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 And from the darkness, a light begins to shine • Alys & Freyja

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Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: And from the darkness, a light begins to shine • Alys & Freyja   Mar 23 Oct 2018 - 22:08

And from the darkness, a light begins to shine

Alys & Freyja


La poitrine en émoi. Le cœur en feu. Les pensées qui s’emmêlaient, se démêlaient, s’emberlificotaient, se malmenaient les unes aux autres. L’esprit de Freyja était semblable à la tempête qui avait ravagé La Fureur des Flots quelques jours plus tôt. Les paroles d’Etaine étaient comme le vent qui l’avait giflée en plein visage, sa présence comme une vague immense qui avait emporté sa raison et le frêle édifice de ses convictions. Elle pouvait sentir chaque fibre de son être qui tremblait. Tous ces mots résonnaient en elle avec une clarté édifiante qui la mettait au supplice. Il lui fallait prendre la fuite, s’éloigner plus encore de cette présence que la Louve jugeait néfaste. Pas uniquement à cause de tous les crimes dont elle l’accusait, mais pour le doute qu’elle égrainait en elle, qui poussait sur le sol fertile de sa solitude. En rencontrant pour la première fois Edric, époux secret de sa sœur Ashara et père de sa nièce Cathan, Freyja avait cru reconnaître en lui un allié, un ami et un frère. Hélas, en même temps que ses espoirs et son innocence, le maelström avait emporté l’affection que le Prince de l’Orage lui portait. En souhaitant assurer sa sauvegarde, elle avait trahi sa confiance et avait conjugué ses forces avec celles du Mantaryen pour lui faire abandonner sa flotte. Si la Louve en ressentait une culpabilité terrible, elle ne pouvait rejeter entièrement la légitimité de son geste et démentir sur le fait qu’elle n’hésiterait pas une seule seconde à reproduire le procédé peu honorable. Elle cherchait aujourd’hui à retrouver un pardon qu’elle n’obtiendrait jamais, auréolé d’une crainte pour cet homme qui avait tout son respect. A présent, quand ses prunelles s’accrochaient à sa silhouette, l’image de ses mains assassines plongeant la tête de Valyron sous l’eau s’écrasait sur sa rétine. Violence, folie, cruauté. Toutes ces noirceurs dansaient autour du Prince dès qu’elle se trouvait dans son sillage. Et à ces moments de trouble affreux, elle songeait à Ashara dont il était l’époux, à Cathan qu’il n’avait jamais rencontrée et dont ces mains qui se poseraient sur le visage de sa fille seraient les mêmes qui avaient tenté d’assassiner un homme de sang-froid. Elle avait perdu un soutien essentiel. Dans le regard de Rohanna, elle ne décelait que rancœur et méfiance, dans ceux de la Main, du mépris et de la suffisance. Qui était-elle à leurs yeux hormis un trophée de vengeance et le symbole même de leur ascendance sur le Nord ? De Catelyn, il n’en demeurait que les piètres lambeaux qu’ils en avaient laissés au lendemain de son jugement. Freyja pleurait encore ce corps meurtri, cette âme usée par le parjure, cet honneur bafoué par les coups de fouet, la tonsure et les accusations. Et pourtant, le Faucon ne pliait pas. Le Faucon vivait, respirait, battait encore de ses faibles ailes, prêt à prendre son envol. Hélas, Catelyn détenait une position qui faisait d’elle un bien faible appui. Etaine n’avait ainsi pas tort quand elle affirmait qu’elle était sûrement le soutien le plus précieux que Freyja pouvait avoir à Port-Réal. Le voulait-elle seulement ? Ou pourrait-elle véritablement se permettre de s’affranchir de cette main tendue pour elle ? La sublime Colombe du Val s’était bien vite empressée de trouver sa compagnie et de lui offrir son aide dans la fosse aux lions qu’était la cour. A ce stade, accablée de fatigue et l’âme tourmentée, la Louve n’était guère en mesure de discerner tous les contours du dessein fielleux que le cœur corrompu de sa cousine pouvait ourdir. Quels plans pouvaient se cacher derrière le rideau opaque de ses pensées ?

