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 Affronter son destin

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Ashara Stark

Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Affronter son destin   Lun 27 Aoû 2018 - 9:27

A l'heure qu'il était, Martyn dormait profondément. De son coté, Ashara devait achever ses préparatifs. Il ne restait plus grand-chose à faire, mais tout devait être parfait, elle n'avait pas droit à l'erreur.
Après s'être changée pour une tenue plus pratique pour le voyage, composée d'un pantalon et d'une tunique large accompagné d'un gilet, elle vérifia pour la troisième fois la besace qui contenait les vivres pour plusieurs jours, la missive de Martyn, les fioles de lait de pavot et les deux, plus petites d'essence de Noxombre, qu'elle fourra dans la poche intérieure cachée de sa large ceinture. Ce même poison volé à Mestre Howland, administré à Martyn pour s'assurer de son silence temporaire, qui apporterait une mort douce pour Cathan et elle-même si l'occasion se présentait. Hors de question que sa fille périsse dans la douleur ou dans le sang.
Le reste du nécessaire pour le voyage avait déjà été apporté par Gudbjoern sur la berge de la rivière, après la traversée du fleuve à l'Est. Les deux gros sacs patientaient depuis plusieurs jours, accrochés en hauteur, dans les frondaisons des arbres à l'abri des regards et des prédateurs.
Gudbjoern s'était occupé de récupérer trois chevaux qu'il avait laissé à l'extérieur de la forteresse, à la sortie du passage le moins surveillé qu'Ashara lui avait indiqué.
Une faille dans la sécurité du domaine, une aubaine pour eux. Le garde qui s'en occupait devrait garder le silence, d'une façon où d'une autre et la Louve rouge avait décidé de laisser le mercenaire s'en charger.
C'était également sa responsabilité de récupérer Jorah et au souvenir des paroles du géant, elle frissonna, avant de chercher à se rassurer. Non, elle n'était pas folle de partir ainsi, en compagnie de cet homme grassement payé en qui elle devait placer une confiance absolue. Il était son salut.
Convaincu d'avoir achevé ses préparatifs, elle sortit de sa chambre et regagna la tour des corbeaux. Ombre parmi les ombres, nul ne la vit. Là-haut, elle envoya un message pour Port-Réal, le tout dernier. Depuis sa précédente note, tout avait changé. Edric devait savoir, Robbart aussi ce qui se tramait dans le Nord, même si elle ne doutait pas une seule seconde que le Cerf serait rapidement au courant, il ne pouvait avoir coupé les voix commerciales dans avoir laissé un espion ou du moins, quelques personnes pour se tenir informé des mouvements de Jorah.
Elle en tous cas, l'aurait fait. Connaître son ennemi pour mieux l'appréhender. Même si Ashara était novice dans l'art de la Guerre, il lui semblait que cette règle devait être dans les premières à prendre en compte.

En redescendant de la tour, elle passa par la chambre de son enfant, qu'elle réveilla en silence, l'intimant à ne point parler. Cathan, du haut de ces sept années, ne posa aucune question et obéit aux gestes de sa mère. S'habiller rapidement avec les vêtements qu'elle lui donna, et la suivre discrètement sans peur. La confiance était la base de leur réussite. Ashara devait croire en ses projets, sinon autant abandonner tout de suite.
Elle ne pouvait s'y résoudre, pour le Nord, pour Freya, pour Martyn, pour Cathan et pour elle-même.

Ces sept années de « captivités » lui avaient au moins apporté une connaissance parfaite de son propre domaine. Elle n'ignorait aucun passage plus ou moins secret et à force d'observation, elle connaissait également les tours de garde qui se suivaient, au fil du temps. Qui était fiable, qui l'était moins...Qui s'absentait régulièrement pour aller se soulager, qui quittait son poste de temps en temps, pour rejoindre une amante secrète, tout homme avait ses failles, les gardes également.

La peur enflait dans ses veines au moindre bruit suspect, au moindre mouvement, pourtant, cette même peur insufflait en elle le courage de l'adrénaline et sa témérité. La jeune Ashara d'antan, n'aurait jamais rien tenté. La Louve d'autrefois aurait patienté, attendu qu'on vienne la délivrer. Cette Ashara n'était plus.
Aujourd'hui elle prenait les devant et ce soir, plus que jamais, les rênes du Nord. Le plus dur serait à venir, elle ne pourrait faire marche arrière.
Dès que Theon comprendrait, alors elle serait une traîtresse à sa maison, une traîtresse à son souverain mais au moins serait-elle fidèle à son coeur et dans ce cas précis, cela lui importait plus que tout le reste.
Au loin, à travers la forêt endormie, elle reconnut l'ombre épaisse et haute de Gudbjoern déjà à cheval, sur un demi-trait. Devant lui sur la selle, une masse qui pendait de part et d'autre de la monture. Un frisson désagréable la parcourut. Par les Anciens Dieux...qu'était-elle entrain de faire ?
La voix du mercenaire la tira de ses doutes et de ses réflexions. Elle était en retard, il le lui reprochait car il n'y avait pas une minute à perdre. Leur avance devait rester un avantage, ils devraient toujours tenir la distance avec Winterfell car dès que Theon comprendrait il les chercherait.
Ashara aida sa fille à se mettre en selle et se félicita. Bien que jeune, Cathan était douée. Cette capacité était issu de sa mère très certainement et des entraînements réguliers que celle-ci lui donnait. Avant même de savoir marcher, Cathan montait. Ce soir elle avait dû abandonner son poney, troqué contre un cheval inconnu pour éviter une reconnaissance trop aisée.
La jument d'Ashara lui manquerait et elle espéra que Theon la traitement bien, éloignant l'idée qu'il risquait au contraire de la condamner.

Dans l'obscurité de la nuit, le petit groupe se mit en marche. Accompagné par les chants des insectes et des oiseaux nocturnes, plus présents avec le long Eté, ils se mirent à trotter puis à galoper par intermittence pour ne pas épuiser les bêtes mais pour conserver l'avantage du départ nocturne.
Les chiens les chercheraient, mais ils ne connaissaient pas l'odeur de ces chevaux, aussi leur piste s'arrêterait derrière les murailles, là où ils avaient mis pied en selle.
Dans le pire des cas, pour les plus doués, la rivière les arrêterait.

La louve se retourna une fois pour contempler son foyer qui se découpait dans la nuit. Usant d'une prière silencieuse adressée à ses Dieux, elle retint une larme ou plutôt plusieurs. Elle n'avait pas le temps de s'apitoyer.
La chevauchée se déroula sans encombre, même si Ashara craignait qu'on ne les suive. Ils arrivèrent à la rivière avant l'aube, descendirent de cheval  sauf Cathan et Jorah, et traversèrent à pied. Avec la fonte des neiges, le niveau de l'eau était bien plus haut et la Louve fut surprise de la voir arriver au niveau de sa poitrine. Elle était glacée et les dents serrées, Ashara poursuivit sans s'arrêter. Gubjoern était devant, elle le suivait sans se questionner. De l'autre côté, ils firent une pause alors que la bordure de l'horizon se réchauffait. Là, Ashara se changea encore, usant des vêtements disposés dans les deux gros sacs que Gudbjoern avait placés en hauteur.
Elle récupéra une nouvelle tenue, dans le même esprit que la précédente et surtout la suie, dont elle se servit pour camoufler les rayons flamboyants de ses cheveux et de ceux de son enfant. A travers sa peau pâle et ses cheveux maintenant d'ébène, ses yeux clairs, presque gris lui donnaient des allures fantomatiques. Cathan ressemblait plus que jamais à son père et Ashara accusa le coup en se retournant.
Gudbjoern la pressait de faire vite, mais elle ne pouvait ignorer le camouflage de son aîné. Dans la lumière du petit matin, après avoir pris soin de tenir Cathan à l'écart, elle remarqua le coup porté à la tempe et sur l'arcade de Jorah, dont elle caressa la joue, les yeux humides. Il était toujours inconscient et en le touchant, elle se demanda à quel moment ils s'étaient autant éloignés l'un de l'autre. Avaient-ils déjà été proche ? Elle n'en avait aucun souvenir précis. A moins que...si, dans leurs disputes ils se reconnaissaient mutuellement comme les loups d'une même meute. Aujourd'hui, elle renversait l'alpha sans pour autant prendre sa place. Aujourd'hui, l'omega qu'elle représentait prenait le contrôle et offrait l'opportunité d'un destin différent pour le Nord. Theon saisirait-il cette chance ? Elle le souhaitait vivement.

Sur le bâillon que Gudbjoern avait placé sur la bouche de Jorah, elle renversa du lait de pavot avant de tendre le flacon au géant. Il avait la charge de s'occuper de l'état du Loup, de le porter, de l'amener à bon port.
Des sacs, Ashara sortit les autres bandes de tissus et la toile qu'elle troua rapidement, pour laisser passer l'air. Elle le lui enfila sur la tête, noua les bandes par dessus et sur tout son corps, le transformant en lépreux qui leur donnerait la possibilité d'éloigner les curieux et de justifier les gémissements dont il pourrait les gratifier entre deux doses de pavot.
Les deux gros baluchons reprirent leurs places dans les arbres, à couvert et les cavaliers dans les bois bordant la rivière, direction sud-Est, évitant les routes, filant comme le vent.

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Le Destin

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ADMIN SUPRÊME & PNJ
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Lun 3 Sep 2018 - 12:08




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Les premiers jours, tout se passa comme prévu. Le trio avait chevauché le reste de la nuit pour prendre un maximum de distance avec la forteresse nordienne, préférant l’ombre des bois même la nuit pour se déplacer. Visiblement, traverser la rivière avait si pas arrêté, au moins ralenti d’éventuels poursuivants car même au deuxième jour, les seuls cavaliers qu’ils avaient pu apercevoir se dirigeaient vers Winterfell, et pas dans d’autres directions. C’était là le risque de leur fuite : ils quittaient le fief des Stark au moment où tous les soldats valides s’y rendaient, du moins ceux que Jorah avait rappelé dans l’Ost principal.

Ashara avait fini par entendre quelques informations sur les placements des seigneurs nordiens en préparation à la guerre, non qu’on ait jugé utile de lui en faire part, mais au détour d’un couloir il arrivait qu’elle puisse entendre l’un ou l’autre seigneur discuter. Qui faisait encore attention à la Louve déshonorée par les temps qui couraient ? Mis à part Brandon Mormont, les seigneurs du Nord n’avaient pas réellement d’estime pour cette jeune femme qui s’était laissée déshonorer, pire, par un  homme du Sud, et ce dernier se trouvait désormais à Moat Cailin, avec une garnison destinée à empêcher les forces de la Couronne d’emprunter cette voie pour disputer l’indépendance proclamée par Jorah. Ceux qui pourraient réellement poser problème, c’était les Bolton, les Manderly et les Karstark. Les trois grandes familles avaient reçu pour instruction de protéger la côte est du Nord, sous la direction de l’Ecorché, vétéran de la guerre précédente. De ceux-là, si Theon réfléchissait aux possibilités de sa sœur, il faudrait craindre qu’ils ne la cherchent en arrivant à l’ouest, voire même qu’ils aient fait arrêter le navire des Arryn. Les corbeaux volaient plus vite qu’ils ne pourraient jamais se déplacer, et il était impossible de dire quand les bannerets des Stark apprendraient que la jeune Louve était non seulement une fugitive, mais aussi une traitresse.

Une fois qu’ils furent suffisamment éloignés, et en l’absence de poursuite visible, ils purent commencer à se reposer, établissant des campements de fortune dans la forêt, au feu presque inexistant pour éviter d’être repérés. Qu’on les recherche ou non, un géant accompagné d’une jeune femme, de sa fille et d’un lépreux pourrait laisser des traces dans les esprits, et on ferait bien vite le lien entre un groupe hétéroclite et ceux que l’on cherchait le plus dans tout le Nord… Dans un premier temps, la petite Cathan était presque enchantée par cette expédition, encore trop jeune pour comprendre réellement la menace qui pesait sur eux, elle ne voyait là qu’une aventure avec sa mère et le mercenaire qui avait su s’attirer sa sympathie, mais bientôt la rudesse du voyage commença à lui peser, de même que les questions posées sur le pourquoi de la présence de Jorah avec eux, dans cet état qui plus était. Petit à petit, ses plaintes devinrent plus fréquentes et plus fortes, jusqu’à ce qu’elles éclatent lors d’un campement, à l’abri des regards dans la forêt :

« Je veux rentrer, maintenant ! Il fait froid, et ça ne m’amuse plus de faire du cheval tous les jours… »

A peine la petite fille avait-elle terminé sa phrase que le géant se leva d’un bond, ayant entendu un craquement sourd à l’orée de la petite clairière où ils s’étaient installés. Deux hommes firent leur apparition, les mains levées en signe de paix. Tous deux portaient les couleurs des Karstark, ainsi qu’une armure légère en cuir, et chacun tirait un cheval derrière lui. Le plus âgé des deux prit la parole, sur un ton qui se voulait apaisant :

« Nous ne sommes pas là pour vous menacer, nous sommes des soldats de Karhold, envoyés par le seigneur Bolton pour rendre compte à Winterfell de l’avancement des préparatifs sur la côte. Nous cherchions un endroit où passer la nuit, et avons vu de la lumière dans la clairière, alors… On s’est dit que peut-être nous pouvions passer la nuit ensemble ? Les routes ne sont plus sûres par les temps qui courent, et un homme armé ou deux est toujours apprécié quand il s’agit de passer une nuit en sécurité, alors quelqu’un comme vous… » lança-t-il à l’attention du mercenaire.

Comme pour appuyer l’offre de son compagnon, le second soldat brandit deux lapins fraîchement tués, ajoutant simplement :

« Et on pourrait partager un repas ! »

S’attendant à une réponse du mercenaire, les deux soldats furent surpris de voir celui-ci tourner la tête vers Ashara. Mais surpris, ils le seraient encore plus, s’ils avaient déjà remarqué le corps emmailloté posé un peu en retrait, dans l’ombre…

 

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Ashara Stark

Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mar 4 Sep 2018 - 11:41

Ashara n'était pas sereine. Dans son corps et dans son esprit flottaient en permanence les risques, les dangers et l'ombre de la mort qui les suivait sans interruption. Elle n'avait pas peur pour elle, elle avait peur pour Cathan. Dormant peu, les moments de repos permettaient aux pires idées de prendre possession de son esprit. La peur avant toute chose évidemment, mais également, la culpabilité, l'angoisse et la fatigue.
Ses forces semblaient s'amenuiser jours après jours, mais par la force du courage et la volonté sans faille dont elle s'évertuait à faire preuve, elle tenait bon.
Pour le groupe, pour sa fille, elle devait montrer qu'elle allait bien, qu'elle maîtrisait la situation alors qu'au fond d'elle, sa conscience pernicieuse lui soufflait en continue qu'elle se trompait, qu'elle devait faire marche arrière et arrêter cette folie.
Il fallait redoubler de résignation pour faire taire cette voix, se montrer intraitable envers sois-même et surtout, ne pas laisser s'engouffrer ces idées dans toutes les failles qui la composaient.
Ashara n'avait pas été formée pour la politique, ni pour le combat ou la survie dans les bois. Mais elle connaissait l'amour, elle savait ce qui était juste et elle possédait cette intention de protéger, de sa fille à chaque habitant du Nord.
La Guerre n'était pas la solution.

Leur voyage se déroulait pour l'instant aussi bien qu'il eut été possible de l'être et ils s'octroyaient même des pauses plus régulières, de la chasse et parfois un petit feu.
Toujours sur le qui-vive, elle se relayait avec Gudbjoern pour monter la garde mais était en revanche la seule à s'occuper de Jorah. Drogué en quasi continue et dans l'incapacité de parler à cause du tissu qui le bâillonnait, la Louve rouge tenait pour punition le simple fait d'avoir à croiser le regard de son ainé. Elle le soutenait toutefois, sans ciller, assumant pleinement son acte même si ce dernier lui brisait le coeur au plus profond de son être. Elle trahissait son sang pour le bien de la majorité et le regard de Jorah lui posait quantité de questions, même s'il restait globalement dans un flou vitreux en raison du lait de pavot dont elle le gratifiait.

