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 [FB] Les nuages de la guerre

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Valyron Tyvaros

Valyron Tyvaros
COURONNE
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MessageSujet: [FB] Les nuages de la guerre   [FB] Les nuages de la guerre Icon_minitimeMer 12 Déc 2018 - 21:53

Les Nuages de la Guerre

ft.









    Fin de l’An 42, peu avant la guerre,


Il faisait froid à Accalmie. Ce fut la première remarque que se fit Valyron en quittant la chambre qu’on lui avait attribué la veille, jour de son arrivée. L’arrivée avait été laborieuse. L’orage grondait alors au-dessus des terres Baratheon, et de grosses gouttes chutaient du ciel pour venir arroser les champs environnants l’imposante forteresse de la maison au Cerf. L’année était maintenant bien avancée, et après trois mois passés dans les Terres de l’Ouest, Valyron de Mantarys était revenu faire son rapport au Roi. Ce dernier, plus irrité qu’énervé par l’état d’esprit des seigneurs de l’Ouest, avait ordonné à son Maître des Lois de continuer son oeuvre, cette fois-ci vers les puissants Baratheon, qui partageaient des origines communes avec les Targaryen puisque le fondateur de leur lignée était un bâtard du père d’Aegon. Toutefois, Maegor avait été très clair, l’escorte du Maître des Lois serait doublée et il devrait désormais disposer d’un attelage où il pourrait travailler et « se rendre utile à la Couronne plutôt que de prendre l’air sur la selle ». Lors de son arrivée à Port Lannis et Castral Roc, Valyron avait eu la désagréable surprise d’être accueilli par ser Godric Lannister, mais également par des dizaines et des dizaines d’hommes, de chevaliers et d’archers qui se rassemblaient autour de leur seigneur suzerain qui ne lui avait accordé qu’un bref entretien. Les Lannister semblaient avoir décidé de rappeler certaines épées à leurs côtés. Le rapport qu’il en avait fait n’avait guère enchanté le roi Maegor qui avait eu tôt fait de le jeter de nouveau sur les routes pour aller se rendre compte de la situation chez ses cousins Baratheon. S’il avait apprécié son périple à cheval jusqu’au Roc, il devait maintenant subir le lourd carrosse qu’on lui avait attribué. Il regrettait tout de même un peu cet état de fait. L’arrivée d’un cortège uniquement composé de cavaliers avait toujours un effet certain. Il s’était toutefois abstenu de contredire le souverain et avait ainsi opté pour une lourde voiture bardée de fer et de bois, richement ouvragée, et finement décorée. L’attelage était tracté par quatre puissants chevaux de traits, permettant au cortège de se déplacer suffisamment vite pour rester rapide. Ils avaient ainsi quitté Port-Réal une dizaine de jours auparavant, et lorsqu’ils étaient arrivés en vue d’Accalmie, Valyron avait passé la tête par l’une des fenêtres, pour découvrir un spectacle à couper le souffle. Le monde semblait s’arrêter alors que les falaises de la forteresse marquaient nettement la frontière entre la terre et la mer. Le ciel était déchiré par un vent d’ouest puissant. Au loin, le Détroit se montrait sous un jour menaçant. La crête des vagues était blanche d’écume emportée par les puissantes rafales maritimes qui soulevait d’énormes vagues grises. Et les énormes nuages, noirs, gris et blancs, roulaient les uns sur les autres, au-dessus de ce spectacle fantastique.

C’était alors qu’ils sortaient définitivement de la forêt environnant Accalmie, que la pluie s’était mise à tomber avec force. Ce fut trempé que le cortège portant haut la bannière des Targaryen était arrivé à l’improviste sous les remparts du fief des Baratheon. A l’improviste, vraiment ? Il avait surpris les Terres de l’Ouest, mais désormais qu’il avait entamé son tour, il ne doutait pas que les seigneurs de Westeros aient commencé à mentionner ses visites surprises. Bien que le seigneur suzerain Theodan pouvait être au courant des potentielles visites de Valyron, il ne pouvait guère connaître l’arrivée exacte de Valyron, du moins l’espérait-il. Au-delà d’une simple visite de courtoisie inattendue, la mission du Maître des Lois de Maegor était de jauger de l’état de préparation et de la force de potentiels ennemis.

