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 Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Lun 29 Oct 2018 - 20:22

 
Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil

Le moment était venu. Rouge, le soleil se levait au dessus de la mer d’Eté, et comme à son habitude Nymeria était déjà levée depuis un moment, comme beaucoup de courtisans à Dorne. Avec la vague de chaleur du long été, profiter des rares moments de fraîcheur au Palais Vieux était devenu une nécessité grandissante, et beaucoup d’affaires de moindre importance se déroulaient une heure ou deux avant l’aube, de manière à ce que l’après midi soit déchargé de toute tâche et laisse place à une oisiveté salvatrice par une chaleur que seuls les dorniens pouvaient réellement supporter. Mais pour autant, ce n’était pas un jour comme les autres, loin de là. Croquant dans un fruit importé des Îles d’été, la Princesse Régente sourit à l’astre symbole de sa Maison, celui dont elle était désormais l’incarnation vivante auprès de son peuple. Ce jour marquerait le début de sa vengeance, puisque la justice lui avait été arrachée par les mains de ceux qui s’étaient soumis aux Targaryen. A partir d’aujourd’hui, aucun suppôt de valyrien ne pourrait jamais plus prétendre à interférer dans les affaires de Dorne et rester impuni.

Elle n’avait pas encore pris la peine d’enfiler autre chose qu’un simple voile, de toutes manière aucun garde ne pénétrerait dans sa chambre tant qu’elle ne l’aurait pas autorisé, et ceux-ci étaient postés à sa porte, sachant pertinemment que personne n’avait le droit d’entrer, quel que soit son rang ou son importance, du moins pas sans l’approbation préalable de la Régente. D’un geste, elle appela la jeune servante qui lui avait apporté son repas, et celle-ci s’approcha plus près du large siège occupé par sa souveraine, attendant ses instructions.

« Demande aux gardes d’aller chercher Menaka. Et prépare une robe, il est largement temps que cette journée commence. »

Tandis que la jeune fille s’éxécutait, Nymeria scruta la dague richement décorée posée sur sa table. Celle-là même que Myrcella avait offert à Tristam pour son mariage avec la catin Arryn, parmi d’autres cadeaux au moins aussi somptueux. Elle avait été stockée dans le trésor royal comme beaucoup des effets de l’ancien Régent, mais désormais elle servirait le but qui lui avait été assigné : frapper les ennemis des Martell, et rougir sa lame du sang des oppresseurs. La révélation du Baratheon avait au moins ça de bon, elle avait décidé Nymeria à agir directement contre les dragons, peut-être pas en faisant la guerre, Myriah avait su la dissuader de faire traverser la frontière à son armée, sans doute pour le mieux, il valait mieux ne pas risquer une nouvelle débâcle, et si les forces dorniennes surpassaient toutes les autres, ce n’était vrai que si elles se battaient sur leurs terres. La Martell se contenterait donc d’une tête, une mère pour une mère, le sang des Targaryen pour celui de sa Maison, dont ils avaient ordonné qu’il soit versé. Et si les dragons devaient découvrir qu’elle était la tête derrière la main qui porterait le coup… Elle les attendrait, et ils disparaîtraient dans les sables du désert comme leurs ancêtres avant eux.

Tout était prêt pour envoyer la lame droit dans le coeur de sa cible : la veille, un navire Lyssien avait accosté à Lancehélion, et le marchand avait accepté, contre forte rémunération, d’emmener un passager avec lui jusqu’à Peyredragon, puis de le ramener à la capitale des Martell dès qu’il le demanderait. Il n’en savait pas plus, ne voulait probablement pas que ce soit le cas, et n’avait de toutes façons pas besoin de plus d’informations pour servir les intérêts pour lesquels il était payé. L’important était là : aucun navire pouvant être rattaché à Dorne ne serait vu à Peyredragon, et Menaka passerait inaperçue parmi un équipage de marchands originaires du même endroit qu’elle et amenant des vivres de luxe à la Princesse qui résidait là-bas. Le reste ne dépendrait que de son assassine, et il était temps qu’elle démontre ses talents après tout. Quittant sa chaise, Nymeria retourna à l’intérieur, laissant tomber le voile qui lui recouvrait le corps avant d’étendre les bras, signe pour la servante qu’elle pouvait lui passer sa robe. Menaka ne tarderait plus, et la souveraine tenait à être prête quand elle arriverait.