Un soir pourtant, leur fragile équilibre vola en éclat. Cathan jusqu'à maintenant relativement docile, décida qu'elle ne voulait plus poursuivre leur cheminement. Elle s'était plaint avant cela, mais jamais de cette manière. Sa colère et son cri résonna longuement dans la forêt et Ashara retint son souffle alors même que le géant se levait en direction de l'orée de la clairière où ils bivouaquaient.
Deux hommes sortirent de derrière les arbres, les mains en l'air en signe de paix. Ils tenaient tout deux des chevaux et leur indiquèrent n'être que des soldats de Kharold, envoyés par Lord Bolton afin de rendre compte à Winterfell.
Ashara se renfrogna légèrement et lorsque le second proposa de partager un lapin puis le feu pour la nuit, Gudbjoern se tourna vers elle.
Leurs regards se croisèrent dans la pénombre et la Louve se leva dans un mouvement lent et fluide, presque félin.

- Bien, répondit-elle à l'intention des deux hommes. J'ai relevé la présence de mûriers un peu plus loin, nous allons aller en cueillir pour le repas.

Elle saisit la main de Cathan et l'incita à se relever. La petite fille ronchonna mais obéit et tandis qu'elles s'éloignaient elle ajouta pour Gudbjoern.

- Je te laisse accueillir ces Messieurs et leur expliquer nos règles.


Cathan ne cessait de parler et de demander qui était ces hommes et pourquoi ils étaient perdus dans les bois, comme eux. Elle persistait à quémander de vouloir rentrer, à râler que ça ne lui convenait pas.
A une quinzaine de mètres du campement, Ashara s'agenouilla face à sa fille, le visage durcit par la colère.
- Maintenant ça suffit, réprimanda-t-elle l'enfant avant de se radoucir. Je fais ça pour toi, pour nous. Je sais que c'est dur, je sais que tu préférerais être à Winterfell à jouer et à lire, mais ce n'est pas possible pour le moment. Tu vois bien que ton oncle est souffrant ? Il faut l'amener à ton père, qui pourra trouver une solution. Il y a des choses Cathan, que tu ne peux pas encore comprendre...alors fais moi confiance s'il te plaît.

Alors elle l'enlaça de toutes ses forces, de ses bras tremblant par l'inquiétude quant à la présence de ces deux soldats en qui elle ne pouvait avoir confiance. S'ils allaient à Winterfell comme ils venaient de le leur dire, il n'aurait jamais dû passer par là, pas depuis Kharold. Elle espéra que Gudbjoern réglerait la situation. Et comme si ses pensées venaient de s'exaucer, elle entendit un fracas et un cri étouffé.
Tenant toujours sa fille contre elle, elle plaqua ses mains sur ses oreilles. Au bout d'un temps qui lui sembla infini, le louveteau chercha à se dégager.

- Maman, tu m'étouffes…marmonna-t-elle.
Ashara la regarda, un large sourire dessiné sur les lèvres.
- Parce que je t'aime.
L'enfant sourit à son tour et frotta son visage dans le giron de sa mère.
- Tu crois que Père aura une solution ? Demanda-t-elle soudain.
- C'est certain. Il faut avoir foi en lui.
- J'ai pas envie. Il n'a jamais été là…
La louve ravala l'émotion qui menaçait de la submerger et s'assura que sa voix ne tremblerait pas avant de répondre :
- Parce qu'il ne le pouvait pas, ça ne veut pas dire qu'il ne le souhaitait pas.

Après un petit moment durant lequel Ashara persista briefer son enfant, elle revinrent au camp et furent surprises de trouver le géant seul entrain de faire cuire le lapin. Les hommes de Kharold avaient disparus. Qui était au courant de la disparition du Lord Stark ? Qu'avait fait Theon lorsqu'il s'était rendu compte que Jorah, Ashara et Cathan manquaient à l'appel ? Comment avait-il réagit en s'apercevant que Martyn avait également été drogué ? Avait-il déjà fait le lien avec elle ?
Les questions se bousculaient dans l'esprit de la jeune femme même si elle savait qu'elle ne pourrait enrayer ce qui était en marche désormais. Elle devrait se laisser porter par le courant qu'elle avait lancé et s'assurer de ne pas s'y blesser.

Cathan balaya les environs du regard, perplexe.
- Ils sont passé où ? Demanda-t-elle.
Et Ashara interrogea le mercenaire du regard.
- Oh, ils ont dû repartir mais ils nous on laissé le lapin ! Ne vous éloignez plus de camp pour l'heure.

La louve comprit qu'il fallait empêcher sa fille de vadrouiller même à portée de vue. Elle comprit tout autant qu'ils n'étaient pas repartis, qu'ils ne le pourraient plus. Elle ignorait cependant que les deux corps, dépouillés de ce qui ne leur servirait plus dans l'autre monde gisaient à une dizaine de mètres, sous un amas de fougères et se contenta d'observer Gubjoern tandis qu'il ajoutait dans ses fontes deux nouvelles épées et autres trouvailles de son pillage improvisé. Il donna une dague à Ashara même s'ils savait qu'elle ignorait comment en user. Combien de fois le lui avait-il reproché ? Le bout pointu doit simplement entrer dans le corps de l'autre, disait-il comme si c'était à la portée de tout le monde. Pour elle, tuer n'était pas à la portée de tout le monde.
Finalement, ils décidèrent de reprendre la route dès que le lapin fut cuit. Gud avait renvoyé les chevaux après leur avoir retiré leurs selles qu'il avait balancé avec les deux macchabées. Il craignait que le retour des animaux auprès d'un quelconque groupe puisse attirer l'attention.
Cathan boudait, s'enfermant dans une sorte de mutisme pour démontrer son mécontentement.
Elle voulait son lit, ses livres et un lait chaud.
Ashara dû déployer des trésors de patience et d'imagination pour obtenir de sa fille qu'elle soit plus volontaire.
Bientôt ils auraient fini de contourner le domaine des Poole et s'aventureraient à longer la montagne en traversant les steppes et les plateaux pour regagner la côte. Le périple ne faisait que commencer.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Jeu 6 Sep 2018 - 14:44




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Le problème des soldats réglé, le reste de la soirée se déroula dans un mutisme presque douloureux. Pour ce en quoi elle croyait, Ashara venait, indirectement peut-être, mais tout de même, de tuer deux hommes du Nord, qui selon toute vraisemblance ne faisaient que leur devoir. Les cherchaient-ils ? Ou bien disaient-ils la vérité ? Il était impossible de le savoir, désormais, car aucun d’eux ne possédaient de document contenant des instructions précises ou un rapport complet. Cathan, elle, même si sa crise était passée, ne semblait pas pour autant de meilleure humeur, que ce soit à cause du confort qui lui manquait ou de la mention de son père. C’était une évidence à présent, le pire de ce voyage restait à venir, qu’il s’agisse des dangers sur la route ou de l’ambiance qui règnerait dans le petit groupe.

Les jours suivants, le nombre d’hommes sur la route commença à augmenter, d’abord ils ne virent que quelques patrouilles, mais bientôt elles se firent plus régulières, et interrogeaient tous les paysans ou marchands itinérants qu’ils croisaient. Sur le conseil de Gudbjoern, le groupe s’enfonça plus profondément dans la forêt, pour éviter qu’un éclaireur ou un soldat parti chasser ne les repère par accident. Mais voyager dans la forêt plus dense les ralentissait considérablement, aussi ce ne fut qu’au bout de trois jours qu’enfin les montagnes au sud de la forteresse des Poole leur apparurent enfin. Les patrouilles s’étaient à nouveau faites plus rares, et même s’ils durent quitter la protection des arbres pour rejoindre la montagne, ils ne furent pas inquiétés, du moins pas tant qu’ils n’avaient pas atteint le pied de celle-ci. Alors, grâce à l’écho fourni par le surplomb de pierre, ils les entendirent.

Ils étaient encore relativement éloignés, mais il s’agissait clairement d’aboiement, encouragés par les cris de quelques hommes. Peut-être n’étaient-ce que des chasseurs, mais ils n’en avaient pas croisé beaucoup sur la route, la plupart des hommes sachant manier un arc étaient réquisitionnés dans l’Ost de leur seigneur, et les chasseurs ne faisaient pas exception. Avoir un homme capable de poser des pièges et de ramener de la nourriture pouvait vite s’avérer vital, aussi ne restaient souvent derrière que les hommes incapables de se battre, ou trop jeunes ou vieux. Levant un sourcil, le sauvageon resta un instant immobile, écoutant les échos, avant de décréter qu’il n’y aurait pas de feu ce soir, et qu’ils avanceraient jusqu’à la tombée de la nuit, en restant prêts à partir si le bruit des chiens venait à se rapprocher.

Malgré l’Eté, la nuit était fraîche, et s’ils devaient être obligés de continuer longtemps sans feu, il était probable qu’au moins la jeune Cathan finirait par tomber malade. Ce n’était encore qu’une enfant, pas le moins du monde habituée à vivre au grand air, et elle n’avait pas la résistance d’un adulte. La nuit passa pourtant sans autre problème, et le lendemain il fut temps de reprendre la route. Mais le trajet offrait un autre problème : Il n’y avait plus de forêt dans les environs, et une route longeait la montagne. Un choix s’imposait alors au groupe : suivre la route et prendre le risque d’être reconnus, ou tenter de s’enfoncer dans les montagnes. Si la deuxième solution semblait la plus sure, elle ne présentait pas moins son lot de danger : la montagne n’était pas un lieu particulièrement fourni en nourriture, et les animaux qui la peuplaient étaient plus souvent des prédateurs que des proies. Et, d’un autre coté, emprunter la route pourrait aussi permettre de récupérer des informations sur l’état dans lequel se trouvait le Nord depuis la disparition de son dirigeant, et les moyens mis en mouvement pour les retrouver. Un choix comme l’autre présentait ses risques et ses opportunités, tandis que derrière eux, les aboiements se faisaient à nouveau entendre…

 

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Ashara Stark

Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Sam 15 Sep 2018 - 10:55

Après l'incident des deux soldats, le groupe connu quelques jours d'accalmie. Ni Gudbjoern, ni Ashara ne parlèrent à nouveau de ces deux individus. La Louve préférait ignorer ce pourquoi ils étaient arrivés et encore plus comment ils étaient repartis.
Elle n'était pas dupe, avait bien compris que c'était l'oeuvre du mercenaire et malgré la confiance qu'elle se sentait obligée de lui donner, sa crainte à son égard ne faisait qu'augmenter.
S'il décidait de ne plus lui être loyal, elle ne pourrait rien faire contre lui. La différence de taille n'était pas le seul problème, lui connaissait la survie dans la nature sauvage comme s'il avait été conçu dans le même élément.

La fatigue et l'angoisse créait une ambiance lourde et peu enclin à la discussion. Aussi, le groupe se contentait de continuer son avancée dans un silence parfois pesant. Pour ne pas trop fatiguer les chevaux, Ashara laissait parfois sa place à Jorah et marchait en tenant les rennes de la jument. Parfois, c'était Gudbjoern qui mettait pied à terre et son cheval semblait soulager de diviser le poids à transporter par deux sinon plus.
Cathan s'était calmée, du moins en surface. Ashara reconnaissait dans ses yeux sombres la fatigue et surtout la contrariété. A chaque fois, la culpabilité la rattrapait. Avait-elle bien fait ? Elle savait le voyage périlleux mais avait pensé toutefois que la petite fille serait portée par la curiosité sinon la joie d'enfin connaître son père. Aujourd'hui, elle avait le sentiment de s'être trompée.
Cathan était sa fille et sa responsabilité, elle se devait d'agir toutefois pour son bien, comme toute mère le ferait et ce, même si cela ne convenait pas à la demoiselle.
Cathan retrouverait les Cerf, il le fallait pour elle et pour eux.

Après plusieurs jours à croiser de plus en plus de patrouille, le sauvageons décida de s'enfoncer un peu plus profondément dans la forêt. Le voyage devint alors plus fastidieux et plus lent, mais au moins avaient-ils de la nourriture et le couvert des arbres pour les protéger. Ashara se consolait avec ce qu'elle pouvait, cherchant désespérément à rester positive à défaut de joyeuse.
Lorsqu'ils quittèrent les bois pour regagner la route, les montagnes au sud du domaine des Poole étaient visibles. Cette vision encouragea la jeune femme dans son entreprise. Jusqu'à présent, ils avaient évité le pire, mais après cette portion, il faudrait de nouveau faire des choix quant à la suite du trajet.
Son regard bleu observait les pic rocheux qui se découpaient dans le ciel azuré tandis qu'une brise plus fraîche les enveloppa soudain, lui tirant un frisson incontrôlable. C'est là qu'elle les entendit. Des aboiements, des voix d'hommes.
Machinalement, elle se tourna vers Gudbjoern qui semblait tout autant à l'écoute qu'elle. Il décréta qu'il n'y aurait pas de feu ce soir et elle hocha la tête.
Le bivouac fut à peine installé, le groupe demeurant prêt à repartir au besoin. Cathan se plaignit du manque de feu, elle se plaignit du froid et Ashara la garda contre elle autant pour la réchauffer que pour la rassurer.
Quand l'enfant se fut enfin endormie, elle s'occupa de Jorah. Drogué quotidiennement, il n'avait que peu de moments de lucidité et Ashara s'arrangeait toujours pour ne pas croiser son regard dans ces moments là. Le livrer aux Cerf lui brisait le coeur et bien qu'elle sache que jamais elle ne se le pardonnerait, elle se devait de le faire, pour les Stark et pour le Nord.
Cette nuit là, elle banda le bout des doigts de son frère, que le froid continu avait malmené. Bien qu'ils se rapprochaient de la chaleur du sud chaque journée passée, les nuits n'en demeuraient pas moins froides et les doigts de Jorah n'avaient guère la possibilité de s'agiter. Elle les lui massait en soirée, en profitant pour ajuster aussi les bandages qui camouflaient sa réelle identité après lui avoir administré sa dose de lait de pavot.

Le lendemain pourtant, il fallut faire un choix : Traverser la montagne, prendre le risque de manquer de nourriture ou d'affronter d'autres prédateurs, de grelotter à nouveau et de ralentir le rythme ou bien, poursuivre sur la route et prendre le risque de se faire prendre.
Ashara voulait prendre le temps d'y réfléchir, de mesurer les risques et toutes les possibilités que lui apportaient l'un ou l'autre de ces choix.
Mais de nouveaux aboiements lui firent accélérer son choix. Compte tenu de la composition du groupe, elle abandonna l'idée de la Montagne. Avec un enfant et un homme drogué et attaché, le groupe se traînerait un poids de taille qui ne ferait que les ralentir d'avantage sur un chemin accidenté.

Le trajet se poursuivit donc sur la route, la louve avait confiance dans son déguisement et en profiterait pour glaner quelques informations en chemin. La plus importante de toutes à ses yeux : après quoi le Nord courrait ?
Dans ses pensées, elle imaginait que les directives devaient parler de trois individus et non pas quatre. Martyn avait-il parlé ? Il devait être réveillé depuis longtemps désormais.
Cependant, entre leurs cheveux noir comme les plumes d'un corbeau bien loin du rouge flamboyant de la louve et leur compagnon lépreux, elle espérait qu'on se tienne à distance. Les réponses aux questions étaient toutes trouvées : ils gagnaient le sud du pays pour rejoindre un oncle pécheur qui pensait pouvoir soigner ce pauvre neveu ou tout du moins, lui apporter une fin de vie digne loin des regards.
Aux nouveaux aboiements, la louve pris peur mais décida d'affronter son destin.
Les Anciens Dieux étaient avec elle, les Anciens Dieux souhaitaient que le Nord survive, ils la porteraient jusqu'à Port-Réal. Le groupe ne possédait plus rien de Winterfell en dehors de ces chevaux, mais les chiens d'où qu'ils viennent ne s'attarderaient pas sur les montures fatiguées. Et sous leurs habits empruntés et crottés, qui pourrait bien les reconnaître ?




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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mar 18 Sep 2018 - 18:17




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Le trajet sur la route se révéla bien plus agréable que les difficiles déplacements à travers les bois. Avançant à une bonne allure, le groupe ne fut pas réellement dérangé par les allées et venues des voyageurs qui ne semblaient pas les voir, hormis quelques coups d’œil rapides et intrigués vers la stature imposante du géant et à l’être humain empaqueté dans des tonnes de bandages. Beaucoup d’entre eux étaient des paysans se rapprochant du château local pour être protégé dans la guerre qui arrivait, d’autres étaient des volontaires pour rejoindre l’ost de leur seigneur, et de temps en temps une patrouille passait, posant des questions à tous ceux qu’ils croisaient. Les moments où l’on interrogeait Ashara où Gudbjoern étaient toujours tendus, surtout quand ils comprirent ce qui était réellement après eux.

