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 Le vent souffle vers toi, de honte et de pardon

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Rohanna Baratheon

Rohanna Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Le vent souffle vers toi, de honte et de pardon   Lun 10 Déc 2018 - 0:49


 FLASHBACK

Le vent souffle vers toi,
de honte et de pardon

 

 Robart, chaque jour que les Sept font je prie pour que tu nous reviennes sauf. Aux tiens, à ton peuple et à ton épouse. La dernière fois que nous nous sommes vus, il y a de cela quatre lunes, je te donnais la plus belle des promesse. Cette image de ton sourire, de ton courage, de ta vaillance le jour de ton départ, depuis n’a cessé de me quitter. Chaque instant. Depuis le jour où j’ai compris que je portais ton fils, j’ai prié pour qu’il soit aussi fort et prometteur.

Sur la table des dizaines de parchemins. Ratures, tâches d’encre et autres bavures peu nobles y étaient omniprésentes. Sans l’aide du mestre, parce que personne ne devait être témoin de ses faiblesses, elle avait effacé plusieurs fois les peaux au chiffon de chaux. Ils avaient tant été réutilisés que, finalement, il étaient devenus à la limite de l’utilisable. Le soir de sa fausse-couche, cinq nuits avant, elle avait exigé qu’elle soit la première à annoncer la nouvelle à l’héritier d’Accalmie. De Kyra à la plus humble des lavandières, l’interdiction était pour tous. Robb et ses troupes étaient campées à Harrenhal et il était hors de question qu’il soit distrait avant ou pendant une bataille qui pouvait changer la phase de la guerre. Dans son malheur, elle avait attendu que la nouvelle parvienne à eux. La veille, la monture plus morte que vive, un messager était arrivé pour donner l’information : une victoire ! La forteresse avait été liesse, d’autant plus que l’aîné du Cerf Couronné était sain et sauf ! On avait ordonné que le messager se repose, dorme de tout son soul et mange avant de repartir pour le front. Il porterait avec lui une missive très importante. Le départ de l’homme était prévu pour le soir même. Néanmoins, elle n’avait pas encore rédigé la missive. De honte, de mépris, de pardon, les mots ne voulaient pas se former. L’écrire à Robb, c’était annoncer son échec à tout l’Orage, à tous les Rebelles. Quand tous risquaient leur vie depuis des années, elle n’avait pas pu donner une seule vie. À ressasser ces idées noires, Rohanna en était arrivée à se détester et à regretter de ne pas être morte avec ses deux foetus. 


Mais j’étais trop fière, trop sûre de moi, de nous, de l’avenir et les Sept m’ont punis de mon orgueil. Nos fils nous ont été enlevé, ils sont partis à jamais. Nous n’avons rien pu faire. Le mestre a dit qu’il y en aurait d’autres.

À ce moment là, son poing frappa la tablette qui lui servait d’appui. À s’en faire mal, elle se mordit les lèvres pour ne pas pleurer, ne pas crier, ne pas hurler. La douleur de sa perte s’était gangrenée dans la moindre parcelle de son corps. Parce qu’ils étaient en temps de guerre, son repos avait été bref et furtif. Il ne lui était pas permis de rester allongée dans la couche nuptiale, pas quand, plus que jamais, elle devait se montrer au premier rang. Un jour, elle serait la future Suzeraine. La veille, peu après l’arrivée du messager, en sortant de leurs prières matinales, sa belle-sœur l’avait confrontée. Glissant son bras sous le sien, Allya lui avait chuchoté : « ne t'inquiètes pas ma sœur, Accalmie verra bien un fils vagir dans quelques mois. » Anéantie, la Biche s’était depuis enfermée dans sa chambre. Refusant de sortir, de manger ou de boire. Elle s’était dit souffrante et nauséeuse, personne n’avait rien dit, personne ne savait quoi dire. De sa tristesse la Biche Pendue avait somatisé chaque symptôme et le mestre même ne savait plus distinguer le faux du vrai.



En aucun cas, cette perte ne devrait te faire revenir à Accalmie. Nos hommes, plus que jamais, ont besoin que tu les guides et les porte vers la victoire. Je suis si fière de toi et de tes exploits à Harrenhal… S’il te plait, n’agit de pas de manière inconsidérée. Reste là-bas, ici je suis en sécurité.

