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 [FB] The Parting Glass

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: [FB] The Parting Glass   Sam 25 Aoû 2018 - 23:19

The parting glass

ft.









Le lendemain de la bataille de Port-Réal, les cloches des septuaires sonnèrent à toutes volées, bientôt rejointes par les beffrois, les navires et les corps de garde de toute la cité. La capitale des Sept Couronnes résonnaient des sons d’allégresse de la fin de la guerre. Le tyran avait été abattu, Maegor n’était plus. Bientôt, des nuées de corbeaux quitteraient la ville pour aller répandre la nouvelle qui aurait déjà en partie circulée grâce aux cloches. Bientôt, les villages alentours reprendraient la célébration et propageraient ainsi l’information que quelque chose de capital était arrivé. Avant la fin de la journée, le royaume entier carillonnerait et célébrerait la paix.

Le soleil n’était pas très haut, il était encore tôt. Adossé à un corps de garde sur les remparts du Donjon-Rouge, Garett Lannister regardait avec amertume le panorama dévasté qui s’offrait à ses yeux. Port-Réal avait souffert. Des quartiers entiers avaient disparus, consumés par le souffle brûlant de Balerion la Terreur Noire. Des centaines de morts jonchaient les rues, ainsi que des dizaines de chevaux, dont plusieurs avaient agonisés des heures durant, hurlant à la mort, avant qu’une âme indulgente n’y mette un terme. Dans la lueur matinale d’un soleil encore mordoré, les ravages semblaient encore plus définitifs. Pourtant, déjà, la rationalité avait repris le dessus. La fin de journée et une bonne partie de la nuit avaient été utilisées pour rassembler les morts, séparer les blessés graves des légers, et on avait creusé d’immenses fosses communes qui s’étaient remplies trop vite. Alors, un peu partout, de grands bûchers avaient vu le jour. Des septons et des sœurs du silence s’occupaient de la crémation, pour assurer le repos éternels à ces âmes malmenées. Au loin, on voyait les remparts fragilisés par les impacts des tirs de trébuchet de l’Ouest vers la Porte des Dieux. S’ajoutant aux innombrables panaches noirâtres des bûchers, les reliquats d’incendies qui avaient dévasté la capitale continuaient de dégager de fins spectres de fumée grise. La furie des hommes était sans pareille. On ne provoquait pas impunément le Cerf et le Lion sans en subir les conséquences. Garett sourit, seul. Maegor l’avait appris à ses dépens.

Les jours qui suivraient seraient fondamentaux pour la suite de l’Histoire. Godric Lannister, le grand-père de Garett et son mentor, lui avait suffisamment rabattu l’adage. A la mort d’un roi, celui qui s’assure de la personne du nouveau détient le pouvoir. Lannister et Baratheon s’étaient arrogés ce pouvoir en capturant la capitale en son nom, mettant un terme à plus de cinq ans de guerre civile. Hélas, la maison d’Accalmie avait payé cher cette victoire, perdant leur patriarche familial. L’Orage était en deuil autant qu’en liesse. Dès que la situation s’était apaisée, la dépouille de Theodan Baratheon avait été installée dans le septuaire royal et un courrier spécial avait été dépêché d’urgence pour prévenir le jeune Robb Baratheon qu’il était désormais suzerain des Terres de l’Orage.  Ses frères étaient restés à veiller le cadavre de leur père et à préparer la suite politique de leur famille. D’ici quelques jours, les vainqueurs se rencontreraient pour discuter de la suite. Il faudrait nommer un régent, Jaehaerys n’étant toujours pas majeur. Ensuite, il faudrait entériner la formation d’un nouveau conseil restreint. L’Ouest devait s’assurer une place de choix dans ce qui suivrait. Pourtant, ce matin-là, Garett souhaitait avant tout se détendre. Il avait passé une nuit merveilleuse dans le secret de l’adultère aux côtés de celle qui avait été à ses côtés depuis toujours : Allyria Tarbeck. Il s’était éclipsé dès les premières lueurs de l’aube, laissant la jeune femme dormir, ne voulant pas être vu dans sa chambre par les domestiques. Il avait regagné sa chambre, s’était changé et avait finalement échoué ici.

