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 Qui veut la guerre, prépare la paix

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Qui veut la guerre, prépare la paix   Mer 20 Juin 2018 - 17:29




Qui veut la guerre, prépare la paix



Entouré de ses gardes, Robb marchait d’un pas décidé vers son office à la Tour, l’esprit encore tourmenté par les événements qui avaient eu lieu durant le Conseil Restreint. Valyron avait prouvé n’être qu’un vulgaire laquais avide de pouvoir, une fois encore, à la différence qu’il s’était désormais opposé à lui ouvertement, en cherchant à s’immiscer dans des affaires qui ne le regardaient en rien, et il paierait chèrement le peu de témérité dont il avait fait preuve, le Cerf s’en assurerait, et il avait toute la force de l’Orage derrière lui pour ce faire. Il devait se croire intouchable, après avoir survécu à deux règnes et au moins autant de trahisons, d’un côté comme de l’autre, mais jamais encore il n’avait eu à s’opposer ouvertement et directement à une Maison suzeraine, et il comprendrait bien vite, et de manière douloureuse, l’amplitude de son erreur. Restait la question de cette émeute, mais il n’y avait rien que Robb puisse faire pour l’instant, de son point de vue du moins. Régler le problème par lui-même ne pourrait que le renforcer à long terme, mieux valait ne pas s’en mêler, et voir comment le Roi le ferait par lui-même. C’était la meilleure chose à faire pour l’instant, quand bien même c’était prendre le risque que des inconséquents comme Tyvaros ne gagnent en influence sur le souverain, mais là encore, si c’était là le choix de Jaehaerys, il n’y avait plus rien à y faire. Le temps de Robb à Port-Réal touchait à sa fin, plus rapidement que prévu, et il était temps que le dragon décide par lui-même de qui il voulait s’entourer. Le suzerain de l’Orage était fatigué de ces jeux ridicules, il était plus que temps de se concentrer sur ce qui avait réellement de l’importance.

Arrivé à hauteur de la tour, la large silhouette de Ser Dondarrion se dessina à la porte, pour se diriger vers son suzerain l’air inquiet. Nul doute qu’il avait entendu les clameurs du peuple au-delà du mur d’enceinte, et que les gardes du donjon avaient du laisser passer quelques informations, et le chevalier était assez malin pour comprendre ce que cela signifiait. Les prochaines heures seraient cruciales pour la Maison qu’il avait juré de protéger, quoique le Roi décide de faire. Tyvaros ne manquerait certainement pas de tenter de le convaincre d’évincer une concurrence qui n’en était pas vraiment une, d’autre appelleraient au calme… Et il déciderait. Quelques heures auparavant à peine, Robb aurait été certain de la décision du jeune homme, il n’aurait jamais pu se retourner contre son cousin, mais à présent… Il était difficile d’oublier le regard de Rhaenys et la défiance qu’il avait pu y lire, de même que la décision du Roi de ne pas choisir de camp face à la proposition du Serpent. Jusqu’alors, Robb avait fait sien les mots de son père, ceux qui disaient que Targaryen et Baratheon étaient intrinsèquement liés, mais à présent il semblait que Theodan était trop optimiste, qu’il ne voyait pas ce qui se jouait réellement au Donjon Rouge. Quoiqu’il advienne, Robb serait prêt, et il ferait en sorte que le dragon se rappelle qu’il n’avait pas d’autre allié que le Cerf qui lui soit plus fidèle, et dont l’allégeance était la plus indéfectible. Il ferait en sorte que l’Orage ne puisse pas être oublié au profit d’autres, quand bien même il faudrait forcer la main des Targaryen pour ce faire.