Les lettres étaient tracées avec une détermination étrange : aucun tremblement, changement de la lettrine, ne venait trahir leur messagère. Bien sûr, en écrivant ces mots Rohanna Baratheon, ne savait pas que dans quelques jours l’île de Torth serait ravagée par le Cruel et dans les mains de Brandon Velaryon. Elle ne savait pas non plus que Theon Stark avait pris la décision de marcher sur La Meule. Les Terres de l’Orage rentraient dans des heures sombres. L’aurait-elle su que cela n’aurait rien changé. Sous aucun prétexte filial, Robb ne devrait revenir ici. Il devait rester à la tête de ses troupes, certes, mais aussi parce qu’elle n’avait pas la force de se confronter à lui. Lire la déception sur son visage… En trois années de mariage, cette nouvelle était venue comme une bénédiction. La guerre les séparant, les époux ne s’étaient pas souvent vus et à cette annonce, tous deux, avaient eu l’impression d’être auréolés de gloire. L’Orage entier avait bramé de joie ! Une hargne nouvelle pour laquelle il fallait se battre contre les troupes adverses ! 


Ma dernière requête est la demande de ton pardon. La prochaine fois, je serai plus prudente. Pour la douleur que, par cette lettre, je t’inflige : je te prie de me pardonner. Ne me blâme pas, je t’en prie…
  

Quand elle lui demandait de ne pas la blâmer, elle l’avait déjà fait pour lui, pour eux, pour les Baratheon et pour toutes les Terres de l’Orage. Une flagellation quotidienne de l’esprit. Sur cette terre, rien n’était plus sacré qu’un héritier. Un fils mâle. Les hommes dont les épouses faisaient des fausses couches devenaient souvent violents, désabusés et allaient parfois jusqu’à répudier ces incapables mères. Finalement, malgré cette affection incommensurable pour lui, elle le ne connaissait pas et était incapable de savoir comment il réagirait. À ce propos, Kyra n’avait été d’aucun secours. Aucun réconfort de sa part n’était arrivé autre qu’un silence poignardant et cruel.



Je t’attendrai.



Alors, seulement, ses lèvres tremblent et son stylet lui échappe. En guise de signature, l’encre forme une épaisse et opaque tache noire. Interdire, elle observe la peau aborder avec avidité ce liquide noir. Elle y voit son cœur et son âme. À travers l’une des grandes baies, un vent implacable vient s’engouffrer et soulève la triste lettre. Un instant, le temps d’un long sanglot, elle volette à travers la pièce. Larmoyants, des yeux l’observent danser avec une folie heureuse qu’elle n’éprouvera plus jamais. De peur qu’elle ne parte par les airs, la Biche se précipite vers elle pour l’attraper. Elle la serre tout contre son torse, relit les mots pathétiques, la serre tout contre son corps, relit les mots pathétiques et la serre encore, encore et encore. « Non, non, non, non… » c’est dans ce murmure répété qu’elle tombe à genoux. Un non à l’infini. Ces mots elle les enlacent comme ces enfants qui n’existent plus. Ceux qui n’ont pas eu le temps d’exister. L’encre est partout sur son visage et sur son corps. Les minutes passent, hantent, s’épuisent jusqu’à ce la malade se glisse contre le sol mortifère. Le monde s’oublie et elle n’est plus vraiment là. Seule sa voix qui chantonne sans voix des berceuses oubliées demeure dans l’air…

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Tess Baratheon

Tess Baratheon
ORAGE
MessageSujet: Re: Le vent souffle vers toi, de honte et de pardon   Sam 5 Jan 2019 - 15:59




Le vent souffle vers toi, de honte et de pardon

« Tu dois faire quelque chose, le messager part ce soir et elle n’a pas encore terminé sa lettre ! »

Saul le pas rapide de la maîtresse des lieux rompait le silence du salon où Tess était assise, les yeux braqués sur le tissu entre ses mains, toute occupée à terminer une broderie commencée des jours avant. A l’extérieur, on pouvait encore entendre les réjouissances du peuple qui fêtait la récente victoire de l’Orage contre le Cruel. La Biche Noire n’y était pas restée longtemps, juste ce qu’il fallait, avant de rejoindre l’une des pièces de vie de la forteresse familiale. Elle n’avait jamais trouvé qu’il y avait de quoi se réjouir des morts et de la destruction provoquées par la guerre, et quand bien même elle avait été rassurée d’apprendre que les siens étaient sains et saufs, elle savait que nombre d’autres avaient péris, amis comme ennemis. Cette guerre était justifiée, bien entendu, néanmoins elle n’en était pas moins un sacrifice consenti par tous, pour lequel il n’y avait aucune raison de se réjouir.