L’intendance du Donjon-Rouge ayant été malmenée par la bataille – la victoire avait été copieusement fêtée aux frais de Maegor – le repas du matin était commun pour tout le monde. Un grand buffet avait installé dans la cour principale. Des fûts de bière avait été mis en perce, et des vins légers trônaient sur de grandes planches de bois posées sur des tréteaux. Des fruits avaient miraculeusement survécus à la sécheresse et à la razzia de la veille. Melons du Bief, prunes et pommes du Conflans, poires des montagnes du Val, ils étaient prometteurs de chair sucrée et rafraîchissante. Des grands pichets d’eau à la menthe et au citron avaient également été amenés des cuisines. Des dizaines de petits poissons frits et quelques biscuits secs au citron avaient tout de même été préparés. On était cependant loin du niveau normalement attendu d’une cuisine royale. Cela ferait l’affaire. Descendant dans la cour, Garett remarqua qu’il n’était pas seul. Quelques chevaliers et seigneurs mineurs étaient déjà levés. Il alla attraper une poire valoise et en croqua un morceau avant de regarder autour de lui. Les domestiques seraient tous de retour d’ici le lendemain. Ils étaient partis s’assurer du sort des leurs, et avaient sans doute craints pour leur intégrité lorsque les rebelles avaient pris quartier dans la forteresse royale. Ceux qui étaient restés malgré tout avaient réussi une petite prouesse avec ce buffet. Le Lannister remarqua alors une silhouette qu’il connaissait bien. Il s’approcha.

« Oswell, bonjour. Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier pour votre aide décisive d’hier. Sans vous, nous ne serions sans doute pas ici. »

Oswell Connington était un grand guerrier, et un stratège encore plus réputé. Il avait longtemps été le plus proche conseiller de feu Theodan Baratheon, et il portait probablement son deuil. Homme de forte stature, il avait le regard fier de ceux qui connaissaient leur propre valeur en toute franchise. L’homme avait le regard dur, et Garett se sentait comme un enfant face à un si grand guerrier. Pilier de la révolte armée contre Maegor, Oswell avait le respect du Lannister tant pour ses compétences martiales que sa nature humaine. Il faisait partie de la famille, agrandie certes, mais de la famille tout de même.

A eux deux, ils contemplaient l’Histoire depuis le sommet du monde.


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Oswell Connington
ORAGE
MessageSujet: Re: [FB] The Parting Glass   Mer 29 Aoû 2018 - 16:22