Arrivé à sa hauteur, Ser Dondarrion le gratifia d’un salut, avant de poser la question qui devait être sur toutes les lèvres des gens de la Maison Baratheon au Donjon Rouge, et de leurs alliés :

« Monseigneur. C’est le chaos hors des murs… Votre nom est hurlé par une foule en colère. Que devons-nous faire ? »

« Rien. »


Interloqué, le chevalier lança un regard indécis à son seigneur, qui ajouta en posant une main sur l’épaule de celui-ci, pour l’inviter à le suivre :

« Ce soulèvement n’est rien d’autre qu’un geste désespéré, ou une manœuvre de nos ennemis pour détruire ma position auprès du Roi. Si je décide de faire quelque chose, cela ne peut jouer qu’en ma défaveur, le Roi doit gérer les choses par lui-même. De notre côté… Nous avons une guerre à préparer, il est temps de marcher sur le Nord et de leur faire comprendre qu’on ne joue pas impunément avec le feu et que l’on ne crache pas au visage d’un Baratheon sans en payer le prix fort. Faites monter un mestre dans mon office, il y a des instructions à envoyer. »

Rejoignant alors la large pièce, Robb se plongea dans la carte du continent, déjà longuement écumée, pour fixer les décisions qu’il fallait prendre immédiatement. Le Nord ne pouvait en aucun cas connaître exactement l’endroit par lequel les forces de l’Orage arriveraient, aussi il faudrait s’assurer qu’ils pensent que l’attaque pouvait venir par n’importe quel coté de leurs terres, ce qui permettrait de disséminer le peu de forces dont ils disposaient et de rendre l’avancée des troupes de l’Orage encore plus simple jusqu’à Winterfell. Il n’était pas question d’invasion, ni même de pillage organisé, le seul et unique objectif était de faire tomber la tête de cette insurrection rapidement, après quoi les seigneurs du Nord se verraient offrir un choix, qu’ils ne pourraient pas réellement refuser en l’absence de qui que ce soit pour les unir, avec l’armée la plus puissante du Royaume prête à mettre le reste du pays à feu et à sang. Un mestre était appuyé sur un lutrin, la plume à la main, écrivant les parchemins que lui dictait le Protecteur du Royaume.

« Envoyez un message à Vivesaigues, à destination de mon beau-frère. Qu’il envoie ses hommes à Moat Cailin, autant que possible. Ils n’ont pas à avancer sur les positions nordiennes, mais qu’ils empêchent tout passage de notre coté, qu’il s’agisse de soldats ou de civils. A partir de maintenant, le Nord est isolé. Faites également savoir à tous les seigneurs côtiers que les marchandises en provenance du Nord sont désormais interdites sur nos terres, et que tout navire venant de cet endroit devra être immédiatement renvoyé, sans qu’on laisse la possibilité à son équipage de poser pied à terre. Ils sont en droit de confisquer toute marchandise, et d’en disposer comme bon leur semble en dédommagement.

Le dernier courrier sera pour le Seigneur Swann, à Accalmie. Qu’il fasse appeler tous les bans qui ne sont pas encore arrivés, et qu’ils se préparent au départ à la guerre. Je le rejoindrai bientôt pour amener nos troupes jusqu’à Winterfell. Entre temps, ni mon frère, ni ma mère ne sont autorisés à quitter le château, pour leur sécurité et leur protection. Précisez qu’il doit se tenir prêt, beaucoup de ch... »


Robb fut interrompu par le claquement de la porte de son domaine, désormais béante, qui laissait apparaître une Rhaenys visiblement plus qu’en colère.

« Comment as-tu pu quitter la pièce dans un tel moment ? »

Quittant son observation de la carte, Robb se redressa pour faire face à la souveraine de toute sa hauteur. Il n’était pas d’humeur à subir la colère de sa cousine, peu importait l’affection qu’il avait pour elle, pas en ce moment, néanmoins la voir arriver en trombe après le Conseil Restreint n’avait rien d’étonnant pour lui. Il aurait pu donner pour instruction de la laisser entrer, néanmoins il avait gardé l’espoir qu’elle ne chercherait pas à le confronter aujourd’hui, tant pour leur relation que pour le temps qui pressait désormais.