Quand la lysienne fit son entrée, Nymeria était toujours assise, attendant avec une patience toute relative qu’on finisse d’arranger ses cheveux. Comme à son habitude, l’assassine ne prit pas la parole la première, et la dornienne se demanda si c’était dû à son manque de maîtrise de la langue ou simplement au fait qu’elle préférait savoir à quoi s’attendre avant de dire un mot, ce qui pouvait s’avérer sage quand on traitait avec une souveraine capable des pires colères pour des raisons parfois triviales. Mais l’humeur du Soleil de Dorne était au beau fixe aujourd’hui, aussi accueilla-t-elle l’arrivée de celle par qui sa vengeance prendrait forme avec un large sourire.

« Sais-tu pourquoi je t’ai fait venir, Menaka ? »

Les rumeurs sur l’entretien qu’elle avait eu avec Myriah avaient commencé à circuler dans le Palais, de même que le fait que la conseillère n’avait pas quitté la chambre de la Princesse Régente avant l’aube. Sa question n’était qu’une épreuve préliminaire, pour voir si celle qu’elle avait engagé avait commencé à s’intéresser aux bruits de couloir, et à récolter des informations par elle même. Après tout, mieux valait s’assurer que son or avait été bien dépensé...
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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, Principauté de Dorne
MessageSujet: Re: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Mar 30 Oct 2018 - 21:23


 La princesse & l'Assassin

 Même un dragon peut mourir
face à la colère du Soleil

 

 Aujourd'hui, la mémoire de mon corps fait moins défaut à celle de mes souvenirs. Dans mon enfance, Mâa avait pris l’habitude de nous réveiller avant l’aube. Dans la torpeur de la nuit, elle nous amenait jusqu’à la mer d'Été et nous devions attendre. Attendre longtemps, sans frissonner, sans somnoler, sans bouger, les premières lueurs du soleil. Et quand il venait, nous ne devions pas baisser les yeux. L’important était de défier le plus longtemps possible la nouvelle lueur aveuglante. Ainsi, elle voulait que nous nous forgions cette arrogance, cette vanité, qui permettait aux bâtards de survivre dans un monde régit par les puissants. Nombreuses avaient été les fois où, pour ne pas y être arrivé, nous avions été privé de repas. Pire, pour croire pouvoir défier l’astre lui-même, nos frères et nos sœurs se moquaient de nous. Ils disaient qu’un jour, ennuyé et énervé, celui-ci nous brûlerait de son seul souffle. Il était difficile de ne pas les écouter, ne pas les croire mais, comme toujours, c’est notre mère qui avait raison. Avec le temps, nous étions devenus les êtres les plus beaux et les plus violents d’Abilash. Et pourtant, aujourd’hui, j’étais là. Le soleil et la mer étaient toujours les mêmes, c’est le continent et ses habitants qui avaient changé. Tandis que je brave les premières lumières du jour, exilée, privée de mon héritage, c’est Rustom que je contemple. Dans le Vieux-Palais, ma soif de vengeance s’était endormie. Je n’étais plus aussi farouche et haineuse qu’à mes premiers jours. Un jour, je le tuerai. Pour l’instant, mes motivations étaient nombreuses et ailleurs...

Quand la servante de Nymeria tente d’interrompre ma conversation solaire, je prétend ne pas l’avoir vue. Yeux dans les yeux avec le petit jour, je reste concentrée à mon exercice. Discipline quotidienne, je ne m’y serai dérobée pour personne — quand bien même une affriolante princesse du désert. Dans un coin, indifférente, elle attends. Si j’avais pris mes marques dans ma nouvelle demeure, les serviteurs me semblaient toujours aussi antipathiques. Je leur étais étrange et ils ne m’aimaient guère. En retour, je ne faisais rien pour me faire apprécier d’eux. Je ne savais pas comment il fallait procéder. Je n'avais jamais eu d'ami, je n'en avais jamais eu besoin. Cependant, plus les jours passaient et plus l'absence de mes pairs était grande. Non seulement leur compagnie, mais l’activité de mon corps à leurs côtés. L’or princier n’y faisait rien, loin des mains et complots lisions, mon être dépérissait. L’adrénaline était absente à ma vie. Quant à mes nuits, elles étaient bien froides. Malgré les mœurs légères, personne ne se serait aventuré à m’approcher. J’étais trop proche de leur princesse et personne n’aurait rien fait pour se risquer à son courroux légendaire. Pour cette même raison, depuis le mariage du Dayne où j’étais apparue à ses côtés, ils se méfiaient de moi… Probablement que la Ferboys y était pour quelque chose ou cette princesse Lannister à qui j’avais volé une robe convoitée. Oui, cette mijaurée me semblait capable de tout pour outrepasser le pouvoir de la régente. Malgré tout, j’étais plus une énigme qu’une nouveauté. 