Garett✧Oswell
The Parting Glass
An 48, au lendemain de la Bataille de Port-Réal [FB]
Oswell n’avait pas dormi de la nuit, s’affairant avec d’autres figures importantes de l’Orage autour d’affaires de succession. Theodan Baratheon avait laissé la vie dans ce qui serait bientôt connu comme la Bataille de Port-Réal, laissant derrière lui toute une région des Sept Couronnes ébranlée. Son fils aîné Robart était devenu à sa suite suzerain de l’Orage, dans un automatisme quasi dynastique. Il avait fallu compter les morts, nombreux étaient ceux qui avaient laissé la vie dans cette rébellion. Puis, on avait envoyé des corneilles aux différents seigneurs de l’Orage, à la fois pour leur annoncer que Maegor était tombé, mais aussi pour leur dire que leur suzerain bien-aimé y avait laissé la vie, dévoré par un dragon qu’il était autrefois parvenu à blesser. Si Port-Réal, malgré ses cendres encore fumantes, était en liesse, Oswell soupçonnait l’Orage de porter le deuil. C’était son cas : cette guerre, cette rébellion, il l’avait menée avant tout aux côtés de son suzerain, et presque même pour lui. Sans Theodan, Oswell n’était plus grand-chose, il le comprenait maintenant qu’il entendait Robart réclamer à ses côtés un autre homme que lui en guise de conseiller. Le deuil que portait Oswell était alors non seulement celui d’un homme bon et juste, mais aussi celui qu’il se portait à lui-même, ou plutôt, à la personne qu’il avait été jusqu’à ce que ce monstre de Balerion ne dévore son souverain. Le conseiller du suzerain de l’Orage, comme l’avait été son père avant lui.
L’heure n’était toutefois pas à la complainte, rien n’était d’ailleurs tout à fait garanti. Robb n’avait pas encore quitté les terres royales, il n’avait rien annoncé d’officiel. Oswell était toutefois un homme censé, qui savait reconnaître là où il perdait. Les Rebelles de Westeros avaient gagné cette guerre. L’Orage y perdait beaucoup plus que n’importe quelle région, et Oswell n’aurait osé dire qu’il perdait plus que n’importe quel homme. Après tout, à part pour une horrible blessure encore purulente qui lui transperçait l’épaule, il se portait bien. C’est pourquoi il s’était affairé à rendre la tâche de son nouveau suzerain plus aisée, en s’affairant à ses côtés pour faciliter sa succession. Oswell savait où était sa loyauté, particulièrement importante en ces heures floues. Il ployait le genou avant tout aux Baratheon. Maegor n’était plus, Jaehaerys était trop jeune pour régner, on ne savait pas encore bien comment se déroulerait la future régence des Sept Couronnes. Dans les quartiers du Donjon Rouge que les Orageois s’étaient appropriés, un murmure hérissait le poil encore ensanglanté des guerriers : et si leur nouveau suzerain, le corps de son père encore chaud, devenait Main du Roi ? Evidemment, c’était ce qu’Oswell espérait, qu’il soit ou non conseiller de Robart. Il ne détestait pas le bougre, et savait que son ascension personnelle ne serait que plus aisée s’il était associé, de près ou de loin, à la Main du Roi. Toutefois, les Baratheon n’était pas les seuls hommes à avoir fait tomber Maegor, et ainsi, à pouvoir espérer prendre le poste : les Lannister pouvaient se targuer d’avoir largement participé à la chute du roi. Orageois de sang, Oswell avait épousé une ouestrienne, et qui plus est, une Lannister. Il était donc fort bien placé, dans cet ambitieux échiquier du pouvoir.

En traversant le Donjon Rouge qu’il découvrait pour la première fois, Oswell s’imaginait qu’en rentrant à la Griffonnière, il aurait la surprise d’y retrouver son épouse enceinte. Un sourire aux lèvres face à cette pensée, il s’arrêta un instant dans un couloir depuis lequel il pouvait voir la cour intérieure du Donjon. Quelle drôle de vue. Oswell ne s’était pas imaginé un jour parcourir ces corridors, encore moins après avoir participé à la chute de son principal intendant. Pourtant, il était là, lorgnant sur les fruits étalés sur des buffets installés dans cette cour. Il dévala les escaliers, suivant les odeurs, se rendant compte qu’il était affamé. Les yeux bouffis de fatigue, une pommette ouverte et les lèvres encore gonflées de sang, Oswell aurait aimé se montrer ainsi auprès de son épouse. C’était ainsi qu’il se préférait, en guerrier survivant et vainqueur plutôt qu’en politicien enfermé dans sa tour d’argent. Il savait qu’au contraire, ce n’était pas ce qu’Elenei préférait chez lui, en bonne Lannister, mais peu l’en importait. Oswell savait qu’elle aurait trouvé ça attirant, il s’imaginait qu’elle lui aurait sauté dessus sans rien dire et qu’ils auraient fait l’amour toute la nuit. Le lendemain, elle lui craché dessus sa déception, de ne plus le savoir conseiller de l’Orage, et il aurait fait semblant de la prendre au sérieux, imaginant son corps nu alors qu’elle criait. Par les Sept, il n’avait jamais fait la guerre en pratiquant l’abstinence, et apparemment, telles en étaient les conséquences : des pensées salaces qu’il ne parvenait à chasser de son esprit. Oswell attrapa un poisson frit qu’il englouti en quelques bouchées, avant d’essuyer ses mains grasses sur son pantalon noir de sang. Seule sa chemise était propre, il l’avait trouvée dans le placard de la chambre qu’il avait réquisitionnée. Elle était noire, lui allait un peu grande, mais au moins, il ne mettait pas de vêtements sales directement sur sa plaie mal pansée. Il avait aussi trouvé une magnifique étole, qu’il avait nouée pour en faire une écharpe qui maintenait maintenant son bras endolori. Cet accoutrement lui donnait une allure étonnante, entre ses bottes pleines de boue et de sang et son étole comme lacée d’or, mais peu lui importait. Après tout, il avait gagné la guerre, il pouvait bien se permettre ce qu’il voulait.