Tess avait donc rejoint son bastion de solitude, jusqu’à ce que sa belle-sœur fasse irruption dans la pièce, sans s’annoncer comme d’habitude. La femme aux cheveux de jais s’était contentée de la saluer poliment, sans quitter son ouvrage ou même se lever, sachant pertinemment que la Lionne de l’Orage ne supportait pas qu’elle l’ignore presque de la sorte, mais Tess avait appris à prendre ses victoires là où elle le pouvait. Elle savait exactement pourquoi la suzeraine était venue la voir, et n’avait aucune envie de lui être agréable pour cela. La période où Kyra s’était tenue éloignée du sort de sa belle-fille, par pudeur ou par gêne, mais néanmoins avec un certain respect que sa belle-sœur avait apprécié, avait rapidement pris fin pour laisser une place nouvelle à ses rancoeurs et à ses ambitions pour son fils et héritier de l’Orage. Pour elle, la fausse couche de Rohanna était une aubaine, à elle qui n’avait toujours pas renoncé à voir Eleneï occuper la place de la Biche Pendue. Et aujourd’hui serait son dernier coup, puisqu’on devait renvoyer un messager au front. Mais la partie n’était pas encore entièrement jouée, et la Biche Noire comptait bien faire en sorte que l’issue ne soit pas celle que sa belle-sœur attendait.

« Et que voudrais-tu que je lui dise, ma chère sœur ? Ta belle-fille a besoin de temps pour se remettre, après ce qu’elle a vécu. Et nous devrions toutes nous montrer solidaires, n’a-t-elle pas vécu ce que nous avons toutes craint au moins une fois ? »

« Et pourtant tu es la seule à réellement comprendre, chère sœur . Néanmoins, même toi tu dois avouer qu’il est temps que mon fils apprenne la nouvelle, ce n’est pas moral qu’il ne connaisse pas le sort de ses héritiers. Qu’elle lui écrive, ou je le ferai moi-même. Elle a ma sympathie pour ce qui lui est arrivé, raison pour laquelle je lui laisse cette dernière chance, mais je ne laisserai plus Robb ou Theodan ignorants de ce qu’il s’est passé ici. Suis-je claire ? »

Dès les premiers mots prononcés par la Lionne, Tess avait relevé les yeux vers elle, consciente de son envie soudaine de gifler la suzeraine pour son rappel à ses propres malheurs autant que de l’impossibilité de le faire. Non que Kyra aurait pu la faire emprisonner ou cloîtrer dans sa chambre, simplement qu’elle l’aurait pris comme une victoire face à sa rivale de Cour, et qu’elle en aurait profité pour nuire un peu plus à la protégée de celle-ci. Faute d’un coup, la Biche Noire lui offrit donc son plus beau et hypocrite sourire pour lui répondre :

« Très claire. Je prendrai toutes ces révélations en considération. »


Visiblement énervée par la réponse de Tess, Kyra lui lança un regard rageur avant de quitter la pièce d’un pas rapide. Le temps passé ici l’avait rendue plus proche des Baratheon qu’elle ne l’avouerait jamais, c’était une évidence pour qui savait observer. Reprenant son ouvrage, l’attention de l’orageoise était cependant désormais portée sur les conséquences de la menace de Kyra, tant pour le futur de sa famille que sur le sort de la jeune épouse de son neveu. Serait-ce réellement une bonne chose de la forcer à écrire elle-même pour confesser ce qui s’était passé si elle n’était pas prête, simplement pour empêcher la Lionne de tout expliquer comme elle l’entendait ? Malgré le venin dans ses mots, Kyra avait raison sur le fait qu’il n’y avait qu’une femme qui avait perdu ses enfants pour en comprendre une chose, qu’il n’y avait que la Biche Noire pour comprendre que Rohanna avait sans doute besoin de plus de temps ne fut-ce que pour supporter de coucher ce qu’elle avait perdu sur un parchemin. Malgré ses réflexions, l’aiguille d’os entre ses doigts continuait son travail sans la moindre erreur et sans s’interrompre, jusqu’à ce qu’une servante, se voulant aussi discrète que possible, ne se penche depuis l’arrière de son fauteuil pour lui murmurer quelques mots :

« C’est lady Rohanna, ma dame… Elle ne va pas bien, et on ne sait plus quoi faire… Si quelqu’un la voyait comme ça... »

