que c’était le seul moyen pour lui de garder du pouvoir, comme l’avait déjà démontré sa trahison quand il était au service du Cruel, et il fallait que cela cesse, le plus tôt possible. Tyvaros serait le dernier cadeau de Robb à Jaehaerys, le Cerf s’assurerait que le ver n’empoisonne plus le fruit de la Couronne, avant qu’il ne la fasse pourrir de l’intérieur.

Mais là où Robb excellait en matière de guerre et de stratégie, le Mantaryen était maître dans les intrigues, il dirigeait le réseau d’espions royaux, et par conséquent trouver quoique ce soit qui puisse permettre de l’incriminer relevait de l’impossible. Il n’y avait rien, aucune information qui pourrait même laisser le moindre doute sur la loyauté de Valyron, il semblait presque qu’il était devenu un modèle de fidélité depuis que le Cruel était mort. Non sens, évidemment : celui qui trahissait une fois le referait un jour, et l’opportunisme du Maître des Chuchoteurs allait dans le sens de cet adage. Qu’on ne trouve rien ne voulait pas dire qu’il n’avait rien à cacher, simplement qu’il fallait mieux chercher. Et si la chose se révélait impossible… Il y avait d’autres moyens d’écarter le parvenu du pouvoir, de lui ôter la protection des Targaryen, et alors il n’y aurait plus rien pour le protéger. Et Robb savait exactement à qui il devait confier cette mission, avec la certitude qu’elle serait éxécutée avec zèle.

Quelques heures plus tôt, une voile dornienne avait débarqué Ondrew Piète au port de la ville, renvoyé de la Cour dornienne suite aux révélations quant à la mort de la précédente Princesse Régente. Evidemment, Robb aurait pu le faire accueillir dès son arrivée par un contingent armé, et le faire enfermer avant de trouver un nouvel endroit où le renvoyer en exil, mais il n’en avait rien fait. Le Cerf avait un accord avec l’Araignée, qu’elle résolve l’énigme de l’empoisonnement de Rohanna, et il s’engageait à lui rendre son époux, mieux, à faire en sorte qu’il soit de nouveau sinon bienvenu, au moins toléré à la Cour. Le retour de l’époux en question était certes arrivé bien plus tôt que prévu, mais Robb avait décidé de l’autoriser, imaginant que sa présence ne serait qu’une motivation supplémentaire pour Elinor, qui aurait ainsi un avant goût de la récompense qui lui avait été promise. Elle n’avait encore rien fait pour mériter de perdre sa confiance, aussi lui avait-il laissé l’après-midi pour retrouver son époux, reportant le moment où il faudrait décider officiellement du sort d’Ondrew à plus tard. Evidemment, des mesures avaient été prises pour qu’elle ne tente pas quelque chose d’inconsidéré, comme s’enfuir avec lui, où iraient-ils s’ils l’avaient fait ? Il n’y avait pas vraiment d’endroits sûrs pour le couple Piète, après tout…

Le soleil commençait à décliner quand Robb donna l’ordre à sa garde d’aller les chercher tous les deux. Devant lui, un acte de pardon pas encore signé attendait qu’il y appose son sceau, néanmoins il n’avait pas encore décidé s’il était temps de le faire ou non. La chose dépendrait en grande partie de ce qu’aurait à dire le couple, et de l’attitude d’Ondrew face à sa nouvelle condition. Elinor lui était sympathique, mais son époux n’en restait pas moins la précédente Main du Roi, fidèle à Maegor jusqu’à la dernière bataille, Elinor l’avait dit elle-même quelques semaines plus tôt. Il faudrait vérifier que son allégeance allait désormais bien au Roi, et qu’il ne chercherait pas à reprendre place dans un jeu d’intrigues trop dangereux pour le pouvoir en place. Ensuite… Il y aurait le reste.

Il fallut quelques minutes pour qu’un garde fasse son entrée dans la pièce, lui signalant que le couple Piète attendait son bon vouloir. D’un geste, il indiqua qu’ils pouvaient entrer, avant de poser la plume qu’il avait entre les mains dans son encrier. Les préparatifs de la guerre attendraient, il y avait d’autres batailles à mener, dans un but bien différent. Lorsque le couple pénétra dans la pièce, qui tirait désormais la majeure partie de sa lumière des bougies et torches allumées tandis que le soleil commençait à disparaître derrière l’horizon, Robb dévisagea les arrivants sans dire un mot pendant quelques secondes, les jaugeant du regard. Elinor lui était désormais familière, néanmoins elle semblait rayonner d’une aura nouvelle maintenant que son mari était revenu. Lui, en revanche, n’avait plus le même visage que dans ses souvenirs. La peau plus hâlée par son séjour à Dorne, mais également moins affaibli, après tout la dernière fois que Robb avait croisé la Main Déchue, il avait à peine guéri de ses blessures qu’il se lançait dans un combat à mort pour décider de son innocence ou de sa culpabilité. Durant la guerre, Theodan avait appris à son fils à se méfier de la Main de Maegor. De naissance moindre, il n’en restait pas moins un commandant hors-pair, qui avait de loin dépassé les limites de ce que son sang aurait du lui accorder, preuve qu’il était plus brillant que la plupart des hommes de son temps. On le disait aussi intelligent que Maegor, débordant d’ambitions et prêt à tout pour les atteindre… Mais il avait tout perdu avec la chute de son ancien maître. Tout, sauf son épouse, bien sûr, il restait donc encore quelque chose à quoi il pouvait se raccrocher, et qui pourrait le pousser à rester dans le rang. Quant à savoir si son ambition avait disparu, et s’il ne voulait plus que vivre tranquille, la chose restait à voir.

Leur indiquant les sièges devant son bureau d’un geste de la main, le Protecteur du Royaume commença par énoncer la raison principale de leur présence à tous les deux, d’un ton neutre. S’il avait appris à se montrer moins froid et formel avec l’araignée après qu’elle ait accepté de travailler pour lui, comme il le faisait avec la plupart de ceux qui lui prêtaient allégeance, il n’en était rien pour son époux, qui devait comprendre bien assez vite que son destin ne dépendait en rien de lui, sans compter que les récents événements ne donnaient aucunement envie à Robb de se montrer particulièrement agréable envers quelqu’un qu’au final, il ne connaissait pas.

« Vous pouvez vous asseoir. Je serai bref sur le sujet, mais vous savez tous deux comme moi que même si la Princesse Régente a jugé bon de vous renvoyer ici, Lord Piète, votre bannissement est toujours effectif, et selon la loi, vous devriez être renvoyé ailleurs jusqu’à ce que la Couronne en décide autrement. Cependant, l’accord que j’ai passé avec votre épouse mentionnait qu’une fois qu’elle m’aurait apporté le coupable de la mort de mes enfants et de l’attentat contre mon épouse, je lèverais celui-ci définitivement. Etant donné, ma dame, que vous ne m’avez pas donné de raisons de croire que vous ne comptiez pas honorer votre part, je suis enclin à reporter la décision d’un éventuel départ à plus tard, pour peu que vous m’apportiez des résultats dans les plus brefs délais.

La situation actuelle ne permettra cependant pas d’attendre longtemps, aussi vous devez comprendre que votre marge de manœuvre n’est pas des plus larges en la matière. Pour être clair, je suis le seul en position de rendre votre retour définitif, monseigneur, et je ne le ferai que si j’obtiens satisfaction, sans quoi je ne prendrai pas le risque d’une telle décision. Il me semble inutile de rappeler que nombre de nobles, à la cour ou ailleurs, préféreraient que je vous renvoie immédiatement, voire que je prenne une mesure plus définitive. J’ai ici un document vous absolvant de tout crime commis durant la guerre pendant que vous serviez le Cruel, et annulant votre bannissement. Je pourrais le signer moi-même, mais une fois la Régence terminée, une fois que j’aurai quitté Port-Réal, le Roi pourrait décider de l’annuler simplement. Donnez-moi le nom des coupables, et je ferai en sorte que le Roi le signe lui-même. Donnez-moi une raison de penser que vous êtes dangereux pour ce règne, et vous serez sur le premier navire en partance pour l’endroit le plus éloigné de Westeros possible. Echouez, ma dame, et votre époux sera envoyé loin d’ici, avec peu d’espoir de revenir un jour. Les événements ont peut-être forcé votre retour, mais votre réhabilitation ne dépend que de moi, me suis-je montré suffisamment clair ? »

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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Mar 19 Juin 2018 - 18:19




I Once Stood Where You Sit


Ondrew s’était attendu à être convoqué plus tôt, tandis qu’il marchait aux côtés de son épouse, entourés de gardes portant la livrée des Cerfs qui les guidaient vers la Tour de la Main. Evidemment, il ne s’était pas plaint du délai entre son arrivée et l’appel du suzerain de l’Orage, l’après-midi avait été un long moment de retrouvailles longtemps attendues, un retour aux sources qu’il aurait aimé voir durer aussi longtemps que possible, mais il n’en était pas moins conscient de la précarité de sa situation. Banni par la Couronne, renvoyé avant qu’on lui en ait donné l’autorisation, ce simple fait mettait même sa propre vie sur la sellette, qu’il ait été ou non forcé à rentrer. Les Dieux lui avaient souri cependant, quand ils l’avaient fait tomber amoureux de son Araignée, qui en plus d’être belle avait l’intelligence acérée, et semblait s’être fait des alliés suffisamment hauts-placés pour lui éviter un nouveau jugement dans lequel les Tyrell n’auraient pas manqué d’essayer d’obtenir à nouveau sa tête, et où il aurait, au mieux, probablement été renvoyé aussi vite, au mieux, dans une contrée éloignée jusqu’à nouvel ordre.

Elinor avait cependant passé un accord avec le Protecteur du Royaume pour assurer le retour de son époux, en échange du nom de la personne qui se cachait derrière l’empoisonnement de Rohanna Baratheon et de ses enfants. La nouvelle de la tentative de meurtre avait atteint même Dorne, à la différence que la réaction des Martell et de leur Cour avait été bien différente de ce qu’elle avait dû être ici. Dans un premier temps, Ondrew y avait vu la possibilité d’entrer à nouveau en grâce, dans le cas où Nymeria avait été mêlée à cette affaire et qu’il avait pu le prouver, mais il avait bien vite compris qu’en la matière, la Princesse Régente n’était pas du même gabarit que ses prédécesseurs, et que si elle avait eu recours au poison, elle aurait plutôt visé directement le seigneur de l’Orage, voire le Roi lui-même. Elle avait une trop haute opinion d’elle-même pour s’abaisser à s’attaquer à des enfants pas encore nés et à leur mère en devenir, et elle avait le sang trop chaud pour se contenter d’une seule victime si elle avait voulu faire un coup d’éclat pendant le mariage. D’autant qu’elle s’était déjà démarquée par son « présent », qui avait fait l’objet de nombre de plaisanteries dans tout le palais des Martell pendant des jours. La Main Déchue s’était faite à l’idée que ce ne serait pas par là qu’il regagnerait les faveurs de la Couronne, et puis… La souveraine Martell elle-même l’avait renvoyé. Ondrew avait gardé le souvenir de son visage quand elle l’avait congédié, comme si elle résistait à l’envie de l’empaler ou de faire défiler sa tête dans les rues de Lancehélion.  Il n’en avait pas appris plus cependant, escorté directement après son interrogatoire vers la galère qui l’avait ramené auprès de son amour.