Les premières questions étaient toujours les mêmes : ils cherchaient activement la jeune sœur du seigneur du Nord, qui avait visiblement eu l’idée folle d’enlever son frère et de prendre sa fille avec elle. Heureusement, leur déguisement semblai suffisant pour des hommes qui ne prêtaient pas réellement attention à leur apparence, et il semblait qu’aucun envoyé de Winterfell, plus à même de les reconnaitre, n’ait encore croisé leur route, même si cela ne saurait tarder. Au fil des conversations, ils purent aussi apprendre que Martyn Arryn, suspecté d’avoir participé à l’enlèvement de Jorah, était actuellement détenu à Winterfell en attendant qu’on décide de son sort. Au moins, Martyn était en vie, du moins pour le moment, la plupart pensaient qu’une fois rentré, Jorah le ferait probablement éxécuter, tout suzerain qu’était le Valois, il ne s’en sortirait clairement pas indemne.

Si ces nouvelles étaient préoccupantes, il y en avait une autre, bien plus dangereuse à court terme, qui leur parvint : les soldats ne cherchaient pas seulement Ashara, mais également une bande de sauvageons, ou de pillards, qui semblait commettre des méfaits dans la région, profitant du chaos relatif des préparatifs à la guerre. On avait retrouvé deux soldats morts dans une clairière un peu plus à l’ouest, et les chiens avaient réussi à flairer la piste de ceux qui les avaient tués, et ils étaient sur leur trace. Les patrouilles demandaient aux passants s’ils n’avaient pas vu quelque chose, où entendu parler d’une bande qui sévissait non loin. D’ailleurs, les heures passaient dans la journée sans que les chiens ne semblent s’éloigner, mais au moins ils ne s’approchaient pas non plus, sans doute parce que la piste était brouillée par le nombre de passants. Toutefois, les poursuivants pouvaient à tout moment se demander pourquoi des pillards suivaient la route, et se retrouver à inspecter les voyageurs plus attentivement. Petit à petit, d’ailleurs, les regards commençaient à s’attarder plus que de raison sur l’air peu amène du mercenaire, et on pouvait lire les questions dans leur regard, si elles n’étaient pas encore formulées directement.

Néanmoins, les choses étaient encore calmes pour le moment, et Cathan arrivait sans le savoir à désamorcer les situations, ayant retrouvé le sourire devant le relatif confort d’emprunter une route. Au moins, elle voyait du monde, et leur escapade lui semblait trouver à nouveau des airs d’aventures plus en accord avec ce qu’elle imaginait quand sa mère lui avait annoncé qu’elles partaient. La nuit commençait à tomber cependant, et avec elle la décision de s’associer à d’autres pour passer la nuit, ou de se mettre à l’écart… Et si le groupe en rejoignait un autre, de quelle manière ?

 

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NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 23 Sep 2018 - 11:03

Au fil des jours, le petit groupe croisa de plus en plus de voyageurs. Paysans, soldats, de tout rang et de toute origine, chacun se préparait comme il le pouvait face à cette Guerre qui couvait. Certains cherchait protection, d'autres encore, l'honneur et la gloire. Ashara savait qu'il n'y aurait ni l'un ni l'autre dans cet enfer sanglant, qui les brûleraient tous.
A chaque fois qu'ils devaient adresser la parole à des étrangers, la Louve était anxieuse. Malgré l'air peu amène du mercenaire, ou peut-être à cause de, le petit groupe attirait les regards. Il faut dire que composé d'un homme sous bandages, d'une jeune femme, d'une petit fille et d'un géant, il y avait de quoi attirer l'attention.
Ashara n'en prit pas ombrage, elle n'avait pas eu le choix pour son entreprise. Sans Gudbjoern, elle n'aurait jamais pu prendre Jorah avec elle, sans Jorah la Guerre suivrait toujours son cours et il avait toujours été hors de question de se séparer de sa fille. Aussi, les jeux étaient fait. A présent, elle devait composer avec ce qu'elle pouvait.

Voyager ainsi sur la route se révéla vite plus facile malgré la peur qui lui nouait les entrailles dès qu'ils croisaient du monde. Cathan retrouvait le sourire et Ashara laissait traîner ses oreilles l'air de rien. Elle apprit ainsi que Martyn avait été emprisonné mais qu'il était encore en vie. Tant que le Seigneur de Winterfell n'avait pas été retrouvé, son cousin conservait la vie sauve. Elle devait s'arranger pour que cela se poursuive. Dans le même temps, la rumeur de ce que le Nord cherchait parvint à ses oreilles. Elles, Ashara Stark et Cathan Snow étaient au coeur de l'attention. On disait que la Louve Rouge avait enlevé son ainé.
Lorsqu'on l'interrogeait à ce sujet, elle se faisait violence et se forçait à montrer son incrédulité. Jouant la carte de la pauvre paysanne ayant fui sa modeste cahute dans le but de rejoindre un oncle sur la côte qui pourrait apporter un apaisement à son frère, elle montrait son incrédulité face aux rumeurs qu'on lui relataient. Avec ses cheveux noir et sa mine crottée, mimant la comédie de l'idiote de paysanne, elle se permettait de remettre en cause sans avoir l'air d'y toucher, les arguments qu'on lui avançait. Comment la louve rouge avait-elle pu enlever son propre frère ? Ce devait être un coup monté.

A mesure qu'ils descendaient vers le sud, ils croisèrent de plus en plus de voyageurs et aussi de nouvelles rumeurs. La dernière a les atteindre, fut celle d'un groupe de sauvageons qui avait violemment massacré deux soldats plus au Nord. Les chiens étaient à leurs trousses. Ashara comprit de quoi il s'agissait et machinalement, son regard croisa celui de Gudbjoern. Pour autant, elle fit son possible pour préserver la toute relative bonne humeur de sa fille et tachant de mieux entrer dans le rôle qu'elle leur avait donné.
Le soir se profilant à l'horizon, un petit groupe composé de cinq personnes leur proposa de partager le feu et les tours de garde. Composé de deux hommes, une femme et deux enfants, ils n'avaient pas l'air dangereux.
Ashara ne souhaitait pas se mêler aux autres, le souvenir des deux soldats persistait dans son esprit et elle savait que Gudbjoern n'hésiterait pas à trancher les gorges durant son tour de garde, pendant que tous dormaient à poings fermés. Il y avait des enfants, la Louve s'y refusait.
Pourtant un tel refus aurait pu être mal interprété, bien que sur la route, avec cette bande de sauvageons, nul n'aurait compris que la brunette ne souhaite pas coopérer. Aussi, elle décida de jouer le jeu.

- Partageons les tours de garde et le feu, mais je dois vous prévenir que mon frère ici présent, souffre de la lèpre et est donc contagieux. Nous nous tiendrons à bonne distance.


Ils installèrent donc le bivouac, partagèrent même quelques provisions lorsqu'à la nuit tombée, tous se rassemblèrent près du feu. Ashara demeura un instant à distance dans les ombres, en compagnie de Jorah. La peur lui nouait la gorge et la fatigue lui vrillait la tête. Elle ne pouvait cependant pas reculer, trop de vies étaient en jeu.
Débarrassant son frère de quelques bandages, elle lui administra sa dose de lait de pavot et vérifia par la même occasion ses : réserves. Le Mestre avait dû comprendre en découvrant son laboratoire dévalisé. En avait-il fait part à Theon ? Certainement, puisqu'ils étaient tous les trois recherchés.  Malgré sa haute stature, Gudbjoern n'avait été qu'un fantôme de passage à Winterfell, nul ne les avait vu discuter ensemble d'ailleurs en dehors de son jour d'arrivée où elle avait dû, sous l'oeil inquisiteur de ses gens, lui montrer qu'il n'était pas un invité.
Dès qu'il fut endormi, Ashara abandonna Jorah et se rapprocha du feu en gardant son frère en vue du coin de l'oeil. A son arrivée, Cathan achevait son repas et dès qu'il fut terminé, elle vint se pelotonner contre sa mère et s'endormit très vite. Du bout des lèvres, Ashara mangea à son tour, ce que Gudbjoern lui donnait. Les discussions reprirent, les interrogations tout autant. On lui demanda d'où ils venaient et  où ils allaient. Ashara avait des réponses toutes prêtes.

Leur cabanon se dressait dans les bois à l'ouest de Winterfell, la jeune femme rebaptisé Sorsha pour l'occasion y élevait sa fille Gerda en compagnie de son frère, un vaillant soldat du Nord. Mais après la Guerre, il avait développé d'étranges symptômes, qui s'étaient révélés être apparentés à la lèpre et qui avaient eu raison de la vie de son époux. La décision de rejoindre un oncle habitant du côté de la Brèchesaigue avait fini par s'imposer, en dehors des trois chevaux et de quelques provisions, ils n'avaient plus rien de toute façon. Son gentil voisin, Guden avait proposé de les accompagner, ne souhaitant pas laisser une jeune femme, une enfant et un infirme livrés à eux même dans la vallée. Une fois arrivé, il rejoindrait l'ost des Bolton et servirait le Nord.

C'était un long et périlleux voyage, mais comme le disait Sorsha, mieux valait tenter quelque chose et périr, que de ne rien faire du tout.
Très vite, la discussion se recentra sur les rumeurs en provenance du Nord. Là encore, Ashara dût donner le change.

- Je ne suis qu'une fille de paysan mais...même sans l'avoir rencontrée, ne dit-on pas que la Louve rouge est plutôt fluette ? Comment aurait-elle pu enlever le Seigneur du Nord, embarrassée de sa fille qui plus est….Je crois plutôt que les rumeurs leur permettent de nous cacher d'autres choses…mais quoi ?

Son intervention eut l'effet escompté. Autours du feu, on se mit à théoriser sur ces potentiels secrets et chacun y alla de son avis sur cette Guerre qui les conduirait à leur perte.
Cela renforça l'idée de la Louve d'agir pour le bien du Nord.

Le lendemain matin, après une nuit agitée, Ashara fut rassurée de voir que tous étaient en vie. Chacun récupéra alors ses affaires, le feu déjà éteint fut recouvert de terre et le groupe se remit en marche après s'être mutuellement souhaité un bon voyage sous l'oeil avisé des Anciens Dieux.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Ven 28 Sep 2018 - 13:44




Affronter son Destin
« La fuite vers Port-Réal»

Si l’annonce de passer la nuit avec un lépreux avait au début refroidi quelques-uns de ceux avec qui le groupe s’était installé, l’idée d’être protégés, en plus des hommes habituels, par un géant dont l’air peu amène jouait pour une fois en sa faveur et on ne prêta bien vite plus attention au corps posé près du feu mais relativement à l’écart des autres, qui écoutaient l’histoire racontée par la jeune femme, une certaine compassion mêlée à l’admiration de ce qu’elle était prête à faire pour apaiser les souffrances de son frère. Ce n’était pas rien de traverser le pays alors qu’il se préparait à la guerre, encore moins quand des sauvageons écumaient la zone… L’histoire resterait probablement dans les esprits de ceux qui l’avaient entendue pendant un moment.

L’idée lancée par Ashara, concernant ce que pouvaient cacher les rumeurs concernant la jeune sœur du suzerain entraîna toute sorte de spéculation, partant du fait que la jeune femme avait été enlevée par l’ennemi jusqu’au fait que Jorah avait peut-être décidé de cacher l’endroit où il se trouvait réellement jusqu’au moment où les troupes de la Couronne arriveraient pour les surprendre là où ils ne l’attendaient pas. Les conversations durèrent un moment, jusqu’à ce qu’un homme, qui voyageait visiblement seul ne finisse par prendre la parole, d’un ton relativement assuré :

« Si vous voulez mon avis, cette guerre est perdue d’avance, et Jorah Stark le sait. J’ai fait la guerre, la précédente, et le Nord a perdu trop d’hommes pour en supporter une autre maintenant… Sans compter qu’avec la sécheresse, les hommes du sud n’auront aucun mal à se battre sur nos terres, pas plus qu’ils n’en auront pour battre les hommes que les Stark ont rassemblé. Pour ce qu’on en sait, Jorah pourrait très bien être en route pour Port-Réal en espérant que le Roi ou le Lord Régent voudront bien pardonner ses idées d’indépendance. Je vous le dis, la meilleure chose à faire maintenant est de se tenir éloignés des châteaux des seigneurs, d’espérer que l’armée envoyée par les Baratheon ne s’attarde pas dans la campagne, et que la terre ne sera pas trop saccagée quand la paix des Targaryen sera revenue. »

Les réactions à ces paroles furent mitigées, certains considérant qu’il s’agissait presque d’une trahison de penser que le Nord ne pouvait gagner, mais d’autres reconnurent le bon sens derrière ces affirmations et demandèrent à l’homme où ils pouvaient bien aller dans ce cas. Beaucoup gardaient le silence, mais il était clair qu’ils réfléchissaient à tout cela, et que beaucoup n’avaient pas réellement confiance dans les chances de vaincre de leur suzerain. Les seigneurs pouvaient rêver tant qu’ils voulaient, le Cerf de l’Orage avait déjà vaincu le Loup du Nord par le passé, et tout semblait alligné pour qu’il le fasse encore une fois, mais avec d’autres conséquences cette fois. L’homme en question, qui disait s’appeler Micken, termina rapidement son repas pour s’éloigner un peu du groupe afin de monter la garde, ce qui ne dérangea personne étant donné qu’il était l’un des seuls à porter une armure de cuir ainsi qu’une épée visiblement de bonne facture.

Mais il y avait autre chose, notamment dans le regard que conservait Gudbjoern sur l’homme sans pour autant dire quoique ce soit, du moins jusqu’à ce que les autres soient couchés et endormis. Il s’approcha alors d’Ashara, qui avait laissé Cathan s’endormir la tête posée sur ses genoux. Le plus bas possible, il lui confia alors la raison pour laquelle il avait fixé l’ancien soldat :

« Cet homme. L’arme qu’il porte, elle n’a pas été forgée ici. Rien à voir avec la manière dont le Nord fixe la garde à la lame. Ça ne veut peut-être rien dire, mais on ne sait jamais. »

La nuit passa relativement calmement, mais à plusieurs moments la jeune femme put sentir que Micken la fixait étrangement, détournant tout de suite le regard dès qu’elle tournait le sien vers lui. Pour autant, la matinée arriva, et le groupe se souhaita mutuellement bon voyage avant de reprendre sa route. Micken, lui, avait quitté le campement de fortune un peu avant l’aube, non sans avoir jeté un dernier regard à Ashara et à sa fille, qui avait dormi comme un bébé, entourée de gens qu’elle avait trouvé très sympathiques.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 14 Oct 2018 - 22:10

Le soleil irradiait toujours autant et Ashara le contempla un moment, à travers les frondaisons. Une part d'elle le maudissait allègrement car à cause de lui, la neige avait fui et avec elle, leurs dernières chances de sauver le Nord.
Certes, il aurait fallu masquer leur passage, mais les chiens n'auraient jamais pu détecter leur odeur à travers la neige. Aujourd'hui, le sol presque poussiéreux s'élevait en tourbillon à chaque pas des chevaux, s'incrustant dans leurs chairs, salissant leurs peaux.
A peine avaient-ils repris leur route, qu'Ashara s'était déjà perdue dans ses réflexions. Le vieil homme de la veille, le dénommé Micken hantait ses pensées. Elle avait remarqué combien il l'observait mais avait joué les indifférentes pour ne pas lui laisser matière à songer qu'elle lui rappelait quelqu'un en particulier.
Bien qu'elle partageât son avis concernant la Guerre, elle ne pouvait ignorer les mises en garde de Gudbjoern au sujet de son arme et de son armure. Avait-il servit dans l'armée du Nord ? Elle eut beau chercher dans ses souvenirs les plus profonds, rien ne lui revint à la mention ou à la vue de cette épée de facture si spéciale.

Cependant, elle ne pouvait non plus ignorer la paranoïa qui s'était emparée d'elle avec la fatigue et la peur mêlée. Son regard dévia sur Jorah, avachi devant Gud. Quelle horrible sœur elle faisait...et les remords rongeait petit à petit son coeur de louve.
Malgré la nécessité du sacrifice, elle se sentait traîtresse à sa famille. Theon le lui pardonnerait-il un jour ? Et Martyn ? Et Freyja ? Sa douce Freyja...était-elle saine et sauve ? Edric la protégerait n'est-ce pas ? Elle devait croire en lui, tout comme elle devait croire en son voyage.
Elle ramènerait Cathan à Port-Réal, elle le jura mentalement sur sa propre vie. Pour les autres, elle ne pouvait rien faire, Martyn avait certainement scellé son destin lui-même. Pour Theon, il était encore temps de tracer son propre chemin. Pour le Nord, elle l'espérait.

