Partagez | 
 

 Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.   Dim 28 Oct 2018 - 0:37


La Louve & La Biche

Have heart, little wolf
We're bound to be afraid

 

  L’empreinte de la Louve dans la pièce est nauséabonde. Rohanna répugne un haut le cœur. Elle n’avait aucune envie de jouer aux rôles que son époux lui avait assignés. Quelques jours avant leur départ, il y avait tant de choses à faire et à administrer. Elle n’avait pas le temps, ni le loisir, de s’occuper de la Stark. Trop détaché de l’organisation d’une maisonnée, oublieux par ses humeurs passablement orgueilleuses, Robb ne l’avait pas même averti de la date exacte de leur retour. Après tout, comme tous les hommes, ce n’était pas son rôle d’avoir des égards pour les questions domestiques… Soudainement, coincée entre ses devoirs, ses rôles, l’aîné, le cadet et l’otage : la Biche fulminait. Toute délicatesse absente, elle dépose une écuelle garnie face à Freyja. À côté de leur propre diner, elle avait fait spécialement préparer du poisson au vin mélangé dans du pain. De nombreux fruits secs venaient accompagner la collation. Tantôt, la pupille de Lord Martyn n’avait pas daigner toucher à son assiette. Elle avait picoré, au mieux. Or, dans cette demeure, il n’était pas question qu’elle refuse à se nourrir et tenter de dépérir jusqu’à en attraper mal. La Dame d’Accalmie était familière à ce comportement. Refusant ses repas, longs avaient été les jours où elle avait souhaité se laisser doucement mourir. Ce n’était que grâce à la protection susceptible de son époux qu’elle était vivante aujourd’hui. La toisant de sa hauteur, elle lui intime de manger. « La sécheresse menace la moitié de la population de Westeros… entre ces murs le gâchis n’est pas toléré. » La noisette de ses iris s’est assombrie jusqu’au bistre. Elle n’a pas besoin de demander si elle est claire, ses yeux parlent pour elle. Aucune des récoltes de l’Orage ne serait perdue. Le dur labeur de ses sujets serait respecté et honoré. Dans le Val les choses étaient peut-être différentes. Probablement que, perchée sur les toits du monde, elle avait vécue comme une sérénissime altesse ne se souciant pas de la famine qui sévissait vingt mille pieds plus bas. C’était terminé. Malheureusement, la vie était impitoyable, cruelle, injuste : elle ne donnait que trop rarement ce que l’on méritait. Ici, au Sud, les Sept étaient jaloux et avares. Ses Anciens Dieux ne pourraient pas lui venir en aide. La chétive allait devoir l’apprendre rapidement et si elle ne le faisait pas, à la place de sa cousine, elle en serait marquée au fer rouge.

Pour tous, la Biche Pendue avait souhaité une cohabitation différente. Non, elle ne l’avait pas souhaité, mais avait essayé d’influer les choses… L’autorité sapée, Robb s’en était senti bafoué et sa colère était désormais terrible. En son regard, elle avait pu y lire de la déception. Une acrimonie pour ces femmes qui, afin de satisfaire leur propre ego, outrepassaient la loyauté filiale. Kyra Lannister. Catelyn Arryn. Rhaenys Targaryen. … Rohanna Baratheon? À la liste de ces exemples méprisants, devrait-il l’ajouter? À défaut de son amour, serait-il nécessaire de lui retirer sa confiance? Se drapant dans une étoffe de remords, elle ne laisserait plus rien de tout cela arriver. Tous garderaient leurs places. Il avait été clair. Maintenant était le temps de la guerre ; maintenant était le temps de la haine. Et, étrangère et sans défense, la haine était face à elle. La fille de Jeor avait été placée dans la chambre de la Tour originellement destinée à son fils à naître. Ses fils. Ses fils qui auraient du, à ce jour, faire raisonner leurs cris guerriers… Robb n’aurait eu aucune déception dans son regard, aucun regret, aucune amertume. Il n’y aurait eu qu’une fierté ineffable. Une armure imprenable. D’un geste, elle chasse cette illusion. Il y en aurait d’autres. Pourtant, malgré cet espoir terrible, elle n’avait pas mis les pieds dans cette pièce depuis de nombreuses semaines. Mêlés à cet endroit les sentiments étaient nombreux, divers et entêtants. Les magnifiques tentures à la gloire des Baratheon et de leurs hauts faits étaient toujours suspendues. Chaque meuble arborait les signes héraldiques des Cerfs et de leurs puissants vassaux. Les légendes de la Conquête, des Durrandon, d’Accalmie et des mers étaient partout tramées dans les fils les plus couteux. Quand il avait été nécessaire de préparer l’arrivée de Freyja, les préparatifs du déménagement avaient déjà commencés et une majorité de l’ameublement déjà retirée. Personne n’avait eu la foi de toucher à ce cabinet de mémoire. Alors, un peu plus longtemps, dans un jeu tout aussi cruel que silencieux : elle avait fait le choix de laisser ces décorations intactes.