Au-delà de leurs retrouvailles, la Bieffoise lui avait également parlé des récents développements politiques, la guerre prochaine contre le Nord, l’émeute qui avait secoué Port-Réal, les nouvelles tensions qui agitaient le Donjon rouge, et l’esprit de l’ancienne Main s’était vite retrouvé dans son élément, calculant par automatisme comment ils pourraient tirer le maximum de ces différents problèmes. La solution était claire : Robart Baratheon était au mieux en porte-à-faux avec la Couronne, au pire… Ses ennemis, parce qu’on ne pouvait pas être Main du Roi sans avoir d’ennemis, il l’avait appris quand il occupait le poste, feraient en sorte de l’évincer définitivement, au moins de Port-Réal, voire de Westeros dans son entièreté. Il aurait par conséquent besoin de personnes de confiance pour éliminer les menaces à son encontre, et les orageois n’étaient pas réputés pour leur sens aiguisé du complot et de l’intrigue… Ce qu’Elinor avait commencé, ils pourraient le terminer ensemble et s’immiscer à nouveau dans le grand jeu de la politique royale avec un allié de poids. Et s’il était fermé à l’idée, alors il faudrait trouver du soutien chez ses détracteurs, profiter des entrées de l’Araignée dans le cercle du Cerf pour trouver des informations qui pourraient le faire tomber plus rapidement. Ondrew n’avait guère d’espoir de retrouver ses fonctions et sa gloire passée, cependant, et robb restait sa meilleure option s’il voulait retrouver ce qui pouvait encore l’être, à commencer par ses terres. Il était évident que la Couronne ne chercherait pas à confronter les Tyrell sur ce point, mais un Baratheon pourrait très bien décider de s’en mêler s’il y trouvait son intérêt.

Arrivés à la porte de l’office qu’il connaissait très bien, le Bieffois s’approcha de son épouse et lui murmura simplement, frôlant sa hanche de la main tandis qu’un garde ouvrait la porte pour les annoncer :

« Tout se passera bien »

Pas aussi bien qu’il aurait été en droit de le penser, cependant. Le Protecteur ne fit pas dans la dentelle, ou dans la sympathie pour leur présenter une situation qu’ils connaissaient déjà trop bien. Elinor avait-elle surestimé la qualité de sa relation avec le Baratheon, ou faisait-il simplement étalage de son pouvoir pour mieux la garder elle sous sa coupe ? Fronçant les sourcils durant toute la diatribe du Cerf, il attendit néanmoins qu’il termine pour jeter un regard à son épouse et observer sa réaction. Dans d’autres temps, la Main Déchue aurait pu jouer à ce jeu, à celui qui avait le plus de pouvoir ou d’influence, il était plus que capable de faire taire même un suzerain si l’envie le prenait, mais la situation ne le permettait pas. D’un ton neutre, il répondit alors simplement :

« Croyez bien, Excellence, que je connais votre position pour l’avoir longtemps occupée, sous un Roi autrement plus intransigeant que sa Majesté Jaehaerys. Soyez assuré que je ne ferai rien pour mettre ma présence ici en danger, et par conséquent votre position. Quant à votre marché avec mon épouse, je crois que vous serez satisfait de ce qu’elle aura à vous dire à ce sujet. »

Lançant un sourire à l’intéressée, il se désintéressa brièvement de leur hôte  avant de terminer, sobrement mais en avançant son point de vue :

« Vous parliez de la situation, et de votre position, mais je pense pouvoir vous aider également sur ce point. Comme je vous le disais, j’ai longtemps été Main du Roi pour Maegor, et j’ose espérer que mon expérience pourrait vous éviter bien des déconvenues, d’autant plus étant donné la situation dans laquelle vous vous trouvez… Si cela agrée à votre seigneurie, bien entendu. »
© Belzébuth
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Lun 2 Juil 2018 - 0:24

Tendre la main plutôt que le poingLes heures passées aux côtés de son époux valaient toutes les attentes du monde qu’elle avait su endurer jusque-là. Le visage de l’Araignée s’était métamorphosé, la fatigue se trouvant éradiquée par le bonheur quand ses airs mélancoliques avaient explosé pour laisser place à cette joie inégalable que peu de gens pouvaient se vanter de ressentir, mélange de soulagement et de plaisir parfaitement dosé. Il était évident qu’Ondrew, une fois dans sa chambre, termine dans ce lit conjugal qui n’avait été que bloc d’une glace froide et douloureuse lors de son absence. Les amants Piète s’aimaient tant que cette séparation n’avait amené que des retrouvailles à renverser un royaume, mélange d’une alchimie physique et d’une union de leurs esprits qui rappellerait bien vite à certain le poids de ce couple dans les intrigues de cour. Elinor glissa ses doigts dans ceux de son mari, lui adressant un regard empli de cet amour tandis que les gardes les guidaient à travers les couloirs, évitant les axes trop affluents du Donjon Rouge pour garder une certaine discrétion. La présence d’Ondrew Piète allait déranger, c’était certain. Les uns demanderaient sa tête quand les autres questionneront les raisons de ce retour prématuré. Et ils ne seraient pas les seuls.

Le seigneur Cerf était resté vague sur le sujet, n’offrant à la jeune fille amoureuse qu’un filet d’information qu’elle n’avait alors pas cherché à comprendre, dans l’émotion de l’instant. Mais Nymeria avait choisi de refermer les relation politiques avec les Sept Couronnes, refermant Dorne sur elle-même. Pourquoi ? Que s’était-il donc passé pour qu’une telle conclusion n’arrive, offrant alors une opportunité de choix aux époux Piète ? Au fond d’elle, Elinor avait pensé que Rhaenys et Jaehaerys avaient finalement souhaité repousser Dorne suite au présent offert à leur union. Mais alors, Ondrew serait resté otage de cette Princesse barbare plutôt que gentiment offert aux mains des Dragons. Non, autre chose avait dû se passer et cette question tourmentait la jeune Bieffoise qui n’avait pas cherché à confronter la Main du Roi sur le sujet jusque-là, bien trop reconnaissante de l’avoir prévenue de ce sort qui lui était favorable. Robb aurait pu taire l’information, faute de preuves apportées par Elinor dans l’enquête en cours. Il aurait pu renvoyer Ondrew dans les geôles noires, abysses de la Capitale, ou bien dans une autre contrée éloignée d’où il lui aurait été encore inaccessible. Son sort, elle ne l’aurait connu que bien plus tard, frustrée et dépassée par tout cela quand elle aurait aimé croiser ne serait-ce que ce regard transi d’amour qu’il portait sur elle. Alors, elle ne pouvait blâmer le cerf quand il lui avait offert bien plus qu’elle n’avait pu espérer obtenir.

Mais l’heure des retrouvailles était passée et celle des comptes rendus s’avançait. Les gardes avaient fini par frapper à cette porte, leur faisant tous deux savoir que le seigneur Baratheon les faisait demander… Ensemble. Le lien qui unissait Elinor à Ondrew était si indéfectible que même la Main du Roi savait qu’il valait mieux ne pas tenir l’Araignée à l’écart, quoiqu’il puisse sortir de cette rencontre. Alors, gardant confiance en son amitié et sa confiance pour le Cerf, elle finit malgré tout par lâcher un soupir, anxieuse, quand la porte du bureau de la Main se présenta. Ondrew s’était approché d’elle, murmurant alors à son oreilles quelques paroles confiantes, rassurantes, qui ne fit que forcer le sourire de la jeune femme qui le précéda dans l’habitacle. Le regard du Cerf se posant sur eux força le rouge à monter aux joues de la jeune Bieffoise. Un court instant, elle eut l’impression qu’il parvenait à lire en eux la teneur de leurs retrouvailles et ce fut avec gêne qu’elle le laissa la dévisager, exécutant une légère révérence pour saluer le Protecteur du Royaume. La porte se referma et, au fond d’elle, Elinor savait qu’elle ne s’ouvrirait que lorsque le destin de son couple serait scellé.

Il leur indiqua les sièges positionnés en face de lui et, silencieuse, ayant appris à ne pas ouvrir la bouche inutilement, Elinor vint s’installer, Ondrew à ses côtés. Elle était confiante, connaissant l’homme qui leur faisait face, lui offrant un léger sourire. Mais la tension arriva bien vite quand il commença sa prise de parole. Jamais Elinor ne l’avait entendu s’exprimer de la sorte et son désarroi fu bien assez grand pour qu’elle ne parvienne pas à le cacher. Le ton était dur, froid, énonçant les choses de manière brute sans laisser passer la moindre once de compassion. Votre bannissement est toujours effectif. Les murs étaient durs, froids, et manquaient de décrocher le cœur pourtant bien fixé dans la poitrine de la Bieffoise. Elle était choquée, elle qui pensait avoir gagné la confiance du Cerf et son respect. Alors elle comprit bien rapidement, tant avec les mots que cette façade glaciale que le problème, ce n’était pas elle. En revanche, grâce à ce stratagème, il venait de briser les quelques fils qui servaient d’échappatoire à l’Araignée. Désormais, le sursis et la libération d’Ondrew dépendait grandement de ce qu’elle serait capable de produire, d’offrir au Cerf. Comme autrefois avec Maegor, elle était prise en tenaille pour sauver la vie de la seule personne qui en valait la peine – sans compter, bien entendu, un certain rejeton perdu à Peyredragon. Prenant une profonde inspiration, elle écouta la suite.