Freyja se malmenait au jeu cruel de ses réflexions tandis qu’elle gagnait les abords du palais royal. Elle étouffait de tous les parasites de ses pensées qui vibraient des mots d’Etaine, de son malaise d’être constamment suivie et observée par les gardes des Baratheon, de la terreur des conséquences d’un éventuel faux-pas, d’une parole malheureuse et égarée. Au travers des couloirs immenses du merveilleux édifice, elle se sentait plus insignifiante que jamais. Trop petite pour un monde trop grand. Toutefois, ce n’était guère le discours que tenaient les regards qui se tournaient vers elle au moindre de ses pas. Scrutée, étudiée, jugée, condamnée. Elle était observée avec une inimitié qui faisait remonter des frissons le long de sa colonne vertébrale en dépit de la chaleur écrasante des Terres de la Couronne. Elle appartenait aux Baratheon, mais elle représentait l’ennemie, cette région insoumise et accusée d’être la main assassine de deux vies innocentes. Et à tous ces yeux qui la décortiquaient sans pudeur, elle se surprit à préférer la froide indifférence de Rohanna dont elle cherchait présentement la compagnie. Les ordres exposés s’étaient révélés clairs. Elle serait rattachée à la cour de la Dame d’Accalmie, fidèle, obéissante et dévouée. Tout ce qui incombait à ses devoirs d’otage de la Main du Roi. Pour rejoindre Lady Rohanna, les gardes se faisaient ses guides à travers le dédale des couloirs et des escaliers quand sa course s’arrêta brutalement au pied des marches de pierre. Un pas malencontreux. Une faiblesse de ses membres. Un vertige hasardeux. Et ce fut une chute sur les dernières marches qui la propulsèrent à terre. Elle eut tout juste le temps de se rattraper sur ses mains pour ne pas s’étaler de tout son long sur le sol. En dépit de sa douleur, aucune blessure majeure hormis celle de son orgueil n'était à déplorer. Elle osa à peine redresser le regard sur tous ces visages qui la méprisaient, la prenaient en pitié ou la raillaient sûrement. Écarlate de honte. En colère après elle-même. Était-ce là l’unique emblème qu’elle offrait du Nord et de l’honneur des Loups Stark ?


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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: And from the darkness, a light begins to shine • Alys & Freyja   Mer 31 Oct 2018 - 18:10




Friend or Foe

La chaleur du Donjon rouge était écrasante, terrassante. Dure était l’adaptation pour tous ceux qui arrivaient de régions éloignées et la petite sirène de Blancport ne faisait pas défaut à cela. Chaque jour, elle prenait le temps d’aller se baigner dans la baie, entourée de servantes qui veillaient à sa pudeur, à son plus grand damne. Alys n’était guère exhibitionniste, mais le nombre de jeunes femmes à ses côtés dans un moment où elle ne faisait que chercher la tranquillité était dérangeant, nuisait à ses méditations en tout genre. Rhaenys et elle s’étaient retrouvées, forçant les rencontres plus intimistes entre la sirène et la dragonne. Comme elle le lui avait promis, elle l’emmenait s’exercer au tir à l’arc, chose pour laquelle Alys n’était ni assez forte, ni très patiente, ou découvrir quelques secrets qui faisaient de la capitale des Sept couronnes une ville si unique. Quand elle eut demandé à aller chevaucher dans le Bois du Roi, pourtant, les choses se firent plus compliquées. La rumeur grondait, dans le bas peuple, et il semblait à Rhaenys ne pas être possible de s’exposer à tant de danger sans être forcée de mobiliser une partie des gardes royaux. Alors l’enfant capricieuse s’était contentée de peu, trouvant même du plaisir à rester enfermée dans une pièce tandis que Rhaenys s’évertuait à lui apprendre quelques nouveaux mots de sa langue maternelle. Mais là encore, l’apprentissage était long et la patience de la blonde s’émoussait bien trop vite pour supporter un enseignement intensif.