Depuis plusieurs lunes déjà, les relations s’étaient dégradées entre Port-Réal et les grands seigneurs. Maegor était un souverain brutal mais efficace de l’avis du Mantaryen, mais cela n’était pas au goût de tout le monde. Les vieilles familles se montraient rétives à obéir au fils du Conquérant. De vilaines rumeurs de guerre agitaient villes et campagnes, et elles avaient fini par trouver leur chemin jusqu’aux oreilles du roi. Il avait tempêté, hurlé et menacé de brûler quiconque oserait s’opposer à lui, mais rien n’avait changé. Depuis qu’il avait anéanti le septuaire du Souvenir et achevé le Donjon Rouge, Maegor avait gagné le sobriquet de Cruel. L’indignation des maisons suzeraines et de leurs vassaux était de plus en plus visible. Les Lannister avaient déjà coupé toute relation avec Port-Réal et Theodan Baratheon, tout cousin direct de Maegor qu’il était, n’avait donné aucun signe de soutien. Pour le roi, c’était une trahison pure et simple, et il s’était déjà assuré d’excellentes relations avec tout le nord du continent. Sa nièce avait épousé le suzerain du Nord, Jorah Stark. Il avait appuyé les Arryn dans leur querelle face à Dorne. Le Conflans était dirigé par un nouveau suzerain qui n’avait pas encore eu le temps de se faire à la politique : Ethan Tully avait hérité de Vivesaigues à peine deux ans auparavant. Tout semblait se diriger vers un affrontement entre la Couronne, le Val, et le Nord contre l’Orage, l’Ouest et possiblement le Bief dont on n’avait aucune nouvelle.

Restait donc à entreprendre une tournée dans ces régions séditieuses pour essayer de décourager un maximum de seigneurs à prendre les armes contre leur roi. Le plus important était toutefois de neutraliser les Baratheon. L’entrevue avec le seigneur Theodan, peu après son arrivée impromptue, n’avait guère été convaincante, tant celui-ci s’était montré froid et distant. Il désapprouvait la venue d’un envoyé de son cousin, membre du conseil restreint qui plus était. La soirée s’était donc terminée sans réelle avancée, et Valyron avait déjà décidé qu’il ne tarderait guère à repartir. Il laisserait traîner ses oreilles une journée de plus, voir si on le solliciterait ou non, puis repartirait. Il devait se rendre à la Griffonnière, siège des Connington, puissants vassaux orageois. De là, il avait l’intention de rencontrer les grandes et moins grandes maisons : Mertyns, Kellington, Swann, Staedmon, Dondarrion, Selmy, Frétilletrique, Grandison, Trant et autres. Sur la route, il s’était brièvement arrêté chez les Buckler avant de reprendre la route, mais il avait veillé à ce que personne ne prévienne Accalmie. Il avait argué qu’il ne faisait que passer, se rendant en mission confidentielle vers Dorne. A la différence des Lannister, toutefois, point de mobilisation. Ou bien les Baratheon étaient plus subtils, plus discrets, ou plus malins, ou bien ils attendaient quelque chose.

Valyron n’était guère un grand dormeur, quelques heures lui suffisaient et il passer le reste de la nuit à travailler. Réveillé peu après l’aurore, il avait dressé quelques comptes-rendus destinés au roi et à son maître-espion Sighild, mais il n’avait guère grand-chose à consigner. Aussi, il se résolut à se lever et à se diriger vers la grande-salle. Avec un peu de chance, certains domestiques seraient réveillés et les cuisines seraient déjà pourvues en personnel. Il revêtit la tenue qu’il arborait la veille : une tunique de soie bleue éclatante, cousue de fils d’argent et de perles grises. Il réhaussa le tout d’une cape haute, toute en brocart noir. A son poitrail, accrochée au-dessus du cœur, battait fièrement une broche en argent qui représentait une balance : symbole de sa fonction de Maître des Lois.