Ils avaient une marge de manœuvre restreinte, réduite s’ils souhaitaient abréger le problème. La Régence ne serait pas éternellement entre les mains de Robb. Et si le pouvoir basculait entre celles de Jaehaerys, Elinor aurait-elle les armes nécessaires, le soutien attendu auprès des Targaryen pour obtenir le blanchiment de son mari ? Elle en doutait. Ils avaient une chance et il valait mieux la saisir sans quoi, la suivante risquait de mettre du temps avant de se présenter et, d’ici là, Ondrew serait sûrement oublié ailleurs ou froidement exécuté. Si elle pensait que tout dépendait d’elle, en revanche, ce n’était pas non plus le cas. Ondrew devrait rester à l’ombre, ne pas chercher à agir pour regagner de l’influence. Ne pas tenter de s’immiscer dans les secrets d’état du moment s’il souhaitait garder la tête. Elle pinça les lèvres devant le ton abrupte de la Main, lui adressant un regard noir, comme s’il venait de lui demander à nouveau si elle était responsable de la mort du Cruel. Mais elle ne dit rien. Clair, oui, il l’avait plus qu’était et à de multiples occasions quand il s’exprimait avec l’araignée. Mais elle était si près du but qu’il n’en devenait que plus frustrant de se rendre compte que tout ceci pouvait basculer dans une direction bien opposée à ses attentes.

Croisant le regard de son époux, elle l’écouta répondre. Le début de celle-ci l’inquiéta. Etait-ce nécessaire de rappeler à Robb qu’Ondrew avait été son prédécesseur, qu’il avait la carrure d’un tel poste ? Mais, rapidement, il souligna le fait qu’il ne souhaitait pas se mettre dans une position dangereuse et un léger sourire vint s’afficher sur les lèvres d’Elinor. Ce dernier ne fit que s’élargir quand Ondrew évoqua de possibles informations qu’elle détenait concernant l’empoisonnement de Rohanna. De nouveau, elle rougit doucement, croisant furtivement le regard de Robb. Elle et Valyron avait préféré garder le silence sur bien des choses jusque-là, tant parce qu’ils espéraient l’un comme l’autre être celui qui saurait redorer son blason en amenant la conclusion à la Main du Roi que parce que le maître des Chuchoteurs lui avait intimé de ne rien dire. Sauf que, en compagnie de son époux, la langue de l’araignée s’était déliée et les documents se trouvant sur le sol de l’appartement du couple en disaient assez long pour exprimer certaines pistes. Qu’il la jette ainsi en milieu de piste était dérangeant mais, au fond d’elle, Elinor savait que les informations qu’elle avait à vendre étaient importante… Et qu’elle aurait même plus que cela. Sa main se posa sur l’accoudoir de la chaise de son époux, cherchant un contact avec lui tandis qu’il reprenait une tirade, offrant cette fois-ci ses propres services au seigneur Cerf. C’était le choix le plus judicieux. Le sourire de la jeune fille fut accompagné d’un regard transi d’amour à cet homme que son cœur appelait. Si Robb acceptait, alors ils redeviendraient ce qu’ils avaient toujours été. Des Partenaires. Des Amants. Des Alliés que la pire trahison ne saurait séparer bien qu’il ne leur ait jamais été donné de vérifier ce fait.

Elinor en profita alors pour rebondir sur cette voie., le regard se tournant vers le Cerf. « Nous ne souhaitons rien de plus que de pouvoir jouir de retrouvailles au-dessus desquelles nulle épée vacillante ne serait menaçante, mon Seigneur. L’un comme l’autre, nous sommes déterminés à trouver des réponses et à vous aider dans tout ce que vous affrontez en ces murs. » Faire front commun. Elinor l’avait déjà fait avec le Serpent de Mantarys par le passé, allant bien loin dans les manigances pour finalement faire tomber un Roi. Le succès était chose qu’elle avait appris à mériter mais surtout pour laquelle elle était prête à tout. Si Ondrew et sa présence dépendait du succès de sa propre mission, alors elle se jetterait dans les flammes pour mieux l’en préserver. D’ailleurs… « Comme l’a souligné mon époux… Il y a eu quelques avancées dans nos recherches communes avec le seigneur Tyvaros en ce qui concerne l’empoisonnement de votre épouse. Il espérait cependant que nous gardions le silence, en attendant d’obtenir des éléments plus… Tangibles. » Excuse bien pâle pour ne pas souligner qu’elle espérait qu’elle et le Serpent puisse, ensemble, exposer les résultat de leur enquête. Elinor n’appréciait pas marcher sur les plates-bandes du maître des Chuchoteurs, le connaissant suffisamment pour voir que cela le dérangeait même si, comme elle l’avait souligné, mieux valait elle qu’un autre. Elle attendit, cependant, ne sachant si l’heure était venue pour elle de parler, d’exprimer les choses, son regard noisette osant à peine croiser celui du seigneur Cerf.
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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Ven 6 Juil 2018 - 13:47





Une Main tendue est parfois plus utile qu’un poing fermé

Accoudé à son bureau, Robb écoutait avec une certaine curiosité les premières paroles publiques de la Main Déchue, curiosité qui se mua bien assez vite en agacement prononcé. Theodan avait probablement oublié qu’en plus de ses compétences et de son ambition, le Bieffois avait l’arrogance qui en découlait, et même la situation dans laquelle il se trouvait ne semblait pas parvenir à la faire taire. De ses mots, le Cerf ne retenait que trois choses : Ondrew Piète considérait qu’il avait tenu une position bien plus difficile qui était la sienne, et croyait que malgré le fait qu’il ait été, au mieux, un spectateur éloigné des derniers événements du Donjon Rouge, il pouvait être un événement clé qui éviterait au Protecteur du Royaume de se retrouver plus bas que terre. Pire peut-être que cela, il disait avoir compris l’avertissement que lui avait lancé Robb, mais n’en faisait aucun cas quand il proposait déjà ouvertement de réintégrer, même dans un rôle secondaire, la politique du Royaume. Arrogance pure, ou bien le Bieffois faisait partie de ceux qui croyaient les Orageois incapables de toute finesse en matière de double discours et de politique de palais. Dans un cas comme dans l’autre, il apprendrait assez rapidement qu’il n’avait pas affaire à un novice en la matière, peu importaient les années qui les séparaient. Ce que son éducation avait manqué d’apprendre au Suzerain de l’Orage, le Donjon Rouge et sa Cour lui avaient appris parfois douloureusement, après une année passée au milieu des intrigues.

Fort heureusement, son épouse se trouvait être plus modérée dans ses propos, en grande partie parce qu’elle, avait déjà gagné le droit de se considérer à son service, pour l’instant du moins. Il n’en restait pas moins qu’elle soutenait son mari dans ses propositions, quitte à se contredire dans des propos qu’elle avait un jour prononcé. Le Cerf doutait qu’elle ait pu changer d’avis sur certaines de ses positions, mais après tout peut-être était-ce le cas… Mais lorsqu’elle mentionna le fait qu’il y avait eu des avancées dans l’enquête concernant l’empoisonnement de Rohanna, il haussa un sourcil étonné, attendant une explication sur la raison pour laquelle il n’était mis au courant que maintenant, et elle ne tarda pas à venir : Tyvaros, encore et toujours lui. Ainsi, il avait demandé à ce que rien ne lui soit divulgué avant qu’il en ait décidé autrement, sous couvert d’une excuse minable. Ne leur avait-il pas été demandé, à tous deux, de lui rapporter les avancées de leur enquête de façon régulière. Qu’Elinor aie pu accéder à sa demande était peu surprenant, elle avait déjà préféré collaborer avec le Serpent plutôt que de simplement reprendre les rênes de l’enquête et s’en servir uniquement pour obtenir aide et ressources, et Valyron était du genre convaincant, pour ceux qui lui accordaient une once de confiance, Robb lui-même en avait été témoin. Par contre…

Le fait que le Serpent ait choisi de ne rien divulguer était une bien étrange coïncidence, d’autant plus que la pression dont il faisait l’objet pour avancer n’était pas des moindres. Au lieu de cela, il avait décidé de ne rien dire, ne se gênant pas par contre pour proposer une répudiation en bonne et due, et ce juste avant qu’une émeute au nom de Baratheon n’éclate dans la ville elle-même. Il y avait trop d’éléments qui se servaient les uns les autres pour que la chose soit accidentelle, et il était désormais clair pour le Cerf que Tyvaros cherchait à accomplir quelque chose, peut-être à devenir lui-même Main du Roi… Rien n’était certain quand on parlait des objectifs du Mantaryen, si ce n’était une chose : ils ne concernaient probablement que sa propre ascension, et si d’autres en profitaient, ce n’était que pure coïncidence, très certainement désagréable au Serpent. Robb, cependant, bénéficiait d’un levier autrement plus important que l’amitié ou l’affection qu’Elinor pouvait porter au Maître Chuchoteur, un levier maintenant présent et dont la possibilité d’un nouveau départ était d’autant plus effrayante. Il était peu probable que la Main Déchue ait lancé son épouse sur le chemin des révélations si elle n’avait pas donné son accord, et elle semblait à présent prête à briser le silence imposé par le mantaryen. Mais même s’il brûlait d’entendre ce qu’elle avait appris, peut-être même d’avoir un nom, un visage à qui il ferait subir les feux des Sept Enfers, il lui fallait à nouveau placer des limites, et rappeler l’ordre des choses. Quand Elinor s’interrompit, Robb se redressa à nouveau entièrement contre le dossier du siège, avant de reprendre la parole :

« Vous entendez, seigneur Piète, mais vous n’écoutez pas. A peine ai-je terminé de mentionner que vous vous devez de rester en dehors de toute affaire politique que vous proposez déjà d’y revenir à mes cotés… Peut-être n’ai-je pas été suffisamment clair, mais votre simple présence ici pose déjà suffisamment de problèmes, notamment avec le Suzerain du Bief, si la rumeur venait à courir que j’ai recours à vos conseils ou à vos services, la chose deviendrait rapidement insoutenable, le souvenir de votre précédent poste, comme vous aimez le rappeler, est encore suffisamment vif pour que nombre de seigneurs et membres du peuple ne soient pas ravis de vous revoir avec un quelconque pouvoir. Quant à ma situation, ou à ma position, vous n’en avez, au mieux, eu qu’un aperçu très bref offert par votre épouse, et je doute que vous en compreniez tous les tenants et aboutissants. Par ailleurs, je n’ai plus pour intention de m’éterniser à Port-Réal, et ce qu’il me reste à y faire ne nécéssitera pas que l’on me conseille sur le meilleur moyen de maintenir un titre dont je compte me débarrasser. Je me répéterai donc, en vous conseillant fortement de vous tenir éloigné des affaires d’état, sans quoi vous pourriez gâcher les efforts de votre épouse, peu importe à quel point vos intentions sont bonnes. »

Détournant le regard vers Elinor, le Cerf poursuivit, conservant le même ton froid à son égard :

