Partagez | 
 

 I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine   Jeu 27 Sep 2018 - 0:37




Freyja & Etaine

La capitale vibrait sous la tension politique incertaine. Les Puissants semblaient soucieux, parfois même en désaccord. La Cour ne cessait plus de murmurer de toutes ces choses qui inquiétaient les uns et les autres, tous craignant un retour de la guerre bien trop hâtif après les batailles vécues jadis. Etaine, bien qu’encore novice au milieu de tous ces serpents, sentait bien que l’atmosphère s’était alourdie et que la chaleur écrasante de cet été interminable n’en était plus l’unique cause. Les esprits étaient préoccupés et le sien également. Le procès de Catelyn n’avait de cesse d’être repoussé pour des raisons qu’elle ignorait. Elle n’avait toujours pu obtenir l’autorisation de voir sa cousine, priant pourtant les Dieux pour qu’elle se porte au mieux. La blonde devait la haïr et la brune appréhendait ces retrouvailles autant qu’elle les désirait ardemment. Mais avant cela, le Faucon impétueux devra répondre de ses actes et de ses mots sans que la Colombe ne puisse rien y faire si ce n’est prier silencieusement pour que son châtiment soit clément. Elle avait rencontré le seigneur Baratheon, s’exprimant auprès de lui de tous les conflits intérieurs et extérieurs qui l’animait, obtenant de lui la garantie que sa cousine ne perdrait guère la vie malgré sa traitrise. Si elle ne connaissait nullement l’homme, son Honneur le précédait et elle ne pouvait qu’espérer que cette confiance placée en lui ne serait pas un mauvais choix.

La veille, pourtant, une nouvelle avait chamboulé toute la Cour. L’arrivée et le retour de certains avait été fort remarquée car attendue depuis longtemps. Port-Réal avait tremblé sous la rumeur de la perte du frère du seigneur Cerf sous les coups d’épée de Fer-Nés. Etaine avait alors imaginé le pire pour sa cousine, pleurant à chaude larme la perte de cette enfant innocente happée dans un conflit qui ne la regardait pas, offerte par les Faucons à une mort certaine. Puis, l’information contradictoire. Celle de la survie de la joyeuse troupe de héros qui avait pu en réchapper grâce à un miracle. Et finalement, l’arrivée triomphale du maître des chuchoteurs, du frère cadet de la Main et de la jeune pupille du Val. La Colombe s’en était doutée, elle n’avait pu trouver sa cousine en ce jour car la belle enfant était lasse de toutes ces péripéties autant que sous le joug de la Main du Roi. La brune n’avait nul doute quant au fait que le seigneur Baratheon l’autoriserait à voir Freyja plus tard et c’est pour cela qu’elle n’avait guère émis la moindre résistance, se laissant aller sous l’ordre du Cerf.

Et c’était d’ailleurs au lendemain de tout ceci que la Colombe se rendit au-devant de la Tour de la Main. Vêtue d’une robe à la légèreté rappelant celles qu’elle pouvait porter à Dorne mais aux couleurs bien Valoises, elle estima être en droit de trouver sa cousine et de s’assurer de son bien-être. Si les hommes de main du Cerf semblèrent décidés à l’empêcher d’accéder à la Tour, elle leur fit entendre que s’il leur fallait un mot de leur maître pour lui permettre d’entrer, mieux valait pour eux qu’ils se pressent d’aller le trouver. Mais, visiblement, ni l’un ni l’autre ne semblait décidé. Alors, il ne lui restait plus qu’à attendre. Trouvant un banc, la jeune femme s’installa dans la petite cour qui entourait la Tour de la Main, laissant le soleil caresser sa peau, comme autrefois, à Dorne. Ses longs cheveux noirs avaient été remontés dans une de ces coiffures que seule la Cour pouvait vous imposer de porter, qu’elle n’appréciait pas nécessairement mais qui était bien utile à son intégration. A son cou, un saphir d’un bleu profond, vestige des bijoux portés par sa mère dont elle avait hérité en tant que dame du Val, en tant que fille du Loup et du Faucon.