« Dans ce coffre vous trouverez, généreusement, des robes offertes par mes Dames et moi-même. » Personne n’avait douté que le navire disparaisse à travers les flots et le temps n’était plus à coudre des vêtements. De toute manière aucun d’eux n’aurait été adéquat pour l’Orage et le climat qui y régnait. Bien que, depuis toutes ces années, Kyra avait tenté d’installer une mode toute aussi élégante que couteuse à la noblesse orageoise rien ne pouvait surpasser les fastes qu’il fallait déployer au Donjon-Rouge. Chaque jour le port laissait entrer des soieries venues d’Essos plus belles les unes que les autres. Le passage d’Alérie Lannister avait laissé des traces mémorables sur le style vestimentaire de la Cour. Jusqu’à ce qu’elle comprenne l’importance de ses significations, la façon dont elle pouvait jouer avec, Rohanna n’avait jamais pris part à cette course. Il était évident que la sœur de Jorah n’aurait droit à aucun bijoux ou autre signe de distinction — ceux qui avaient été perdus en mer ne serait pas remplacés par les Baratheon.  Bref, les possessions de Freyja était bien maigres : deux bliauds en serge, une cotte camelin, deux surcots et une unique houppelande à traine de soie brochée, une cordelière de soie noire et quatre chainses. Une paire de chausse de cuir brun venait terminer le maigre et précieux ensemble.« Quand nous serons à Accalmie, je vous commanderai une garde-robe adéquate et plus complète… » D’ailleurs, dès ce soir, il faudrait commander des centaines d’aunes de divers tissus pour les faire confectionner plus tard. Le port de Ville-en-Pleurs ne pouvait offrir les mêmes choix— encore que pour les plus belles étoffes et parures fallait-il attendre que les marchands ambulants viennent jusqu’à eux, ce qui pouvait prendre parfois des mois. Grâce à la concurrence, les prix  y étaient aussi imbattables. Personne ne pouvait prédire combien de temps durerait la guerre et les économies ne pouvaient pas être ménagées. « Lady Freyja, vous êtes désormais une des dames de ma suite. En qualité de dame d’honneur, j’attends de vous que vous soyez toujours à mes côtés, sauf si je ne vous convoque pas. Auquel cas vous serez assignée à rester dans cette chambre. Toutes vos demandes devront m’être transmises en personne, même celles destinées à Sa Seigneurie. Votre gardien est bien trop occupé pour pouvoir être dérangé importunément. Sous permission, vous aurez accès aux jardins accompagnée par des gardes de la Maison Baratheon. À moins que vous ne soyez conviée par Son Excellence mon époux, vos repas seront servis ici. » Rohanna balaye la pièce du regard, essayant de voir ce que les serviteurs auraient pu oublier. Elle était dépourvue de toutes possessions personnelles. Il n’y avait pas même un métier à tisser. Bientôt, comme toutes les autres, elle serait vide et libre pour les couleurs et les richesses d’un autre propriétaire. « Vous n’aurez aucune servante pour accompagner vos tâches quotidiennes. Il faudra vous réveiller et vous préparer seule. J’enverrai quelqu’un pour vous assister lors de votre bain et de votre veillée seulement. Avez-vous des questions? »






• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

+ pick it all up +
I WILL TELL YOU WHAT YOU THOUGHT. YOU THOUGHT THAT I WAS A WOMAN TO BE PITIED AND PAST OVER AND IGNORED.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.   Mar 20 Nov 2018 - 20:38

Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.