« Quant à vous, ma Dame, j’en suis venu à comprendre qu’une certaine amitié, ou loyauté vous liait au Maître des Chuchoteurs, mais vous devez comprendre que vôtre tâche vous lie à moi, et que j’attends des résultats, que Tyvaros soit ou non enclin à les divulguer pour l’une ou l’autre raison obscure qui hante son esprit. Il n’est pas de mes amis, et je doute que sa loyauté envers moi ou envers son Roi n’atteigne le dixième de ce que son ambition personnelle représente pour lui. Après tout, après avoir servi le même tyran que votre époux, il s’est trouvé récompensé, quand un autre a failli mourir et a été banni… Et tout ça pourquoi ? Parce qu’il a changé d’allégeance en sentant la fin approcher. Je crains qu’il ne vous faille choisir, et rapidement, si vous préférez travailler avec lui, ou pour moi, car les deux seront très rapidement incompatibles, comme son silence vient encore de le prouver. »


Robb poussa un soupir, quittant son siège pour arpenter l’arrière de son bureau tandis qu’il réfléchissait à la situation. Quelques minutes auparavant, il avait cru que convaincre Elinor d’agir contre Tyvaros serait chose aisée, mais à présent il n’en était plus si sûr, au vu de la loyauté qu’elle lui accordait. Sur un ton plus apaisé, et bien plus proche de celui qu’il avait pu avoir lors de ses échanges passés avec la jeune femme, il poursuivit :

« Par ailleurs, vous vous dites déterminée à m’appuyer contre les menaces entre ses Murs… Mais je n’ai pas oublié nos précédentes conversations. Si l’affaire qui vous occupe ne concerne en rien la Princesse Daenys, les autres risquent fortement de l’impliquer d’une manière ou d’une autre. Je ne blâme pas votre allégeance, je la connaissais bien avant que je ne requière vos services, cependant vous comprendrez que je doute que vos paroles ne soient autre chose qu’un moyen pour vous de vous assurer ma protection pour votre époux. Sur ce point, soyez assurée que tant que vous ferez ce pour quoi vous avez été mandatée, je ne manquerai pas à ma part dans cette affaire. Désormais, j’attends néanmoins que les instructions de Tyvaros, si vous choisissez de les suivre, ne passent plus au dessus des miennes, et que vous me teniez au courant du moindre développement dans votre enquête. »

S’immobilisant à droite de son siège désormais vide, Robb se tourna à nouveau vers l’Araignée, les bras croisés sur le torse.

« Et donc, qu’avez-vous découvert ? »

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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Dim 15 Juil 2018 - 18:41




I Once Stood Where You Sit


A l’époque où il avait dû, par la force des choses, apprendre à connaître les Baratheon, on avait rapporté à Ondrew que Theodan, le Suzerain de l’époque, était un guerrier accompli, un excellent stratège et un leader inflexible, probablement la plus grande menace contre le règne de Maegor. Sans la présence du Baratheon, les chances que la révolte contre le Cruel se poursuivent étaient minimes, mais dans le même temps on le disait presque impossible à vaincre. L’assassiner en aurait fait un martyr, il fallait le vaincre au combat, parvenir à l’acculer et à le tuer de façon honorable, aussi quand la guerre fut déclarée, l’une des stratégies des forces loyalistes avait été de concentrer d’abord leurs efforts sur le point faible de la Maison au Cerf Couronné, un point faible qui se trouvait à présent de l’autre coté du bureau, et qui semblait aussi fermé qu’inflexible concernant la Main Déchue.

Robart Baratheon était la seule véritable faiblesse de son père, pire, de toute sa Maison, et il ne le savait pas. La chose était encore vraie actuellement, et pourtant il ne s’en était toujours pas rendu compte. A l’époque, le jeune homme était déjà réputé bon guerrier, mais surtout intrépide, trop téméraire, et parfois même inconséquent dans ses actions sur le champ de bataille… Toujours en première ligne, rechignant à une retraite parfois nécessaire, il était nettement plus facile de le capturer ou de l’abattre, et c’était d’ailleurs l’un des objectifs de toutes les batailles menées contre l’Orage, malheureusement sans succès. Evidemment, mettre l’héritier de l’Orage hors combat ne neutralisait pas directement son père, mais elle aurait fait tellement plus… Même s’il avait deux autres fils, Theodan avait commis l’erreur de n’en préparer qu’un comme son successeur, les deux autres étant laissés libres de leur choix, leurs compétences en matière de gestion était pour le moins limitées, et aurait laissé l’Orage dans une perspective de doute sur son avenir. Mais le point le plus important, sans aucun doute possible, était l’affection que portait le père à son fils aîné, qu’il avait toujours vu comme un enfant prodigue. Le savoir otage, ou mort aux mains de l’ennemi, aurait certainement déstabilisé le seigneur de l’Orage, l’aurait peut-être même poussé à chercher vengeance lui-même, quitte à se mettre en danger et en offrant des opportunités qu’il n’aurait jamais accordées autrement. Ondrew en était persuadé, si le fils était tombé lors d’une bataille, l’issue de la guerre aurait été entièrement différente, et peut-être porterait-il encore l’insigne qui ornait désormais la poitrine du Baratheon.

Même si les Cerfs avaient gagné la guerre, leur situation ne s’était guère améliorée. Avec la mort de Theodan, Robb avait pris sa place, et avait prouvé qu’il était plus que capable de succéder à son père, c’était indéniable, même à Dorne l’on disait les seigneurs de l’Orage entièrement acquis à la cause de leur suzerain, alors que même Theodan devait faire face à certaines dissensions. Pourtant, son successeur restait son frère Edric, l’épouse de la Main n’étant pas parvenue à enfanter, et cela rendait la Maison Baratheon la plus vulnérable de tout le continent. Les suzerains de l’Orage étaient, de loin, la plus grande puissance militaire du Royaume, son influence auprès des dragons restaurée, et il y aurait bien peu de courtisans, ou de nobles pour avancer qu’ils n’étaient actuellement pas la force que personne n’oserait défier. Mais Robb se trouvait être le seul homme fort de sa Maison, le seul qui soit capable de diriger, qu’il s’agisse de politique, ou de fédérer les seigneurs derrière lui. Ensemble, ses deux frères avaient peut-être ces qualités, mais il était notoire qu’Edric n’avait rien d’un homme politique, et que Jasper était bien trop effacé pour s’attirer la fidélité d’hommes aussi robustes que ceux de l’Orage. Encore une fois, si le Protecteur du Royaume devait tomber, ce serait toute sa Maison qui le suivrait dans la déchéance, faute de quelqu’un pour les guider. Un héritier pourrait permettre à l’épouse du suzerain de prendre la régence, aidée par son beau-frère, et ainsi de conserver l’équilibre de la Maison jusqu’à ce qu’un nouveau suzerain puisse prendre la place de son père, celui-là préparé et capable de supporter le poids de l’importance de sa Maison, mais Robb restait implacable, prêt à sacrifier l’avenir de son nom pour l’amour qu’il semblait porter à son épouse.

Ondrew ne pouvait pas le blâmer pour cela, il était presque certain que si la situation du Cerf avait été la sienne, il aurait préféré causer la ruine de sa Maison plutôt que d’abandonner Elinor. Mais les choses n’étaient pas les mêmes pour eux, les Piètes n’étaient pas les Baratheon, de leur nom ne dépendait pas le destin du Royaume, et Robb semblait pourtant aveugle à cette réalité. Sur un ton apaisant, Ondrew répondit au Cerf, son regard ne cachait pourtant pas qu’il avait plus que cerné son interlocuteur, il le connaissait, sans doute était-il un des seuls réellement capable de comprendre sa motivation et son entêtement en ce moment.

« Votre Excellence a entièrement raison quand elle dit que je ne connais pas toute sa situation, néanmoins j’en sais suffisamment pour affirmer que vous avez des ennemis dans ce château, peut-être même ailleurs, qui savent exactement où frapper pour être certains de vous faire du tort, et qui n’arrêteront probablement pas parce que vous quittez Port-Réal. Je ne mets pas en doute vos compétences à vous protéger, vous et votre Maison, mais il y a une limite à ce que chaque homme peut faire, et votre position vous lie les mains autant qu’elle vous offre du pouvoir.

Je ne vous demande pas de faire savoir publiquement que je suis à votre service, mon seigneur, uniquement de vous prouver que, comme mon épouse, je suis à votre service, de la manière qui vous agréera le mieux. »


Ses mots terminés, l’attention du Cerf se porta sur son Araignée, et les mots de la Main à l’égard de celle-ci n’étaient qu’à peine plus doux. Fronçant les sourcils, le Bieffois rapprocha sa main du bras de sa belle. Il n’appréciait pas de la voir traitée comme une simple sous-fifre, pas après tout le travail qu’elle avait accompli au nom des Baratheon, et dont lui-même avait été témoin quelques heures plus tôt, tant la chambre de la jeune femme était jonchée de documents et de notes. Mais elle saurait très bien se défendre d’elle-même, aussi tourna-t-il un regard encourageant vers son épouse quand le Cerf lui intima de révéler ce qu’elle avait appris.
© Belzébuth
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Dim 12 Aoû 2018 - 14:09

Tendre la main plutôt que le poingLa toile tremblait, secouée avec agacement par un Cerf désabusé, manquant de provoquer la chute de l’Araignée. Jamais, depuis des mois, Elinor ne s’était sentie dans une position aussi peu confortable. Evidemment, annoncer à Valyron que la Main du Roi manquait de confiance à son égard pour la nommer, elle, responsable de l’enquête concernant l’empoisonnement de son épouse avait été une épreuve déjà doucement amère. Mais à présent, elle avait retrouvé sa douce moitié, la sachant là, près d’elle, et autant en danger qu’à l’aube de son départ. La voix du seigneur de l’Orage gronda presque dans le bureau, rappelant bien assez vite à Ondrew qu’il n’était plus en position de décider, qu’il n’était plus en mesure d’être force de proposition. Il était tombé bien trop bas pour cela et les murmures de la Capitale auraient tôt fait de l’aspirer dans le néant s’il ne jouait pas de discrétion et d’humilité. Mais, dans le discours du Cerf, il y eut quelque chose qui interpela Elinor. Je n’ai plus pour intention de m’éterniser à Port Réal. Ainsi donc, le Cerf souhaitait s’en retourner à l’Orage ? Pourquoi ? Était-ce à cause des émeutes qui avait pris naissance dans les bas fond de la ville, clamant le nom de Robart Baratheon, le demandant comme Roi ? Mais outre cela, c’était le temps qui manquait à Elinor désormais. Si les Orageois quittaient la Capitale, avec ou sans réponse, elle n’aurait pour seul rempart que Daenys entre elle et le reste du monde… Serait-ce suffisant ?