« Sortez. Sortez tous. Maintenant. »

Curieusement, les gardes du Cerf ne bougèrent pas, pas avant qu’il leur ai indiqué d’obtempérer d’un geste. Sans doute était-ce là une des premières conséquences de cette émeute sur la vie au Donjon Rouge. Pour la première fois, on avait associé le nom de leur seigneur au titre de Roi, et par là-même ses hommes considéraient désormais l’autorité Targaryen comme moindre. Le détail était à peine perceptible, mais auparavant ils auraient plutôt amorcé le mouvement et ne se seraient arrêtés que s’il avait ordonné le contraire. Il faudrait probablement du temps avant que les hommes du Protecteur montrent à nouveau obéissance et déférence à la famille royale, même sur ses terres. Une fois la pièce vidée de ses occupants, et les portes fermées, la dragonne reprit sur le même ton enflammé :

« Puisqu’il faut maintenant te courir après pour espérer parler d’une révolte contre ton Roi, me voilà. »

« Je crois le Roi plus que capable de gérer une émeute de paysans par lui-même, et il y a des choses plus urgentes à régler, comme une guerre dont les préparatifs sont en retard parce que la Reine a cru qu’il était encore possible de parvenir à un accord avec un fou. Jorah Stark n’attendra pas que le peuple soit calmé pour se préparer, et je ne compte pas lui laisser plus de temps qu’il n’en a déjà.

Par ailleurs, tu serais avisée de ne pas me traiter comme un simple courtisan que tu es en droit de sermonner comme bon te semble, je ne suis pas Tyvaros ou n’importe quel autre ver de terre qui se tortille pour obtenir la moindre faveur, je fais ce que je considère être le mieux pour que ce Royaume tienne debout, au-delà de l’idéalisme auquel tu voudrais encore t’accrocher, par moment. Je ne l’ai pas entendu, cet idéalisme, quand Tyvaros s’est mêlé de mon mariage, pas plus que je n’ai entendu le Roi prendre parti pour son plus fidèle défenseur quand il était attaqué par une moitié d’homme dont la loyauté va à celui qui peut lui apporter le plus. Si j’étais n’importe quel autre suzerain, ce genre de camouflet aurait bien plus de conséquence qu’une foule de paysan qui ne sait même pas ce qu’il réclame réellement. Mais encore une fois, je ne devrais pas m’étonner que l’on ne reconnaisse plus entre ces murs les sacrifices auxquels a consenti ma Maison pour que le Roi légitime puisse s’asseoir sur le Trône, ou du moins que l’on considère qu’ils ne méritent pas que l’on y prête la moindre attention. »

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Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
MessageSujet: Re: Qui veut la guerre, prépare la paix   Mer 20 Juin 2018 - 20:00

Qui veut la guerre, prépare la paix


Les portes s’étaient rapidement refermées derrière nous, et je restais seule avec un Robb qui ne semblait pas plus apaisé que je ne l’étais. Je nous regardais, rouges de colère, tendus et à couteaux tirés, et je ne parvenais pas à m’ôter de la tête l’idée que tout cela n’était qu’un gâchis ridicule. Combien de fois avions-nous perdu la notion du temps, à deviser sur ce que nous envisagions pour l’avenir, ce qui nous semblait essentiel pour la paix du Royaume. Durant plus d’une année, Robart Baratheon avait été plus qu’une aide dans le nouveau défi que représentait pour moi la Régence, il avait été un soutien indispensable et indéfectible. Jamais encore nous nous étions retrouvés dans une telle situation. Il nous était arrivé d’être en désaccord, mais jamais nous n’en étions arrivés à nous regarder avec tant d’agressivité.

J’avais voulu prendre le temps de me calmer, d’aborder cette rencontre avec du recul et un plus grand détachement, mais je n’en étais pas capable. J’avais toujours été ainsi, ne prenant jamais le temps d’y réfléchir à deux fois avant de me lancer à corps perdu dans la défense d’une cause qui me semblait noble, ou dans le redressement de torts qui me semblaient insupportables. J’avais subi l’ire de Maegor Targaryen de nombreuses fois à cause de cette impulsivité chronique. Peut-être subirais-je l’ire de Robart Baratheon, mais il ne serait guère épargné par la mienne.

Il était parti. Il avait quitté la pièce. Il souhaitait préparer la guerre, réfléchir à je ne sais quelle stratégie destinée à régler le problème Nordien. C’était une chose nécessaire, mais il se servait de ce paravent pour justifier son départ de la pièce, qui, lui, n’était pas justifiable en ces temps troubles.