Combien de temps attendit-elle là ? Elle ne compta guère, absorbée par la conttemplation de ces passants qui, parfois, lui présentaient leurs hommages, absorbant son attention pour de précieuses minutes. Mais les usages de la Cour n’étaient rien devant les ambitions de la jeune femme dont le regard était immanquablement rappelé par cette porte qui demeurait clause… Jusqu’à… Des gardes l’accompagnaient et pourtant, c’était elle. Frêle, fragile comme dans ses souvenirs. Beauté du Nord embellie par les monts du Val. Alors la Colombe déploya ses ailes, faisant quelques pas dans sa direction, ne s’arrêtant que lorsqu’elle fut certaine que la Louve délicate l’avait vue. Un temps d’arrêt suivi cela, long, calme, uniquement alimenté par les murmures qui rebondissait sur les murs autour d’elles sans les concerner. Et finalement… « Bonjour, Freyja. » Elle avait envie de l’étreindre, de la sentir bien en vie dans ses bras. Mais elle ne savait ce que sa cousine pouvait penser d’elle. Martyn lui avait-il dit ce qu’il s’était passé ici en détail ? La distance qu’il y avait entre elles auparavant en serait-elle plus grande ou bien ces lieux hostiles à leurs familles aideraient-ils à les rapprocher ?


© Belzébuth

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine   Dim 30 Sep 2018 - 18:54

I'll keep you safe, cousin

Etaine & Freyja


Ce fut la chaleur qui, en premier, dépaysa le plus fort la Louve. Cette dernière n’était guère habituée à des températures aussi élevées et elle bénissait le vent qui provenait de la mer pour alléger l’air. Elle n’avait connu que la fraîcheur du Nord, contrée aujourd’hui bien lointaine et parvenue d’une époque si éloignée qu’il lui semblait que cela n’avait été qu’un doux rêve. Du froid qui venait l’attaquer jusqu’à ses os, elle s’en était fait une armure avec le temps. Il lui était une compagne agréable qui ne l’avait pas quittée lorsqu’elle avait rejoint les terres du Val, devenant ainsi la pupille des Eyriés. Ce furent de tristes circonstances qui l’avaient menée à fouler la pierre de la demeure de son cousin, mais la bienveillance de cette proche famille avait soufflé sa tristesse et sa honte. Cependant, alors que le destin capricieux l’avait projetée directement aux creux de la capitale, elle se sentait comme arrachée à sa terre et condamnait à un vertige permanent. Dès lors que son être malmené avait gagné Port-Réal, elle se sentait plus solitaire et perdue que jamais. En Edric, elle avait cru obtenir un soutien solide et réconfortant, gage de l’affectant qu’il détenait toujours pour sa sœur aînée, Ashara. En lui, elle avait reconnu la protection d’un frère. Mais son cœur s’était brûlé au brasier de toutes ses illusions, la condamnant à un désespoir des plus vifs. Celui qu’elle croyait être un allié entre ces murs redoutables s’affichait comme étant l’un des êtres qu’elle craignait désormais. L’expression redoutable du Cerf hantait les pensées de la Louve, ses mots venimeux, la folie qui l’avait saisie à vouloir noyer Valyron et l’indifférence à laquelle il l’avait condamnée au cours de ces trois jours de calvaire pour trouver enfin la capitale. Malade de chagrin, elle était prisonnière d’une culpabilité évidence qui la poussait à penser qu’elle était à l’origine même de toute cette animosité. Pourtant, n’avait-elle pas œuvré dans l’unique but de l’extirper d'un destin tragique ? D’une lutte contre les Fer-Nés, il n’aurait pu en réchapper, ou pire encore, il aurait été fait prisonnier. De cette brève alliance avec le Maître des Chuchoteurs, elle espérait n’en voir que le sauvetage du Prince de l’Orage, toutefois, elle n’en oubliait pas le regard accusateur qui pesait sur elle dès qu’elle croisait le regard d’Edric.