Et pour elle ? Que resterait-il de la Louve Rouge si elle arrivait en vie à la capitale? Edric lui en voudrait terriblement...mais elle aussi lui en voulait. Les retrouvailles seraient certainement en demi-teinte et pour cela, elle ne pouvait simplement se réjouir, car elle n'était plus la jeune femme insouciante qu'il avait épousé un beau matin d'été.
Au moins Cathan serait en sécurité, à cela elle se raccrochait.
C'est pour quoi elle prit la décision de quitter la route dès le soir venu. Le domaine des Poole était derrière eux, mais rapidement viendrait celui des Cardon. Mieux valait suivre la rivière désormais puis bifurquer plus tard sur les terres sauvages et arides pour rallier la côte.
Ainsi, ils allaient contourner la montagne et demeurer encore une journée à l’abri de la route, glanant quelques informations au passage.

Ashara prit également la décision de diminuer les doses de Jorah. D'une part parce qu'elle n'avait pas réellement le choix, elle n'aurait pas suffisamment de drogue si le voyage s'éternisait, d'autres part car elle souffrait de le voir dans cet état. Sa culpabilité la dévorait et elle avait peur de perdre la raison.
Lorsqu'ils seraient loin de la route, Jorah ne pourrait de toute manière rien révéler ainsi baillonner. Mais personne ne pourrait l'entendre se plaindre, en dehors de Cathan. A cela aussi, Ashara devait trouver une solution.
Elle avait déjà menti, indiqué à sa fille que Jorah souffrait d'un mal étrange qui le rongeait de l'intérieur. Une folie lancinante pour laquelle il y aurait peut-être un remède là-bas, auprès de Edric.
C'était terrible de devoir en arriver à cette extrémité, mais la sécurité du trajet l'y obligeait.

La journée se déroula sans encombre. Ils croisèrent à nouveaux soldats comme civils. Leur état crasseux et la mention du lépreux produisit l'effet escompté. On les prenait pour des pauvres gens fuyant la Guerre, des lâches parmi tant d'autres qui désertaient sans scrupule, la contrée qui les avait vu grandir.

Pourtant, Ashara n'était pas en paix. Ses sens demeuraient en alerte, ses nerfs à fleur de peau au moindre mouvement suspect, à la moindre silhouette s'approchant. Micken pouvait revenir, seul ou accompagné et dans cette crainte, elle ne cessait d'inspecter loin devant elle ou derrière son épaule de manière régulière.




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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mer 24 Oct 2018 - 13:55




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Le trio continuait son chemin à travers les domaines seigneuriaux, quittant celui des Poole pour se diriger vers le Sud, en direction de celui des Cardon. Ce fut un passage rassurant pour eux, car peu à peu les bruits des chiens s’éloignaient, jusqu’à disparaître totalement. Aucun d’eux ne pouvaient être sûrs de la raison pour laquelle on avait arrêté de les poursuivre, mais leur meilleure idée était que les hommes qui les poursuivaient étaient liés aux Poole, et qu’ils n’avaient par conséquent pas vu l’intérêt de suivre la piste plus loin que la limite des terres de leur seigneur, et avaient du chercher des traces ailleurs, dans le cas où la bande de bandits ou de sauvageons qu’ils poursuivaient s’était séparée.

Les choses allaient mieux depuis qu’ils avaient rejoint la route : faire passer Jorah pour un pestiféré empêchait les gardes de poser trop de question, et le contact avec d’autres personnes, même si Gudbjoern les trouvait trop dangereux, avait radicalement amélioré l’humeur de Cathan. Pour autant, la jeune fille avait des manières parfois un peu trop poussées pour une simple roturière, et certains des mots qu’elle employait attiraient un peu l’attention, mais jusqu’à présent rien de réellement dangereux n’était arrivé à ce sujet, il suffisait au pire de dire qu’elle avait entendu des nobles parler et s’amusait à les singer pour se donner de grands airs.

Mais l’arrivée dans le domaine des Cardon marquait un nouveau tournant : Ashara le savait, cette partie du Nord tombait sous le commandement de Roderik Bolton, mais elle ne s’était pas attendue à ce que les hommes de l’Ecorché soient aussi présents. Il y avait des patrouilles un peu partout, des cavaliers légers qui, contrairement aux précédentes, arrêtaient les voyageurs pour les examiner plus attentivement, et leur poser des questions sur la Louve qui s’était enfuie, savoir s’ils avaient vu quelque chose. Plusieurs fois, ils parvinrent à éviter ces arrêts forcés, jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus quitter la file de voyageur attendant sans se faire voir. Un instant, Gudbjoern proposa qu’ils quittent la route et partent au galop pour semer d’éventuels poursuivants, mais ils remarquèrent alors que d’autres avaient eu la même idée, probablement un groupe de petits voleurs ayant peur de se faire attraper, qui prirent la fuite alors que leur tour arrivait. D’un simple geste, le chef de la patrouille indiqua les fuyards à deux hommes, qui ne se firent pas prier pour tendre leur arc, et tirer sur ceux-ci, qui s’écroulèrent.

Cathan lâcha un cri d’horreur et se rapprocha un peu plus de sa mère, ne comprenant pas pourquoi les choses se passaient ainsi, tandis que les autres voyageurs dans la file eurent un mouvement de recul apeuré. Sans s’en préoccuper davantage, un homme alla vérifier les corps encore en vie des fuyards au sol, avant de signaler d’un cri à leur chef : « C’est pas eux ! », et d’achever les blessés d’un coup d’épée dans la gorge. Une chose était certaine, toute fuite à ce moment là était particulièrement risquée, mais se faire interroger et observer plus en avant avait également ses risques : ils pourraient être reconnus, si le signalement de la louve avait été suffisamment précis, son déguisement ne suffirait peut-être pas, pas plus que son histoire.

Lentement, ils avançaient, ne sachant encore que faire, quand un homme s’approcha discrètement d’eux depuis l’arrière de la file, qu’Ashara reconnut facilement comme Micken, autant par son apparence que par le regard qu’il lui lança avant de lui adresser la parole. A voix basse, il lui dit simplement :
« J’ai des raisons de croire que vous n’êtes pas qui vous prétendez être, et que vous venez d’un château plutôt que d’une simple chaumière isolée comme vous l’avez dit. Je ne suis pas votre ennemi, mais si vous voulez échapper à ces hommes, faites ce que je vous dis, et attendez patiemment que votre tour vienne. Ensuite, nous parlerons. »

Il n’y avait aucun moyen de savoir ce que voulait Micken, ni s’il les avait réellement démasqués, mais avec Jorah qui commençait progressivement à reprendre un tant soi peu d’activités du à la diminution de ses doses, et une Cathan terrifiée, peut-être Ashara n’avait-elle pas le choix… Micken disparut comme il était apparu pour reprendre sa position plus en arrière, et Gudbjoern en profita pour signaler que lui faire confiance était dangereux, et qu’il continuait à penser que prendre la fuite était la meilleure solution : ils étaient à cheval, et il y avait de grandes chances que les flèches n’arrivent pas à atteindre une cible plus rapide qu’une personne courant à pied. Il n’était qu’un mercenaire cependant, et la décision revenait à son employeuse…

 

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 28 Oct 2018 - 15:00

Le temps s'étira un peu plus et la menace des chiens finit par disparaitre. Soulagée, Ashara songea immédiatement qu'ils avaient quitté le domaine des Poole pour pénétrer celui des Cardon. Elle ne pouvait se repérer au décor qui l'entourait puisque depuis sept années, on ne l'avait pas laisser sortir de Winterfell. Cependant, les murmures et les rumeurs la confortait dans leur position. Voyager sur la route avait ses avantages et pour l'instant, ceux-ci se trouvaient être plus nombreux que les inconvénients. On donnait le change assez facilement avec le lépreux et les facéties espiègles de Cathan passait pour amusement enfantin.

Au fils des jours pourtant, l'angoisse d'Ashara reprit le dessus. Le domaine des Cardon était placé sous la vigilance des Bolton. A l'idée de croiser un des leurs, la Louve en frémissait d'avance. Elle les tenait en piètre estime, convaincue depuis l'assemblée organisée par Jorah que Roderik Bolton convoitait Winterfell.
Ce ne serait pas une surprise pour elle, si durant cette Guerre, le vieil écorché tentait de s'assurer une part des faveurs de la Couronne. Restait à savoir comment il s'y prendrait ou encore quand. La traîtrise existait en tout homme, il n'appartenait qu'à son possesseur de se laisser emporter par elle. Les hommes restaient faibles face au pouvoir et aux promesses d'un futur glorieux, Bolton plus que tout autre. Elle n'avait aucune confiance en lui, ni même en ses sbires.
C'est donc la peur naissante au creux de son ventre, que la Louve rouge poursuivait le chemin, s'en remettant entièrement à la force de Gudbjoern quand aux détriments qu'ils pourraient rencontrer.

Si elle se demandait où en étaient les rumeurs de sa disparition, la réponse lui fut bientôt apporté par les chuchotis des voyageurs qui devenaient de plus en plus nombreux au même titre que la présence des hommes de l'Ecorché. Qu'ils fuient le Nord ou qu'ils le gagnent, la population ne tarda pas à se presser et bientôt, la Louve appris que des soldats recherchaient activement les disparus de Winterfell. Cependant, elle n'avait pas plus d'information sur l'objet de leur recherche. Femmes, hommes ou nombre, ces éléments lui semblèrent cruciaux pour mieux échapper à ces points de contrôle imposés. Si jusqu'à maintenant, la promesse de rencontrer un homme atteint de la lèpre suffisait à rebuter les soldats aux point qu'ils leur fichent la paix, Ashara pensait que cela ne durerait pas. A mesure que les jours passait et que les hommes du Nord demeurait bredouille au sujet des fuyards, leur impatience les rendait plus téméraires et audacieux. A un nouveau point de contrôle ou la foule était à l’arrêt, étranglée par le collet que formaient  les hommes de Bolton, la Louve remarqua que les voyageurs étaient passé au crible. La peur lui saisit immédiatement les entrailles et son regard inquiet  croisa celui du géant. Gudbjoern insista alors pour qu'ils quittent la route avant qu'ils ne se retrouvent pris dans l'étau malsain semblant se resserrer sur eux. Mais à peine lui avait-il chuchoté l'idée que deux parmi les voyageurs s'enfuirent en courant. Ils furent tiré comme des lapins, sous le regard horrifié des autres. Cathan hurla de terreur, Ashara porta sa main à la bouche tandis que sa fille se pressait contre elle. Le danger subitement prit forme devant elle, un danger qu'elle avait surement sous-estimé jusqu'à présent. Son coeur battait fort et vite, il était hors de question qu'elle finisse ainsi, embrochée et la gorge tranchée. Ni elle, ni Cathan.
Restait à prendre une décision. Gudbjoern insista, arguant qu'avec leurs chevaux ce serait différent, mais Ashara réclama le silence. Elle réfléchissait aux options, aux conséquences et au poison qu'elle conservait dans sa manche. La mort plutôt que la souffrance pour son enfant et elle. Ses poings se refermèrent, ses doigts enfonçant ses ongles dans les paumes de ses mains.
Elle ne pouvait abandonner maintenant.

On leur demanda de descendre de cheval, ce qu'ils firent sans broncher. C'est alors qu'une présence dans son dos la fit sursauter. Micken se tenait juste derrière elle et lui chuchota des paroles qui la glacèrent jusqu'au sang.
Masquant son affolement du mieux qu'elle le pouvait, elle déglutit et se tourna vers Jorah, toujours drogué mais dont la conscience flottait non loin de la réalité, vers Gudbjoern dont le regard semblait lui signifier qu'il fallait fuir maintenant car après il serait trop tard et enfin vers Cathan. Ses yeux sombres, miroir des pupilles de son père eurent raison de sa volonté.

Elle devait faire confiance à ce Micken, au moins pour cette fois. L'image de Cathan transpercée d'une flèche lui donnait la nausée et elle ferma les yeux un instant, tachant de reprendre un souffle plus calme et maîtrisé. Elle devait avoir foi en ces subterfuges. Ses cheveux portaient désormais la couleur de l'ébène tout comme ceux de sa fille et la crasse camouflait leurs visages à la peau d'albâtre. On ne pourrait les reconnaître, les Anciens Dieux ne le permettraient pas. Elle pria du bout des lèvres, sans cesser d'écouter les murmures alentours. Que cherchait-on ? Un groupe de deux ou de quatre ? Mieux valait ne pas se séparer. Dans le pire des cas, Gudbjoern pourrait faire diversion pour leur permettre une tentative de fuite. Le mercenaire ne voulait pas faire confiance en ce Micken, elle non plus, mais elle n'avait pas le choix.

Aussi, elle patienta comme il le lui avait demandé, jusqu'à ce que leur tour ne vienne. Ses doigts serraient les rênes des chevaux à outrance, sa main libre tenait sa fille collée à ses côtés. La progression était lente, comme si chaque instant prenait un malin plaisir à la faire angoisser toujours plus. Pourtant, elle déploya des trésors de patience et de réflexion en se convainquant que tout irait pour le mieux. Avec elle, la promesse d'une mort digne pour sa fille, c'est tout ce qu'elle demandait et pour elle, la rancœur infinie du seul homme qu'elle ait jamais aimé. Les Anciens Dieux traceraient son chemin, elle s'en remettait à eux.

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Le Destin

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Ven 2 Nov 2018 - 14:18




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

La file avançait lentement, plus aucun ne cherchant à s’enfuir après le spectacle qu’il leur avait été donné de voir. Le trio restait silencieux, si ce n’était Cathan qui sanglotait, collée à sa mère. Les minutes passaient, chaque passant était arrosé de questions à l’écart des autres, avant d’être relâché et de pouvoir continuer sa route. Gudbjoern était visiblement nerveux, la main posée sur son épée, il ne semblait pas apprécier la décision prise de prendre le risque de se faire démasquer. Pour ce qu’il en savait, tout ça n’était qu’un piège destiné à les faire rester tranquilles jusqu’à ce que les gardes puissent les démasquer, et les appréhender sans risquer de tuer leurs cibles.

Il fallut encore une bonne heure avant que le petit groupe ne se trouve en face du chef de patrouille, qui lança un regard dégouté à l’homme emmailloté avant de poser son regard sur le géant. La présence d’un tel colosse n’eut pour effet que de rendre les soldats un peu plus nerveux et aux aguets, ils n’avaient pas envie de se faire surprendre par un homme qui aurait probablement été capable de briser le crâne de l’un d’eux à mains nues. N’étant visiblement pas pressé d’interroger le géant, il se tourna vers Ashara, et la désigna d’un geste du visage.

« Toi d’abord. Laisse la fille là et suis-moi. »

Etant donné la mine et le nombre de soudards Bolton, Ashara n’avait pas d’autre choix que de s’éxécuter, et elle se trouva donc à l’écart de la file, hors de portée des oreilles de sa fille ou de son garde du corps. C’était là une technique dont le chef de patrouille était très fier, pensant qu’il était probablement le seul à avoir eu cette idée : Il suffisait de poser les mêmes questions précises aux membres d’un même groupe, séparément, et s’ils ne répondaient pas la même chose, cela signifiait qu’il y avait quelque chose de louche. La valse des questions commença alors, imperturbable l’homme posait ses questions, insistant pour que la jeune femme lui réponde sans trop y réfléchir, ce n’était pas la première fois qu’il faisait ça.

« Ton nom ? D’où viens-tu ? Depuis quand es-tu partie ? Par où es-tu passée ? As-tu rencontré des personnes qui ont retenu ton attention sur la route ? As-tu vu Ashara Stark ou Lord Stark lui-même ? Qu’as-tu entendu à ce sujet ? Où te rends-tu ? Pour quoi faire ? Prévois-tu d’y rester ? »


L’entretien dura plusieurs longues minutes, jusqu’à ce que l’homme la ramène auprès des autres, avant de dévisager Cathan, et de sourire légèrement. Il était toujours plus facile de faire parler une enfant, les hommes des Bolton comptaient là-dessus pour retrouver les fugitifs, puisqu’après tout la Louve Rouge avait emmené sa fille avec elle.