« Je crois le Roi plus que capable de gérer une émeute de paysans par lui-même, et il y a des choses plus urgentes à régler, comme une guerre dont les préparatifs sont en retard parce que la Reine a cru qu’il était encore possible de parvenir à un accord avec un fou. Jorah Stark n’attendra pas que le peuple soit calmé pour se préparer, et je ne compte pas lui laisser plus de temps qu’il n’en a déjà. »

Je pouvais sentir ma respiration s’accélérer à mesure que l’affrontement prenait vie. Il n’aurait pas été difficile de deviner le tournant que prendraient les choses, avant même que Robb ne se mette à parler, mais il était à présent évident que rien ne pourrait nous empêcher de laisser s’échapper cette colère et cette frustration qui nous étouffaient tous deux.

« Qu’il soit capable de gérer cette crise seul, ou non, n’est pas la question, le Roi a besoin des conseils de sa Main et Régent… Car là est son rôle ! »

Je n’avais pas haussé la voix plus que de mesure, nous restions tous deux relativement calmes. Il aurait pourtant été bien mal avisé de s’y tromper : le ton était froid, tranchant, plein d’une rancœur que l’un et l’autre avions retenu depuis le début de ce Conseil Restreint et qu’il nous fallait à présent laisser s’échapper… sous peine d’exploser.

« Par ailleurs, tu serais avisée de ne pas me traiter comme un simple courtisan que tu es en droit de sermonner comme bon te semble, je ne suis pas Tyvaros ou n’importe quel autre ver de terre qui se tortille pour obtenir la moindre faveur… »

« … Et je ne suis pas de ceux qui se cachent lorsque tu hausses le ton, Robard Baratheon. Tu serais bien avisé de ne pas t'y méprendre ! »

« … Je fais ce que je considère être le mieux pour que ce Royaume tienne debout, au-delà de l’idéalisme auquel tu voudrais encore t’accrocher, par moment. »

« Un peu d’idéalisme est parfois nécessaire, Robb, sans l’idéalisme de quelques personnes il n’y aurait pas eu de Rebellion, pas de paix, rien d’autre que le Cruel ! »

« …Je ne l’ai pas entendu, cet idéalisme, quand Tyvaros s’est mêlé de mon mariage, pas plus que je n’ai entendu le Roi prendre parti pour son plus fidèle défenseur quand il était attaqué par une moitié d’homme dont la loyauté va à celui qui peut lui apporter le plus. »

« Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ! »

« …Si j’étais n’importe quel autre suzerain, ce genre de camouflet aurait bien plus de conséquence qu’une foule de paysan qui ne sait même pas ce qu’il réclame réellement. »

« Si tu étais n’importe quel autre suzerain, nous n’aurions même pas cette conversation. »

« …Mais encore une fois, je ne devrais pas m’étonner que l’on ne reconnaisse plus entre ces murs les sacrifices auxquels a consenti ma Maison pour que le Roi légitime puisse s’asseoir sur le Trône, ou du moins que l’on considère qu’ils ne méritent pas que l’on y prête la moindre attention. »

Si j’avais voulu rétorquer quelque chose, dans la veine de cette joute verbale presque ridicule qui venait d’avoir lieu, j’étais cette fois sans voix et à bout de souffle face aux récriminations de mon cousin. Il se trompait tant que s’en était confondant. Comment pouvait-il seulement prétendre que le soutien de la Maison Baratheon n’était pas reconnu ? Comment pouvait-il être à ce point aveuglé pour ne pas réaliser la place particulière qu’il avait prise à nos côtés. Robard Baratheon avait été fait Main du Roi à la fin du conflit, pas un Lannister, pas un Tyrell, non, Robart Baratheon. Qu’il considère cet honneur comme un fardeau était autre chose, et ça l’était sans doute d’ailleurs, cependant il s’agissait du plus grand honneur d’un roi envers un de ses vassaux. Plus encore que simple Main du Roi, c’était entre les mains de Robb que Jaehaerys avait déposé sa confiance et son pouvoir royal, lui confiant le rôle autrement prestigieux de Régent du Royaume. Robb ne voulait pas le pouvoir, il ne voulait pas de ces honneurs, mais oser prétendre que les Baratheon n’avaient pas été reconnus pour leur soutien apporté à la cause du Roi légitime…  