Elle retrouvait également Aemon de manière plus régulière. En public comme en privé, ils n’étaient guère plus démonstratifs l’un envers l’autre qu’une main tenue qui pouvait être interprétée de maintes manières, la sirène se muant doucement en dragon et étant plus acceptée parmi cette famille vénérée par bien des hommes. Mais le cœur de la jeune fille battait la chamade dès qu’elle savait le regard améthyste du prince posé sur elle, le retrouvant bon nombre de fois sur cette terrasse qu’il lui avait montré le jour où elle avait osé laisser les mots sortir de sa bouche délicate. Cet amour léger et réciproque la rendait un peu plus heureuse, un peu moins réticente à l’adaptation à cette cour qu’elle avait longtemps détestée. D’ailleurs, ce fut encouragée par Rhaenys, Aemon, et presque défiée par Faust sur le sujet qu’elle avait fini par reprendre sa place au cœur des dames de compagnie de la Reine. Supporter leurs émois et leurs jérémiades était devenue possible dès lors qu’Alys les plaignait mentalement de cette misérable vie qu’elles espéraient, persuadée au fond d’elle que ces jeunes filles ne souhaitaient qu’une chose qu’Alys avait su toucher du doigt : la liberté.

Ce fut d’ailleurs en leur compagnie qu’elle arpentait les couloirs du Donjon Rouge. La conversation était lancée au sujet de Rhaegar Velaryon, cousin du couple Royal et des Targaryen, et de cette force que dégageait le jeune homme. Toutes cherchaient à obtenir les faveurs du maître des Navires du royaume, son veuvage n’ayant que trop duré aux yeux de certaines et son manque d’héritier commençant à devenir un grand sujet de conversation. Alys, pour sa part, était perdue dans ses pensées, se demandant si Aemon pouvait bien l’apprécier, ce cousin qu’elle avait eu l’occasion de croiser à quelques reprises et avec qui elle fut forcée de converser quoique désintéressée de ses propos… « Qu’en penses-tu, Alys ? » Qu’on lui demande son avis sur la question était rare et ce fut tirée de sa rêverie qu’elle fut forcée de répondre. « Il est bel homme, c’est vrai… Si on apprécie les hommes qui ont su faire leurs preuves sur un champ de bataille, j’entends… Et puis, j’imagine qu’il saura emmener son épouse découvrir des contrées lointaines à bord de son navire… » Ce fut suffisant pour raviver les gloussements ravis et enchantés de la petite bande qui sut alors détacher son attention de ce que la sirène pouvait dire, pour son plus grand bonheur. Généralement, ce genre de propos finissaient toujours de la même manière : l’une des jeunes filles finissait par demander à Alys qui était celui qui faisait battre son cœur. Elles avaient fini par comprendre que les sentiments de la jeune enfant étaient réels sur l’un des hommes de cette cour… Mais aucune d’elles n’avaient su supposer qu’il pouvait s’agir du prince Aemon. Inaccessible, peu viril… Balayé d’emblée par ses consœurs, elle avait su s’amuser de ces devinettes qu’elles cherchaient à résoudre la concernant sans être capable de voir que les choses étaient pourtant terriblement simples.

Elles venaient de tourner dans un autre couloir quand une jeune femme cernée de garde Baratheon s’y aventura par l’escalier annexe… Faisant ce que l’on pouvait appeler une entrée royale. La chute sembla se dérouler au ralenti devant les yeux de la blonde qui grimaça légèrement. N’aurait-elle pas dû se briser le cou ? Mais elle fut chanceuse… Quoiqu’à moitié seulement car l’hilarité à peine masquée du groupe de dame de compagnie fut rapidement audible. Alys dut l’avouer, oui, la scène était risible à souhait tant la chute était inattendue. Mais devant le visage contrit de la jeune femme, elle sentit sa détresse. Mieux que quiconque, elle savait ce que c’était que de se retrouver au milieu de cette fosse aux lions, désarmée. Et si la jeune lady lui était inconnue, il ne fallait guère être instruit pour comprendre qu’elle n’était nullement de la capitale, et encore moins de cette Cour. Alors que faire ? Rejoindre celles qui devaient l’aider dans son adaptation en ces lieux et se moquer grassement de la brunette à terre ? Ou bien… Se mettre doucement dans la peau de la malheureuse et souhaiter que quelqu’un fasse quelque chose ?