Les serviteurs avaient fini par apprivoiser ma présence et accepté de vivre à mes côtés. D'un accord mutuel, nous nous ignorions.


☼ ☼ ☼




« Sais-tu pourquoi je t’ai fait venir, Menaka? »


Sa voix est calme, presque trop gaie. Autour d'elle, ses gracieuses abeilles terminent d’arranger ses longs cheveux. À mon goût, une coiffure un peu trop compliquée pour une femme-guerrière. Une coquetterie peut-être expliquée par le musc du parfum de sa conseillère — encore si capiteux que son départ devait être récent. Elle attend une réponse rapide, mais je garde le silence. Je n’aimais pas beaucoup parler et, en conséquent, choisissait toujours mes faits et gestes avec grande précision. C’était une manière de n’être jamais prévisible. Imposer un mystère opaque et imprenable. Mes yeux noirs observent son, très rare, sourire rayonnant. D'une humeur exquise il aurait presque pu parler de lui-même si sa posture ne l'avait pas trahie avant. Sous son accoutrement limpide, sa poitrine est soulevée et plus ferme qu'à l'ordinaire. Le suc téméraire, elle apparaît sûre d'elle-même et de l'avenir. Lentement, je laisse naître un sourire désarmant. Quoique moins charmant, moins royal, que le sien. Réellement... croyait-elle que j’étais un limier à l’affût des commérages sur sa personne? Heureusement, dans les cuisines et les communes, on faisait grand cas de la vie des illustres qui vivaient quelques étages plus haut, dans leurs belles étoffes et leurs grands murs mosaïqués. Toutes les rumeurs y arrivaient rapidement. Ces derniers jours, elles avaient brassé divers sujets du passé. De toute manière, il s'agissait toujours de leur passé torturé. Très vite, j'avais compris que les gens de ce continent ne vivaient jamais pour l'instant présent. Parmi les thèmes récurrent, la mort de leur défunte princesse Myrcella tenait une certaine place. Quoique, victime d’une flèche, sa mort était anodine dans l'histoire des disparition Dorniennes, un détail était inédit était venu se loger. Les rumeurs avaient commencé à y mêler une étrange maxime : « Feu et Sang ». Apparemment, infatigables dans leur complaisance, des dragons de terres lointaines aimaient à la répéter. Vils et destructeurs, ces Targaryen ne semblaient croire qu’en ces deux mots. Et puis, depuis hier soir, il y avait d’autres murmures, plus secrets, de ceux qui lézardent les murs et s’échappent avant qu’on ne puisse les attraper…



« Oui. »


… malheureusement pour eux, mon agilité me permettait de me saisir de tout. Ces secrets, de ceux qui n’auraient pas du être divulgués, ils venaient balbutier des bribes d’un passé qui m’était encore peu familier. D'ailleurs, sans mentor, c’était très peu probable qu’il me le soit un jour. Je plante mon regard dans le sien. Ces susurres des murs osaient dire que le sang des Martell était fait de feu. Et que des offenses vécues, maintenant il faudrait en faire payer le prix juste. Ces Targaryen paieraient de leur propre sang.



« Est venu le temps de la dette que tout homme doit payer. »

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Ven 2 Nov 2018 - 17:16

 
Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil

« Exactement. »

Quittant son siège, Nymeria fit signe à la Lysienne de la suivre sur le balcon, tandis que les servantes quittaient la pièce comme si elles n’avaient jamais vraiment été là. La Princesse Régente ne s’était toujours pas habituée au manque de manière de Menaka, pas plus qu’à sa manière de parler peu qui pouvait être dérangeante, même pour elle qui ne supportait pas toutes les circonvolutions de langage propre à la diplomatie. Elle avait pourtant appris à ne plus s’en inquiéter, et à agir comme si la chose était normale, puisque ce devait l’être pour l’assassine que Myriah avait fait engager. Au moins, il n’était pas nécessaire avec elle de faire preuve de faux-semblants ou de demi-mots, la conversation serait rapide et efficace. Cependant, Nymeria préféra expliquer ce qui la poussait à faire appel aux services de la lysienne, un peu de contexte pourrait éventuellement servir dans les événements à venir.