« A la gamine, maintenant. »

Instinctivement, Cathan s’accrocha à sa mère, elle ne voulait pas partir avec un homme qu’elle ne connaissait pas, certainement pas après ce qu’elle venait de voir. Le ton commençait à monter, certaines épées se tiraient de leur fourreau quand un sifflement strident se fit entendre dans la foule, suivi par celui plus mortel d’une flèche finissant sa trajectoire dans la poitrine d’un soldat Bolton. Aussitôt ensuite, ce fut la panique. Tous les civils se mirent à hurler et à s’enfuir dans toutes les directions tandis qu’une autre flèche se plantait dans le pied d’un soldat. Cette fois, ils aperçurent une silhouette à l’orée d’un bosquet non loin, et les soudards se mirent à courir dans sa direction, ceux à cheval prenant rapidement de la distance sur les autres. Il ne restait plus que quelques soldats qui tentaient de ramener l’ordre en vain quand Micken arriva au galop, intimant Ashara et ses compagnons de monter à cheval et de le suivre tandis qu’il enfonçait son épée dans l’épaule du soldat chargé de garder les chevaux. Les autres étaient à pied, et il suffit à Micken de les distraire suffisamment longtemps pour qu’Ashara et les autres montent à cheval sous les cris de Cathan avant qu’ils ne s’enfuient dans la direction opposée du départ des autres. Malheureusement, il fallut abandonner la monture de Cathan, qui n’était pas en état de monter seule, et qui accompagna donc sa mère.
Ils galopèrent pendant un long moment, avant que Micken ne les mène dans un creux de colline à l’abri des regards de la route, où un petit campement était dressé. Le soleil commençait à faiblir, et il descendit de son cheval l’épée à la main, s’adressant directement à Ashara :

« Je crois que vous me devez la vérité, ma dame… Comme je vous l’ai dit, je peux vous aider, si vous êtes bien qui je crois que vous êtes. Mais avant cela, je dois connaître toute l’histoire, pour savoir à quoi m’attendre. »

 

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Ashara Stark

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■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 11 Nov 2018 - 11:51

Le regard de Gudbjoern était sans appel. Dans ses yeux, Ashara comprit qu'il n'approuvait pas sa décision. La Louve allait les mener à leur perte semblait-il songer et l'espace d'un instant, elle se demanda s'il lui demeurerait loyal comme il l'avait été depuis des semaines. Les bourses d'or changeant de mains pouvaient en plus de ses directives le faire changer d'allégeance.
La peur peut-être lui rendit un peu de lucidité, n'avait-ce pas été folie que de placer sa vie et surtout celle de sa fille entre les mains d'un inconnu, d'un sauvageon et d'un mercenaire ?
Elle n'avait pas vraiment eu le choix puisqu'il avait bien fallut faire quelque chose au lieu d'attendre patiemment cette Guerre stupide, d'attendre que les lames viennent leur trancher le cou.
Même si Cathan et elle-même faisaient partie de la famille des Cerfs, qui savait ce qui aurait pu arriver dans l'horreur de la Guerre. Un accident arrangeant les ombres pouvaient si vite arriver...Elle n'avait aucune confiance en sa belle-famille trop consiente de n'avoir été qu'une erreur de parcours sur le chemin du Premier Archer de l'Orage, du Prince des Cerfs.

La foule se pressait lentement vers le poste de contrôle nomade que les sbires Bolton avaient créée. Tel un goulot d'étranglement, il était maintenant impossible de faire marche-arrière. Il allait falloir affronter son Destin, affronter cette peur qui lui nouait l'estomac et la gorge. A ses cotés, Cathan se pressait contre elle et elle avait passé un bras protecteur autour de ses épaules. Sa main libre tenait les rênes des deux chevaux, un peu trop fort, elle s'en rendit compte par ses doigts légèrement endormis lorsqu'elle desserra son emprise sur le cuir.
A ses cotés, Gubjoern tenait son propre cheval, sur lequel le corps de Jorah avait été placé tel un sac de pommes de terre. Pour le moment il il dormait, sonné par le lait de pavot dont la réserve s'amenuisait chaque jour.
Rapidement, il allait falloir se séparer des badauds, prendre ses distances pour éviter les cris de l'homme attaché et bâillonné sous ses haillons. Un frisson glacé courut sur sa colonne vertébrale. C'était de son frère dont il s'agissait.
Toute à ses réflexions, la foule avançait et bientôt, ce fut leur tour. Après un rapide coup d’œil, au visage de marbre du géant, les courageux Bolton décidèrent de commencer par elle. Elle seule.

Intérieurement, Ashara en fut mortifiée. Après un regard à Gubjoern pour s'assurer qu'il veille sur elle, elle suivit le soldat un peu plus loin, le visage rivé vers le sol en signe de soumission. Il n'était pas difficile de feindre la peur, ni même la place que devait prendre une femme du peuple en Westeros. Aussi, les mains jointes devant elle, sur ses cuisses, elle le suivit avec humilité et le peut de dignité qu'elle était sensée contenir.
A peine seuls, les questions fusèrent, précises, comme prononcées dans un rituel bien rôdé. Par les Anciens Dieux depuis combien de temps faisaient-ils cela ?
De son côté, le mensonge aussi était bien rôdé. Comme le soir du feu de camps, elle relata sa fausse histoire liée à sa fausse identité. A lui aussi, elle raconta que veuve, elle fuyait le Nord, pour rejoindre un vieil oncle au bord de l'océan, afin d'apaiser les vieux jours de son frère malade. Si elle avait vu les Starks ? Encore fallait-il savoir à quoi ils ressemblaient. Ignorant tout de leur apparence, elle lui indiqua n'être qu'une piètre aide, mais elle pouvait lui parler des rumeurs. On disait que le Loup avait fuit son fief après avoir lancé cette Guerre, il avait certainement tué sa nièce bâtarde pour se venger des Cerfs qui bientôt seraient à ses portes. Peut-être sa cadette avait-elle subit le même sort que sa fille.

L'homme la ramena enfin à son enfant, lorsqu'il déclara qu'il souhaitait à présent interroger la gamine. Ashara avait beau aimer sa fille et la savoir instruite, elle savait aussi que l'imagination de son enfant n'avait que peu de limite. Jamais elle ne donnerait une version identique.
Elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter davantage. Cathan refusait de la lâcher, électrisant l'atmosphère face à des individus déjà à cran. Le ton montait trop vite, Ashara se sentait dépassé. Elle voulait protéger son enfant, mais tout semblait lui glisser entre les doigts, comme de l'eau trop vive.

C'est alors qu'une flèche fendit l'air pour venir se planter droit sur la poitrine d'un soldat Bolton. Mère et fille lâchèrent un cri d'effroi tandis que la panique s'instillait dans la foule alors qu'une deuxième flèche vint se ficher dans le pied d'un soldat. Ces derniers décidèrent de partir à la recherche de l'homme, qui depuis l'orée des bois les tirait comme des lapins.
Un homme à cheval gagna ce qui restait des soldats et Ashara reconnut Micken. Il lui intima de prendre son cheval et de le suivre, tout en libérant leurs chevaux de l'emprise d'un soldat.
La Louve ne se fit pas prier plus, elle grimpa à cheval et attrapa sa fille par le bras pour la faire monter devant elle. Gudbjoern en fit de même après avoir tué un des soldats à son tour, Jorah devant lui sur le monture.
Ensemble ils chevauchèrent, s'éloignant de la cohue et du bruit, sifflant dans l'air tel le vent, rompu seulement par le bruit des sabots galopant et des pleurs de Cathan.
Dans le creux d'une colline se dressait un petit campement de fortune, c'est là que les conduisit Micken.
A peine fussent-ils arrivé que ce dernier s'adressa à la Louve, l'épée à la main.
Elle aurait voulu rester à cheval, en hauteur et en sécurité, prête à partir. Mais cela n'aurait pas été digne de son rang face à un homme qui visiblement, n'avait pas hésité à tuer des sujets de Lord Bolton, dans le seul but de l'aider à fuir.
Alors, avec toute la prestance froide du Nord, le menton légèrement relevé, elle se laissa glisser au sol.
De ses cheveux flamboyant on n’apercevait nulle trace, la suie lui donnant des allures de corbeau. Seule sa peau claire et ses yeux couleur de glace pouvait la trahir pour qui la connaissait.

- Je crois que vous le savez pertinemment, auquel cas vous n'auriez pas tué plusieurs hommes Bolton pour nous aider à fuir en basant vos actes sur une simple "croyance".

Faisant un nouveau pas vers l'homme qui la dépassait bien d'une tête, elle poursuivit :

- Moi en revanche, j'ignore tout de vous. Si je dois vous faire confiance, alors j'ai besoin de savoir qui vous envoie.

Se pouvait-il que les Anciens Dieux lui aient envoyé un allié dans l'ombre ? Cela semblait si improbable, si irréel qu'elle préférait ne pas l'espérer.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Sam 24 Nov 2018 - 15:40




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Pendant quelques secondes, Micken jaugea Ashara du regard, semblant apprécier la nouvelle attitude de la jeune femme qu’il avait déjà croisée auparavant maintenant qu’elle ne se cachait plus pour affirmer son identité. Elle était d’ascendance noble, c’était certain désormais, même s’il l’avait déjà plus ou moins compris par lui-même. Son déguisement était convaincant, de même que ce qu’elle avait pu dire de la guerre, mais quelques détails avaient permis à l’homme de comprendre qu’elle n’était pas ce qu’elle prétendait être.

D’abord, il était plus qu’improbable qu’une famille de paysans, encore moins une femme et sa fille, ne risquent leur vie en traversant le Nord tout entier alors qu’une guerre se préparait uniquement pour apporter une fin douce à un homme condamné. Moins probable encore qu’un simple voisin ne se désigne pour les escorter, et le géant n’avait rien d’un paysan, cela se voyait au premier regard pour quelqu’un qui avait fait de la guerre sa vie, d’autant plus que les Stark se seraient empressés d’enrôler un colosse pareil dans leurs forces. Les manière de Cathan, même si elles n’étaient pas des plus prononcées, laissaient penser qu’elle avait grandi dans un château, pas dans une ferme, et l’air paniqué qu’elles avaient arboré quand ils s’étaient rendus compte qu’ils allaient devoir répondre aux questions des gardes en disaient long par lui même. Le trio cachait quelque chose, et la rumeur de la disparition de la Louve et de son frère avait porté Micken à croire qu’il les avait découvert. Evidemment, un paysan, ou même un soldat qui ne poursuivait pas les même buts que lui pouvait se laisser tromper, mais les recherches de la Louve étaient devenues plus actives, et ses petites histoires n’auraient plus trompé un homme d’arme déterminé très longtemps. Les Sept lui avaient souri en le mettant sur leur chemin suffisamment tôt, et ils avaient probablement béni Ashara également, car sans les avoir rencontré elle aurait sans doute couru à sa perte.

Micken finit par sourire en rengainant son épée, gardant le silence pour écouter les environs et s’assurer qu’il n’y avait pas de poursuivants à fuir pour le moment. Alors seulement, il se décida à répondre, s’inclinant légèrement :

« Si vous êtes qui je crois être, alors je suis votre allié, Ashara Baratheon. Je suis sur ces terres sur ordre de son Excellence Robart Baratheon, Régent des Sept Couronnes et suzerain de l’Orage. D’autres et moi avons été envoyé ici afin d’espionner et de désorganiser les lignes ennemies avant l’arrivée de l’armée principale, et pour s’assurer que cette guerre dure le moins longtemps possible. Je dois avouer que personne ne s’attendait à vous voir disparaître, encore moins à ce que l’un d’entre nous ne vous rencontre, mais nos ordres sont clairs : si l’occasion nous est donnée de le faire sans danger pour votre vie ou celle de votre fille, nous devons vous faire quitter le territoire du Nord, et vous emmener à Accalmie, où vous rejoindrez enfin votre mari légitime et votre famille. »

Cette mission spéciale, évidemment, ne concernait normalement que les quelques hommes envoyés directement à Winterfell, sous couvert d’être des mercenaires venus chercher la richesse dans cette guerre qui s’annonçait, et qui avaient pour tâche d’évaluer les défenses et le nombre de soldats défendant la forteresse du Nord. Personne n’aurait pu prévoir que l’épouse d’Edric choisirait de partir d’elle-même, après tout elle n’était qu’une femme, mais il y avait des questions qui restaient sans réponse encore, des questions encore plus troublantes et à la portée autrement plus dangereuse.

Levant le regard sur Ashara, Micken poursuivit :

« Ai-je raison de croire que vous êtes bien cette femme, ma dame ? Auquel cas, je dois tout savoir des projets que vous aviez en quittant ainsi Winterfell, et qui sont ces gens qui vous accompagnent… Principalement cet homme que vous gardez ainsi emmailloté. Il n’est pas si malade, n’est-ce pas ? Votre camarade ne le garderait pas si près de lui si c’était le cas... »

 

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 2 Déc 2018 - 9:55

L'homme sembla la jauger à travers ses paroles et son attitude. Cette dernière, altière, ne pouvait pas le tromper. Il n'avait pas à faire à une paysanne et dès qu'elle eut fini de lui parler, il sourit en rengainant son épée. Il marqua cependant une pause, comme pour s'assurer de la sécurité des lieux. Ashara jeta un coup d'oeil à Gudbjoern qui l'observait avec suspicion.
Alors l'homme âgé reprit la parole et lui expliqua sa mission ici dans le Nord. Son coeur manqua un battement à l'énonciation de son nom d'épouse. Ashara Baratheon. Par les Anciens Dieux, c'était bien la première fois qu'on la nommait ainsi.
Il lui expliqua être un espion de Robart, chargé de venir désordonner les lignes de défense de Jorah. Elle en voulut instantanément à son beau-frère pour cela, même si aujourd'hui, elle aurait dû le bénir pour y avoir songé puisque l'homme venait de les sauver des Bolton.

Malgré la présence de Cathan et d'elle-même sur ces terres, le Cerf poursuivait sa volonté meurtrière. Martyn avait peut-être tenté de lui dire et elle se demanda même si Rob n'avait pas orchestré la mise à mort de son cousin en l'envoyant dans le Nord. Elle espéra que Theon comprendrait cette tentative et ferait au mieux. Elle devait lui faire confiance, il n'y avait plus que lui pour sauver le Nord et elle,qui opérerait depuis les lignes ennemies. A condition qu'elle y parvienne. De tout ceci, elle était attristée et déçue, d'autant plus que les ordres semblaient être clairs : si l'occasion se présentait avait-il dit. En d'autres termes, rien n'avait été mis en place pour venir récupérer l'épouse ou l'héritière avant de s'assurer d'une victoire guerrière.
La louve serra les poings, se sentant meurtrie dans sa chair par la défection de son époux.
Depuis sept années, Edric n'avait rien tenté pour les rejoindre, ni même pour simplement les voir, elle ou sa fille. Leur fille. Aujourd'hui, la Guerre couvait et le cerf préférait s'assurer la victoire au lieu de s'assurer de la vie d'êtres prétendument aimés. Pourquoi ne pas l'avoir répudié ? Pourquoi être resté à l'écart ? Elle ne comprenait pas la lâcheté dont l'homme qu'elle aimait faisait preuve. Mais peut-être que là encore, elle se trompait, l'amour l'aveuglait.

Pour autant, c'était un coup dur à encaisser. Un coup porté dont elle garderait à jamais la cicatrice profonde.
Force était de constater qu'elle ne pouvait véritablement compter sur les Baratheon qui en premier lieu, voyaient leurs intérêts. Alors tandis que l'homme lui parlait, elle réfléchissait au pourquoi puisqu'à présent elle avait le comment. Pourquoi vouloir ainsi détruire le Nord ? Pourquoi s'assurer de cette victoire rapide et écrasante ? Pour faire un exemple aux yeux de tous ? Non, ce ne pouvait être aussi simple.
Et puis, le Nord était épuisée par la Guerre précédente et par la famine, mais pas détruit. Il y aurait de la résistance, ne serait-ce que sur les côtes. Theon, trouverait des alliés qui avaient tourné le dos à Jorah. Tout n'était pas perdu contrairement à ce que le Cerf songeait. Et puis, elle, Ashara avait aussi son rôle à jouer.

L'espion le lui rappela en lui demandant quels étaient ses projets et surtout qui était l'homme emmailloté. Ce fut son tour de le jauger du regard. Tout lui dire, vraiment ? Elle était femme certes, mais pas stupide et toute cette aventure ne lui avait pour le moment appris qu'une seule chose : on ne pouvait faire confiance à personne.

- Je suis bien celle que vous croyez, concéda-t-elle dans un premier temps.
Marquant une pause en plantant son regard de glace dans le sien, elle poursuivit d'un ton neutre, mais ferme :
- Je pensais fuir et retrouver mon époux à Port-Réal mais j'apprends aujourd'hui par votre biais qu'il se trouve à Accalmie. Quant à ceux qui m'accompagnent, je ne répondrais de leur identité que devant Robart Baratheon. Sachez simplement qu'ils ne sont pas une menace pour vous et vos hommes.