Chacune des phrases prononcées était un euphémisme, Tess ne le savait que trop bien, et elle se demanda alors si elle n’avait pas commis une grosse erreur en laissant la Biche Pendue à sa solitude. Sottement, l’aînée des deux avait considéré que celle qui avait été deux fois sa nièce par alliance aurait besoin de la même chose qu’elle dans sa période de deuil, à savoir une solitude sacrée. Après, tout, elle avait vécu la même chose, perdu ses enfants au sein d’une Maison qui lui était étrangère, pourquoi Rohanna n’aurait-elle pas voulu le même calme auquel elle-même aspirait alors. Un silence libérateur, une solitude qui lui permettait de ne pas avoir à faire bonne figure devant quiconque, qui lui permettait de se laisser aller au désespoir et au malheur autant qu’elle en avait besoin. La Biche Noire avait cependant oublié qu’elle-même avait toujours eu son nom pour se protéger de ceux qui auraient voulu profiter de sa faiblesse, quand la jeune femme n’avait que le bon vouloir de son époux, et éventuellement celui de son suzerain pour sécuriser son statut. Oui, Rohanna devait être au désespoir, terrifiée, et comme une idiote celle qui s’était promis de la protéger du sort qu’elle avait un jour subi l’avait laissé en proie à ses démons. D’un geste, elle posa son ouvrage sur le coin du fauteuil avant de se lever, lissant sa robe noire par réflexe.

« Amène-moi à elle. »



« Faites monter de l’eau chaude. Et pas un mot à quiconque sur ce que vous avez-vu, entendu ? »

Sur ces paroles murmurées, Tess congédia la jeune fille qui l’avait amenée là, témoin comme elle de l’état dans lequel se trouvait l’épouse de l’héritier de l’Orage. Maculée d’encre noire, effondrée à même le sol, la sœur de Theodan avait du mal à reconnaître la furie pleine d’energie qu’elle avait cotoyé des années durant, ce qui lui serra un peu plus le coeur. Un pas après l’autre, lentement, l’ombre qu’elle était avança vers l’incarnation de ce qu’avait un jour été son passé, vers cette jeune femme qui n’avait pour différence avec certains de ces cauchemars qu’un visage différent, marqué par la même douleur. Finalement, elle s’agenouilla aux côtés de la jeune femme, avant de doucement l’attirer contre sa poitrine, la serrant contre elle et lui caressant doucement les cheveux. D’une voix à peine plus haute qu’un murmure, les yeux baissés sur sa protégée, elle cherche à la calmer, à lui faire comprendre qu’elle n’était plus seule.

« Tu avais besoin de quelqu’un, et je t’ai laissée seule... Mais je suis là à présent. Pardonne-moi, ma pauvre enfant... »


Elle lui laissa le temps, ensuite, de laisser libre cours à sa détresse, il n’y avait qu’en exprimant toutes ces émotions qu’elle devait ressentir que Rohanna pourrait retrouver un semblant de calme, se contentant de la maintenir contre elle, cherchant à apaiser ses maux par son seul contact. Il n’y avait jamais eu de mots suffisants pour la perte qu’elle avait subie, et il n’y en aurait jamais pour quiconque l’avait vécue. Finalement, la Biche Noire profita d’une accalmie pour relever lentement le visage de sa nièce vers le sien, un maigre sourire sur le visage, et de lui faire remarquer l’état dans lequel elle se trouvait :

« Regarde toi… Je pourrais presque me croire revenue à l’époque où tu n’avais pas dix ans. Nettoyons tout ça, d’accord ? »

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Rohanna Baratheon

Rohanna Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: Le vent souffle vers toi, de honte et de pardon   Dim 3 Fév 2019 - 22:22


 FLASHBACK

Le vent souffle vers toi,
de honte et de pardon

 

 Comme à l’ordinaire, les pas de la Biche Noire avaient été graciles. Si graciles que la malheureuse, enfermée dans son seul chagrin, ne les avait pas entendus. Continuant à chanter d’anciens chants, ses lèvres l’avaient porté vers des limbes aux lointains rivages. Perdue, elle ne semblait voir que cette lettre tachée virevoltant à quelques centimètres de ses doigts. Dans sa vision détachée scintillaient ses bagues d’or et de pierres. Autant de mirages malheureux. Tess, aussi doucement qu’on tente d’apprivoiser une furie, s’était approchée jusqu’à s’agenouiller à ses côtés.



« Tu avais besoin de quelqu’un, et je t’ai laissée seule... mais je suis là à présent. Pardonne-moi, ma pauvre enfant... »