« Mon frère voulait maintenir une paix avec les Dragons, et malgré cela ils n’ont pas hésité à le tuer. Ma mère a tenté de rapprocher nos Royaumes en mariant mon cousin à une Lannister, et j’ai appris que c’était également eux qui avaient commandité sa mort. Leur arrogance les pousse à croire qu’ils possèdent ce qui ne leur appartiendra jamais, et à agir sur le destin de mes terres comme s’ils leur volonté y était force de loi. J’ai essayé d’ignorer leur existence, mais il semblerait qu’ils ne peuvent s’empêcher de se prendre pour les maîtres du continent. Aussi, il est temps d’agir, et de leur donner une leçon. »

Ce n’était pas l’idéal, bien entendu. La dornienne aurait voulu détruire tout ce qu’ils avaient bâti, mettre fin à leur dynastie et effacer leur marque sur l’histoire en restaurant un continent où il n’y aurait plus une famille pour dominer les autres. Faire ce que les autres avaient échoué à faire en détruisant les dragons, et prendre sa revanche au nom de la première princesse de Dorne en renvoyant les valyriens dans les ruines de leur empire maudit. Mais elle serait alors seule contre les autres, et si les dorniens avaient déjà prouvé pouvoir contrer n’importe quelle force d’invasion sur leur terre, la vérité était toute autre quand il s’agirait de combattre sur des terres étrangères, bien trop différentes des déserts dorniens et des montagnes des Marches. Nymeria devrait encore attendre pour voir la chute des Targaryen, peut-être même ne la verrait-elle pas de son vivant, mais elle avait tout de même une possibilité d’obtenir une vengeance moindre, pour son jumeau, pour sa mère.

« Le Roi et sa sœur, la Reine sont des cibles trop difficiles à atteindre, néanmoins ils ont une tante, la dernière de sa lignée à avoir connu Aegon l’Usurpateur, qui a soumis tous les autres Royaumes. On me dit qu’elle vit à Peyredragon, une île où la sécurité est bien moins rigoureuse et nombreuse, et où pourtant l’on envoie de nombreuses marchandises de luxe pour son occupante. Je leur ai rendu leur grand-mère en guise de bonne volonté et d’avertissement, mais il semblerait que le message ne soit pas passé… Voyons si leur tante assassinée là où ils ont commencé leur invasion sera un signe plus clair des limites de leur pouvoir. »

D’avance, Nymeria se réjouissait de l’impact qu’aurait une seule mort sur le Royaume des dragons. On les pensait intouchables, et pourtant l’une des leur serait tuée dans son intimité, à l’endroit même qui symbolisait leur puissance et leur essor. Peut-être même que certains en feraient un signe, une preuve que le moment était venu de se soulever contre l’oppresseur et de récupérer leur couronne. Il était difficile d’imaginer toutes les conséquences possibles qu’auraient ce meurtre, mais il en aurait, c’était certain. Nymeria se saisit de la dague de son frère qui reposait toujours sur la table. Plongeant son regard dans celui de l’assassine, elle la tendit à celle-ci, lui annonçant ce qu’elle attendait d’elle :

« Je veux que tu leur envoie ce message. Sois mon bras, et  venge mon frère en plongeant sa dague dans le coeur de Daenys Targaryen. Venge mon sang en versant le leur, et affaiblis les comme ils ont voulu affaiblir ma famille. »
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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, Principauté de Dorne
MessageSujet: Re: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Dim 4 Nov 2018 - 15:24


 La princesse & l'Assassin

 Même un dragon peut mourir
face à la colère du Soleil

 

 « Exactement. »



Sans un mot, les abeilles du désert s’évaporent. Elles obéissent à une langue invisible que je ne connais pas. Ces frêles jeunes filles, vierges effarouchées, obtempèrent aux moindres faits et gestes de leur Muse. Et, alors que j’accompagne Nymeria sur son balcon, mes yeux ne peuvent s’empêcher de les suivre. La vision volée d’une vie bien servile. Bien différente de la mienne. Je possédais entre mes bras les deux seules choses qui gouvernaient le monde : l’amour et la haine. Abilash m’avait appris à être le maître de mon destin. J’étais devenue la vie et la mort. Ma servitude était de pouvoir réinventer la vie d’autrui, à l’infini. Une capacité que la princesse voulait utiliser à son avantage et pour laquelle elle avait grassement payée. Non que, pour ma part, l’argent soit un motivateur premier… je ne savais rien faire d’autre. Vivre comme ces autres qui laissent la vie les bercer tendrement, je n’aurais pas pu le faire. Menaka était sa propre aurore et son propre crépuscule. 