Rohanna & Freyja


Les angoisses de la Louve l’avaient fait dériver vers des fantaisies étranges. De cette terre hostile qui la réclamait en son antre, elle n’en voyait que les bêtes féroces, les rugissements terrifiants, la violence des actes, des gestes, des regards et des mots. Elle se croyait bientôt abattue sous les griffes atroces de ses geôliers. Mais la réalité revêtait un costume bien différent. La gueule immense de l’ennemi se déguisait sous le masque d’un visage beau et terrible à la fois. Les griffes étaient des mains cruelles et gracieuses. Les mots s’accordaient à la mesure de l’intelligence des gueules qui les portaient et vibraient d’une violence plus forte encore en étant prononcés si bas.
Freyja observait la silhouette gracile de la Biche se mouvoir avec aisance, si légère en dépit du lourd poison qui lui putréfiait corps, chairs et cœur. Elle pouvait sentir les relents mortifères de ce mépris qui transpirait par chaque pore de sa peau et éclatait dans chacun de ses regards. Elle était superbe et terrible dans un maelström envoûtant. Elle lui inspirait crainte et fascination, terreur et admiration. Elle tranchait les mots de la Louve à-même sa gorge avant qu’elle n’ait pu les prononcer.
Méfiance. Colère. Tension. Elles saturaient un air qui emplissait ensuite les poumons de Freyja, tombaient dans le fond de son estomac et lui pourrissaient les entrailles. Elle était glacée de l’intérieur. Elle étouffait de chaleur. Elle était givre et flamme. Terreur et épuisement.

« La sécheresse menace la moitié de la population de Westeros… entre ces murs le gâchis n’est pas toléré. » Ce fut brusque. Ses paroles la heurtèrent dans un orgueil qu’elle croyait déjà rompu par la frayeur. La pensait-elle figée dans les attitudes insolentes d’une bourgeoise pour qu’elle l’accuse d’ignorer les maux qui frappaient leurs peuples ? Elle ne se jugeait pas ingrate, moins encore ignorante, aveugle ou insouciante. Toutefois, elle comprit qu’il aurait été mal avisé de répliquer face à une femme qui exultait colère et douleur au travers du traitement qu’elle infligeait à la Dame du Nord. Aussi se força-t-elle à manger, souffrant d’avaler chaque bouchée au travers de sa gorge serrée. Hélas, elle ne goûta rien de la finesse des mets, n’éprouva aucune satisfaction à la satiété après tant de privation. Ses narines s’écorchaient encore à l’odeur du sel, de l’iode, du sang et de la peur. Elle était prisonnière d’une torpeur indolente qui éteignait ses sens. Plus d’odorat, de goût, de vue, de toucher, d’ouïe. Juste un cœur qui se déchirait dans une poitrine étouffée.
Lors d'un bref instant, alors que la Biche dardait un regard exigeant sur sa piteuse carcasse, un souvenir s’imposa à la mémoire de Freyja, aussi improbable que cruel. Celle d’une nourrice à la face aussi rigide et sèche que les pages des livres dans lesquels elle s’abimait avec acharnement, penchée au-dessus d’elle en attendant qu’elle termine la viande qui emplissait son écuelle. La benjamine du Nord n’avait jamais éprouvé aucune tendresse pour celle qui prenait la place d’une mère qui n’était plus. Et pourtant, cela lui sembla provenir d’une époque si douce, si lointaine, si oubliée qu’elle faillit croire que ce n’était jamais arrivé.
A son premier regard sur la Tour, Freyja n’avait pas cru qu’elle puisse être si grande et labyrinthique. Il lui sembla que ce n’était que dédale de couloirs et d’escaliers. Elle bénissait malgré tout les Anciens Dieux de ne pas loger dans le palais même. Néanmoins, son séjour en ces lieux ne seraient que de courte durée. Déjà, la Louve redoutait ce nouveau périple, avec pour uniques compagnons, des Cerfs hostiles. Et dans l’éclat sévère qui brillait dans les prunelles sombres de Rohanna, elle y lisait la liste exhaustive de tous les interdits dont elle se frappait la raison pour ne pas lui planter une dague dans le cœur. La Louve frémit en s’engouffrant dans ses appartements avec la Biche. Une crainte qui lui glaçait sang et os. Dans la pièce, tout y était composé pour rappeler la gloire et la puissance des Baratheon. Louve solitaire face à la ruade des Cerfs, elle se sentit écrasée sous leurs sabots vengeurs.