Esquissant alors un sourire, elle reprit :
- Votre nom je vous prie, que je sache qui je devrais remercier pour nous avoir conduit sains et saufs jusqu'à mon époux.

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Le Destin

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 23 Déc 2018 - 18:44




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Intérieurement, Micken sourit même si son visage ne trahissait rien de l’amusement qu’il ressentait devant les paroles d’Ashara. Peu importait leur origine, les nobles étaient décidément tous les mêmes. Persuadés qu’ils ne devaient rien à personne, et qu’ils savaient tout mieux que tout le monde. Il ne comptait plus les chevaliers qui avaient essayé de lui faire croire qu’ils savaient mieux que lui comment organiser une embuscade, ou les meilleures routes à emprunter, les dames qui prétendaient tout comprendre des guerres et des enjeux politiques sans même avoir mis le pied sur un champ de bataille, ou bien partager la douleur des familles de ceux qui étaient tombés pour la gloire de leur époux. Les choses avaient toujours été ainsi, et quand il avait été plus jeune, Micken avait pensé à s’exiler et à devenir hors-la-loi, un criminel peut-être, mais un criminel libre. Puis il s’était marié, alors il était entré au service des Baratheon. Dans ses seigneurs, il avait vu des hommes d’un autre genre que la noblesse habituelle : chez eux, on écoutait l’avis de quelqu’un d’expérience au moins autant que celui d’un noble, on confiait des responsabilités à ceux qui les méritaient autant que par leur naissance. Alors, Micken avait décidé de continuer à les servir, même quand sa famille mourut durant la guerre.

La situation dans laquelle il se trouvair pourrait bien être l’apogée de sa carrière de soldat. Il avait été choisi personnellement, lui et d’autres, par le seigneur Swann qui avait reçu pour instructions de son suzerain d’envoyer une force discrète empêcher le Nord de fonctionner correctement le temps que les armées orageoises arrivent pour mettre un terme à leur révolte ridicules. Plus encore, il avait maintenant l’occasion d’être celui qui ramènerait son épouse à Ser Edric, le secret de son mariage n’en était plus un depuis plusieurs semaines déjà, des messages avaient circulé à ce sujet entre tous les seigneurs de l’Orage et le mot s’était vite répandu dans la populace également. S’il y parvenait, le soldat pourrait sans doute obtenir une promotion, voire même un anoblissement pour les services extraordinaires qu’il allait rendre à la famille suzeraine, mais pour cela, il fallait encore réussir, et les deux hommes qui accompagnaient Ashara et sa fille étaient une belle entrave à cette réussite.

La situation était simple, critique certes, mais facile à comprendre. Il venait de mettre à mal un poste de contrôle Bolton, la Maison qui gérait directement toute la côte est nordienne, voire une partie des terres intérieures, les renseignements étaient trop flous et la connaissance de la politique nordienne de Micken laissait à désirer. Toujours était-il que bientôt un signalement global concernant Ashara et son groupe se mettrait à circuler, et qu’ils ne pourraient jamais échapper à tous les soldats jusqu’à la côte, encore moins affréter un navire sans être repérés. Peu lui importait qui ils étaient, il ne pouvait pas prendre ce risque là, après tout elle était une dame de la Maison qu’il servait, et sa sécurité devait être une priorité. Il se redressa donc comme il le faisait quand il était sérieux, avant d’expliquer l’état des choses à la nordienne.

« Sauf votre respect, ma dame, les soldats du Nord auront vite fait de nous donner la chasse, avec un signalement de ceux qui vous accompagnent et de leur nombre, et soyons honnêtes, aucun des deux n’est franchement difficile à reconnaître. Je peux vous amener à la cote rapidement, vous et votre fille, et faire en sorte que nous évitions au mieux les patrouilles ou au moins que nous passions celles qui nous bloquent. Mais les garder avec nous, c’est une garantie de se faire prendre, tôt ou tard. Votre sécurité et celle de votre fille sont ma priorité, ni votre époux ni le seigneur Baratheon ne pardonneraient qu’il vous arrive quoique ce soit pour un risque inconsidéré.

Pour ce qui est de mon nom, je m’appelle bel et bien Micken, éclaireur de l’armée de l’Orage. »

 

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 30 Déc 2018 - 12:27

L'homme se redressa, dominant Ashara par la taille. Elle n'aimait pas l'expression qu'il affichât alors, ce sérieux propre aux hommes qui savent mener la barque, comme s'ils se croyaient tout puissants.
Elle croisa les bras et ne détourna pas le regard, le gardant planté dans le sien. Elle n'était pas en mesure de le défier mais ne voulait pas pour autant lui laisser croire qu'il pouvait disposer d'elle et des siens comme il le souhaitait.
Elle était une Stark, le sang des premiers hommes coulait dans ses veines, il aurait mieux fait de ne pas l'ignorer. Car si ces yeux étaient de glace, son coeur pouvait s'embrasser à tout instant. Ashara ne possédait pas la tempérance des hommes de la maison. Lorsqu'il commença son discours, elle eut envie de cracher au sol, faute de pouvoir atteindre son visage.
"Sauf votre respect". De quel respect parlait-on ici ? Ne venait-elle pas de le remercier pour son aide que déjà il la rabrouait comme une ignorante ?

N'était-elle pas la mieux placée pour savoir qu'on les poursuivait ? La pensait-il trop stupide pour ignorer que désormais, il serait plus que compliqué de passer entre les mailles du filet ?
Que leur restait-il comme option ?
Il lui semblait désormais inutile de pousser jusqu'à Port-Réal puisque les Baratheon avaient rejoint leur fief. Combien de temps avant que la Guerre ne se déclenche pour de bon ?
Il fallait peut-être envoyer un nouveau corbeau. Edric avait-il compris ses précédents messages ?
Certainement pas. Micken l'avait dit lui-même. Il n'était pas là pour elle à l'origine, il n'était qu'un sale espion chargé de désorganisé les lignes ennemies.

Alors Ashara eut un rire bref, désabusé.

- Les Baratheon se souciaient-ils de notre sécurité en préparant cette Guerre ?

Pas plus que durant ces années où Ashara avait attendu que Edric les retrouve, vienne les chercher. Mais Edric n'était pas venu, il n'avait fait qu'écrire, encore et encore, quand il aurait été plus simple de la répudier.
Aujourd'hui il craignait pour la perte de son épouse et de sa fille ? Si même un éclaireur était au courant, c'était que l'information avait été rendue publique. Pouvait-elle s'en servir si les Bolton les rattrapaient ?
Elle n'avait nulle confiance en eux. La seule personne qui possédait encore sa confiance demeurait son frère, Theon. Mais Theon devait bouillir de rage en cet instant, Theon devait être entrain de remuer ciel et terre pour retrouver Jorah. Avait-il compris ? Elle l'espérait.

- Je regrette, je ne puis me séparer de ces deux hommes. Ils ont bien plus de valeur que vous le croyez. Si vous pouvez rapidement amener une femme et une enfant sur la côte, alors vous devriez pouvoir y mener également un infirme. Quand à l'autre, il peut s'y mener seul.


Lançant un regard à Gudbjoern, elle espéra qu'il puisse y lire ses inquiétudes mais aussi la confiance qu'elle plaçait en lui. Après tout, ils étaient liés par ce terrible secret autant que par l'argent qu'elle lui avait donné. Elle aurait pu lui confier Jorah, mais elle ne pouvait se résigner à abandonner son frère qu'elle avait durement enlevé. Il était sous sa responsabilité. Et puis, où et quand auraient-ils pu se retrouver ?
Aussi, il viendrait avec eux et le géant avec. Les risques seraient forcément plus grands, c'était un fait, mais le combattant pourrait peser lourdement dans la balance en cas d'attaque. Et puis, il était hors de question qu'elle s'abandonne avec sa fille entre les mains d'un éclaireur de l'Orage sans garantie en retour.
Et pour l'instant, Micken n'en avait donné aucune.

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Le Destin

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mer 9 Jan 2019 - 13:07




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

“Les Baratheon ont déployé le maximum d’efforts pour assurer votre sécurité, qu’il y ait une guerre ou non, et je n’en connais pas la moitié. Pourtant, Jorah Stark a trahi ses serments d’allégeance et déclaré son indépendance, le seigneur Régent se doit de le punir, ne croyez-vous pas ? De ce que j’ai appris durant ma vie, ma dame, il est toujours plus facile de blâmer ceux dont on est le moins proche, mais vous comprendrez rapidement la vérité sur cette situation, une fois que vous serez en sécurité à Accalmie.»

La suite des paroles d’Ashara n’étaient pas pour plaire à l’éclaireur. Il avait pressenti un coup fourré, en voyant cet homme qui n’avait probablement rien d’infirme, et cela semblait se confirmer. Pour autant, la femme en face de lui restait une noble, un membre de la Maison qu’il avait juré de servir, et il ne pouvait pas en tout état de cause la forcer à agir contre sa volonté. Pas tout seul du moins, et pas avec sa naissance. Ceci étant dit, elle avait caché l’identité de l’homme, et se refusait à l’abandonner derrière, prétextant son importance. L’autre était un coupe-jarret, immense peut-être, mais rien de plus, ils étaient faciles à reconnaître quand on en était un soi-même. Mais le soi-disant pestiféré, c’était autre chose. Et si tout ça, l’évasion inespérée de l’épouse de l’héritier de l’Orage et de sa fille, ainsi que celle du suzerain indigne du Nord, n’était qu’une tactique destinée à perturber les rangs des forces de l’Orage déjà présentes ? Pouvaient-ils seulement être au courant que les armées Baratheon étaient déjà présentes sur le sol nordien ? Et cette louve, qu’on l’avait assuré être éperdument amoureuse du puîné des Cerfs, ne pouvait-elle pas être simplement un pion dans le jeu de son traitre de frère, acquise uniquement à sa folle cause ? Mais même si c’était le cas, la fille était innocente, trop jeune que pour réellement comprendre ce qu’on lui faisait faire, à elle à qui ces sauvages avaient refusé qu’elle porte son nom légitime, et il faudrait la protéger. Mais avant tout, déceler le vrai du faux dans toutes ces hypothèses…

Fronçant les sourcils, il observa à nouveau les deux hommes, cherchant une réaction de leur part, avant de poser à nouveau son regard sur Ashara.

« Si c’est ce que vous voulez… Mais je ne peux pas assurer la sécurité d’un groupe aussi grand par moi-même. Si il faut renoncer à la discrétion, le mieux sera de se diriger vers le Nord, il y a un point de rassemblement pour les hommes envoyés par le seigneur Baratheon. De là, nous pourrons établir une escorte digne de ce nom, et espérer un minimum de pouvoir passer les barrages nordiens jusqu’à la côte. Ça vous convient ? »

Sans réellement attendre la réponse de la jeune femme, Micken se tourna vers son cheval pour resserrer la selle de celui-ci, et dégager la poussière sur son flanc. Il pouvait déjà sentir qu’il n’aimait pas ce qui était en train de se passer, et ses interrogations commençaient à devenir un peu trop pressantes à son goût…

 

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Ashara Stark

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 13 Jan 2019 - 11:41

Ashara serra les dents mais conserva son menton haut, fier. Elle avait peur, la moindre parcelle de son corps le lui rappelait, elle manquait de confiance dans son entreprise car l'étau semblait se resserrer.
Les propos de Micken ne la rassurèrent pas le moins du monde et une profonde aversion se déploya dans ses veines lorsqu'il accusa son frère de trahison.
Même s'il embrassait la vision de Robbart, elle jugea que l'homme qui lui faisait face agissait avec trop de liberté. Comment osait-il seulement lui donner son avis et tenter de la conforter de l'y faire adhérer ?
Les yeux de la louve se plissèrent, ses lèvres devinrent une ligne fine, on aurait dit qu'un masque de porcelaine recouvrait ses traits.
Elle comprendrait mieux à Accalmie disait-il ? Il n'y avait rien à comprendre, Ashara s'était d'ores et déjà fait son avis.
Après sept années à attendre que le Cerf vienne montrer patte blanche, Robbart usait de ce lien pour tenter de refréner Jorah dans ses révoltes. Qui se servait de qui au final ?
Jorah Stark possédait bien des défauts, de cela on ne pouvait douter, mais jamais il n'avait eu ne serait-ce que l'idée d'user de sa soeur ou de sa nièce pour faire plier le Cerf. Jamais.
Et à présent on scandait à la rousse qu'elle comprendrait mieux les tenants et les aboutissants une fois arrivée dans le fief de l'Orage ? Elle doutait sincèrement d'y arriver.

Sa fille et elle se retrouvait dans la tourmente, au croisement des chemins entre plusieurs seigneurs qui se battaient pour le pouvoir, sous couvert de l'honneur. Foutaises que tout ceci ! Elle ne serait pas le pantin de ces hommes quels qu'ils furent.
Que les Baratheon se sentent acculés après la disparition des enfants, elle le comprenait. Qu'ils se souviennent alors de leur existence à Cathan et elle, l’écœurait. Elle en était arrivé à en vouloir tant à Edric, que seuls les Anciens Dieux savaient comment elle réagirait le jour où il se tiendrait debout devant elle. Si ce jour arrivait.

Subitement elle en voulut à la Terre entière. Était-ce réellement au Seigneur Régent de le punir ? Pourquoi le punir d'ailleurs, afin d'endiguer cette révolte ? Faire de Jorah un exemple n'étoufferait pas les feux de ceux qui clamaient l'indépendance. Si la Guerre était la bonne réponse à ce genre de soulèvement, alors ces derniers ne recommenceraient pas encore et encore et encore.
Westeros vivrait un moment de paix.
Mais les hommes étaient prompts à faire la Guerre depuis toujours, ignorant les volontés et les réflexions des femmes, jugées comme inaptes.
Ashara n'avait-elle pas enlevé son propre ainé dans le but de sauver leur pays ? Ne passait-elle pas pour la traître dans le but de sauver sa famille ?
Qui se souviendrait d'elle comme la femme ayant tout risqué pour apaiser les tensions que les hommes avaient allègrement commencé ?

Et puis, la suite des informations de Micken achevèrent de raviver les braises de sa colère.
Vraiment Robbart ? Un point de rassemblement pour les hommes envoyés par l'Orage ? Des espions, des dissidents et des éclaireurs pour mettre à mal l'armée du Nord, depuis l"intérieur.

De nouveau, elle croisa le regard de Gud, présentant qu'il mourrait d'envie de planter sa lame dans le corps de l'homme qui resserrait la sangle de son cheval. Elle appela à l'apaisement. S'ils tuaient Micken maintenant, ils se condamnaient.
Ashara aida sa fille à remonter à cheval puis se hissa à son tour derrière elle.

- Je souhaite regagner Port-Réal, lança Ashara, solennelle. Tous sont au courant de mon arrivée là-bas.

Il lui sembla soudainement évident qu'il ne fallait pas donner toutes les cartes à Robbart. Rhaenys semblait toute indiquée pour l'aider à trouver un compromis. Elle connaissait le Nord, elle connaissait Jorah et malgré les épreuves rencontrées, Ashara ne doutait pas que leur amitié existe toujours. Revoir Jorah à genoux l'aiderait peut-être à laver l'affront qu'il lui avait fait en exigeant cette indépendance. Ce dont la louve se persuadait, c'était que se confiance vacillait en la personne de son frère d'alliance alors qu'elle était demeurée intacte, vis à vis de sa soeur dragon.

- Passons par les bois, évitons les routes. Si nous arrivons jusqu'au Val, nous sommes saufs.


Dans sa manche, elle possédait toujours le sauf-conduit écrit de la main de Martyn. Elle rechignait à s'en servir mais en l'état, ce simple bout de parchemin pouvait lui ouvrir une porte qui jusqu'à présent était fermée.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Lun 21 Jan 2019 - 13:09




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

« Le Val... »

Micken ricana à la mention de la région montagneuse. Il ne savait pas grand-chose de l’inimitié entre son suzerain et les Arryn, mais comme tous les hommes de l’Orage, il connaissait son existence, ainsi que le fait qu’ils n’étaient plus dignes de confiance depuis le couronnement du Roi. A demi-mot, certains disaient que les Faucons restaient des alliés des traîtres Stark, comme ça avait toujours été le cas, et qu’un jour ou l’autre, les Baratheon iraient leur faire subir le même sort que celui prévu pour les Loups. Ce n’était qu’une question de temps avant que les valois se disent comme le fou seigneur du Nord qu’ils pouvaient gagner l’indépendance, ils avaient simplement décidé qu’ils ne pouvaient pas encore espérer vaincre et donc feint une allégeance en attendant le moment propice.