Et à ces heures où ce n’était pas la rancune de son frère qui lui tordait les entrailles, les souvenirs atroces de la tempête attaquaient sa rétine. Freyja était torturée par la conviction parfaite qu’elle ne pourrait jamais jeter dans l’oubli la torpeur qui abîmait les visages de ces corps que les vagues vengeresses n’avaient pas encore avalés, ni même les cris abominables qui s’élevaient dans ce chaos d’orage, et encore moins ce sentiment atroce d’avoir abandonné tous ces hommes à une mort certaine et violente. La Louve, à son départ des Eyriés, ne s’était bercée d’aucune illusion. Elle savait que les prochains épisodes de sa vie mettraient son âme à rude épreuve, elle ignorait seulement qu’elle serait usée et malade avant même d’avoir atteint les contreforts de la grande cité. Et voilà seulement deux jours qu’elle avait trouvé le repos dans la Tour de la Main sans parvenir à réaliser complètement où elle se trouvait. Sa captivité balbutiait tout juste, mais elle lui apparaissait bien plus rassurante qu’un jour de plus en mer. Quelquefois, elle observait ces eaux si calmes et traîtresses qui entouraient la ville, et un frisson parcourait son être en dépit de la chaleur qui l’enveloppait.

Assise sur sa couche, joyaux d’un luxe qu’elle n’avait encore jamais connu au Val et dans le Nord, Freyja contemplait cet horizon qu’elle craignait désormais. De sa situation présente, elle en éprouvait les plus vives inquiétudes. Hier à peine, dans une émotion palpable, le piteux quatuor avait rejoint Port-Réal, témoignant de leur survie à tous, plus important encore, de celles du frère de la Main, de l’otage et du Maître des Chuchoteurs. A son arrivée, après un éprouvant voyage de trois jours, la Louve avait été lavée, préparée pour se présenter devant la Main et son épouse, en compagnie d’Edric. De cette rencontre, elle n’en détenait qu’un souvenir nébuleux, comme si tout n’était qu’un rêve étrange duquel elle s’éveillerait bientôt. Il avait été décidé que sa place se tiendrait dans la suite de Dame Rohanna et qu’elle logerait dans la Tour de la Main, évidemment pour les besoins d’une surveillance étroite. Puis, lasse et épuisée, elle avait pu regagner ses appartements qu’elle n’avait pas encore quittés. Au matin, quelques servantes étaient venues la tirer d’un sommeil agité pour la préparer, l’habiller, et la coiffer. De la mode du sud, Freyja n’y était guère habituée et ouverte. Elle se sentait mal à l’aise dans ses robes qui voilaient bien moins sa chair que dans ses tenues du nord, adaptées aux chaleurs chaudes, ainsi que par les couleurs vives qui éclairaient le tissu. De ses effets personnels, il n’en demeurait rien, croupissant certainement au fond des eaux. Toutefois, elle avait refusé d’être coiffée comme ces dames de la cour. Avec application, elle s’était assurée de coiffer sa longue chevelure par une simplicité qui révélait parfaitement ses origines nordiennes. Laissée seule ensuite, elle fut happée à nouveau par le flot de ses inquiétudes. Toutes ses pensées se tournaient vers sa cousine Catelyn. Aurait-elle seulement la chance de pouvoir la voir ? Et qu’en était-il de son procès qui devrait se tenir sous peu ? Martyn pourrait-il faire entendre raison à Jorah ? L’angoisse gonflait sa poitrine et resserrait l’étau sur sa respiration. En dépit de ses peurs, il lui fallait réfléchir. En quittant le Nord, elle ne s’acquittait pas uniquement de son devoir. Il lui tenait à cœur de protéger les intérêts de sa famille et de ne plus être spectatrice impuissante des malheurs qui s’abattaient sur les siens. Aussi trouva-t-elle judicieux de rejoindre la compagnie de Dame Rohanna, de s’offrir son amitié et de lui demander faveur. Elle quitta ses appartements, encore fragile et dévorée par la fatigue, avec cette détermination-là. A sa porte, des gardes étaient en poste et la suivirent dans les couloirs qu’elle parcourut. Elle ne savait si elle devait se sentir rassurée ou non d’une telle compagnie, jetant des regards inquiets derrière elle. Rassemblant ses souvenirs, elle descendit les escaliers de la Tour et trouva son chemin hors de l’édifice. Arrivée dans la cour, l’air extérieur fut comme une libération. Elle s’apprêtait à se retourner vers ses gardes pour leur demander d’être escortée jusqu’à la cour de Dame Rohanna, quand une silhouette s’aventura près d’eux. La Louve ne la reconnut pas tout de suite, mais elle ne pouvait oublier ce port de tête impérial et ce regard si intense porté par deux prunelles claires. Etaine… Un frisson la saisit, remontant le long de sa colonne tel un serpent, vertèbre par vertèbre tandis qu’elle dévisageait sa cousine qui arborait nombre d'atours de la capitale. Tout à coup, la brise ne lui parut plus aussi chaude. « Etaine… » murmura-t-elle dans un souffle. De tous les visages familiers qui auraient pu croiser son chemin à Port-Réal, celui de sa cousine était bien le dernier qu’elle s’attendait à voir et qu’elle espérait rencontrer. Les mots de Martyn résonnèrent avec effroi dans les contreforts de son âme. Tout en elle hurlait la trahison et la colère. Pourtant, sûrement à cause des épreuves de ces derniers jours et de ce désespoir qui l’étreignait toute entière, l’émotion la terrassa et mouilla ses yeux de larmes. « Que fais-tu là ? Comme oses-tu être... » Sa voix douce vibrait d’une colère étouffée par la fatigue et la douleur. Le chagrin avala la fin de sa phrase. Comment osait-elle se présenter de la sorte face à Freyja ? Comment pouvait-elle se regarder à nouveau dans un miroir alors qu’elle avait précipité le sort de Catelyn et trahi consciemment son propre frère ? D'un pas en arrière, elle s'écarta de la belle Dame du Val, baissant les yeux. « Il te faut partir… Je ne te veux pas près de moi. »