« Dans ce coffre vous trouverez, généreusement, des robes offertes par mes Dames et moi-même. » Freyja déplorait la perte de ses maigres possessions. Nulle vanité ou coquetterie dans ce sentiment qui lui piquait le cœur, mais bien une fêlure dans sa fierté. En dépit de sa captivité dans le Sud, la Pupille des Eyriés souhaitait arborer les couleurs et la mode du Nord, affirmant son appartenance à ces terres injustement condamnées au profane. Hélas, le choix ne lui était plus permis. L’héritage du Nord ne perdurait plus qu’au travers du médaillon qu’elle portait autour de son cou, frappé du sceau d’un loup rugissant, et de ses traits caractéristiques des régions enneigées. « Je vous remercie de vos bontés, Dame Rohanna. » La jeune fille ne comptait guère s’appesantir en gratitude déguisée. Elle n’oubliait jamais son statut. Elle n’oubliait pas que le devoir se cachait derrière ces générosités. Elle ne pouvait être abusée de la sorte. La Dame de l’Orage évoqua leur futur séjour pour Accalmie. A nouveau, cette pensée ébranla son âme. Elle avait tant craint de gagner la Couronne qu’elle se surprenait à être déchirée par son départ pour les terres des Baratheon. Mais la véritable source de sa blessure provenait en premier lieu de l’arrivée potentielle d’Ashara à Port-Réal, mais plus particulièrement de Catelyn. Le jugement de sa cousine avait eu lieu récemment, la soumettant à des supplices si atroces que Freyja doutait encore de sa survie. Il lui fallait la voir, s’assurer de la santé du Faucon et de la fièvre intacte de son âme. Elle qui était plus seule qu’aucun d’entre eux. Elle qui ne vivait plus qu’au travers de la douleur. Elle à qui on avait arraché son si beau plumage. Les mots de Robart l’ébranlaient encore, lui provoquant des haut-le-cœur. Ils étaient en guerre. Peu importaient les prochains événements. Peu importaient les futures promesses d’Ashara. Impuissante, les yeux grands ouverts sur l’horreur, Freyja assistait à la chute d’un empire au déclin brutal de sa famille. Bientôt, le nom des Stark ne résonnerait plus que dans le chant de l’opprobre et de l’oubli. Et à cette chute inéluctable, la Louve savait qu’elle ne survivrait pas à l’impact.