Lorsqu’il parvint à la grande-salle, il se rendit compte qu’il était seul. Premier éveillé dans la solide demeure des Baratheon. Il détailla l’endroit. La salle était grande, bien sûr, mais pas immense. L’ancien trône des Durrandon, la cathèdre des Baratheon, trônait au sommet d’une estrade de pierre. Tout ici semblait indiquer la robustesse de l’endroit. Il y avait d’ailleurs peu d’ouvertures, et la lumière provenait essentiellement de torches et de candélabres. De grandes tables étaient disposés, et les restes d’un feu rougeoillaient dans l’âtre de l’une des grandes cheminées. Il n’y avait guère de tapisseries ou de peintures, ni même de décorations, à vrai dire. L’endroit était austère, et proclamait à la face du monde qu’Accalmie était avant tout une forteresse, pas un palais.

Valyron était encore en train de visiter, d’observer, de s’imprégner de l’endroit, lorsqu’il aperçut une ombre féminine plus loin dans la salle. Il affecta de l’ignorer, sans doute une servante. Il voulait voir à quoi ressemblait ce fameux trône de plus près. Continuant de longer les murs, observant la pierre solide et grise qui constituait l’édifice, il s’arrêta devant l’estrade, détaillant le siège du pouvoir orageois depuis des siècles.




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Ambition & Dévotion
Valyron Tyvaros
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Tess Baratheon

Tess Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: [FB] Les nuages de la guerre   [FB] Les nuages de la guerre Icon_minitimeVen 14 Déc 2018 - 12:21




Les nuages de la guerre

Telle une ombre fantomatique parcourant les couloirs désertés d’Accalmie, la Biche Noire arpentait le dédale de corridors en pleine nuit, comme elle le faisait souvent lorsqu’elle ne trouvait pas le sommeil, elle même envahie par des pensées qui ne lui auraient de toutes façons apporté que des cauchemars venus lui rappeler les moments les plus douloureux de son existence. Sept ans, déjà depuis qu’elle avait quitté Gallowsgrey, ou plutôt depuis qu’on l’en avait renvoyée, teintant sans appel son honneur d’accusations aussi terribles qu’infondées. A Accalmie, au moins, elle était protégées de celles-ci, les siens n’auraient pas toléré qu’on ne fasse que les mentionner sans risquer d’y perdre la tête. Dans le manoir des Trant, elle n’avait jamais eu cette liberté de s’échapper de la couche conjugale en pleine nuit sans qu’on la regarde avec désapprobation, mais ici les choses étaient différentes, les regards plein de désapprobation ou d’une colère à peine masquée étaient remplacés par le respect des rares serviteurs qu’elle pouvait croiser, ou par une certaine pitié, presque aussi difficile à accepter que le rejet de ceux qui avaient un jour formé sa belle-famille.

Ses pas la menaient toujours au même endroit, la large salle servant de siège du pouvoir de l’Orage, généralement plongée dans une certaine pénombre mais aujourd’hui toujours éclairée comme si la soirée venait de se terminer. Un autre signe de la présence des hommes de la Couronne, traduit également par le nombre de gardes toujours en service à chaque porte d’importance même mineure, que Theodan avait fait placer autant pour faire étalage des forces dont il disposait que parce qu’il craignait une trahison de ces envoyés au nom de leur Roi Cruel. Maegor n’en aurait pas été à son premier coup avait-il dit, aussi s’était-il assuré de la sécurité des siens, donnant pour instruction de ne pas quitter sa chambre la nuit tombée, mais Tess n’avait jamais été du genre à se plier à ces ordres qui cherchaient une sécurité trop exagérée à son goût. Si le Cruel voulait assassiner ses cousins, il s’y serait pris autrement, pensait-elle, et la situation était telle que faire ce genre de choss aurait précipité une guerre qui grondait déjà à la porte, sublimant leur nom comme celui de martyrs pour lesquels se battre, et détruire à jamais le nom de ceux que beaucoup voyaient encore comme des envahisseurs indignes. Là se trouvait la faiblesse des Targaryen : là où Orys et Theodan avaient réussi à se faire accepter comme les dignes successeurs des Durrandon, le Dragon avait conservé ce statut de tyrans gouvernant par la peur plus que par une quelconque légitimité, reconnue par nécessité plus que par loyauté. Il n’y avait que les Baratheon pour réellement les reconnaître comme légitimes dans leur droit à régner, et même cela, le Cruel avait réussi à se l’enlever. Theodan voulait la guerre, il voulait placer un meilleur Roi à la tête du continent, et une fois qu’il se serait décidé, il n’y aurait plus rien pour l’en empêcher, et certainement pas un envoyé royal qui ne servait qu’à confirmer une chose : le Roi avait peur, et un Roi apeuré ne devenait qu’une victime plus alléchante pour les forces de l’Orage.