Mais le fait qu’Ashara veuille passer par là, en plus de son désir de ne pas obéir à son suzerain de fait et de se rendre à Port-Réal acheva de le convaincre que Robart s’était trompé quand il avait assuré à ses hommes que l’épousé de son frère ferait ce qu’il fallait pour rejoindre son mari et enfin prendre la place qu’elle aurait du occuper pendant des années. Il n’était pas compliqué de voir à qui elle faisait confiance et où elle plaçait ses allégeances, et la chose était certaine, ce n’était pas envers la famille dont elle aurait du prendre le nom. Cette information changeait beaucoup de choses, et à terme il faudrait mettre le seigneur Baratheon au courant de cette défiance, mais pour l’instant il ne pouvait rien faire. C’était à lui de décider quoi faire alors, l’accompagner, ou partir. Forcer la jeune femme à le suivre n’était pas une bonne idée, pas tant qu’il était seul et qu’elle avait un colosse pour gardien, sans compter que les ordres la mentionnant signifiaient clairement qu’aucun mal ne devait lui être fait.

Il finit par soupirer, et remonta en selle avant de tourner sa monture vers ses interlocuteurs, toisant la rousse du regard.

« Faites comme bon vous semble, Lady Stark, mais je ne m’aventurerai pas à aller à l’encontre des ordres de mon seigneur. J’irai au nord, prévenir mes camarades de votre évasion, et décider de ce qu’il convient de faire… La Maison Bolton et ceux qui sont sous leurs ordres retrouveront vos traces rapidement, et ils ont des chiens trop doués pour traquer des pistes. Les bois ne vous cacheront pas suffisamment longtemps pour vous permettre d’arriver au Val. Si vous voulez survivre, je vous conseille de vous chercher un peu plus de défense que ce dont vous bénéficiez actuellement. Aussi grand et fort soit l’homme, il reste tout de même limité par son nombre de bras et d’yeux.

Vous voulez faire les choses comme vous l’entendez, et c’est une chose que je respecte, quand bien même je ne l’approuve pas. Ceci dit, je m’adresse à la mère en vous en vous disant que votre fille a bien plus de chances de survivre et de voir son père un jour si vous me la confiez maintenant. Si je la ramène avec moi, elle aura une petite armée pour la protéger, dont le seul but sera de la ramener auprès des siens. Le choix est vôtre, bien entendu. 
»

Evidemment, il était probable qu’une fois les autres mis au courant, quand bien même Ashara refusait de confier sa fille, décideraient de signaler le rassemblement et de venir la chercher eux-mêmes. Après tout, si la mère avait décidé de son destin, pour la fille de l’héritier de l’Orage, il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait le faire, et il n’était pas sur ces terres pour le faire.

 

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Ven 25 Jan 2019 - 10:00

L'homme ricana et Ashara se sentit piquée au vif. Elle se renfrogna immédiatement et sentit la colère l'envahir, subtil mélange de fatigue, de faim et de froid. En réalité elle était éreintée par ce voyage insensé, épuisée par ce qu'elle devait dissimuler à tous. Evidemment, Micken n'apportait que peu de crédit à ses propos, juste parce qu'elle était née femme. Juste parce qu'elle était en position de faiblesse.
Elle eut envie de lui cracher au visage et d'ordonner à Gudbjoern de fondre sur ce dernier afin de lui faire ravaler ses paroles en même temps que sa langue fourchue.
Rirait-il encore en s'étouffant dans son propre sang ? Elle se posait réellement la question avant de s'en horrifier.
Par les Anciens Dieux, à quel moment avait-elle basculé dans tant de cruauté ? Cette Guerre était entrain de la changer, non, l'avait déjà changé en réalité. Ses choix, ses actions ne lui semblaient plus être les siens. Elle se sentait guidée par une autre volonté que la sienne, comme si la Louve rouge disparaissait petit à petit pour laisser sa place à une créature plus sombre et malfaisante.
Mais était-ce vraiment faire le mal que de tenter de sauver ce qu'il pouvait l'être ? Son pays, sa famille, ses sujets ? Elle était traîtresse envers son suzerain et frère mais demeurait fidèle à sa famille et à son pays. Ses Dieux ne pouvaient s'y tromper, de là où ils étaient, ils ne pouvaient que voir tout ce qu'elle mettait en oeuvre pour eux.

Elle serra les poings, réfléchissant à toute vitesse autant que son esprit embrumé par les manques en tous genres le lui permettait. L'homme allait donner l'alerte auprès des Orageois, cette perspective lui laissait un goût amer en bouche. Ils devaient déjà échapper aux hommes Bolton et malgré le couvert de la forêt, elle n'était pas certaine qu'ils puissent échapper à deux clans à leurs trousses.
La louve se tourna vers son immense acolyte. Il avait beau être grand et fort, il n'en demeurait pas moins un être humain, même si sa carrure pouvait éveiller un doute. Et Jorah était tel un poids mort. S'ils venaient à se faire prendre, quelle mort lui réserveraient-ils ?
Un long frisson la parcourut en l'imaginant.

Micken poursuivit ses remarques jusqu'à oser lui réclamer sa fille. Lorsque Cathan comprit qu'on parlait d'elle, elle se pressa d'avantage contre sa mère. L'enfant était effrayée depuis le début de cette expédition, mais elle avait confiance en sa mère et en Gud. Ils étaient les points d'ancrages de toute cette aventure à ses yeux. S'en séparer pour la confier à de parfaits inconnus était évidemment hors de question. D'autant plus que cette rencontre fortuite avec l'éclaireur commençait à éveiller de sérieux doutes quant aux intentions du Seigneur Baratheon. Ashara en était persuadé, Robbart tirait les ficelles et s'il récupérait la mère et la fille, alors il s'en servirait contre le Nord.
Elle ne croyait pas une seule seconde qu'il veuille réellement réunir la famille et elle en voulut à Edric d'être aussi faible face à son aîné.
Comment avait-il échoué à le convaincre et à le rallier réellement à leur cause, depuis le temps qu'elle attendait...depuis toutes ces années. La Louve avait perdu patience et avec elle, la confiance s'était dissolue dans les silences et le manque cruel du seul homme qu'elle ait jamais aimé. La Louve était blessée, amputée d'une part d'elle-même qu'elle ne retrouverait certainement jamais.

Sa bouche se tordit dans un sanglot étouffé. Hors de question qu'elle laisse paraître sa détresse. Jamais. Elle devait prendre une décision maintenant, faire un choix à nouveau.
Tuer Micken et tenter leur chance tous les quatre, avec une enfant et un poids mort ? Se séparer et se précipiter dans la gueule d'un autre loup ?
Son regard tomba sur sa fille et elle sentit son cœur se briser. Qu'est-ce qui était le plus important pour elle ? Pouvait-elle concilier son amour de mère avec celui de son pays ?
Un poids glacé plombait son estomac et elle remarqua alors que ses mains tremblaient. Son cœur cognait fort dans sa poitrine et le rythme bourdonnait à ses tympans. Gudbjoern la regardait avec intensité, attendant son verdict. Elle le connaissait suffisamment désormais pour savoir qu'un seul mot d'elle suffirait à tuer l'importun.

- Attendez, lui lança-t-elle d'une voix qu'elle peinait à contrôler. Laissez moi quelques instants.

Gardant la main de Cathan dans la sienne, elle s'approcha du géant  qui, conscient qu'elle souhaitait lui parler se baissa, genou au sol pour être à sa hauteur. Elle murmura pour lui seul :
- Il faut l'emmener à Port-Réal. Rhaenys saura quoi faire, dès mon arrivée à Accalmie, je lui enverrais un message pour la prévenir. Je crois en vous Gudbjoern, depuis le début et ce malgré vos origines. Cathan vous aime et je crois en son jugement, un enfant ne se trompe jamais.
Tenez, prenez ceci et attendez une demi Lune dans le Val avant de regagner les Terres de la Couronne. Je sais que vous y parviendrez.

Alors elle lui tendit le sauf-conduit que Martyn avait écrit pour elle. Avec ce document, Gudbjoern serait sauf dans le Val et pourrait conduire son prisonnier jusqu'à Port-Réal. Dans le pire des cas, s'il se faisait capturer là-bas, alors le Val pourrait négocier la libération de Martyn en échange de la vie de Jorah. Elle plaçait toutes les cartes en jeu, tout, pour offrir à Jorah une fin digne.
Elle avait cru que Robbart reviendrait sur sa décision en voyant ployer son ennemis, mais elle doutait maintenant que l'homme, après avoir mis en place tant d'éléments pour sa Guerre ne fasse marche arrière. Robbart était devenu son ennemi à elle aussi, et elle allait se rendre sur place comme la femme docile qu'il espérait retrouver.
Mais de la femme docile, elle n'avait plus rien se considérant désormais que le loup, invité dans la bergerie.
Elle lui ferait payer cet affront, elle lui ferait payer cette hargne à vouloir détruire sa famille et son foyer. Levant les yeux au ciel, elle adressa cette prière muette aux Anciens Dieux. Avec la rumeur des deux femmes retrouvées, les recherches s'amenuiseraient laissant plus de champ libre à Gudbjoern.

Au géant, elle offrit le document du Val, le reste du lait de pavot ainsi que ses dernières directives. S'il se faisait prendre, il devait offrir une mort prompte à son frère aîné, c'était sa seule requête. Jorah ne devait pas tomber entre les mains de l'ennemis, Jorah ne devait pas être torturé et souffrir. En plus de sa promesse, elle lui donna également la totalité de sa bourse, en gage de bonne volonté et de confiance. Le paiement devait avoir lieu à destination, elle lui donnait la totalité dès à présent.
Elle s'accroupit devant son frère et le coeur lourd lui fit ses adieux en lui demandant de la pardonner pour ses actes et en lui promettant qu'elle faisait au mieux pour leur famille. Qu'il n'était pas encore condamné et qu'il pourrait laver ses griefs avec Rhaenys. La Reine aimait le Nord, aimait cette ancienne famille qui l'avait accueillie au milieu de la neige. Elle ne les condamnerait pas pour une simple dispute, elle valait mieux que ça.
Les hommes avaient commencé cette Guerre, les femmes la finiraient. D'une manière ou d'une autre.

Les yeux bordés de larmes après une dernière embrassade envers son frère emmailloté, elle se redressa, se hissa à cheval après y avoir posé sa fille et lança à Micken :

- Ma fille et moi-même venons avec vous à Accalmie. Il est plus que temps que Cathan rejoigne les siens.

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mer 30 Jan 2019 - 19:32




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

Micken s’apprêtait à quitter leur cachette quand il entendit la jeune femme lui intimer de l’arrêter. Détournant un visage interrogatif sur elle, il acquiesca de la tête quand elle lui demanda d’attendre un moment. Il ne savait pas quoi penser de tout cela, pas plus qu’il n’aimait ce qu’il avait pu comprendre de leurs échanges. Néanmoins, et malgré ses réserves, Ashara et sa fille restaient des membres de la famille à qui il avait juré obéissance, et son devoir était de les ramener si ça lui était possible. Aussi, il se contenta de hôcher à nouveau la tête quand, après avoir parlé avec le géant, elle lui annonça qu’elle venait avec lui.

« Prenez votre cheval et partons, alors. Il y a beaucoup de chemin à faire jusqu’au camp. »

Une fois les adieux faits, et le groupe séparé, l’orageois guida les deux femmes sous sa garde vers le nord en silence, pressant les chevaux jusqu’à une petite forêt de conifères, où il descendit de cheval, prenant la parole pour la première fois en s’adressant à Cathan tout en brisant quelques branches, parmi les plus garnies en épines :

« J’ai appris ce petit tour avec ton père, jeune fille. Comment utiliser les arbres pour cacher les traces des chevaux à ceux qui pourraient nous suivre. Si on le fait à partir d’ici, ils n’auront aucune idée de la direction dans laquelle nous sommes partis, et ils ne suspecteront certainement pas que nous ne cherchons pas à nous échapper. Pas encore, du moins. »

Un mensonge, bien entendu, il était trop vieux, et pas assez important pour apprendre quelque chose d’Edric Baratheon, mais il ne le proférait que pour essayer de parler de ce qu’il connaissait avec cette enfant qui ne connaissait rien des terres auxquelles elle appartenait réellement, ou de la famille dont on l’avait privée du nom. Liant les branches entre elles avec deux cordages , il les attacha à l’arrière des deux chevaux, les branches tombant jusqu’au sol et trainant en partie sur le sol. Alors seulement il remonta en selle, marchant lentement pour laisser le temps aux branches de faire leur office. Le reste du voyage dura jusqu’au milieu de la nuit, Micken insistant pour qu’ils continuent même après la nuit tombée. Il mena le groupe jusqu’à une forêt plus grande, avançant dans celle-ci sans allumer aucune torche et ne se fiant qu’à la lune pour les éclairer. Néanmoins, une fois qu’ils furent suffisamment loin dans les bois, il se mit à siffler un air entraînant sans discontinuer, jusqu’à arriver à une clairière dans laquelle un feu était allumé, au centre de plusieurs tentes. Un homme s’approcha pour saluer Micken, jetant un regard sur les deux femmes avec lui, lui demandant qui elles étaient et d’où elles venaient. L’échange ne dura pas longtemps, Micken indiquant à son camarade qu’il devait les amener à leur chef. Il emmena ensuite Ashara et sa fille jusqu’à une tente, comprenant deux paillasses et une table faite avec une souche, avant de leur dire :

« Je vais chercher Ser Dustran, et demander qu’on vous apporte de quoi boire et manger. Il décidera de ce qu’il faut faire pour vous mettre en sécurité. »

Refermant le tissu de la tente derrière lui, Micken disparut, et il fallut plusieurs minutes avant qu’on ne vienne déposer une assiette large contenant de la viande grillée, et une cruche d’eau sur la souche, et encore quelques-unes avant qu’un homme mal rasé, portant une armure de bonne facture ne fasse son entrée, dévisageant Ashara pendant un moment avant de s’incliner. Si son visage disait quelque chose à la Louve, il lui était impossible de savoir où elle avait pu le voir, si ce n’était que ces  souvenirs devaient être bien lointains.

« Je suis Ser Dustran, d’Accalmie ma dame. Vous ne devez pas me reconnaître après toutes ces années, mais nous nous sommes déjà croisés, quelques jours avant que vous n’épousiez Ser Edric Baratheon, si je ne me trompe pas. Je n’ai jamais eu l’occasion de vous féliciter pour vos noces, permettez-moi de le faire maintenant. »

Cathan était toujours collée à sa mère, et se serra un peu plus contre elle quand l’homme baissa le regard sur elle et lui sourit légèrement, avant de s’accroupir pour se mettre à sa hauteur.

« Mais je n’ai jamais eu le plaisir de te rencontrer, jeune Cathan. Néanmoins, il serait difficile à n’importe qui de nier qui est ton père, étant donné votre ressemblance. Il sera heureux de te voir enfin, quand tu arriveras à Accalmie. »

Il se releva ensuite, pour faire face à Ashara, désignant la tente du regard.

« J’espère que vous me pardonnerez le caractère… Rustique de ce que j’ai à vous offrir, mais il est difficile d’obtenir de vrais meubles quand on est en guerre. Considérez cette tente comme la vôtre le temps que vous resterez ici, et que nous trouvions un moyen de vous envoyer à Accalmie.

Si vous n’êtes pas trop fatiguée par votre voyage, j’aimerais beaucoup entendre l’histoire de votre évasion. A vrai dire, les hommes que j’ai là-bas m’avaient assuré de l’impossibilité de vous sortir de la forteresse sans être remarqués, et pourtant vous voilà ici, et par vous-même. Je suis impressionné, il faut bien l’avouer. »

 

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MessageSujet: Re: Affronter son destin   Sam 2 Fév 2019 - 10:28

Après les adieux, Ashara talonna son cheval qui s'élança au galop à la suite de celui de Micken. La Louve se retourna longtemps, les yeux baignés de larmes, cherchant à voir encore et encore, son frère qui s'éloignait. Ne venait-elle pas de l'envoyer à la mort ? Non, elle devait croire en Gudbjoern. Il le mènerait à Rhaenys ou lui offrirait une mort digne.
Pourtant, elle vivait cette séparation comme une profonde déchirure, son esprit lui rappelant avec bien trop de vivacité leur passé commun, leurs griefs et quelques fois en de trop rares occasions, les sourires aussi. Devant elle, le corps chaud de Cathan la réconfortait et elle resserra maladroitement sa prise sur sa fille qui, inquiète de voir les larmes rouler sur les joues de sa mère, l'appelait doucement au rythme des sabots qui frappaient le sol avec force.
Maman...maman ?