D’un pas en avant, Alys se détacha du groupe, le tissu immaculé de sa robe la suivant avec grâce. Seule une ceinture de tissu azuré venait marquer sa taille, soie délicate et brillante qui enjolivait le vêtement avec simplicité. Son pas était mesuré, calme, et eut le mérite de calmer les jeunes femmes qui l’accompagnait. Arrivant à la hauteur de la malheureuse, elle s’accroupit à ses côtés, lui tendant alors une main. « Tout va bien, ma dame ? Vous ne vous êtes pas blessée ? » S’approchant alors un peu plus d’elle, elle reprit plus bas. « Ne laissez rien paraître. Soyez droite. Fière. Vous êtes noble, ma Dame, alors debout. » Ses iris océanes ne laissaient guère le choix à la brunette de se défiler. Sa main toujours proposée à son vis-à-vis, elle attendit de voir si cette enfant serait le repas des Serpents, ou si elle lutterait pour ne pas se faire dévorer.


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Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: And from the darkness, a light begins to shine • Alys & Freyja   Mar 20 Nov 2018 - 21:10

And from the darkness, a light begins to shine

Alys & Freyja


Les rires plongeaient le long des couloirs de pierre, ricochaient sur les murs, animaient les teintures accrochées d'un feu sacré. La grande demeure du Nord vibrait d'une vie précieuse que le froid de l'hiver n'aurait su gâter. La jeune Louve, si discrète et douce, courait à travers le château, le regard agrippé à une silhouette qui se faufilait avec aisance dans le dédale de pierre. Elle se débattait avec les pans encombrants de sa robe. Ses cheveux, soigneusement peignés au matin, n'étaient plus qu'une crinière qui s'emmêlait sur ses épaules. L’exaltation, la joie, l'excitation gonflaient sa poitrine, se bousculaient dans sa gorge jusqu'à s'étrangler et ressortir en un rire merveilleux. A ces heures, elle n'était plus la dernière Dame de Winterfell, ni même une Stark aux futures lourdes responsabilités. Rien ne laissait présager les événements dramatiques d'un avenir incertain. Elle n'était encore que cette fillette jouant avec insouciance, pourchassant son camarade de jeu. Que cette enfant qui devait relever le nez pour contempler la splendeur de ses aînés, découvrir l'univers qui ouvrait ses bras bienveillants pour l'accueillir en son sein. A leur passage, ils effrayaient les domestiques, menaçaient de les bousculer dans leur folle cavalcade. Leur chemin les menait tout droit vers l'arrière du château. Freyja n'hésita pas à le suivre quand il s'engagea dans les escaliers. La Louve dévala les marches à sa suite, ses pieds se précipitant avec la fougue de ses jeunes années. Quand tout à coup, sur les dernières marches, son équilibre lui fit mauvaise fortune. Elle sentit son corps partir en avant, ses jambes ne la soutenant plus. Le sol se rapprocha de manière effrayante de son visage, mais elle ne le percuta jamais. Sa bouche n'eut pas le temps de crier de surprise. Une poigne forte lui rattrapa le bras, la redressa avant que des bras s'enserrèrent sa taille et la soulevèrent du sol. L'enfant gloussa, reconnaissant cette étreinte bienveillante. « Il te faut prendre garde à toi, petite louve. » L'enfant gigota dans les bras de son frère, se retournant pour faire face à Theon. De ses petits doigts potelés par l'enfance, elle caressa ses joues encore glabres, sa chevelure noire de suie. Elle ne craignait pas les mises en garde de son aîné. Une certitude puissante, tel le roc enraciné à jamais dans la terre, s'accrochait à son âme. Il y aurait toujours quelqu'un pour la rattraper. Toujours des bras pour lui venir en aide. Toujours un Stark pour la protéger des coups de ce monde. Autrefois, elle y croyait si fort...



***


Mais à présent, loin des siens et exilée en ces terres hostiles, qui serait là pour la rattraper ? Qui pourrait empêcher sa chute, attendrir la violence de l'impact, relever le corps frêle de celle qui était encore une enfant il n'y a pas si longtemps ? Qui survivrait au fléau qui s'abattait sur la meute du Nord ?

Seule.