« Mon frère voulait maintenir une paix avec les Dragons, et malgré cela ils n’ont pas hésité à le tuer. Ma mère a tenté de rapprocher nos Royaumes en mariant mon cousin à une Lannister et j’ai appris que c’était également eux qui avaient commandité sa mort. Leur arrogance les pousse à croire qu’ils possèdent de qui ne leur appartiendra jamais, et à agir sur le destin de mes terres comme si leur volonté y était force de loi. J’ai essayé d’ignorer leur existence, mais il semblerait qu’ils ne peuvent s’empêcher de se prendre pour les maîtres du continent. Aussi, il est temps d’agir et de leur donner une leçon. »



Mon faciès sourit, réellement amusé par la situation. J’avais toujours entendu de Westeros que ses hommes faisaient un point d’honneur à se battre dans des grandes plaines — de celles qu’il est impossible d’imaginer sur une île. Des chevaliers qui, conduits par un code de droiture et d’honneur, aimaient à se déchiqueter les uns entre les autres. On disait leurs causes toujours nobles et toujours droites, justifiant de colorer le monde par le sang de leurs victimes. Pourtant, depuis que Myriah m’avait amené ici, je comprenais qu’il s’agissait là de contes bien mensongers. Finalement, ils n’étaient pas si différentes de nous-même. Pour un caprice était toléré poison, flèche, dague, etc. Petite mort pour petite mort. Arbitraire. Le Royaume des Dragons m’apparaissait être celui de voleurs aguerris. Quoique, évidemment, avec des monstres crachant du feu, l’hégémonie du monde était beaucoup plus facile à obtenir. C’était la loi du plus fort à laquelle Nymeria faisait croire qu’elle n’appartenait pas. Maligne, rusée, réfléchie : elle était l’une des ces pièces qui peut faire pencher le poids du monde. Non, moi, seulement, aller permettre ce changement. 


« Le Roi et sa sœur, la Reine, sont des cibles trop difficiles à atteindre, néanmoins ils on une tante, la dernière de sa lignée à avoir connu Aegon l’Usurpateur, qui a soumis tous les autres Royaumes. On me dit qu’elle vit à Peyredragon, une île où la sécurité est bien moins rigoureuse et nombreuse, et où pourtant l’on envoie de nombreuses marchandises de luxe pour son occupante. Je leur ai rendu leur grand-mère en guise de bonne volonté et d’avertissement, mais il semblerait que le message ne soit pas passé… Voyons si leur tante assassinée là où ils ont commencé leur invasion sera un signe plus clair des limites de leur pouvoir. »



Il y avait une rage inouïe dans ses paroles. Sous son impeccable stature, un sable mouvant à peine dissimulé. Ses muscles entiers s’étaient contractés et son regard était une braise sanguinaire. Mes lèvres s’étirent un peu plus… là était le monde auquel j’appartenais. Je n’avais pas besoin de comprendre pourquoi elle appelait cet Aegon un Usurpateur quand sa famille n’avait pas perdu son royaume. Les autres princes avaient été trop faibles, ou trop aveugles : ils avaient accepté leurs sorts. Cette terre n’était pas faite pour les faibles. Chaque lopin d’argile devait en être mérité, à coup de griffes, à coup de dents, à coup de traitrises. Survivre était le seul jeu, et le seul pont entre Westeros et Essos.

« Je veux que tu leur envoie ce message. Sois mon bras, et venge mon frère en plongeant sa dague dans le cœur de Daenys Targaryen. Venge mon sang en versant le leur, et affaiblis les comme ils ont voulu affaiblir ma famille. »



Mes doigts se referment autour du poignard princier. D’ordinaire je n’officiais qu’avec ma dague, là était une demande inhabituelle… qui n’était pas pour me plaire. Les morts ne partaient jamais véritablement de ce monde, ils laissaient souvenirs et regrets dans leurs objets. Elle est lourde et il me fait la soupeser un long moment avant de la sortir de son fourreau. La lame est damassée de dessins et d'ornementations étrangères à mes connaissances. Depuis combien d’années n’avait-elle pas été exposée? Sur mon majeur je la pose et laisse l’équilibre faire le reste. C’était une belle pièce, mais elle ne voulait pas se donner. D’un geste vif, je le fais sauter dans ma paume. Le manche est masculin, large, mais ce n’est pas le problème.