Elle appartiendrait à la cour de Lady Rohanna. Cette dernière illustrait très clairement ses droits, mais surtout ses obligations, ses interdits. Tout autant de précautions qui la plaçait en position de coupable. Mais Freyja refusait d’être celle qui tenait la lame sanglante des crimes commis. Elle avait trop prié dans ses pleurs pour le salut de ces deux âmes innocentes. « Oui, lady Rohanna. » Elle marquait une approbation destinée uniquement à radoucir le ton de la Biche et moduler ses inflexions glaciales. Elle se trouva presque soulagée d’apprendre qu’elle ne serait guère assistée dans son quotidien. Elle pouvait souffrir les malveillances des Baratheon à l’occasion de leur compagnie, même la rancune d’Edric, la douleur de Rohanna et le mépris de Robart, mais elle souhaitait s’affranchir de ce même fléau dans l’intimité de la part d’une femme de chambre ou d’une suivante. Martyn lui avait offert la possibilité d’emmener une dame du Val pour l’assister dans ses tâches. Freyja avait refusé en dépit de toute le réconfort que cela lui aurait procuré, ne voulant pas emporter une autre âme innocente dans cet enfer peuplé de démons menaçants. Avec la tempête qui avait englouti la flotte, elle se félicitait de cette décision. Hélas, d’ici son départ, elle risquait de ne combler le vide son quotidien qu’avec les tourments de ses inquiétudes. « Un jour a-t-il été convenu pour notre départ ? » hasarda prudemment la Louve. Bien que cette chambre demeure intacte, elle avait cerné l’agitation des serviteurs dans la Tour pour procéder au déménagement des affaires. Elle devinait leur envol précipité au lendemain de la renonciation de Robart à son porte de Main de Roi. Freyja aurait été curieuse de connaître les véritables fondements de cet acte. Mais derrière les interrogations de la Louve, une autre se dissimulait, attendant son heure pour trouver le chemin de ses lèvres. Elle rassembla un courage qu’elle ne pensait plus détenir, peu encouragée par une apparence bien piteuse face à une Dame si élégante, elle qui devait représenter le Val et le Nord. « Il n’est pas d’épreuves plus dure que votre calvaire. Et, en dépit de tout ce qui nous sépare alors que nous devrions être si proches, je vous assure de ma sincérité en joignant ma douleur à la vôtre… » Elle avait conscience de la méfiance qui pourrait être dévolu à des paroles jugées impertinentes, mais il lui fallait poursuivre son propos et replacer les véritables enjeux de sa présence ici. « Votre époux parle de guerre, de vengeance… La paix est morte dans les bras de mon frère. Mais je connais la valeur de ma famille et la bonté de leur cœur. Je ne puis croire qu’ils se soient parjurés dans un crime aussi abominable. Et si ma présence doit témoigner de l’innocence du Val et du Nord jusqu’à ce qu’elle soit prouvée, alors elle sera éternelle. » Il n’était plus le temps de s’épuiser dans cette lutte insensée vers la rédemption là où la culpabilité hurlait de toutes parts. Toutefois, Freyja poursuivait un tout autre but. « Lady Rohanna, je n’ignore pas que je ne suis pas en droit d’espérer plus de vos bontés, mais je vous conjure de prêter une voix favorable à ma requête… » Elle se soumettait à la condamnation de son insolence, mais elle ne s’accorderait aucun répit sans avoir tenté une ultime bravade. A l’annonce de leur départ précipité, l’étau du sablier se resserrait. La gorge asséchée par l’angoisse, les mots furent ardus à prononcer. « Lady Catelyn Arryn… Pourrai-je la voir ? » Il lui sembla que ce simple nom faisait trembler le frêle édifice de leur relation. « Vos conditions seront les miennes. Je me plie à la moindre de vos exigences. Je ne quémande aucun échange privé. Je ne demande qu’à la voir, lui parler un peu, m’assurer de sa santé. La visite d’une cousine à une autre… elle a besoin de moi. » Et Freyja avait désespéramment besoin d’elle.



made by black arrow
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.   Ven 7 Déc 2018 - 16:35


La Louve & La Biche

Have heart, little wolf
We're bound to be afraid

 

 « Oui, lady Rohanna. Un jour a-t-il été convenu pour notre départ? »



Ses sourcils se haussèrent, de toutes les questions elle ne s’était certainement pas attendue à celle-ci. Ne la possédant pas, elle ne pouvait lui donner de réponse. Maintenant qu’Edric et Freyja étaient rentrés, quand partiraient-ils? Si elle l’avait pu, elle aurait ordonné que tout soit prêt pour le soir même — qu’importe l’heure à laquelle le long convoi s’aventurerait sur les routes pourvu qu’ils partent d’ici ! Néanmoins, il était désormais peu probable qu’ils partent les deux prochains jours. La tempête avait détruit la flotte qui devait transporter les plus gros effets personnels et, maintenant, ils devraient prendre la route royale. Cela obligeait à quelques jours pour remanier l’organisation. Un détail moins fâcheux que la perte d’un bâtiment et des hommes à bord, évidemment. 