Ashara ne répondit pas, trop submergée par les émotions qui parcouraient ses veines. Ce sentiment d’échec après avoir tout risqué et cette rage, cette haine qu'elle se découvrait chaque jour plus virulente à l'égard des cerfs. Ils rejoignirent rapidement une forêt de conifères, le vent et le froid avait séché les larmes de la Louve qui poursuivait sa course avec une humilité certaine.
Micken descendit de cheval, cassa de lourdes branches des arbres environnant afin d'effacer les traces derrière eux. Une ruse vieille comme le monde, dont l'homme targua Edric d'en être le professeur.
Ashara n'y croyait pas une seule seconde. Cela ne ressemblait en rien au Cerf qu'elle connaissait, mais les paroles du vieil homme eurent au moins le mérite de faire sourire Cathan.
Ils traversèrent les bois lentement, pour mieux laisser les branches effacer leur passage, puis reprirent leur route jusque tard dans la nuit sans discontinuer. Cathan était épuisée et se plaignait, mais Micken, imperturbable les poussa à ne pas s'arrêter.

Ashara elle-même commençait à se laisser aller à la somnolence par moment, les doigts crispés sur les rennes.
Et puis bientôt, la forêt se fit plus dense. La Louve ignorait totalement l'endroit où ils se trouvaient n'ayant dans l'obscurité de la nuit aucun repère, en dehors de la Lune ronde et énorme qui les surplombait.
Le soudain sifflement de Micken raviva l'attention d'Ashara et elle écouta le chant sans en connaitre l'origine, du son qui s'échappait des lèvres du vieil homme.
Et puis, plus tard encore, ils débouchèrent sur une clairière. En son centre trônait un feu, entouré de tentes. Comment un tel bivouac pouvait être placé sur ses terres sans que personne ne s'en inquiète ?
Elle prit immédiatement la mesure de ce que cela représentait. Comme sa conscience le lui soufflait depuis si longtemps, le Nord était perdu. La vermine s'étant propagée jusque dans leurs forêts sans crainte de former un feu, sans crainte d'être repéré.

L'homme qui accueillit le petit groupe sembla jauger Ashara et Cathan. La Louve le toisa du haut de son cheval. Prisonnière peut-être, mais toujours digne. Elle ne leur laisserait pas croire qu'ils l'intimidaient. Ils descendirent de cheval et après cette longue chevauchée, Ashara sentait ses jambes trembler à présent qu'elles touchaient le sol ferme. Elle ne se plaignit pas et suivit le vieil éclaireur jusqu'à l'un des tentes. Là, il les abandonna pour aller quérir un dénommé Ser Dustran. Le nom ne lui disait rien et la Louve appréhenda quelque peu cette rencontre en plein coeur de la nuit, en plein coeur d'un campement qui n'était pas des siens.
Cathan se tenait toujours serrée contre elle et elle profita de ce court temps de solitude pour la rassurer par des paroles et des caresses. Un sourire rassurant ourla ses lèvres juste avant qu'un homme de haute stature ne fasse son entrée, la faisant reculer d'un pas. Il les observa un long moment avant de prendre la parole. Si le nom n'avait rien évoqué à la jeune femme, il lui sembla que le visage qui lui faisait face n'était pas inconnu, mais elle ignorait encore d'où elle le connaissait.

Il éclaira ses pensées en prenant enfin la parole, lui signifiant l'avoir croisé quelques jours avant les noces secrètes, partagées avec Edric. Perturbée, la jeune femme chercha à se faire un avis, une idée sur qui il était vraiment.
Il eut le culot de la féliciter pour ces noces...ce mariage qui avait plongé sa vie dans l'enfer. Elle eut envie de le gifler pour son insolence, mais se ravisa convaincue qu'une telle pulsion ne serait pas tolérée.
Alors il s'agenouilla devant Cathan, faisant preuve de plus de douceur à son égard. Elle sentait les doigts de sa petite fille serrer le tissu de sa tunique et porta une main apaisante sur son épaule.
Oui, le fruit de l'union du Cerf et de la Louve ressemblait à son père. Ashara ne le savait que trop bien, le visage de sa fille lui rappelant sans cesse les traits de son amant, plantant chaque jour un peu plus profondément cette graine de rancœur et de détresse qui ne la quitterait probablement jamais.

Enfin, l'homme lui fit face à nouveau et reprit la parole. Elle manqua de s'étrangler avec sa salive en entendant ses propos. Comment pouvait-il s’appesantir sur ce qu'ils possédaient dans ce camps, dressé au milieu de l'ennemi ? Comment pouvait-il lui parler de cette Guerre, comme s'il partait du principe qu'elle était de leur coté ?
Il enfonça d'avantage le clou en lui indiquant que des hommes de l'Orage avaient investi les couloirs de Winterfell. Chez elle, dans son foyer, ils étaient déjà là.
La colère battait ses tempes et son coeur face au piège dans lequel toute sa famille avait plongée. Pourtant, il restait un mystère aux yeux des Cerfs, un mystère dont elle seule possédait la réponse en l'état actuel des choses. Comment avait-elle quitté Winterfell ?

Si elle parlait, elle risquait de condamner Jorah qui courrait déjà tellement de risques. Car sachant que le Seigneur du Nord affaiblie courrait les bois pour rallier Port-Réal, elle ne douta pas un seul instant que les éclaireur tenteraient de les retrouver. Sa seule consolation peut-être aurait été que Micken était passé à coté d'une capture facile, qui aurait pu changer la face de la Guerre actuelle.

- Je suis désolée
, lança-t-elle la voix pleine d'assurance. Je suis épuisée. Pouvons-nous espérer nous reposer Cathan et moi ? Une fois à Accalmie, j'aurais tout le loisir de vous conter cette épreuve après un bon repas, une bonne nuit et surtout...un bon bain.

Un mince sourire habilla ses lèvres pâles et déshydratées.

Soudain, elle n'eut plus qu'une envie. Quitter la forêt qui l'avait vu naître et grandir, éloigner les cerfs de ses deux frères. Elle avait hâte de rencontrer Robbart pour lui laisser entendre sa manière de penser, hâte de retrouver Edric pour qu'il puisse se rendre compte de la douleur que sa famille lui avait infligée. Oui, elle se mêlerait à eux comme ils le souhaitaient et alors, elle les détruirait de l'intérieur.

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"No matter where you are, or what you're doing or who you're with.
I will always, honestly, truly, completely love you..."
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Le Destin

Le Destin
ADMIN SUPRÊME & PNJ
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Mer 20 Fév 2019 - 16:57




  Affronter son Destin
  « La fuite vers Port-Réal»

 

S’il était déçu par la réponse de la Louve, le chevalier n’en laissa rien paraître, et se contenta d’acquiescer poliment. Il avait d’autres rapports à écouter, et aucune envie de troubler un peu plus une dame noble qui venait de traverser la moitié de la région, d’après ce qu’il avait compris. Il s’inclina légèrement, avant de lui répondre :

« Vous avez raison, mieux vaut vous reposer. Il faudra sans doute du temps avant que nous ne trouvions un moyen de vous faire quitter le Nord, nous aurons tout le temps de parler dans les prochains jours. En attendant, vous pouvez être assurée, que désormais, vous êtes en sécurité. »

Les jours qui suivirent, pourtant, la conversation ne vint pas, et hormis les allées et venues des hommes du camp, tout était calme. Néanmoins, il fallait bien se rendre compte que la Louve était surveillée, il ne lui était jamais possible de quitter le camp sans une escorte, et même au sein de celui-ci, elle pouvait sentir les regards sur elle. Micken gardait ses distances, et si Ser Drustan se montrait courtois, il ne semblait plus si pressé de lui poser des questions, se contentant de lui assurer qu’ils cherchaient une solution suffisamment sûre pour son départ. La situation dura pendant presque une semaine, avant qu’un homme chevauchant une monture visiblement épuisée n’arrive au camp, demandant à voir son dirigeant. Une heure plus tard, celui-ci annonçait à la Stark qu’un navire en provenance d’Essos avait accepté de la transporter jusqu’à Accalmie, et qu’ils devaient partir sur le champ.

Ser Drustan lui fournit une escorte de dix hommes, réquisitionnant ainsi tous les chevaux du camp, et souhaita poliment un bon voyage à la jeune femme et à sa fille avant de confier un parchemin au chef de l’expédition, et de les envoyer sur la route. Le voyage en lui-même se déroula presque sans accrocs, hormis une échauffourée avec une patrouille Bolton, qui se solda par la mort de ceux-ci et de deux hommes de l’Orage. Quand bien même ils n’appréciaient pas l’idée, il fut décidé de laisser les corps de ceux-ci et de repartir au plus vite, leur mission était trop urgente. Voyageant avec hâte, il fallut à la troupe deux jours pour atteindre une plage isolée, d’où on distinguait à peine la forme de Blancport au loin. Sur la plage trois hommes portant des vêtements aux couleurs chatoyantes attendaient, la main sur une épée incurvée à leur coté. Au milieu d’eux se dressait une femme de haute stature, dont les cheveux semblaient flamboyer devant le reflet du soleil. A l’arrivée du groupe, elle s’inclina légèrement devant la Stark, se présentant :

« Lady Stark, je suis Helora, de Meereen. Ce sera un honneur de vous amener aux vôtres. »

Les présentations s’arrêtèrent là, il valait mieux se hâter, et les hommes étaient déjà repartis quand la barque commençait à atteindre le fin navire essosi qui attendait plus loin. Aucun des hommes, à part Helora, ne semblait parler la langue de Westeros, mais il était évident que le capitaine du navire prenait ses ordres directement de la femme. Une fois les voiles du navire relâchées et celui-ci en route, celle-ci se tourna vers Ashara, lui souriant légèrement :

« Maintenant que les hommes de l’Orage sont partis… Ils m’ont demandé de vous emmener à Accalmie, mais où voulez-vous vous rendre, vous ? Je pourrais facilement demander à faire une escale ailleurs, si vous le désirez. »

**

Quelques jours plus tôt

le cheval haletait, sous le poids des deux hommes qu’il transportait, l’un trop faible pour répartir son poids, l’autre un géant bien plus lourd que la moyenne. Derrière eux, des torches s’approchaient, de même que les instructions criées par ceux qui les poursuivaient, des mots que le géant ne comprenait pas. Il commença à entendre le sifflement des flèches, un, puis deux, puis un troisième, et une dernière, trouvant sa cible, et faisant trébucher le cheval déjà éreinté, envoyant ses passagers au sol. Très vite, Gudbjoern et celui qu’il escortai se trouvèrent encerclés par des cavaliers, chacun tenant un arc tendu dans sa direction. Le géant se rappela la dernière demande d’Ashara, et sortit sa lame, prêt à attaquer, mais ce n’était qu’une feinte, et d’un geste leste, il attrapa l’homme emmailloté, plaçant sa lame sous sa gorge. Le mouvement qui aurait pu libérer Jorah à jamais, en revanche, ne vint pas. Presque simultanément, il se trouva criblé de flèches, et s’écroula dans un dernier cri. Alors seulement, un homme posa le pied à terre, et ôta le tissu qui masquait le visage du suzerain du Nord. Un sourire en coin dévoila ses dents immaculées, tandis qu’il murmurait pour lui-même

« Celui-là sera encore utile... »

Se tournant vers les cavaliers, il ordonna d’un ton sec :

« Prenez le malade, achevez l’autre. Nous avons ce pour quoi nous sommes venus. »

Les ordres, à peine prononcés, furent éxécutés, et ce fut la dernière fois où Jorah Stark fut aperçu dans le Nord. Il ne rentra pas à Winterfell, pas plus qu’il ne fut livré à Port-Réal ou à Accalmie. Peut-être même aux yeux des dieux, celui qui avait eu l’audace-ou la folie- de déclarer son indépendance, avait disparu.

 

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Fire and Blood
Far over the misty mountains cold. To dungeons deep, and caverns old. The pines were roaring on the height. The winds were moaning in the night. The fire was red, it flaming spread. The trees like torches blazed with light. .❞
The Hobbit – Misty mountains cold.
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Ashara Stark

Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Affronter son destin   Dim 3 Mar 2019 - 13:31

Le temps semblait s'étendre à l'infini. Ser Drustan n'avait pas insisté plus pour apprendre de son récit et les jours passant, Ashara commença à s’interroger véritablement au sujet de sa présence ici. Certes, Cathan comme elle pouvait dormir plus sereinement sous cette large tente, elles avaient à manger et si la petite fille vivait chaque jour avec le sourire, Ashara persistait à nourrir cette méfiance à l'égard des hommes de l'Orage.
Rapidement et à cause de l'absence de plus en plus marqué de Micken ou du Ser, elle eut le sentiment d'être prisonnière. Peut-être n'aurait-elle pas dû faire confiance à Micken, peut-être aurait-elle dû ordonner à Gudbjoern de le tuer lorsqu'il en avait eu l'occasion.
Tout la journée, elle se contentait de s'occuper de sa fille sous leur tente de façon à ignorer les regards des hommes qui se posaient sur elle.
A Winterfell, elle avait l'habitude des regards de ceux qui ne la respectaient pas, de ceux qui la considérait comme la traîtresse qu'elle était certainement devenu, faute de l'avoir été dès le début. Ici, elle se sentait l'ennemie.
Pourtant, elle était encore chez elle mais les Anciens Dieux persistaient à la laisser dans la cécité. Elle ne captait aucune bribe des informations qui traversaient le camps, n'était au courant de rien. On la laissait volontairement dans l'ignorance et tourner en rond comme un loup en cage la rendait folle.
Où en était Gudbjoern ? Avait-il pu quitter les terres du Nord ?
Etaient-ils encore en vie ? Etait-il encore loyal ?
Tant de questions qui n'auraient jamais de réponses et qui hantaient pourtant les pensées de la Louve lorsque la nuit recouvrait le continent.

Un jour enfin, après une attente insupportable, Ser Drustan vint la quérir et lui expliqua qu'elle devait partir, qu'un navire l'attendait afin de la mener à Accalmie. Il lui fournit une escorte de dix hommes et ils se mirent en route sans tarder.
Durant le trajet, ils subirent une embuscade de la part des Bolton dont ils sortirent vainqueurs bien que nombre d'hommes furent tués.
Et enfin, après deux jours de chevauché, ils atteignirent une plage isolée. Au loin, Ashara reconnut Blancport même si ses souvenirs concernant cette cité étaient aussi loin que son enfance.  Elle tenta d'établir une carte géographique mentale, afin de se situer et de situer le camps dans lequel elle venait se séjourner.
Peut-être cela pourrait lui servir un jour. Sans qu'elle soit spécialement versée dans la géographie, ses longues heures à lire les parchemins à Winterfell lui avaient apporté des connaissances qui, elle l'espérait, pourraient servir un jour.

Sur la plage, trois hommes et une femme les attendait. Elle n'avait jamais vu pareils vêtements et se sentit légèrement intimidée. Pourtant, elle n'en demeurait pas moins une grande Dame de Winterfell et les laissa se présenter sans baisser le menton, ni même le regard.
La femme possédait la même chevelure de feu que la Louve sous son maquillage de suie et l'assurance marquait ses traits. Elle était belle et exotique, Meereen n'existait dans l'esprit de la Louve que par le biais de livres.
Ils embarquèrent et les hommes de l'Orage repartirent, laissant seules la Louve et son hybride.

Rapidement, le vent gonfla les voiles et le navire prit de la vitesse. Ashara demeura un moment sur la poupe, embrassant une dernière fois la vision des rives du Nord. Elle quittait son foyer, sa vie et sa famille pour devenir prisonnière d'une autre. Cathan courait un peu partout en riant, trop contente de prendre la mer.
Que dirait-elle à Edric ? Elle l'ignorait encore tout à fait. Sa colère et sa frustration la poussaient à imaginer quantité de plans et de complots pour mieux se venger de sa famille d'adoption, mais lorsque Helora lui demanda où elle souhaitait véritablement se rendre, elle marqua un temps d'arrêt.
N'avait-elle pas envoyé Jorah à Port-Réal ? Sa bouche s'ouvrit et naturellement, elle demanda :

- A moins que vous ne puissiez me conseiller un endroit en particulier, Port-Réal serait parfait.

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Affronter son destin

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