Bien sûr il y avait eu Tyvaros, et malgré mon propre aveuglement, du à la fureur, je ne doutais pas une seconde qu’une partie des paroles de mon cousin lui était dicté par sa colère envers Valyron. Je n’avais pas dit mot après les paroles de Valyron au sujet du mariage de Robb et Rohanna, tout simplement car là était le rôle du Roi. Et il l’avait entièrement assumé en rappelant à Valyron qu’il n’était guère approprié de soulever un tel sujet en présence du Conseil Restreint. Je comptais bien me charger d’expliquer à Tyvaros que là n’était pas sa place, mais l’émeute était venue bouleverser tous les plans préétablis.

Il y avait tant de choses, tellement de mots qui se bousculaient dans mon esprit, que je décidais de rester silencieuse un instant. La joute avait été violente, emportée, et j’étais à présent au bord de l’implosion.

« Tu as reçu la confiance du Roi, son entière confiance lorsqu’il a remis entre tes mains plus de pouvoir qu’aucun homme n’en avait eu auparavant. Tu as reçu ma confiance, et elle n’est guère accordée aisément, les Sept en témoignent. Ta Maison est la plus puissante et honorée du Royaume. Et tu prétends que nous ne reconnaissons pas les sacrifices auxquels tu as consenti pour le rétablissement de la justice ? »

Je prenais le temps de reprendre ma respiration, et voyant que Robb tentait de reprendre la parole durant ce moment de silence, je l’en empêchais.

« Tyvaros est un imbécile ! Ne vois-tu pas à quel point il l’est ? Quand le Roi aurait-il pu te soutenir alors qu’à peine Valyron avait-il fini que tu avais tourné les talons ? Crois-tu réellement que j’apprécie tout particulièrement devoir cohabiter avec l’homme qui m’a empêché d’échapper à Maegor ? Qui a précipité Aegon à sa perte ? Crois-tu que tu es le seul à avoir consenti à des sacrifices ? »

Je ravalais les larmes de colère qui déjà perlait aux coins de mes yeux et faisaient trembler ma voix.

« Crois-tu que les paroles de Jorah Stark à mon égard ne sont pas aussi insultantes et blessantes que celle de Tyvaros envers toi ? Que la nouvelle d’une émeute réclamant la fin d’un règne pour lequel j’ai tant donné, tant sacrifié, n’ait pas été quelque peu bouleversante ? Assez bouleversante pour m’ôter toute capacité à répondre aux attaques ridicules de Tyvaros ? »

Cette fois je m’arrêtais, à bout de souffle, reprenant difficilement ma respiration.

« J’ai quitté un époux pour le règne de Jaehaerys ! J’ai perdu un dragon ! J’ai perdu un enfant, par les Sept ! Et ce que tu appelles une simple révolte paysanne sans importance nie tout de ces sacrifices ! Faudra-t-il que face à cela aussi je sois privée de la moindre réaction humaine ?! »

lumos maxima

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If I look back I am lost
I am the blood of the dragon. I must be strong. I must have fire in my eyes when I face them, not tears. © by anaëlle.
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Qui veut la guerre, prépare la paix   Mer 4 Juil 2018 - 19:49




Qui veut la guerre, prépare la paix


Reflet de son état, Rhaenys n’était que virulence, répondant aux mots lancés par Robb pendant même qu’il lui parlait. Mais le Seigneur de l’Orage n’entendait pas, pas réellement en tout cas. A l’image de son père, Robb était aveugle à la colère des autres, quand la sienne faisait rage dans son esprit. Peu lui importaient les états d’âme de la Reine à cet instant, ou ce qu’elle pouvait avoir à dire sur son départ abrupt de la salle du Conseil Restreint, ne comptait que l’affront que le Serpent lui avait fait subir, dernière attaque en date, qui une fois de plus ne mettait qu’un peu plus en avant aux yeux du Cerf qu’il était plus que temps qu’il rentre chez lui. Le simple fait que le Roi ne prenne pas son parti pour lui quand Tyvaros avait fait sa proposition le criait de lui-même : soit l’influence des Baratheon sur la Couronne allait déclinant, soit le Dragon voyait une certaine légitimité dans la proposition de Tyvaros. Dans un cas comme dans l’autre, Robb n’allait pas batailler pour conserver une place qu’il ne voulait plus réellement, et il ne laisserait personne prendre une décision à sa place concernant son mariage, personne n’avait ce droit, pas même le Roi. Peu importaient donc les mots de la Reine en cet instant, sur ces points le Cerf ne s’y trompait pas : elle était l’ennemi.