« Vous serez prévenue le jour même, quelques heures avant. Pour l’instant votre seule préoccupation devrait être de vous reposer. La route jusqu’à Accalmie devrait être éprouvante après vos récentes mésaventures. »

En réalité, la route qui rejoignait Port-Réal à Accalmie devait être parmi les mieux entretenues du Royaume. Néanmoins, la chaleur était écrasante et la poussière bien plus généreuse qu’à l’ordinaire. Restée enfermée pendant trois journées dans un charriot s’annonçait difficile. Du moins, pour la petite Louve et ses dames car elle comptait bien monter pour rester à l’air libre. N’ayant aucune chance qu’elle soit enceinte à ce jour, personne n’aurait d’argument assez pertinent pour le lui refuser.



«  Il n’est pas d’épreuves plus dure que votre calvaire. Et, en dépit de tout ce qui nous sépare alors que nous devrions être si proches, je vous assure de ma sincérité en joignant ma douleur à la vôtre… »



Peu conventionnelle, Rohanna eu un geste ennuyé. Elle était las, extrêmement las, de toutes ces fourbes courbettes. Comment une jeune fille de l’âge de Freyja, vierge, pouvait comprendre la douleur qu’elle avait traversé? À vrai dire, personne ne pouvait la comprendre — du moins, personne qu’elle ne connaisse. Tess, peut-être. Quoiqu’encore elle n’avait jamais été empoisonnée, jamais attenté à sa vie, et, à sa connaissance, on ne lui avait pas ouvert le ventre pour extirper d’affreux enfants aux visages déformés. Ces phrases, quoique peut-être réellement sincère, ne la ferait pas être appréciée davantage. Au contraire, il y avait des sujets dont elle ne devrait jamais évoqué. À commencer par celui-là. 


« Votre époux parle de guerre, de vengeance… La paix est morte dans les bras de mon frère. Mais je connais la valeur de ma famille et la bonté de leur cœur. Je ne puis croire qu’ils se soient parjurés dans un crime aussi abominable. Et si ma présence doit témoigner de l’innocence du Val et du Nord jusqu’à ce qu’elle soit prouvée, alors elle sera éternelle. »



« La paix n’est pas morte dans les bras de vôtre frère, mais de ses actes et de ses mots. Comprenez une chose, Dame Freyja, je n’ai cure de la valeur de votre famille et de la bonté de leur cœur. Aussi ancestrale soit elle, votre réputation ne sera pas un bouclier. »



Par les flots d’Eleneï, qu’essayait-elle donc de faire? La déstabiliser, la testant, sous son propre toit? Pourtant, elle ne semblait pas faite de la même trempe que sa détestable cousine. Freyja semblait moins hautaine et plus encline à l’empathie. Probablement une illusion de leur sang… Figée, tentant de prendre son mal en patience, ce pour quoi elle n’était pas réellement réputée, Rohanna décida de réitérer sa demande. Une manière d’effacer ces offenses maladroites.

« je répète, Lady Freyja, avez-vous une question? »

Ainsi, personne ne pourrait l’accuser d’avoir manquer d’égards envers la dernière Louve de Winterfell, ni d’avoir été un bourreau sans état d’âme. Quelques heures plus tôt, elle le lui avait dit : lui était offert la possibilité d’un avenir meilleur. Les meilleures cartes lui étaient données, à elle de les jouer correctement. Désormais, peu importait le passé : il fallait observer l’avenir. Elle espérait ne plus à avoir entendre de faux sentiments, de fausse sincérité. 