Entre rancœur contre son nouveau suzerain et décompte salace, Oswell choisit la deuxième option. Parmi toutes les personnes qu’il avait retrouvées à ce buffet, il se demanda qui avait passé la nuit en bonne compagnie. Il n’y avait ici que des hommes, et tous avaient des airs d’absolus déterrés affichés sur leur visage. Parmi eux, on pouvait toutefois distinguer ceux qui avaient simplement l’air fatigués, ceux qui étaient inquiets, et ceux qui, au-dessus de tout-cela, affichaient un air satisfait. Pour chacun, Oswell tentait de deviner : prostituée ou amante ? Il y avait à Port-Réal peu d’épouses, si bien que quand Oswell vit Garett Lannister débarquer au buffet avec ce même air satisfait, il se demanda qui était son amante. Pas qu’il ne s’en préoccupât ou ne s’en étonnât, mais alors que son neveu par alliance croquait dans une poire juteuse, un sourire amusé naquit sur le visage de l’Orageois. Garett l’avait vu, il s’approchait de lui, Oswell se redressa alors, attrapant à son tour un fruit qu’il croqua à pleine dents.

« Oswell, bonjour. Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier pour votre aide décisive d’hier. Sans vous, nous ne serions sans doute pas ici. »

Il fallait reconnaître cela à l’orageois : en matière de stratégie militaire, il excellait. Garett était certainement un fin stratège lui aussi, il avait la lame précise, mais il n’avait pas tort d’ajouter l’adjectif « décisif » pour qualifier Oswell. Que Robart Baratheon le reconnaisse ou non, Theodan n’aurait pas pu avoir meilleur conseiller en ces temps de guerre. Qui peut agir contre la rancune d’un dragon ? Oswell n’aurait pu sauver son suzerain, au combien il l’avait voulu. Toutefois, l'heure n'était pas aux vantardises, particulièrement pas devant un Lannister. Pour réponse à Garett, Oswell plia le cou, tirant du même coup sur la plaie qui déchirait son omoplate, avant de dire :

« Monseigneur, il n'est pas question de me remercier de quoi que soit. L'heure n'est pas à faire le décompte de celui qui aura tué le plus d'hommes durant cette guerre, mais à mesurer les conséquences de celle-ci. »

Oswell savait qu'au fond, c'était ce qui importait le plus au Lannister : de s'imaginer quel serait le déroulé de ces prochains jours, d'être témoin de l'Histoire de Westeros.

« Vous me direz ce que vous en pensez, mais je crois qu'on ne se préoccupera plus bien longtemps de connaître l'identité de celui qui a achevé cette bataille en tuant Maegor. Je crois que ce qui intéressera le peuple, ça sera surtout de savoir qui prendra sa suite, et surtout, comment ...  »
   
nightgaunt

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: [FB] The Parting Glass   Lun 1 Oct 2018 - 23:12

The parting glass

ft.