Ondrew prit le risque de répondre à nouveau, forçant l’Araignée du Bief à se tendre, espérant ne pas voir là un feu se relancer dans le regard noir du fils de Theodan. Sa main avait trouvé celle de son époux, espérant lui faire comprendre qu’elle était là, qu’il n’était pas seul, plus maintenant. Rappeler à Robb qu’il avait des ennemis était plus que risqué, quitte ou double. La simple évocation de ce genre de choses pouvait ramener le Cerf à charger celui qui avait l’imprudence de rappeler à tous les présents ce qui était arrivé le jour du Couronnement. Déglutissant avec difficulté, Elinor laissa pourtant son époux parler, sa voix la berçant et l’apaisant tandis que le contenu de ses paroles ne faisait que la crisper un peu plus. Ondrew était un atout clé pour celui qui le prendrait à son service, c’était chose assurée. Mais le passé avait une bien grande place dans le présent, encore, et ne saurait plus ternir la réputation d’un homme davantage que celle du seigneur de Tumbleton.

Finalement, le regard du Cerf se posa sur elle, les doigts fragiles d’Elinor se refermant sur l’acoudoir du fauteuil dans lequel elle était installée. Son regard se baissa quand il lui rappela que ses obligations étaient envers lui, malgré l’amitié qu’elle pouvait avoir avec le Serpent de Port-d’Epices. Et il avait bien raison quand il souligna que les ambitions du Serpent lui étaient propres et que cela passait devant sa loyauté et ses amitiés. Il ne fallait pas être doté d’un esprit brillant pour comprendre que le Cerf méprisait le maître des Chuchoteurs si ce n’était lui vouait une haine farouche. Et quand il évoqua l’ascension du Serpent à la mort du Cruel, face à la chute de son époux, Elinor baissa les yeux, gardant du mieux qu’elle le pouvait ce masque indifférent sur son visage, comprenant alors que le Cerf n’était nullement au courant de tout. Ondrew allait peut être s’interroger ou comprendre, lui, que si le Mantaryen s’en était tiré, c’était grâce à elle. Au lendemain des procès, alors qu’elle fut la seule innocentée grâce à l’intervention jumelée de Jaehaerys et Rhaenys, Elinor s’était retrouvée seule. Et seule, on ne saurait gagner de l’influence, surtout quand votre nom est entaché d’un Régicide, commis ou pas. La seule ne lui ayant pas tourné le dos était Daenys. Ondrew venait d’être banni à Dorne, et les alliés lui manquait. Pourtant, il en était un que l’on menaçait d’exil, à qui on avait saisi les biens les plus précieux. Le faire réintégrer ne serait guère chose aisée, mais elle l’avait si ardemment désiré qu’elle y parvint. Convaincre Daenys de l’utilité du Serpent ne fut pas compliqué, contrairement à mettre une main sur Valyron, enchainant taudis sur taudis. Le Mantaryen fut réintégré à la Cour, sous l’aile d’une Daenys qui menaçait trop grandement sa nièce pour qu’elle ne réagisse nullement. Et ainsi, il obtint ce qu’il avait souhaité : un titre de Noblesse. La place au conseil restreint, elle, fut une surprise de taille mais bien plus importante qu’il ne l’aurait fallu. Evidemment, les ambitions du Serpent le forcèrent doucement à oublier la succession de tous ces évènements mais, un jour, Elinor saurait lui rappeler à sa manière que sa position et son rang n’avait alors été obtenu que parce qu’elle avait été là pour espérer tout ça.

Les changements d’allégeance de Tyvaros n’était pas uniquement ce qui l’avait placé à si bonne place. Rhaenys ne l’appréciait pas mais devait composer avec car il aurait pu être ce pion qui aurait fait tanguer la balance en faveur d’une autre dragonne fut un temps. Et tout aurait été bien différent. Mais l’heure aujourd’hui, imposait de nouvelles règles dans un jeu de cartes qu’Elinor avait eu le temps de largement appréhender. Tyvaros avait eu le temps de se couvrir, d’assurer sa position. Et s’il venait à tomber… N’avait-il pas dit lui-même qu’elle serait la mieux placée pour le remplacer ? Elle ne souhaitait nullement entrer en opposition avec lui, n’ayant pas les mêmes moyens. Mais elle pouvait désormais laisser penser qu’elle rentrait dans le droit chemin, abandonnant son amitié pour mieux servir ses intérêts, sans que cela ne soit entièrement vrai. Les lèvres pincées, la jeune enfant était perdue dans ses pensées quand le soupir du Cerf attira de nouveau son attention. Il s’était levé, marchant derrière son bureau pour mieux penser, à son tour.

Daenys. Qu’il la mentionne surprit Elinor qui fronça les sourcils. Des affaires impliquant Daenys ? De quoi parlait-il ? Elle l’aurait su si sa maîtresse avait de nouveau tenté quoique ce soit, non ? La mine d’Elinor se fit soucieuse. Mais il marquait des points. Les mots n’étaient là que pour apaiser les âmes et quand il s’agissait d’Ondrew, la langue d’Elinor savait se montrer des plus persuasives, quitte à en oublier les promesses du passé. Elle s’était exprimée bien trop vite, sans réfléchir, les erreurs d’une jeunesse éprouvée par les maux d’un cœur soulagé. Mais ce qu’il lui demanda n’était pas la mer à boire. Il souhaitait simplement la voir revenir dans son giron plutôt que de la savoir entretenir son amitié avec Tyvaros. Sur ce point-là, ils étaient enfin d’accord. Elle n’abandonnerait pas le Serpent mais le regarderait ramper à ses côtés sans essayer d’entrer en communication avec lui. Son regard se posa sur Ondrew, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Puis, la voix de Robart Baratheon formula enfin cette question qui menaça de la faire sourire en coin. Nous y voilà. Le regard d’Ondrew se faisait encourageant tandis que la jeune femme prit une grande inspiration. « Comme vous m’en aviez donné l’autorisation, je suis allée à la rencontre de votre épouse, mon seigneur, cherchant à en savoir plus sur le déroulement des choses, ce jour-là. J’ai ainsi pu mettre en lumière que l’empoisonnement a eu lieu dans vos appartements, lors du petit-déjeuner de lady Rohanna. Je me suis alors renseignée en cuisine sur le fonctionnement de la gestion d’un tel repas, apprenant que les cuisines gèrent tous les repas et ne les répartissent qu’au dernier moment dans les chambres. Si votre épouse était la véritable cible, alors le poison n’aurait pu être déposé dans son repas qu’entre le moment où il a quitté la cuisine et l’instant où elle l’a mangé. » Reparler ainsi des choses pouvait être douloureux pour le seigneur Cerf et Elinor essayait d’être aussi concise que possible tout en lui offrant le raisonnement logique nécessaire à la bonne compréhension de tout ceci.

Son regard ne quittait plus le Baratheon, essayant de se rappeler de l’ordre chronologique dans lequel les choses s’étaient passées. « Le Seigneur Tyvaros a eu l’idée de vouloir interroger les servantes qui s’occupent de votre épouse. Nous les avons convoqués et… L’une d’entre elle manquait à l’appel. Une dénommée Bathilde, si je ne me trompe pas. En parallèle, un corps a été repêché dans la Néra… Il… Il était très difficile de l’identifier mais à force de déduction, nous en avons conclu qu’il s’agissait de cette malheureuse jeune femme. Certains détails nous ont alors laissé penser qu’elle n’a nullement agi seule si c’est elle qui a empoisonné votre épouse. Sa… Foi semblait grande et à force d’écouter et grâce aux moyens mis en œuvre par lord Tyvaros… Il semblerait que des extrémistes religieux soit la cause de tout ceci, mon seigneur. » Elle marqua un temps d’arrêt, humectant ses lèvres asséchées par la longue prise de parole qu’elle venait de faire. Finalement, elle se soulageait d’un poids, elle aussi, tout en venant faire ce pourquoi elle avait été embauchée de prime abord. Poussant un long soupir, elle finit par conclure. « Je n’ai pas de nom à vous donner quant au commanditaire de cet acte, aussi possible qu’il n’y en ait pas. Mais je peux vous assurer que je suis prête à tout pour le démasquer s’il existe. Tout en essayant de mettre davantage en lumière les raisons d’un tel acte, évidemment. Je vous prie de me croire quand je vous réaffirme que je suis prête à tout pour garantir la sécurité de ce qui m’est le plus cher, quand bien même mes allégeances divergent. » Son regard noisette se posa rapidement sur Ondrew, lui adressant un sourire tendre avant de revenir sur le seigneur Baratheon. « Alors oui, mes mots me trahissent, mais mes actes ne sauraient qu’affirmer ma détermination. Si je dois vous prouver ma loyauté avec ceux-ci, je le ferais, mais il va me falloir votre permission car je ne pourrais aller plus loin sans cette dernière. Les choses sont plus compliquées qu’elles n’y paraissent et bien que vous m’ayez auparavant offert carte blanche pour que je puisse agir sans limite… Je ne sais si vous approuverez la suite. »
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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Lun 20 Aoû 2018 - 16:41





Une Main tendue est parfois plus utile qu’un poing fermé

« Mes ennemis sont ceux du Royaume, Lord Piète, et ils le resteront quand bien même je renoncerais à la Régence. Il n’y a pas un homme qui peut penser nuire à ma Maison sans savoir que s’il est démasqué, sa tête ornera une pique, qu’elle se trouve à Accalmie ou à Port-Réal. »

La liste était longue oui, probablement plus que ne pouvait l’imaginer le couple assis en face de lui. Si Elinor avait pu approcher les cercles restreints de la Maison Baratheon, elle ne savait rien de ce qui se déroulait à Accalmie, ou des tensions qui pouvaient exister entre les Maisons de l’Orage, pas plus que n’importe quel notable qui n’y vivrait pas. Restaient les évidences : Stark, Arryn, Martell… Les ennemis historiques, et les perdants de la dernière guerre, avides d’une gloire perdue qui voulaient voir la faveur des dragons leur revenir, ou quitter leur giron pour retrouver une indépendance quel qu’en soit le prix. Sans doute comptaient-ils également les Lannister parmi ceux qui voulaient voir le Cerf si pas mort, au moins à terre et à la merci des autres… Cette vérité là, bien peu étaient ceux qui la connaissaient. Mais ces ennemis là importaient peu, aucun d’eux n’avaient les moyens de réellement l’atteindre, pas tant que la Maison Baratheon détenait la première puissance militaire du Royaume, pas tant que les Targaryen conservaient leur faveur pour leurs cousins.