« Lady Rohanna, je n’ignore pas que je ne suis pas en droit d’espérer plus de vos bontés, mais je vous conjure de prêter une voix favorable à ma requête… Lady Catelyn Arryn… Pourrai-je la voir? »



Une gifle n’aurait pas eu meilleur effet. Comment pouvait-elle trouver le courage de prononcer cette requête? La Nordienne venait d’outrepasser ses droits et, avec, ses maigres chances d’avoir une existence paisible à leurs côtés. Rohanna pouvait sentir ses yeux se consumer d’une braise ardente et toute son échine trembler. 


« Vos conditions seront les miennes. Je me plie à la moindre de vos exigences. Je ne quémande aucun échange privé. Je ne demande qu’à la voir, lui parler un peu, m’assurer de sa santé. La visite d’une cousine à une autre… elle a besoin de moi. »



« Mes conditions seront les vôtres? »



La Biche eu un rire nerveux et ses doigts vinrent cacher ses lèvres. Son corps entier avait le même soubresaut angoissant. Une furie démente dont personne n’aurait pu anticiper les gestes. De longs instants, ainsi, elle demeura dans le silence de l’écho de ses rires. Incapable de savoir comment réagir. Voilà, que l’heureuse rescapée venait de replonger dans les tourments noirs des océans damnés. Finalement, son impertinence était la même de celle qui avait permis à cette fameuse cousine de se lever au cours du procès. Étaient-ils tous ainsi? Pétrifiés d’un orgueil déplacé et révolu. La bêtise humaine pouvait-elle avoir plus pertinente définition que le sang Arryn et Stark? 


« Dans votre famille, la frontière semble mince entre courage et idiotie. La dernière personne qui a clamé l’innocence du Nord, comme vous le faîtes si bien, est votre cousine. Catelyn Arryn. Son vœu d’éternité a été respecté, désormais des cicatrices scindent son dos. Prenez garde, l'insolence brûle. Quand je vous ai demandé si vous aviez des questions, j’espérais que vous me demandiez s’il vous serez possible de garder votre religion païenne. Par exemple. Une requête, n’était pas envisageable. La visite d’une cousine à une autre, n’était pas même pensable. »

Sa voix n’aurait pu être plus tranchante, ni plus distante.

« Votre cousine a été jugée pour trahison à notre roi Jaehaerys. Tout comme votre frère, elle refusait de renouveler les vœux que leurs ancêtres ont pourtant fait avant eux. Dans le même temps, votre famille est fortement suspectée d’être commanditaire de mon empoisonnement et Catelyn Arryn avec. De ce que je sais, une minute lui suffirait pour manigancer de nouveaux malheurs. Par quelle folie mortelle avez-vous pu penser que j’accepterai votre… requête? Insolente requête ! Quelle bêtise vous a aveuglé pour oser préciser que vous accepteriez de… comment avez-vous dit… ha ! de ‘‘ne quémander aucun échange privé’’? ».

Désormais, ses larges mains étaient posées à quelques centimètres du dîné de Freyja. Ne lui laissant aucune chance d’échapper à son regard et à sa fureur soudaine. On aurait dit que Rohanna hésitait entre embrocher le précieux visage de la Louve ou renverser la table dans un cri pathétique. Elle fulmina une dernière question.

« À ma place, que ferriez-vous? »


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

+ pick it all up +
I WILL TELL YOU WHAT YOU THOUGHT. YOU THOUGHT THAT I WAS A WOMAN TO BE PITIED AND PAST OVER AND IGNORED.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Have heart, little wolf. We're bound to be afraid.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Wolf Heart Rpg
» Team Aura (pv : Red Wolf )
» Rp avec Thunder Wolf ?
» The way of the heart.
» [PV Kana Suu] Des nouvelles de Tequila Wolf.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

The seven kingdoms

 :: Terres de la Couronne :: Port-Réal
-