« Monseigneur, il n'est pas question de me remercier de quoi que soit. L'heure n'est pas à faire le décompte de celui qui aura tué le plus d'hommes durant cette guerre, mais à mesurer les conséquences de celle-ci. »

Garett sourit, l’air pensif. Oswell Connington pouvait dire ce qu’il voulait, son humilité l’honorait. Et qu’il le souhaite ou non, son action avait été décisive. Si les Lannister s’arrogeaient volontiers le beau rôle dans la guerre civile qui venait de trouver son terme – à raison, diraient certains ! – il était impossible de nier le rôle fondamental d’Oswell et de l’Orage en général dans la dernière bataille. Toutefois, le seigneur au Griffon marquait un point. Ce qui importait, ce n’était pas qui avait remporté la victoire militaire, c’était ceux qui triompheraient politiquement. A la chute de Maegor, ceux qui avaient récupéré le pouvoir étaient ceux qui s’étaient assurés les premiers de la personne de Jaehaerys. Et si l’Orage et l’Ouest avaient veillé au grain, c’était les Targaryen eux-mêmes qui avaient pris possession du jeune homme. Rhaenys et Aemon l’avaient libéré de sa cage dorée tandis que les armées rebelles s’échinaient à essayer de rentrer dans la forteresse sans effusions de sang inutiles.

Les prochains jours promettaient donc d’être redoutablement cruciaux. Si le moral ouestrien était au beau fixe depuis la grande victoire, il n’en restait pas moins quelques zones d’ombres. La mort prématurée de Theodan laissait la maison Baratheon avec un grave vide que son héritier Robb aurait bien du mal à combler dans l’immédiat, tant il manquait de la stature de son paternel disparu. Si cela permettait à Garett de revendiquer la gloire d’être le dernier leader rebelle en vie, il n’en restait pas moins qu’il serait difficile de clamer une victoire totale sans froisser les Orageois qui avaient participé à part égale avec les Ouestriens. Avec la victoire qui se profilait, Garett avait un temps ambitionné d’utiliser la fantastique puissance économique des Lannister pour assurer à sa maison le rôle de guider le royaume durant les mois prochains. Jaehaerys était encore jeune, et une régence allait sans nul doute s’installer. Une rencontre informelle aurait bientôt lieu entre les vainqueurs et les Targaryen pour jeter les bases du prochain conseil de régence qui élirait la personne qui prendrait soin des affaires du royaume en nom du Roi, laquelle désignerait ensuite la Main qui l’assisterait. Bien que Garett ne souhaitait nullement ce poste pour lui-même, il avait des vues dessus. Son grand-père Godric avait été un mentor redoutablement efficace et le jeune Lion savait qu’il était devenu celui qu’il était aujourd’hui grâce au vieux chevalier taciturne.

Hélas, avec la disparition de Theodan, il convenait de dédommager les Baratheon pour leur peine. Il y aurait forcément des concessions à faire pour démontrer à la face du monde que les puissants Lannister compatissaient à la douleur de leurs alliés. Les discussions auraient sûrement lieu prochainement mais Garett n’était pas du genre à partir sur un combat perdu d’avance. Il préférait donc sécuriser une place importante pour son grand-père, qui veillerait ainsi aux intérêts de la maison au Lion à Port-Réal. La chose serait âprement réfléchie dans les prochains jours. La latence durerait bien ce temps-là, avant que tout ne se mette définitivement en place.

« Vous me direz ce que vous en pensez, mais je crois qu'on ne se préoccupera plus bien longtemps de connaître l'identité de celui qui a achevé cette bataille en tuant Maegor. Je crois que ce qui intéressera le peuple, ça sera surtout de savoir qui prendra sa suite, et surtout, comment ... »

Encore une fois, Oswell Connington faisait mouche. Le meurtre de Maegor n’avait laissé qu’une seule suspecte, dont Garett avait oublié le nom. Il se souvenait simplement qu’elle était une courtisanne importante du régime de terreur du Cruel. Par mesure de précaution, elle avait été jetée dans l’une des cellules noires. L’étude de son cas viendrait plus tard. Si l’on trouvait un jour qui avait hâté la fin de la bataille en massacrant le Cruel, on serait néanmoins obligés de l’exécuter. Un régicide ne saurait rester impuni, même s’il s’agissait d’un tyran. Pour le moment, l’ancien état-major de l’usurpateur était sous clé à quelques rares exceptions près, comme l’ancien commandant de la garde royale – Hollister Tarly, patientant de voir s’il serait confirmé dans ses fonctions par Jaehaerys – et Valyron de Mantarys, l’ancien maître des lois, qui collaborait activement avec les vainqueurs. Garett le voyait tout mettre en œuvre pour éviter d’être associé de trop près aux perdants. Après tout, les renseignements qui avaient décidé du déclenchement de la bataille étaient venus de lui. Mais il restait un tentacule du monstre Maegor et serait sans nul doute tranché comme tous les autres.