Face contre terre, les mains agrippées sur les dures pierres comme pour la rattacher encore à ce monde, Freyja sentit un sentiment plus fort encore que la honte lui tordre les entrailles. L'insouciance des premiers jours lui manquait cruellement. L'air paisible de l'enfance soufflait dans son cœur avec ses odeurs d'autrefois. La tendresse appartenait au passé. Et soudain, il lui sembla que l'amour était révolu, que les certitudes s'étaient brisées sur le roc de la guerre. Il n'existait plus ce sentiment de sécurité qui savait apaiser les angoisses de son âme. Plus de paroles rassurantes. Plus de bras pour la protéger contre leur poitrine forte. Et plus personne pour la rattraper aujourd'hui qu'elle s'étendait sur le sol. Elle voulut reprendre contenance plus vite, mais sa volonté et ses faiblesses l'en empêchèrent. Les rires moqueurs et les paroles murmurées assombrirent son courage jusqu'à amener des larmes à la bordure de ses paupières. Son visage se baissa pour dissimuler la vulnérabilité de son être. Elle était faible, mais elle demeurait Louve. Son orgueil lui ordonnait la pudeur. Pourtant, où était la Louve rugissante en cet état misérable ? Qu'était-il advenu de la fierté du Nord au travers du prisme pathétique de la benjamine du Nord ? Elle se haït. Se détesta. Se molesta l'esprit.

Quand tout à coup, deux pieds apparurent dans son champ de vision. Le mouvement ample d'une robe au tissu riche et somptueux. Elle redressa le nez, observant une silhouette gracieuse s'accroupir à ses côtés, sa main d'une blancheur immaculée se tendant vers elle. Elle lui fit l'effet d'une apparition céleste. A ce visage si doux. A ces traits délicats cerclés par une chevelure blonde surréaliste. Les mots ne trouvèrent pas le chemin de sa voix pour répondre à cette belle dame. Elle se contenta de secouer la tête pour affirmer qu'une blessure, hormis celle de son honneur, n'était à déplorer. « Ne laissez rien paraître. Soyez droite. Fière. Vous êtes noble, ma Dame, alors debout. » Ses paroles lui firent l'effet d'un coup de fouet. Elles éveillèrent en elle quelque chose qui menaçait de fuir, martelé par la peur et sa solitude. Ses prunelles claires s'abîmaient dans celles de la Dame qui lui tendait la main. Sous ses airs angéliques, elle devinait une force intangible qui lui faisait tant défaut. Sa main trouva naturellement son chemin vers la sienne et elle se redressa avec son assistance. Prenant mille précautions, elle fut sur ses pieds maladroits. Pourtant, elle ne laissa rien paraître du tremblement de ses jambes. La tête haute, elle épousseta les pans de sa robe offerte gracieusement par la Dame d'Accalmie. De cette chute, elle n'avait qu'à déplorer l'intérieur écorché de ses mains. Néanmoins, elle fit taire les picotements qui lui dévoraient la peau. « Je vous remercie de votre bonté, ma Dame. » Freyja dut se faire violence pour que son regard ne divague par vers tous les yeux qui la dévisageaient avec insolence, qui l'estimaient, la jugeaient et la condamnaient déjà. Un bref sourire étira les lèvres fines de la Louve. « Je crains de mal supporter la chaleur de la capitale. Le soleil est si ardent... » Et ces derniers jours ne lui avaient laissé que peu de répit. Une fatigue entêtante ne la quittait pas. Le mal s'accrochait à sa frêle carcasse, provoquant faiblesses et vertiges. Elle ne se sentit pas la force d'être debout plus longtemps. « Puis-je solliciter à nouveau votre assistance pour trouver un endroit où s'asseoir ? » Elle se tourna vers ses gardes qui ne réagirent pas, prouvant par cela qu'ils n'objectaient rien à la compagnie de l'ange blond. Le bras de cette dernière se tendit vers elle et la Louve s'y accrocha d'un mouvement étrangement élégant. A présent qu'elle était plus proche de la Dame, elle lui glissa sur le ton de la confidence. « Pourrions-nous échapper à tous ces regards en d'autres lieux ? »