La large salle, au fond de laquelle se trouvait le large trône suzerain, puisqu’il n’était plus le siège d’une couronne, rappelait à Tess une époque meilleure, où son père, puis son frère régnaient sans appel, leur mère à leur coté, qui lui souriait toujours quand elle faisait son entrée. Sa Princesse, comme elle appelait sa fille, était sa plus grande fierté, le dernier signe d’une époque révolue, la preuve que son union avec un bâtard valyrien pouvait toujours donner naissance à une réelle représentante de la lignée Durrandon, dans sa grâce, sa gloire et sa violence. Tess avait toujours représenté cela pour Argella, et si elle ne partageait pas la nostalgie de sa mère pour l’époque où le Cerf portait une couronne ailleurs que sur son blason, la Biche Noire savait parfaitement ce que cela signifiait. Dans cet endroit, elle pouvait encore sentir le regard de son père, et celui de tous les rois qui avaient régné avant lui, qui lui murmuraient leurs conseils et leurs encouragements, qui attendaient d’elle qu’elle soutienne les siens et qu’elle soit la force silencieuse qui les maintenaient unis dans le chaos approchant. Bien plus que les tombes des anciens Rois ou celle du premier suzerain de l’Orage, c’était ici qu’elle pouvait les sentir à ses cotés, ici qu’elle trouvait le calme et le courage nécessaire pour garder la tête haute quand tout lui dictait de s’effacer, et de vivre dans l’ombre de ses malheurs et de la honte qu’on lui avait infligée.

Elle n’était pas seule cette nuit, d’autres pas se faisant entendre, et il suffit à la Biche d’un coup d’oeil pour reconnaître le mantaryen qui servait de Maître des Lois au Cruel. Quel besoin pouvait bien avoir Maegor d’un homme sensé être le gardien de la Loi, quand il s’employait si bien à agir comme si elles n’existaient pas ? La réponse s’imposait d’elle-même, il n’était là qu’à titre de complaisance, pour trouver un moyen de justifier des actes qui ne pouvaient l’être, et pour inventer des règles qui correspondaient parfaitement à ce que son maître voulait accomplir. L’homme sembla ne lui prêter aucune attention, se rendant au pied du trône tandis qu’elle restait dans un des points d’ombre de la pièce, qui avait dû dissimuler son identité jusque là, à moins qu’il n’ait réellement aucune idée de qui elle était. Toujours vêtue de noir, ne portant pas la nuit les bijoux qui avaient appartenu à sa mère, il n’y avait que la facture de sa robe et la manière dont elle se tenait pour trahir son ascendance royale.

La biche Noire laissa encore cet intrus s’approcher un peu plus du trône de sa famille, avant de s’avancer à son tour, se plaçant en silence à ses cotés pour observer l’endroit d’où un jour, à n’en pas douter, son frère décréterait la guerre contre ce cousin indigne. Le Maître des Lois pensait-il la même chose ? C’était probable, on disait que son entrevue avec le seigneur des lieux n’avait pas été des plus fructueuses. Mais Theodan n’était jamais clair sur ses intentions avec quelqu’un en qui il n’avait pas confiance… et elle-même ne viendrait pas briser cette incertitude. En revanche, elle pouvait faire comprendre à cet homme que ses actions à l’Orage étaient vouées à l’échec et qu’il faudrait au Roi agir autrement s’il voulait éviter une guerre. Après tout, elle n’avait aucune envie de voir les siens risquer leur vie, peu lui importait à quel point ils pensaient cette cause juste. Un indigne total pouvait bien régner sur Westeros, tant que les Baratheon régnaient sur l’Orage, cela lui suffisait.