made by black arrow
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine   Lun 8 Oct 2018 - 23:17




Freyja & Etaine

Elle restait droite, fière, telle la princesse de Dorne qu’elle fut jadis, que certains tentèrent de tuer dans son œuf. Mais la Colombe avait survécu, à la guerre, aux conflits fraternels… Sa vie valait le sacrifice qu’elle avait fait pour les siens, pour qu’ils puissent ne plus s’inquiéter de ses actes. Du moins, c’était ce qu’elle espérait. Sa lettre adressée à Martyn était restée sans réponse et pas un jour ne passait désormais sans qu’elle n’adresse une prière pour son jeune et dernier fils qu’elle avait remis entre ses mains. Et pourtant, même sans nouvelle, elle tiendrait parole. Etaine s’était assurée auprès du Cerf que Catelyn demeurerait sauve de ce procès qui s’annonçait, tout comme elle comptait tenir cette promesse silencieuse faite aux siens de veiller sur la Louve délicate qui se tenait devant elle.

Le lien entre les deux femmes avait toujours été étrange. La Valoise avait vécu chez les Loups, prenant davantage de cette famille quand Freyja semblait avoir vécu l’opposé. Et pourtant, elle avait été là le jour où l’enfant avait poussé son premier cri. Pupille de Winterfell, Etaine se souvenait de ce nourrisson dans les bras de sa tante Selena, de la fragilité apparente de cette petite et de comment elle avait, avec Theon et Ashara, fait le vœu de la protéger. Ce vœu, elle ne l’avait nullement oublié et si Freyja avait souhaité se montrer plus proche de la Rose durant son séjour aux Eyriés, Etaine avait toujours gardé un œil sur elle. Elle ne pouvait choisir ses affinités pour elle, espérant que la jeune Louve comprendrait un jour qu’elle fut toujours là pour elle, pour la protéger.