« Tu as reçu la confiance du Roi, son entière confiance lorsqu’il a remis entre tes mains plus de pouvoir qu’aucun homme n’en avait eu auparavant. Tu as reçu ma confiance, et elle n’est guère accordée aisément, les Sept en témoignent. Ta Maison est la plus puissante et honorée du Royaume. Et tu prétends que nous ne reconnaissons pas les sacrifices auxquels tu as consenti pour le rétablissement de la justice ? »

Les lèvres serrées, Robb empêcha un ricanement nerveux de jaillir de sa gorge. Il y avait une grande différence entre reconnaissance et confiance, mais même cette dernière péchait trop souvent par son absence. Rhaenys ne l’avait-elle pas démontré en continuant à défendre Jorah quand déjà la Main du Roi avait compris qu’il ne pouvait y avoir que la guerre pour mettre fin à ses infamies ? Quand elle s’était -encore- refusée à voir Catelyn Arryn comme une traîtresse, même après que celle-ci ait confessé ses crimes ? Et sur base de quoi ? Une entente passée, des souvenirs brumeux d’une autre époque entièrement différente de celle-ci. Là s’arrêtait la confiance que la Reine avait en lui : elle ne valait pas mieux que quelques souvenirs. Quant à celle du Roi… C’était autre chose, un souverain ne pouvait se permettre de placer sa foi en un seul homme, néanmoins il n’avait rien fait de plus que marquer sa neutralité dans le conflit du Cerf et du Serpent, quand il aurait pu aisément reléguer cette idée aux oubliettes. Robb allait répondre, mais la dragonne continua son plaidoyer, persuadée qu’elle était d’avoir raison. Mais elle ne voyait pas, ou elle ne voulait pas voir.

« Tyvaros est un imbécile ! Ne vois-tu pas à quel point il l’est ? Quand le Roi aurait-il pu te soutenir alors qu’à peine Valyron avait-il fini que tu avais tourné les talons ? Crois-tu réellement que j’apprécie tout particulièrement devoir cohabiter avec l’homme qui m’a empêché d’échapper à Maegor ? Qui a précipité Aegon à sa perte ? Crois-tu que tu es le seul à avoir consenti à des sacrifices ? Crois-tu que les paroles de Jorah Stark à mon égard ne sont pas aussi insultantes et blessantes que celle de Tyvaros envers toi ? Que la nouvelle d’une émeute réclamant la fin d’un règne pour lequel j’ai tant donné, tant sacrifié, n’ait pas été quelque peu bouleversante ? Assez bouleversante pour m’ôter toute capacité à répondre aux attaques ridicules de Tyvaros ? »

« Il a eu tout le temps de répondre. Et sa réponse était on ne peut plus claire, du moins autant qu’on peut l’espérer dans cet endroit. »

Robb n’eut pas le temps d’ajouter quoique ce soit d’autre, déjà Rhaenys reprenait, le souffle court, plus humaine cette fois qu’en exposant simplement les faits.

« J’ai quitté un époux pour le règne de Jaehaerys ! J’ai perdu un dragon ! J’ai perdu un enfant, par les Sept ! Et ce que tu appelles une simple révolte paysanne sans importance nie tout de ces sacrifices ! Faudra-t-il que face à cela aussi je sois privée de la moindre réaction humaine ?! »

Poussant un soupir, Robb s’appuya à nouveau sur la large table au centre de la pièce. Le sujet avait déjà été évoqué entre eux, à une autre époque semblait-il, et là n’avait parlé que sa compassion pour la jeune femme. Mais à présent, il y avait autre chose. Relevant le regard vers la Reine, il lui répondit sur un ton calme, ses yeux ne cillant pas un instant :

« A la femme, je répondrais qu’elle a toute ma compassion, et que son sacrifice, qu’il soit ou non remis en question, garde tout son sens tant qu’elle sait qu’elle a agi en fonction de son coeur, et qu’elle est prête à se battre pour qu’il n’ait pas été fait en vain. Qu’elle ne peut qu’espérer que ce sens sera récompensé par les Dieux, mais qu’entre temps elle ne doit pas cesser de se battre.