Les circonstances de la mort de Maegor n’intéressaient pourtant pas grand-monde. Comme on ne parvenait pas à véritablement trouver de suspect clairement identifiable – la courtisane était bien fluette pour ainsi massacrer un homme puissant comme le Cruel – les gens commençaient à parler. On racontait qu’il s’était ouvert sur le Trône de Fer ; suicidé ou frappé par le destin, peu importait. Les dieux avaient parlé. Il s’agissait maintenant de savoir ce qui adviendrait du Donjon-Rouge, et par extension de tout le continent. Garett reprit la parole d’un ton calme, mâchouillant un petit poisson supplémentaire.

« A vrai dire, je n’ai pas vraiment envie que nous trouvions. Cet assassin, s’il en existe un, nous a sérieusement facilité la tâche. Nous avons épargné de nombreuses vies en obtenant la reddition du Donjon. »

Ils marchèrent quelque peu, s’éloignant de l’assistance toujours plus nombreuse se réunissant autour des tréteaux. Ils firent quelques pas dans les jardins qui faisaient de la peine à voir. La chaleur avait asséché la terre, brûlé les fleurs délicates et les pelouses que l’on devinait d’ordinaire si vertes avaient pris une teinte jaunâtre maladive. De plus, des centaines de pieds les avaient foulés durant les derniers jours et certains carrés ressemblaient désormais à des échantillons de désert. Un peu plus loin, un maigre chat noir se prélassait au soleil, sur un créneau intact. Garett se sentait en confiance avec le mari d’Elenei, dont il n’avait toujours pas demandé des nouvelles. Il doutait toutefois qu’Oswell en ait eu depuis leurs dernières discussions avant de lancer l’assaut. Aussi annonça-t-il de but en blanc.

« La maison Lannister ne défendra aucune candidature pour le poste de Main du Roi. Je pense qu’il est normal que le poste échoie à un Baratheon, sans doute Robb. Accalmie n’est pas loin, il pourra sans doute combiner son occupation de suzerain de l’Orage à celle de père de Westeros. »

Il haussa les épaules alors qu’ils continuaient de marcher paisiblement au milieu des jardins malmenés par la chaleur, Garett posa toutefois sa condition. L’offre, en elle-même, serait ensuite transmise aux Baratheon. Mais ce n’était pas vraiment un marché, quoi qu’il se passe, les Lannister ne feraient rien pour leur compte.

« Toutefois, nous pousserons pour que Ser Godric obtienne un poste en rapport avec son rang d’ancien prince du Roc. Il est âgé et fatigué, aussi le poste de Grand Argentier n’est pas forcément le meilleur pour lui. Nous souhaiterions qu’il puisse officier comme nouveau maître des lois. Je vois mal Rhaenys ou Robb garder l’infâme de Mantarys à son poste. »

Ce « nous » n’était évidemment pas de majesté, mais c’était une façon de démontrer que toute la maison Lannister, qui disposait de plusieurs figures connues, parlait d’une seule et même voix : celle du chef du clan léonin. Et si le poste-clé échappait aux Lannister de bonne foi, c’était que Garett avait son propre avis sur comment tirer les marrons du feu et y gagner son comptant d’avantages. Avec toutes les ressources engagées par sa maison, par ses vassaux et par son peuple, il n’avait pas droit à l’erreur. L’Ouest brillerait par sa victoire. Toutefois, il était encore un peu tôt, aussi il changea volontairement de sujet.

« Quel effet vous fait Robb ? Vous le connaissez bien ? Saura-t-il tenir l’Orage ? »



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