« Tu es sûre que ton frère veut cette vengeance? Si son esprit si oppose, pour une raison ou une autre, cette dague te reviendra dans le cœur… »



Un susurre. Il me semblait que cette dague renfermait des secrets trop ténébreux pour une vie aussi courte que le Prince. Elle semblait chercher une autre femme. Non un corps duquel s'abreuver, mais une main. La sentence de cette vengeance aurait du être donnée par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’était pas ici… Je grogne, un son sourd et rauque au fond de ma gorge. Il me faudrait quelques jours pour l’apprivoiser ce présent, mais j’y arriverai. Je ne m’en laissai pas le choix.

« … mais si tu es sûre, alors, avec elle, je tuerai ta princesse dragon. Cette Daenys Targaryen. Moi aussi, ma mère a été tuée. Une nuit, mes frères sont venus la chercher. Ils l’ont traîné dehors par ses cheveux dans toute la demeure. Jusqu'à ce qu'ils restent entre leurs doigts. De longs filaments noirs et sanglant. Alors, chacun d’eux a entaillé une partie de son corps pour la laisser se vider de son sang. Quand il l'ont jeté à la mer, un sac de pierre pour l'accompagner dans les profondeurs, elle respirait encore. Elle était la plus émérite de tous, mais elle n’a rien fait.C’était son destin. Après, ils venus me chercher. »



En sa présence, je n’avais jamais autant parlé. Je ne lui avais jamais rien confié sur ma vie, d’ordinaire il fallait jouer au jeu des questions. C’était soudain et c’était froid. La vengeance était une soif que je nourrissais, également. Un rire, le mien, s’échappe dans l’air. Mâa avait toujours su qu’elle mourrait de cette façon. Nous autres assassins, ou commanditaires, ne pouvions faire autrement que d’accepter notre fin horrible… Après-tout, c’était le seul moment de notre vie où nous nous devions quelque honnêteté.



« Je te ramènerai une fiole du sang Targaryen et en baignerai ton corps. »
AVENGEDINCHAINS
 

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Sam 24 Nov 2018 - 14:27

 
Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil

A la question de l’assassine, Nymeria ne répondit pas, elle n’avait jamais été superstitieuse, ni adepte de ces idées selon lesquelles les morts conservaient une certaine volonté une fois qu’ils avaient quitté le monde des vivants. Officiellement, les Martell suivaient la religion des Sept, mais même cela n’était qu’une question d’apparences. Dorne restait une région où la foi n’avait que peu de place, preuve en était la présence toujours affirmée des dieux Rhoynar sur la terre des sables : contrairement au reste de Westeros, l’union du peuple dornien ne venait pas de la croyance en un panthéon donné, mais de sa loyauté sans limite envers la famille princière. Sur ce point, les Martell tenaient plus du divin que les Sept, ou n’importe quelle autre entité divine, et leur volonté représentait la seule chose réellement immuable d’une contrée où la terre elle-même, par endroit, ne cessait de changer au gré du vent. La dague qu’elle lui avait donnée était un symbole, un moyen pour Nymeria de corriger le tort qui avait été fait au sien, mais elle ne restait, au final, qu’un outil dans la main de celle qui avait été désignée pour accomplir la vengeance de la Maison solaire, et celle de son peuple tout entier.

Un Prince, un frère, une partie d’elle-même était mort, une mère et une Princesse également, tous deux par l’intention sinon les mains de la même famille, des mêmes valyriens qui avaient un jour poussé son ancêtre à quitter ses terres, et aujourd’hui ils retombaient dans les mêmes travers. Mais Nymeria ne fuirait pas comme celle qui avait porté son nom des siècles auparavant, elle les affronterait, et leur ferait comprendre que c’était un combat qu’aucune créature de légende ne pourrait les aider à gagner, pire, qu’ils avaient perdu d’avance s’ils croyaient pouvoir les mettre à genoux.