A la Reine, en revanche… »

Sa voix se fit plus dure, tranchante, presque la même que lorsqu’il s’adressait à un membre du Conseil qu’il fallait recadrer.

« A la Reine, je rappellerais que toutes ces actions sont des choix auxquels elle a consenti pour atteindre son objectif politique, et que si une foule de paysans suffisent à la faire douter, elle devrait revoir ses priorités. La Reine ne peut pas attendre une réaction humaine quand il s’agit d’affaires d’état, c’est là la raison pour laquelle elles sont nombreuses à s’en désintéresser, ou pour laquelle on les en éloigne. La Reine devrait pouvoir voir qu’en laissant la gestion de l’affaire à son époux, j’ai pris la seule décision possible qui n’empire pas les choses et qui ne me condamne pas à commettre un massacre ou à salir mon nom pour que celui du Roi paraisse moins terne. Quel règne serait-ce, celui du Roi qui était moins terrible qu’un autre ? Je ne veux pas de cela, je veux que le nom de Jaehaerys brille par lui-même, pas qu’elle ne soit qu’une illusion dans la fange des Rois précédents. Il trouvera un moyen de les calmer, le problème ne s’est jamais situé dans les rues, il a toujours été dans les bouches des courtisans et dans les couloirs de cet endroit. Parce qu’ici, il n’y a que la politique, et aucune place pour le reste, c’est une chose que la Reine devrait savoir. Et c’est bien là qu’est le problème. La politique régit tout.

Pour quelle autre raison garder Tyvaros si tu le méprises autant ? Sa tête devrait être sur une pique pour tout ce qu’il a fait, au nom de Maegor et dans son propre intérêt, avant de décider que la cause était perdue et qu’il valait mieux en changer, et pourtant il se retrouve encore une fois parmi les puissants, avec un titre de surcroit ! Tu parles de confiance et d’honneur, et il y a un an je l’aurais sans doute cru, trop aveuglé que j’étais par la perte de mon père et l’envie de terminer ce qu’il avait commencé, mais la vérité brute, la seule qui prévale en matière de gouvernance, c’est que malgré mon inexpérience en tant que suzerain, j’étais le seul choix possible pour que ta Régence se déroule sans accroc. Tu l’as dit toi-même, ma Maison est la plus puissante des Sept Couronnes, avec mon soutien, le Dragon s’assure du calme des autres. Pour le reste… Les Lannister sont trop ambitieux, les Tyrell trop opportunistes, les Tully trop affaiblis, et les Arryn et les Stark étaient les ennemis, personne, pas même moi malgré l’amour que je porte à mes cousins n’accepterait que l’un d’eux seconde le Roi. La vérité, au-delà des apparences, c’est que j’étais ta seule option si le pouvoir devait rester entre les bonnes mains, ne vient pas me dire qu’il ne s’agissait que d’honorer le sacrifice de mon père.

Je ne nie pas que ce qu’avait à te dire le Stark ait pu te toucher, pas plus que je ne nie que cette révolte puisse t’être difficile à vivre. L’unique différence entre toi et moi, sur ce point, c’est que dans ces combats, tu n’es pas seule. Ce sont mes hommes qui vont aller au Nord pour défendre notre Roi et ton honneur, ma vie, et l’avenir de ma Maison que je vais y risquer. Quel qu’ait été l’épreuve, depuis que je suis ici, tu n’as jamais eu à l’affronter seule, et tu n’auras jamais à le faire. Aujourd’hui, le Roi a prouvé que cette relation était à sens unique, et je respecte son choix, sans l’approuver, mais de ta part… De ta part, j’attendais autre chose. »

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