Et puis, il y avait les autres. Celles qui restaient secrètes, par honte autant que pour masquer faiblesse et douleur. Sa propre mère qui voulait lui ôter son trône, son cadet que tout indiquait comme complice de celle-ci. Edric, qui semblait avoir décidé de protéger la Lionne de l’Orage, qui avait décidé de trouver des excuses à chacun des ennemis de son aîné, quitte à considérer que la faute incombait à celui-ci, que l’on parle de Kyra ou des Stark. Le premier archer de l’Orage était le dernier de sa fratrie qui n’avait pas trahi son frère et seigneur, et pourtant… Il semblait que plus les jours passaient, plus il était probable qu’il finisse par passer de l’autre coté de la ligne qui se dessinait entre ceux qui étaient loyaux à l’héritier de Theodan, et les autres. Que resterait-il alors des Baratheon, si Robb devait être le dernier de sa lignée ? Si Rohanna devait ne plus avoir d’enfants ? La seule pensée d’être celui qui avait mis fin à son nom faisait plâner une ombre sur chacun de ses actes, car toute la gloire qu’il pouvait attirer sur le Cerf Couronné serait bien inutile s’il n’y avait plus personne pour la perpétuer. Etrange pensée que de se dire que, d’une certaine manière, Robb accordait plus de confiance à la jeune femme assise en face de lui qu’à son propre sang.

Le Régent écouta l’Araignée sans la quitter du regard, tandis qu’elle exposait ses découvertes, ne fronçant les sourcils que quand elle mentionna le rôle de Tyvaros dans cette affaire. Ainsi donc le Serpent avait bel et bien enquêté, il avait simplement décidé de garder les informations pour lui, sans doute pour pouvoir les utiliser au moment opportun, qu’il s’agisse de grappiller une faveur ou de se voir accorder encore plus de pouvoir, ce qu’il aurait probablement obtenu si Robb n’avait pas mandaté la Bieffoise pour enquêter en son nom. Sans cette décision, le Mantaryen aurait sans aucun doute pu avancer qu’il avait besoin de plus de libertés, de plus de moyens pour mener sa mission à bien, et il se les serait vu accordés sans plus de question… Peut-être était-ce là son plan depuis le début ? Personne ne pouvait connaître les plans de Tyvaros, uniquement son objectif : plus de pouvoir, toujours, et s’assurer de se trouver du coté des vainqueurs en toute circonstance.

Le raisonnement d’Elinor se tenait, Robb s’était toujours assuré de la loyauté de ceux qui le servaient, il était peu probable que l’un d’eux trahisse le couple suzerain pour un autre seigneur, mais la religion avait parfois la faculté de transcender toutes les allégeances chez ceux qui n’avaient pas bénéficié de l’éducation de la noblesse. L’espace d’un instant, Robb se demanda s’il devait annoncer à son épouse que c’était l’une des femmes à qui elle avait accordé l’honneur de la suivre qui lui avait porté le coup dont elle avait été victime, mais cette pensée se trouva bien vite happée dans d’autres réflexions : la piste religieuse dédouanait directement les Stark, qui ne partageaient pas la foi des Sept et n’étaient pas assez fins pour s’en servir, ainsi que les Martell, qui n’étaient pas connus pour leur zèle religieux. Les Arryn auraient pu être les commanditaires, mais le suzerain du Val était trop imbu de sa personne et de son honneur pour tâcher ainsi sa propre vision de lui-même… Etaine avait su gagner sa confiance, au moins partielle, ne restait donc que Catelyn, mais celle-là semblait vivre dans un autre monde, et aussi traitre qu’elle soit, elle ne se serait probablement pas abaissée à cela, ou elle aurait avoué comme elle avait avoué ses crimes, en tentant de faire passer les victimes pour les coupables, et la coupable pour une victime… Les auteurs évidents écartés, ceux qui restaient étaient soit des inconnus, soit des proches dont la trahison s’élevait bien plus haut qu’il n’aurait pu l’imaginer.

L’Araignée termina en tentant de l’assurer, encore une fois, qu’elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer que son époux ne lui serait pas à nouveau enlevé. Robb n’en avait jamais douté, et un autre que lui aurait pu tirer parti de cet état de fait pour lui en demander toujours plus, jusqu’à damner l’âme de la jeune femme et s’assurer qu’elle n’ait plus jamais d’autres options que de le servir et lui obéir, mais la parole d’un Baratheon faisait force de loi une fois offerte, et la chose ne lui avait même jamais paru comme une possibilité. Elinor accomplissait ce qui lui avait été demandé, et elle recevrait ce qui lui avait été offert, sans autre tentative pour la contrôler. Tournant le dos à ses interlocuteurs, Robb observa la ville en contrebas, posant les yeux sur le Septuaire encore en construction, se demandant si la religion deviendrait bientôt son nouvel ennemi.

« La foi a toujours été un moyen d’arriver à ses fins, mon grand-père et le Conquérant lui-même se sont convertis pour asseoir leur pouvoir et légitimer leur règne… Mais ceux qui considèrent que la religion est une fin sont les plus dangereux. S’ils ont agi de leur propre chef, il s’agissait sans nul doute d’une action contre le mariage royal, mais cela pourrait tout aussi bien être une tentative d’assassinat politique cachée. Quoiqu’il en soit, ces fanatiques doivent être éliminés, reste à savoir si ce sera le dernier chapitre de cette affaire, ou s’il n’en ouvrira qu’un autre.

Lord Piète, vous désiriez montrer votre engagement à me servir, secondez votre épouse et démasquez tout ceux qui peuvent l’être. Il faut agir avec prudence jusqu’à ce qu’il soit certain que tout ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à cet attentat soient identifié après quoi il sera temps de faire justice. Peu m’importe qu’il ne s’agisse que de paysans zélés ou que le Grand Septon lui-même y soit mêlé, ils seront tous égaux dans l’enfer dans lequel ils seront plongés pour ce qu’ils ont fait. Après quoi, je reconsidérerai peut-être votre demande, si tant est qu’elle soit encore d’actualité.

Vous aviez déjà carte blanche ma dame, comme vous l’avez dit. J’imagine qu’il y a des éléments qui vous poussent à demander à nouveau la permission d’agir comme bon vous semble ? Des raisons de penser que des personnes influentes pourraient se cacher derrière le meurtre de mes enfants ?  »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Ven 14 Sep 2018 - 23:58

Tendre la main plutôt que le poingLe silence avait accueilli la longue tirade de l’Araignée qui avait laissé son dos reposer contre le dossier du fauteuil, s’attendant à toute sorte de réaction tant de son époux que de la Main du Roi. Ses yeux noisette ne se dérobèrent guère de ce dernier tandis qu’il se levait, allant jusqu’à tourner le dos au couple présent à ses côtés pour se tourner vers la fenêtre. Profitant de cet interlude, La Bieffoise tourna la tête vers son époux, se demandant comment lui aussi, allait réagir à l’idée qui avait fini par prendre place dans ses pensées, n’ayant nullement osé lui en parler au préalable car elle se doutait bien qu’il ne serait guère favorable à sa demande, à son idée. Les découvertes allaient au-delà de ce qu’Elinor avait avancé et s’il fallait plonger dans l’affaire au sens propre, elle n’hésiterait pas à le faire, qu’importe qi Valyron envoyait un de ses sbires doubler son travail. Au contraire, cela lui assurerait peut-être une chance de crédibiliser son rôle…

Posant sa main sur son époux, ses yeux noisette se reposèrent sur le seigneur Cerf quand il reprit la parole, dos à eux. La Foi était une notion tant positive que négative. Plus jeune, Elinor avait été pieuse, croyant en la grâce que les Sept pouvaient lui offrir, en ces faveurs qu’elle pouvait leur demander en toute humilité. Grandissant à la Cour, elle avait fini par cerner qu’elle ne serait jamais mieux servie que par elle-même et que les prières, aussi salvatrices et écoutées par une entité pouvaient-elles être, ne guérissait pas tous les maux. Prier n’aurait pas sauvé Ondrew de Maegor, le Cruel ayant déjà pris sa décision d’abattre celui qui fut son ami il y avait fort longtemps, sauvé uniquement par le bon vouloir de la jeune femme. Ses seules prières n’étaient alors faites que de supplications pour que la douleur cesse, pour que l’instant soit plus court que les précédents ou que le Roi finisse par se lasser. Mais là encore, seule sa main propre fut en mesure de la délivrer de ce poids, de ce fardeau qu’elle avait accepté de porter. Le pardon ne pouvait alors que lui avoir été offert tant elle l’avait demandé dans le ventre de la Capitale, coincée dans les geôles noires. Alors non, la Foi n’était pas une fin, pas pour elle. Elle accompagnait sa peine et était un exutoire pour ses frustrations et ses doutes, mais pas une chose qu’elle suivait aveuglément.

Eliminés. Le mot était fort, à l’image des sentiments de l’homme face au meurtre sordide dont il avait été frappé. Elinor ne pouvait que le comprendre, incapable de présumer de ce qu’elle serait capable si quelqu’un s’en prenait à Willem. Un parent ferait tout pour son enfant, elle le savait mieux que quiconque ayant elle-même renoncé à étouffer le petit être dès lors que son regard avait croisé le sien. La fureur du Cerf chargeant tête baissée, bois en avant, était légitime et importante. Les coupables n’obtiendraient aucune merci. En revanche, elle accordait davantage raison à l’ouverture d’un autre chapitre plutôt qu’à la fermeture définitive de cette affaire. Le sang avait tendance à appeler le sang et si justice était rendue de la sorte, il y avait fort à parier que les fanatiques chercheraient un autre moyen de venger leurs pertes.

Qu’il s’adresse à nouveau à Ondrew l’interloqua, la poussant à froncer les sourcils avant de légèrement grimacer. Voilà qui ne l’arrangeait finalement qu’à moitié. Déjà, il venait de faire de son époux un quasi assistant de l’Araignée ce qui ne lui allait que peu tant elle souhaitait voir son époux regagner une place plus haute, pas se terrer dans son ombre. Et, compte tenu de ce qu’elle souhaitait faire, Ondrew risquait de compliquer le problème plus que de l’y aider, au final. Mais elle ne dit rien, laissant le seigneur de l’Orage poursuivre ses dires. Agir avec prudence. C’était bien la marque de fabrique de l’Araignée et c’était d’ailleurs plus dans cette optique qu’elle avait demandé à nouveau au Seigneur Baratheon si tout lui était autorisé. Les gardes qu’il lui avait accordés ne lui servaient nullement. Si des arrestations devaient avoir lieu, elles ne seraient pas sous l’ordre d’Elinor bien que surement résultant de ses recherches. Mais les dires du Cerfs allaient toujours en leur sens : Ondrew pouvait espérer finir par servir Robart Baratheon, d’une manière ou d’une autre, s’il épaulait la jeune femme dans sa mission qui était là pour le secourir.