Le sol est froid. Le sol est douloureux. Pourtant l’épousée ne veut se défaire de sa présence. Une présence immolante, quasi-sacrificielle. Autour des siens, les bras de Tess étaient venus la bercer. Maternellement, elle passait sa main à travers la sauvagerie des cheveux défaits de sa nièce. Une caresse lente. Si lente qu’elle donnait la cadence aux souvenirs pour qu’ils reviennent. Non, vagissent. Après-tout, toutes deux avaient les âmes corrompues d’infanticides. A chaque inspiration de la Biche Noire, à chaque fois que sa poitrine se gonfle d’air farouche, la Pendue resserre un peu plus ses doigts autour de ses poignets. Elle n’avait pas la force de lui répondre, pas encore, mais elle voulait être certaine que tout ceci n’était pas un cauchemar. Tess était la présence providentielle d’une mère qu’elle n’avait pas le droit de demander. La fin d’un compas chaotique qui ne savait plus indiquer les directions. Sur le visage de Rohanna, les larmes torrentielles continuent de déferler. Elles sont des milliers à sillonner des rivages jusque dans son cou. Marées salée si agitées qu’elles l’obligent à hoqueter pour reprendre son souffle. Alors, les sons sont rauques comme autant de brames avortés. Et, comme dans vous dévaste, entre ces sanglots longs, aucune accalmie ne se fait entendre.

Et puis, à un moment, il n’y a plus rien. Soudainement, une fatigue énorme s’abat en elle. Ne réponds plus aucun de ses sens : toutes les énergies se sont enfuies. Ses paupières mouillées se plissent, sa bouche se torture mais rien ne se passe. C’est terminé. Bien sûr, la douleur est toujours là… inconsolable, mais toute volonté de déchirer la vie à coup de griffes et à coup de sang était partie. Le rythme de sa respiration se fit plus calme, moins cadencé. Tess le compris car elle desserra son étreinte.



« Regarde toi… Je pourrais presque me croire revenue à l’époque où tu n’avais pas dix ans. Nettoyons tout ça, d’accord? »



Dans un hochement de tête, Rohanna laissa échapper un sourire. Pathétique, dans un grand bruit, la manche de son poignet vint essuyer son nez. Ses jambes tremblaient et elle se releva tant bien que mal. Ses genoux, pour supporter la charge de leur maitresse, se cognaient l’un contre l’autre. Soudainement honteuse de sa mise, la Biche meurtrie baissait les yeux. Maintenant, elle pouvait bien voir dans quel état elle s’était mise… tous ces derniers jours… tous ces derniers jours à se laisser porter par les flots tempétueux de son chagrin. Oui, maintenant elle pouvait sentir ses joues rachitiques et voir sa robe détruite de tâche d’encre indélébiles. Si l’étoffe de sa robe n’avait pas autrefois était luxueux, on aurait pu dire à une manante des grands chemins. 


« Ils vont me répudier. »



Limpide, la voix avait été claire et sans éclat. Après-tout, sa belle-mère la détestait et son beau-père, en conséquence, ne lui parlait presque pas… Quant à ses beaux-frères, l’avaient-ils seulement notifiée? Pour tous, elle n’avait été qu’un dédommage, un gage de paix, mais désormais incapable ils ne s’empêcheraient pas de la renvoyer à Gallowsgrey. En ces temps de guerre, en ces temps incertains, un mariage plus aristocratique serait profitable. Peut-être en reverrait-elle jamais Robart… et peut-être, peut-être qu’il ne voudrait pas la revoir. Car après-tout que lui avait-elle apportée à part du déshonneur? Rien. 


Alors, la panique monte en elle et ses mains cherchent sa gorge. C’est comme une lame glacée dans la poitrine qui dérange et qui brûle. Ses sens s’accélèrent et, sans qu’elle n’y prenne garde, elle commence à vouloir arracher cette robe qui lui colle à la peau. Ils allaient la répudier et elle ne verrait plus jamais Robb. Pour ce double affront, sa famille ne lui parlerait plus et elle passerait sa vie enfermait dans la cuisine de Gallowsgrey à s’occuper des enfants de son frère. Ses doigts s’affolent et s’emmêlent sans arriver à délasser le corsage de sa robe. Impuissante, ses paumes s’écorchent contre la table. Elle tente de respirer, de se concentrer… mais dans son coeur elle sait bien tout son malheur. Sans couleur, les larmes affluent à nouveau. Cette fois ce ne sont pas tant ses deux enfants qu’elle pleure, mais la possibilité qu’elle ait donné à ses détracteurs une raison de lui arracher Robb. Savaient-ils ces autres que si on le lui arrachait, elle sombrerait dans une folie mortuaire?



« Elle va l’arracher à moi… »



C’est cela, cette enragée de lionne l’arracherait à lui. Tôt ou tard elle l’avait toujours su. Non, elle l’avait su dès la première fois qu’il était rentré des batailles. Ces jours où ils s’étaient enfermés dans leurs appartements à tenter de rattraper un temps perdu à jamais. La rage de Kyra pour la petite provinciale ayant volé l’attention de son fils aîné avait été cuisante. Et maintenant qu’elle avait failli à lui donner la seule chose pour laquelle elle était nécessaire…



« … et lui, que dira-t-il? »

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