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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: And from the darkness, a light begins to shine • Alys & Freyja   Ven 11 Jan 2019 - 0:01




Friend or Foe

Le regard d’Alys lui envoya une véritable décharge électrique, à la manière d’une anguille, cherchant à faire entendre à la jeune femme qui se trouvait ventre à terre que si elle hésitait, là, maintenant, plus personne ne saurait la sauver. Elle ne connaissait pas la brunette qui se trouvait à ses côtés mais, parce qu’Alys avait subi les moqueries, parce qu’elle savait ce qu’un faux pas dans cette cour pouvait coûter, elle se devait d’être la main secourable qui viendrait la relever, l’empêcher de tomber dans la honte à jamais. Captant ce regard, la brunette se saisit de ses doigts et Alys l’aida à se relever, se redressant de concert avec la malheureuse. Ses gardes, eux, n’avaient esquissé le moindre geste, pas même pour lui venir en aide. Piètres serviteurs… Le regard sombre qu’elle leur adressa en dit long sur sa manière de penser, sur son avis à leur sujet.

Souriant en façade avec la légèreté feinte que la sirène était capable de montrer, elle accueillit la première remarque de la jeune femme, comprenant dans quel sens elle orientait la chose. Les murmures reprenaient autour d’elles, encerclant tant l’intervention de la sirène que la chute de la malheureuse. Mais Alys s’empressa d’alimenter la raison amenée par son vis-à-vis. « Et toute la capitale a déjà subi un jour les effets de cette chaleur que seul un dragon peut apprécier, ma Dame. » Elle sourit un peu plus. Quand elle demanda à la demoiselle de Blancport assistance pour mieux être soutenue, Alys tendit instinctivement son bras, celui de la brune venant l’emprisonner dans le sien. Elle serait cette béquille sur laquelle l’autre pourrait s’appuyer. « Ils vous faut un peu d’air… Venez, je vais vous conduire dans un endroit où vous pourrez reprendre votre souffle. » Le tout en hochant doucement la tête devant le murmure de la jeune fille qui semblait au bord de la crise de larmes provoquée par la honte… Ou la colère. Se retournant vers celles qu’elle cotoyait il y avait encore quelques secondes, Alys s’excusa avant de regarder les gardes. « Enfin, messieurs, ne restaient pas plantés ! Votre dame est mise à mal à cause de la chaleur, faites donc demander un rafraîchissement ! » Son ton était claquant, intangible. Mais son attention se reporta vers son amie du moment et sur le même ton que sa dernière intervention, elle reprit. « Venez. Je sais exactement où aller… »

Se faisant guide, elle l’entraîna à sa suite dans le couloir, à un rythme modéré qui s’accordait à la raison évoquée par la lady. Puis, ensemble, en silence, elles arrivèrent dans les jardins, là où l’air était plus respirable, moins étouffé par la présence néfaste des serpents de cour. « Venez, derrière ce bosquet, il y a un banc très peu fréquenté dans une petite alcôve. Nous y serons tranquilles. » C’était l’un des avantages de vivre ici depuis tout ce temps autant que d’avoir exploré ce Donjon Rouge autant qu’il lui était possible de le faire. Evidemment, si elles avaient cherché une véritable fraicheur, Alys lui aurait certainement proposé de l’emmener dans les geôles de la forteresse mais mieux valait éviter ce genre de visite imprévues si on souhaiter en sortir indemne. Finalement, elles arrivèrent à destination et Alys relâcha doucement le bras de la jeune fille qui se tenait à ses côtés, portant sa main à la sienne, s’en saisissant avec douceur pour admirer les dégats. Ses paumes étaient éraflées et avaient besoin d’être nettoyées. « Vous avez eu de la chance. Vu la chute, vous auriez aisément pu vous rompre le cou… Mais il faut reconnaître que vous avez un certain talent pour les entrées remarquées… Je vous jalouserai bien ce point. » Et elle sourit doucement en coin. L’acrobatie en elle-même aurait pu la faire rire si elle n’avait pas provoqué l’hilarité générale. Mais avec les vipères présentes, elle avait préféré se retenir, ne pouvant finalement se libérer qu’à présent.


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