Enfin, il revint sur les derniers mots de la jeune femme, la faisant à nouveau grimacer. « Rien ne me laisse accuser personne ou penser que des gens de haute naissance pourraient être impliqués, mon Seigneur. Si je vous demande cela, c’est parce que j’ai autre chose en tête. » Pour le coup, elle préféra éviter avec soin de croiser le regard d’Ondrew, ses doigts ayant cessé de bouger sur ceux de son époux. Déglutissant avec difficulté, elle se soulagea de cet ultime poids. « Nous avons établi des connexions, oui… Et ce début de réseau nous a peut-être, au seigneur Tyvaros et moi-même, permis de mettre un pied dans ce qui pourrait être l’organisation à l’origine de tout ceci. Je n’ai nulle certitude et nous ne pourrons pas le démontrer sans les faire parler, sans les approcher. C’est pourquoi… Je pense qu’il serait utile que quelqu’un essaie de se glisser parmi eux. A vrai dire, j’ai déjà réussi à approcher un de leur membres et… Je pense que j’ai la possibilité de le faire. C’est pour cela, que j’ai besoin de votre permission. Je sais que nous ne l’avions guère envisagé mais je ne vois pas d’autre solution que celle-ci, si nous souhaitons obtenir des réponses. » Le rouge montait à ses joues tandis qu’elle sentait le regard du seigneur de Tumbleton sur elle. Oui, Tyvaros pouvait envoyer l’un de ses espions, mais c’était un lien bien moins direct et Elinor avait bien des raisons de leur faire croire, à ces fanatiques, qu’elle rejoignait leurs idéaux. Pourtant, dangereux, cela l’était et c’était sur ce point qu’elle espérait l’accord de la Main… Et potentiellement, celui de son époux également.
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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Jeu 20 Sep 2018 - 13:40




I Once Stood Where You Sit


Attentivement, Ondrew avait écouté son Araignée exposer ses découvertes, tout en observant du coin de l’œil les réactions du Régent. Il n’était pas difficile de voir que le simple fait de recevoir enfin des informations suffisait à le convaincre de la vérité de celles-ci ; un instant, il se demanda si ça avait été là le plan du Serpent. Reporter le moment où il ferait son rapport pour pouvoir faire croire à son supérieur tout ce qu’il voulait. Diriger la colère d’un homme qui commandait à l’armée la plus dangereuse du Royaume, et potentiellement à toutes les autres pouvait s’avérer un outil précieux, qui aurait pu beaucoup servir à Ondrew fut une époque. Il se demanda même si ce ne pouvait pas l’être encore, après tout s’il trouvait un moyen d’impliquer les Tyrell… Mais il balaya vite l’idée, la manœuvre était trop dangereuse, et les risques trop grands dans sa position. Sans compter que ce pourrait être Elinor qui devrait affronter les conséquences d’une telle chose, et contrairement aux autres, Ondrew ne pouvait pas supporter de la mettre en danger pour servir ses intérêts, quand bien même ils les partageaient. Il se tut donc, se contentant d’apprécier le fait qu’il y avait au moins une personne d’importance au Donjon Rouge qui estimait son épouse à sa juste valeur.

Evidemment, le Cerf réagit comme n’importe quel homme capable d’écraser n’importe quel ennemi quand on le mettait devant l’un d’eux : avec la certitude de vaincre, et la conviction qu’il ne ferait preuve d’aucune pitié. Pourtant, contrairement à la plupart d’entre eux, qui généralement finissaient par chercher un compromis pour obtenir justice, Robart Baratheon semblait être de la trempe à tenir sa position, au moins dans ce cas-là, et la Main Déchue n’aurait pas pu le blâmer. Il avait perdu ses enfants, après tout, et si la Maison suzeraine de l’Orage n’était déjà pas réputée pour sa clémence envers ses ennemis, dans ce genre de cas il y avait fort à parier que cette affaire finirait dans un carnage sanglant. Même s’il n’avait pas d’enfants, Ondrew était certain qu’il ferait la même chose, avec les moyens dont le Régent disposait, et même sans… Le responsable aurait amèrement regretté ses actes. Lui-même n’avait jamais été un de ces fervents croyants pour qui la religion passait avant tout, les affaires terrestres l’avaient toujours bien plus intéressé. Il se souvenait toutefois d’un ancien beau-frère dont la foi était le seul guide, au-delà de ses devoirs envers sa famille ou ses terres. Ce genre d’homme était dangereux, oui, et surtout à ne pas sous-estimer. La foi pouvait soulever des choses que même une armée aussi imposante que celle de l’Orage ne pouvait vaincre.

Le Régent finit par accorder le droit au Piète de seconder son épouse, afin de faire ses preuves. Si cette autorisation était la plus prudente pour le Cerf, et si le fait d’assister Elinor n’avait jamais réellement dérangé Ondrew, il fallait toutefois être idiot pour ne pas déceler l’insulte qui lui était faite ainsi. Robart pourrait nier tout lien avec lui, prétextant qu’Ondrew ne faisait qu’aider son épouse, chose naturelle, mais ce faisant il définissait le rôle de la Main Déchue uniquement en fonction de celui de l’Araignée, le mettant ainsi derrière sa propre femme en matière d’importance. Un rôle subalterne, qui, s’il venait à se savoir, serait probablement la source de moqueries, après tout un homme qui se définissait uniquement en fonction de son mariage n’était pas bien vu : il faudrait que la chose reste officieuse pour conserver les apparences, en cela le Cerf avait encore une fois joué ses cartes d’une main de maître, il avait tout à gagner et aucun risque à prendre. Ondrew aurait pu moquer une telle proposition, néanmoins sa position ne le permettait nullement, et il n’avait aucune envie d’humilier sa belle en mettant en doute l’importance de celle-ci dans tout ce qui se jouait, cela aurait été des plus injustes. Il se contenta donc d’incliner la tête en signe d’assentiment, avant d’ajouter :

« Je suis certain que vous découvrirez que je ne fais que dire la vérité quand je dis que je désire asseoir votre position, et je ferai le nécessaire pour que vous puissiez m’accorder votre confiance sans risque, peu importe la situation. Sans compter que passer plus de temps avec mon épouse n’aura rien d’une punition… »

Il regarda ensuite l’intéressée avec un sourire entendu, attendant comme leur hôte que celle-ci dévoile ses intentions, dont elle ne lui avait rien dit précédemment. Si au début il ne fit que froncer légèrement les sourcils quand elle mentionna Tyvaros à nouveau, ce qui aux yeux du Bieffois semblait une mauvaise idée devant un homme qui le détestait sans aucun doute, en plus de ne lui accorder aucun crédit, ses yeux s’ouvrirent grands d’étonnement devant ce qu’elle proposait. Infiltrer un groupe de fanatiques pour les démasquer de l’intérieur ? Elinor avait-elle perdu la tête, ou pris trop confiance en ses capacités ? En moins d’une seconde, Ondrew avait déjà imaginé une dizaine de manières par lesquelles cette histoire pouvait mal se terminer, et pas simplement par l’échec de l’entreprise. C’était sa vie qu’elle mettait ainsi en jeu, l’offrant comme un jouet entre les mains du Régent, qui lui n’hésiterait pas à s’en servir pour arriver à ses fins, Elinor n’était après tout pour lui qu’un outil de plus pour parvenir à ses fins. Un outil fort utile, mais un outil néanmoins, et on pouvait toujours les remplacer. Tandis que sa main venait se serrer au poignet de son épouse, plus fortement que pour simplement la soutenir, il réfléchit à un moyen de convaincre le Cerf de ne pas accéder à sa demande. Simplement lui faire part de ses inquiétudes ne fonctionnerait pas, Robart avait déjà démontré qu’il n’avait pas grand-chose à faire des états d’âme d’un exilé encore en sursis, il fallait trouver mieux, il fallait trouver une raison rationnelle pour le Cerf de refuser une telle demande. Il se racla la gorge pour attirer l’attention avant que celui-ci ne réponde, jouant ses dernières cartes pour éviter ainsi à l’Araignée de mettre sa vie dans la balance de ses arrangements avec le Régent.

« Si l’idée peut paraître séduisante, monseigneur, et bien que je ne doute pas des compétences de mon épouse, quand bien même je craindrais pour sa vie dans une telle entreprise… » Il s’interrompit une seconde pour lancer un regard lourd de sens à l’interessée, autant empli d’incmpréhension et d’une certaine colère devant sa proposition que d’une inquiétude réelle. « Il faut prendre en compte qu’un tel groupe est des plus prudents, et que le fait qu’Elinor soit connue à Port-Réal ne fera qu’augmenter la méfiance à son égard si elle devait les approcher… J’ajouterai qu’un premier échec, hormis les dangers auxquels elle serait alors exposée, réduira à néant toute autre tentative d’approche ensuite, et par conséquent vos chances d’obtenir satisfaction. La méthode la plus simple serait de choisir une personne de confiance, inconnue de la Cour et en ville, qui puisse faire remonter les informations sans encourir ce risque. »

C’était certain, lui vivant, Elinor n’irait pas risquer sa vie auprès de gens aussi dangereux, et certainement pas quand d’autres options existaient bel et bien.
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Mar 16 Oct 2018 - 14:42





Une Main tendue est parfois plus utile qu’un poing fermé

Tandis qu’Elinor dévoilait ce qu’elle avait découvert, Robb l’écoutait patiemment, pesant le poids de ces révélations pour la marche à suivre. S’il s’agissait d’une organisation de fanatiques, il faudrait qu’elle soit annihiée en un seul coup, sans quoi les survivants deviendraient bien vite des martyrs, et reconstruiraient leur culte d’autant plus persuadés qu’ils étaient dans le vrai, leur foi autant renforcée que leur fanatisme. Il leva les yeux au ciel à la nouvelle mention de Tyvaros cependant, désormais persuadé que la Bieffoise tentait de mettre son ami en avant, ayant bien compris que le Serpent était plus que simplement en froid avec l’homme qui détenait les rênes du Royaume, cependant il la laissa continuer, un léger sourire apparaissant sur son visage à mesure qu’elle lui dévoilait ses intentions. L’Araignée était prête à risquer sa vie pour mener sa mission à bien, et même si Robb ne se faisait aucune illusion quant à la raison pour laquelle elle prenait de tels risques, il était de ceux qui appréciaient d’avoir à son service des gens prêts à tout pour parvenir à atteindre les objectifs qu’il leur avait fixé.