Les émeraudes qui lui servaient d’iris ne quittaient plus la brunette qui semblait surprise de la voir, presque outrée de sa présence. La Colombe eut envie de soupirer, de lui expliquer toute l’histoire, mais elle ne le pouvait guère sans mettre en danger la jeune fille, sans que quelqu’un n’essaie de nuire à ses ambitions qui étaient simples. Etaine ramènerait Catelyn et Freyja au Val, ou elle n’y retournerait jamais. Elle était prête à faire face à Martyn et aux Valois tout entier si tant est qu’elle puisse leur dire non sans fierté qu’elle avait réussi à les ramener, toutes deux, saines et sauves. Alors Freyja pouvait reculer, pour l’heure, car sa cousine ne comprenait que trop bien l’animosité qu’elle pouvait ressentir vis-à-vis de la Colombe. Pourtant, malgré la froideur de ces retrouvailles, la Valoise resta droite, fière, portant sa tête sur ses épaules de la manière que sa tante le lui avait enseigné. Les gardes demeuraient là, à leurs côtés, et il y avait fort à parier qu’ils ne partiraient pas, sous un prétexte ou un autre. Ils avaient des ordres et Etaine ne comptait pas se dresser contre la volonté du Cerf, se voulant amie et non ennemie de lui. « Et pourtant, il le faut. » La Louve pouvait essayer de se dérober, prétextant qu’elle ne souhaitait pas la voir, il était nécessaire pour sa survie entre ces murs que la Colombe et la délicate enfant du Nord s’allient, même temporairement. Pinçant délicatement les lèvres, l’aînée des cousines reprit d’un ton détaché. « Je crains être la seule famille capable de t’épauler ici, Freyja. Si tu refuses cela, alors oui, je partirais. Mais sache que ma seule envie est de te préserver de cette Cour et de ses habitants. » Elle mesurait ses paroles, consciente que des oreilles surement attentives les écoutaient. Comme elle mourrait d’envie de tout lui dire, de lui expliquer et de la serrer dans ses bras. Mais une fois de plus, la Colombe se devait d’être distante, elle devait préserver les apparences d’un détachement avec sa famille pour mieux pouvoir les sauver. Tous autant qu’ils étaient.


© Belzébuth

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine   Dim 21 Oct 2018 - 20:04

I'll keep you safe, cousin

Etaine & Freyja



Elle était Louve Délicate, mais l’émotions lui dévorait les entrailles et l’empêchait de réagir autrement. Elle observait sa cousine avec une fêlure perdue dans le ciel de ses prunelles claires. La fêlure, une déchirure, un gouffre atroce qui reflétait la blessure immense que sa trahison avait ouverte dans son cœur. Freyja avait retourné maintes fois la situation dans son esprit, elle avait tenté de l’observer au travers des yeux d’Etaine, essayé de trouver un regard neuf, d’appréhender la vérité autrement, mais une réponse claquait avec violence dans les confins de son esprit : elle les avait tous trahis. Catelyn. Martyn. Jorah. Le Nord. Le Val. Elle avait propulsé leur cousine dans la gueule ardente du Dragon, la condamnant à un supplice atroce. A présent, de Catelyn, il n’en restait que les lambeaux malheureux d’une âme torturée, d’un corps malmené, d’un honneur poignardé sous la griffe des Targaryen et le sabot vengeur des Baratheon. Si culpabilité de Catelyn était déjà admise par la bouche du Mantaryen, pourquoi Etaine avait-elle plus affirmé encore ses accusations ? Elle avait paré ses mots de mille mensonges, elle avait déguisé ses sourires, ses intentions. Et si la question du poison demeurait encore un mystère, Freyja était convaincue qu’Etaine elle-même en crachait dans chacune de ses paroles. Elle n’était pas prête à lui pardonner. Elle ne comptait pas même y songer, seulement lui faire éclater au visage l’odieuse couardise de ses actes. Comment osait-elle à présent se montrer devant elle, si bien faite et l’ourlet de ses lèvres si satisfait ? Il ne manquait à la Louve que plus de force pour rejeter sa couine avec bien plus de virulence et de fermeté. Hélas, les épreuves de ces derniers jours avaient usé une partie de son âme et de son corps. L’épuisement ne la quittait pas en dépit des quelques heures de sommeil qu’elle était parvenue à glaner lors de sa première nuit dans un lit confortable. L’angoisse, la douleur, la frayeur lui aspiraient une énergie que ses nuits ne parvenaient pas à lui rendre entièrement.