Plus curieusement, Menaka lui parla pour la première fois sans artifices de son passé, de sa propre mère assassinée par les siens. L’histoire était troublante, autant par sa violence que par les différences culturelles qu’elle mettait en avant. Une mère tuée par ses propres enfants, avec une telle violence, et pourtant elle n’avait rien fait, persuadée que c’était ainsi que sa mort avait été choisie pour elle, par quelqu’entité mystérieuse au nom étrangerà la Princesse, qui fronce les sourcils face à une telle révélation. Lys avait longtemps été sous le joug de Valyria avant sa chute, et pourtant il semblait y subsister des coutumes que même les anciens dragons, dans toute leur barbarie, auraient jugé sauvage. A moins qu’ils ne les aient encouragées, ne voyant là qu’un autre moyen de mieux asservir le peuple à leur domination. Mais derrière ces révélations et cette histoire se cachait une partie de l’explication sur le mystère qui entourait la psyché de la lysienne en face d’elle, un clé vers un moyen de mieux la comprendre aussi Nymeria ne chercha pas à juger ce qu’elle venait de lui confier, ni même à la pousser à lui donner plus que ce qu’elle avait déjà fait. Elle avait appris une chose quand il s’agissait de converser avec Menaka, qu’elle n’obtiendrait jamais plus de révélations que ce que l’assassine voudrait bien lui donner, peu importait son titre et le fait qu’elle commandait à des dizaines de milliers de soldats et plus encore d’hommes et de femmes dans cette situation. Aussi frustrant que cela puisse être, la Princesse avait appris à l’accepter, pour l’instant du moins. Elle posa une main sur l’épaule de la jeune femme avant de lui répondre, son regard traduisant tout le sérieux de ce qu’elle allait dire :

« Je ne te demanderai pas ce qu’ils t’ont fait à toi, si tu avais voulu le confier tu l’aurais déjà fait. Sache seulement que si un jour tu désires te venger d’eux, tu trouveras tout le soutien nécessaire entre ces murs, en remerciement pour ce que tu t’apprêtes à faire pour ma famille et pour moi. »

Rompant le contact aussi vite qu’elle l’avait lancé Nymeria se tourna ensuite vers la mer. Il fallait maintenant expliquer à la lysienne la manière dont l’acte devait être commis. Il s’agissait d’une vengeance, oui, mais également d’un acte politique, d’une manœuvre destinée à semer la discorde dans les rangs ennemis, et à faire comprendre à ces arrogants que personne ne pouvait égaler Dorne quand il s’agissait d’intriguer contre ses ennemis, ou de leur porter un coup dont les conséquences seraient difficilement mesurables.

« Un navire lysien t’attend au port, il te mènera à Peyredragon -où Daenys Targaryen réside- sans poser de questions, et attendra ton ordre pour quitter l’endroit. Deux choses sont de première importance : tout d’abord, rien ne doit pouvoir lier Dorne à sa mort, pas avant que je ne l’aie décidé, garde cela à l’esprit. Ensuite, les circonstances elles-même… Tue-la comme tu l’entends, avec ou sans douleurs, mais tu devras lui porter deux coups au bas-ventre, avant ou après sa mort. Le serviteur à ma porte te fournira également un parchemin, que tu laisseras sur place après avoir accompli ton office. Prends toutes les précautions et le temps nécessaire, mais ces deux conditions doivent impérativement être remplies, comprends-tu ? »
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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, Principauté de Dorne
MessageSujet: Re: Même un dragon peut mourir face à la colère du Soleil   Ven 7 Déc 2018 - 18:48


 La princesse & l'Assassin

 Même un dragon peut mourir
face à la colère du Soleil

 

 « Je ne te demanderai pas ce qu’ils t’ont fait à toi, si tu avais voulu le confier tu l’aurais déjà fait. Sache seulement que si un jour tu désires te venger d’eux, tu trouveras tout le soutien nécessaire entre ces murs, en remerciement pour ce que tu t’apprêtes à faire pour ma famille et pour moi. »