Son mari, en revanche, n’était pas du même avis et la chose aussi était prévisible. Prévisible, mais pas pour autant acceptable dans sa situation. Robb n’avait que faire de ses envies de protection, d’autant qu’il était presque certain que l’ancienne Main du Roi savait pertinemment que sa présence devait dépendre des résultats fournis par son épouse, l’Araignée avait dû le mettre au courant des termes de leur accord durant le temps que le Cerf leur avait accordé ensemble, sans compter que l’ancienne Main n’était pas en position de conseiller quoique ce soit. Sa présence durant le rapport de son épouse n’était qu’une pure courtoisie, pas une invitation à donner son avis sur les décisions à prendre. Le Régent pensait avoir été suffisamment clair sur ce point, mais visiblement il ne l’avait pas encore été assez… Cependant l’opposition de l’homme soulevait une autre question, celle de la résolution d’Elinor, qui risquait de vaciller maintenant qu’elle savait que son mari n’approuvait pas sa démarche, et qu’il ne manquerait pas de rappeler une fois qu’ils se trouveraient seuls à nouveau. Etait-ce un motif suffisant pour revoir sa propre opinion sur le sujet ? Robb n’en était pas sûr, aussi décida-t-il qu’il miserait plutôt sur le fait qu’elle savait parfaitement que s’il n’obtenait pas satisfaction, la probabilité de voir Ondrew repartir s’en trouverait fortement augmentée.

« Encore une fois, vous oubliez votre place, lord Piète. Sans compter que votre proposition n’en est pas réellement une : un homme de confiance n’appartenant pas à la Couronne ou à ses environs et à mon service ne pourra pas se fondre dans la masse, les orageois ne sont pas réputés pour leur foi à toute épreuve, et il est de notoriété publique que toutes les familles de mes terres ont approuvé le mariage royal, là où la position de votre épouse n’est pas réellement connue, et où ses compétences seront bien plus efficaces que celles de l’un de mes chevaliers pour mettre au jours ceux qui doivent être châtiés. Si vous n’êtes pas capable de supporter la mention qu’elle prenne des risques, vous êtes libre de quitter cette pièce, ce qui devait être dit à votre sujet l’a déjà été. »

Robb laissa le temps à l’exilé en sursis de peser ses paroles, ponctuant les mots d’un regard sans équivoque sur ce qu’il pouvait penser de ses états d’âme à l’heure actuelle, avant de se tourner à nouveau vers l’Araignée, poussan ses réflexions jusqu’au bout :

« S’il s’agit effectivement d’un groupe organisé, cette affaire dépasse la simple justice pour l’attentat commis contre mon épouse, il devient un danger pour la Couronne elle-même. Des gens capables d’atteindre les puissants au nom de leur interprétation de la foi, et suffisamment organisés pour rester cachés malgré la… « Compétence » du Maitre des Chuchoteurs ne sont pas à prendre à la légère. Il faudra démasquer et arrêter tous ses membres en même temps, afin de s’assurer qu’il ne reste rien de cette organisation qui puisse permettre de la faire renaître. Tout ceux qui ont pu les aider, d’une manière ou d’une autre, tout ceux qui leur sont liés, ou qui partagent leurs opinions. Si vous vous sentez capable d’y parvenir, vous avez mon autorisation pour faire ce que vous jugerez nécessaire. Si vous deviez penser que vous avez été démasquée, cependant, ne prenez pas de risques inutiles, je ne suis pas homme à exiger une mort vide de sens de ceux qui travaillent pour moi. »


Il y en avait d’autres qui n’auraient pas hésité, certains auraient peut-être même mis eux-même leur agent à mort pour éviter d’être démasqués, mais ces gens là ne méritaient pas qu’on leur confie la vie d’autres, encore moins d’occuper des postes d’importance. Il était temps d’en demander plus à l’Araignée, cependant la position et les tentatives de celle-ci pour inclure Tyvaros dans ses recherches laissaient penser au Cerf que sa demande resterait probablement sans réponse.

« Il y a autre chose que je voudrais vous demander. Cela n’a rien à voir avec notre accord, et vous avez donc toute liberté de refuser cette demande, sachez néanmoins qu’il viendra un temps où votre amitié avec le Serpent et votre position à mon service deviendront immanquablement impossibles à concilier. Tyvaros, au-delà de ses multiples trahisons plus ou moins oubliées, fait tout pour paraître un parfait petit serviteur du Roi, mais trop de choses sont inexpliquées à son sujet, et il me faut m’employer à découvrir ses secrets les plus noirs, comme il doit déjà le faire pour moi. Vous chargerez-vous de découvrir les travers qu’il cache si bien au monde pour mon compte? »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Une Main tendue est parfois plus utile qu'un poing fermé   Mer 31 Oct 2018 - 18:06

Tendre la main plutôt que le poingEvidemment. Comment Ondrew aurait-il pu réagir autrement qu’en essayant de s’opposer entièrement à cette proposition qu’elle venait de formuler. Elle n’avait su trouver les mots pour lui expliquer auparavant les choses, pour lui dire ce qu’elle avait en tête véritablement. Son retour précipité, pour le coup, n’arrangeait nullement ses ambitions et son désir d’entrer dans quelque chose de grand qui méritait son intérêt. Mais si le seigneur Baratheon se prononçait en la faveur de la jeune femme, alors il ne pourrait rien dire, il ne pourrait qu’accepter. Pourtant, ne laissant pas le temps au Cerf de donner son avis sur le sujet, il s’interposa une nouvelle fois, forçant l’Araignée à battre en retraite à regagner son trou. Elle n’osa pas le regarder, baissant ses pupilles noisette quand il insista sur le danger de la chose, sentant l’irradiation de sa colère sur sa joue, le laissant poursuivre en déglutissant avec difficulté. Mais elle savait déjà tout ce qu’il énonçait. L’échec, le danger, l’unique chance qu’ils avaient de pouvoir agir de la sorte… Mais c’était justement parce qu’Elinor avait connaissance de toute l’Affaire qu’elle pouvait agir. Les yeux de la jeune enfant du Bief se relevèrent vers le seigneur Cerf qui semblait… Agacé des paroles du seigneur de Tumbleton. L’Araignée aurait voulu pouvoir lui demander de se taire, mais telle n’était pas sa place d’épouse, surtout pas devant un autre seigneur.

Et quand il prit la parole, les doigts de la jeune femme se resserrèrent sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel elle se trouvait. Nulle sympathie ne se trouverait jamais dans ses mots dès qu’il s’adresserait à l’homme qui avait occupé ce fauteuil avant lui, à l’homme qui avait conduit le royaume sous les ordres du Cruel. Elinor le comprit en cet instant et elle regretta presque de s’être engagée auprès de Robart Baratheon car, à l’image de Valyron Tyvaros, elle se retrouvait à nouveau entre son devoir et ce que son cœur lui ordonnait de faire. Quand les derniers mots sonnèrent dans la pièce, le regard d’Ondrew retrouva enfin son époux, cherchant au fond de lui cette confiance en elle. J’ai vécu tellement pire, mon aimé… Pourquoi ne pouvait-elle pas le lui conter ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement lui affirmer que Maegor avait bien failli la tuer bon nombre de fois, la pire demeurant lors de ce dîner qu’il avait passé à ses côtés sans jamais se douter de la torture qu’elle supportait, rien qu’à se trouver entre eux deux. Prendre des risques était une chose qu’Elinor ne mesurait plus réellement car il lui semblait bien peu grands, ces risques, face à ce qu’elle avait déjà su traverser, seule. Reste…

Si Ondrew se levait à présent, elle se sentirait insultée. L’intrigante avait su faire sa place au donjon Rouge, tapie dans l’Ombre, tissant ses toiles pour mieux faire tomber ceux qu’elle pouvait dedans. En lui offrant cette mission, le Cerf n’avait fait que lui rendre un but dans tout ceci, un moyen de s’occuper l’esprit et de ne plus mourir de souci à l’égard de ceux qu’elle aimait. Elinor avait du pouvoir, notamment celui d’être invisible tout en portant le lourd fardeau d’une réputation compliquée. Régicide. On le murmurait encore sur son passage dans les couloirs du Donjon Rouge malgré le fait qu’elle ait été innocentée par le Roi lui-même. Qui que soient ces fanatiques, leurs œuvres portaient à discréditer les Targaryen. Pourquoi rejeter celle qui en aurait tué un ?

Le Cerf se tourna vers elle, reprenant la parole et lui offrant ce droit d’agir comme bon lui semblait, soulignant malgré tout ce désir de ne pas la voir se mettre en danger, d’arrêter dès lors que cela arriverait. Elinor hocha la tête, adressant un rapide regard à son époux avant d’élever à nouveau sa voix. « C’est entendu… Je vous remercie, mon Seigneur. » Et ainsi s’engageait-elle à tout cela, malgré le mécontentement d’Ondrew, malgré ses réticences pour ne pas dire son interdiction à ce sujet. Elle laissa planer un silence, observant son époux, la mine à la fois résolue et désolée. Elle ne pouvait reculer, pas maintenant, pas parce qu’il le lui demandait. De ses actes dépendait sa présence entre ses murs et si elle se dérobait, que penserait le seigneur Cerf ? Déglutissant avec difficulté, elle tenta de lui sourire doucement, en vain.

Puis, la Main du Roi reprit la parole, forçant les sourcils d’Elinor à se froncer, son esprit se penchant définitivement sur le sujet. Et elle fut bien vite prise de court quand il énonça ce que ce nouveau travail impliquait. L’Araignée se mordit la lèvre inférieure avec rage, baissant le regard. Voilà où nous en sommes… Elle avait compris dès le premier jour que les deux hommes se vouaient une haine certaine et elle avait toujours tout fait pour se trouver entre eux deux, pour éviter qu’ils ne puissent s’écharper envers et contre tout. Mais ce n’était plus suffisant. Maintenant, il désirait le faire tomber. La jeune femme déglutit avec difficulté, essayant de se cramponner à son fil, de ne pas tomber à terre. « Quel genre de choses sont inexpliquées, pour vous, mon Seigneur ? J’avoue ne pas comprendre exactement quel genre d’informations vous souhaiteriez me voir réunir à son sujet… Et… Si je refuse… Je me doute que vous confieriez cette mission à un autre, n’est-ce pas ? »
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