Aussi ne parvenait-elle à la repousser que dans ses murmures éteints. Aussi ne pouvait-elle s’indigner plus qu’au travers de ses larmes. Elle aurait souhaité que cette rencontre ne se déroule pas dans un lieu autant à la portée de tous. De Port-Réal, elle n’en discernait qu’une gigantesque scène de théâtre où le spectacle ne s’interrompait jamais, où il fallait répéter consciencieusement son texte, jouer un rôle, et les acteurs étaient scrutés, jugés par tous. Freyja ne se sentait pas à l’aise à la merci du moindre regard qui n’attendait qu’un seul de ses faux pas pour la condamner à des crimes dont elle n’était pas coupable. Plus encore en étant escortée constamment de gardes qui mémorisaient sûrement chacun de ses mots, chacun de ses gestes, chacune de ses rencontres, ou le moindre de ses souffles. « Et pourtant, il le faut. » Freyja ne chercha pas à dissimuler sa surprise face à l’insistance et l’entêtement assuré de sa cousine. Pourtant, elle n’aurait dû guère s’en étonner outre mesure. Leur nature avait toujours été si différente l’une de l’autre. Freyja avait toujours été effacée et discrète quand Etaine brillait d’une beauté solaire et d’une assurance qu’elle lui avait mainte fois enviée. Freyja préférait les silences craintifs quand Etaine savait tourner si bien les mots pour faire entendre sa voix. Sans broncher, bien qu’hermétique à l’appel de sa cousine, la Louve écouta. Mais elle ne crut rien de son amitié, de ses désirs de la protéger, de ses véritables motivations. Comme frappée par l’hypocrisie qui découlait de chacun de ses propos, Freyja recula d’un pas. Elle détailla longuement, cherchant à retrouver une ombre infime de celle qui avait été sa cousine chérie d’autrefois. De quels ravages le temps avait-il pu frapper son corps et son âme ? Quels étaient les sentiments qui avaient pu s’agiter dans sa poitrine pour qu’elle en soit réduite à parjurer son nom, son sang et les siens ? Quelle pomme s’était coincée dans sa gorge, pourrissant ses mots, nécrosant son cœur, noircissant ses chairs jusqu’à ce qu’elle ne soit plus tout à fait elle-même ? « Me préserver ? » répéta la Louve, s'étouffant presque dans ce mot. « De la même manière que tu as préservé Catelyn en la livrant au jugement de la Couronne ? De la même manière que tu as préservé mon frère des odieuses accusations dont il fait l’objet ? De quels crimes m’accuseras-tu, Etaine, pour anéantir à jamais les tiens ? » Sa colère était comme une lame incandescente sur laquelle les mots d’Etaine prenaient la forme du marteau. En dépit de toutes les promesses qu’elle avait formulé à Martyn, elle contenait difficilement les élans de son âme. Elle avait vu Catelyn. Elle en avait trop vu. Et de ce qu’il restait de sa tendre cousine, elle ne pourrait le pardonner à la brune en face d’elle. « Pourquoi fais-tu semblant de vouloir m’aider ? De quels périls crois-tu pouvoir me préserver à présent que mon sort réside entre les mains de ceux qui pensent que mon frère est leur bourreau ? » Elle n’oubliait pas la méfiance de la Main du Roi et de son désir d’asseoir son pouvoir sur elle, ni même la froideur de la Dame d’Accalmie, et encore moins l’ignorance méprisante à laquelle Edric l’avait condamnée. Etaine avait désespéramment raison. Freyja n’avait pas d’allié à Port-Réal, et sa cousine demeurait l’unique personne qui lui était la plus proche. Toutefois, dans le cœur de la Louve, elle savait qu’elle serait la dernière personne à qui elle accorderait sa confiance.


made by black arrow
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine   

Revenir en haut Aller en bas
 

I'll keep you safe, cousin • Freyja & Etaine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Freyja, enfant du Chaos [Guerrière]
» Freyja-religieuse-Toxic
» The world isn't safe for a girl like me. But maybe I'm not safe for the world, either. †
» Jensen Ackles - Mon cousin qui m'héberge
» Les nouvelles unités Grenat et Freyja vont arriver - 26/08 au 02/09

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

The seven kingdoms

 :: Terres de la Couronne :: Port-Réal
-