Elle n’avait pas à me remercier. J’allais faire une des seule chose que je savais faire en monde. Menaka était née pour assouvir les vices des autres : lyriques, charnels ou meurtriers. Si j’avais pu autrefois le souhaiter, du moins l’imaginer, il était désormais clair que je n’aurais jamais pu vivre par moi seule. Nymeria, par sa grasse bourse remplie d’or, avait souhaité m’affranchir de ce qu’elle avait cru être une condition, quand c’était simplement mon existence. Elle ne s’en rendrait peut-être jamais compte, après-tout elle était Reine où j’étais courtisane à la vie et ses humeurs. À Lys, les clients payaient le prix du sang de leur propre poids où je le payais de mon existence. Ma seule liberté était la mort, une délivrance que je savais devoir connaître. Un jour prochain. Cela n’avait jamais été une peur, nous étions tous nés pour mourir. Dès l’enfance, Mâa me l’avait fait comprendre. Jamais je n’avais été comme de ces autres qui avaient pu entrevoir le magie du monde. Mon premier vagissement avait compris que je n’étais qu’un corps qui survivrait. Alors, dans mon enfance, rien n’avait été réellement fascinant ou merveilleux. Les choses étaient ce qu’elles étaient. 


« Kesan māzigon arlī. »



Je reviendrai. Après avoir œuvré pour toi, pour vous, je reviendrai. C’était ma seule manière de remercier, de montrer ma reconnaissance. Et encore, je ne le faisais pas dans sa langue. On ne m’avait jamais appris à être ainsi. Les seules personnes desquelles j’avais voulu être dépendantes, m’avaient blessée. Le chiffre trois était déjà trop élevé. Parmi elles, l’une était morte, l’autre vivante et l’autre, souvenir mirage, entre les deux. Il était plus simple de s’en tenir aux seules sensations de son corps, de ses besoins et ses envies. Ces autres étaient là pour ça, l’attachement ne devait pas rentrer en compte. On ne devait jamais se donner complètement à un autre, tomber dans ce piège qui empoisonnait les sens. Mais, je reviendrai ici. À Dorne, mon destin n’était pas terminé. C’était inscrit dans les étoiles, je l’avais vu. 


« Un navire lysien t’attend au port, il te mènera à Peyredragon -où Daenys Targaryen réside- sans poser de questions, et attendra ton ordre pour quitter l’endroit. Deux choses sont de première importance : tout d’abord, rien ne doit pouvoir lier Dorne à sa mort, pas avant que je ne l’aie décidé, garde cela à l’esprit. Ensuite, les circonstances elles-même… Tue-la comme tu l’entends, avec ou sans douleurs, mais tu devras lui porter deux coups au bas-ventre, avant ou après sa mort. Le serviteur à ma porte te fournira également un parchemin, que tu laisseras sur place après avoir accompli ton office. Prends toutes les précautions et le temps nécessaire, mais ces deux conditions doivent impérativement être remplies, comprends-tu ? »



« Oui. »



Mono-syllabique, j’étais revenue à mille sous ma peau d’assassine. Rares étaient les commanditaires qui souhaitaient laisser leur trace. Ce qui, parfois, se retournait contre eux avec une étrange ironie du sort. La princesse du désert devait le craindre pour être aussi claire et précise. Tuer un emblème des dragons, sèmerait probablement la panique et le trouble. Pour moi, cette Daenys n’était qu’une victime parmi les autres. Je me fichais de son sang, de son nom et de son héritage. Malgré, toute la prestance de sa famille valyrienne : elle n’était faite que de chair et d’os. Un être pourrissable, bientôt en décomposition. 


« La dague doit-elle revenir ici? »


Nymeria n’avait rien précisé à ce propos, probablement parce qu’elle était loin de ce genre de détail ou que c’était évident pour elle. Pas pour moi. Cette dague, si je me faisais prendre d’une manière ou d’une autre, serait un danger pour ma sécurité. La question était de l’anticipation pour les dizaines de plans qui commençaient à fleurir dans ma tête. Évidemment, théâtrale, je ne doutais pas qu’il faudrait la rapporter, non-nettoyée, et que l’assassinat n’était que la première partie d’une périlleuse mission. Entre mes mains, pour le dragon et la fille d’Abilash, résidait le plus grand danger. 

Ce disant, j’avais déjà reculé. Dans mon départ, sa réponse ne devrait être qu’un murmure. Embarquer sur un bateau de la déesse n’était pas pour me plaire. L’immensité de la mer m’était inconfortable. Il me faudrait réunir quelques affaires et partir vite, sans adieux, sans réflexions. Dans une heure, je serai sur le pont et je n’observerai pas les terres désertiques dorniennes se faire plus petite. Déjà, il me semblait difficile de me concentrer sur le présent quand tous mes esprits n’attendaient que cette nouvelle aventure. L’île royale de Peyredragon.
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