« J’imagine que vous ne devez pas être aussi impressionné que je l’ai été quand j’ai posé les yeux sur ce trône pour la première fois. Et pourtant… Ne seriez-vous pas tenté de vous y asseoir ? De commander depuis cet endroit aux hommes les plus fiers et les plus forts du continent ? J’ose imaginer que c’est cette même tentation qu’a ressenti mon père quand il a pris cette forteresse aux cotés du Conquérant, ne croyez-vous pas ? »

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Valyron Tyvaros

Valyron Tyvaros
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MessageSujet: Re: [FB] Les nuages de la guerre   [FB] Les nuages de la guerre Icon_minitimeMar 12 Fév 2019 - 20:54

Les Nuages de la Guerre

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La chaire des rois Durrandon n’avait – si la mémoire de Valyron ne lui faisait pas défaut – pas de nom. Les anciennes maisons de Westeros avaient attribué des titres ronflants aux trônes sur lesquels les rois de jadis s’étaient assis. Trône de barral, trône de grès, trône de chêne… Tous désormais éclipsés par le seul Trône de Fer, né dans le feu et le sang de la Conquête, soudant les royaumes de Westeros aussi sûrement que les épées fondues pour le concevoir. Le trône qui était désormais, seigneurial, celui des Baratheon était à l’image de la réputation régionale. Brut, imposant : il inspirait la puissance martiale des natifs Orageois.

Un froissement dans la nuit rappela au Serpent la présence féminine entraperçue plus tôt. Se pouvait-il qu’il s’agisse de quelqu’un d’autre ? Une servante se serait déjà éclipsée sans demander son reste. Il y avait autre chose dans l’air. Une menace ? D’un geste fluide et qui se voulait imperceptible, Valyron effleura la poche de sa veste dans laquelle se trouvait la dague en acier sacré de Valyria qu’il avait ramené des ruines, une vie auparavant. Des mois à la cour de Maegor lui avait rapidement appris l’importance d’être à l’affût et toujours armé. Il avait su évoluer avec aisance parmi  les ombres de Port-Réal pour rassembler autour de sa personne et de quelques fidèles de confiance, un réseau d’informateurs dans la capitale. Ses relations avec le maître des chuchoteurs de Maegor, le lord Sighild, étaient exécrables : il n’avait aucune confiance dans les informations que distillait le maître-espion du Cruel. L’information était une ressource encore plus précieuse que l’or, par ces temps troublés, et Valyron affectait de toujours être en tête de la course aux nouvelles importantes.

Ce n’était toutefois pas de la menace qu’il percevait dans l’air, qui affectait ses sens vipérins. Il y avait autre chose, une aura. La présence qu’il détectait s’était rapprochée de lui, et il tourna la tête sans réelle surprise lorsque la voix monta dans le silence absolu de la grande salle d’Accalmie, puissante, distinguée, décidée.

« J’imagine que vous ne devez pas être aussi impressionné que je l’ai été quand j’ai posé les yeux sur ce trône pour la première fois. Et pourtant… Ne seriez-vous pas tenté de vous y asseoir ? De commander depuis cet endroit aux hommes les plus fiers et les plus forts du continent ? J’ose imaginer que c’est cette même tentation qu’a ressenti mon père quand il a pris cette forteresse aux cotés du Conquérant, ne croyez-vous pas ? »

Traits coupés à la serpe, le regard magnétique, chevelure aussi sombre que sa robe, l’apparition était saisissante de majesté, Valyron dût lui-même en convenir : elle était l’incarnation d’une élégance sombre. On n’y voyait goutte, car les quelques chandelles ne parvenaient guère à percer la noirceur de la nuit, mais il était aisé de distinguer ce regard vert émeraude qui ne souffrait guère de l’habitude d’être défié. Les paris étaient ouverts : qui étaient donc la mystérieuse inconnue qui lui faisait face ? Sa chevelure noire l’identifiait sans peine comme une représentante des Baratheon, tout comme sa façon de s’exprimer et de s’installer ainsi aux côtés de l’envoyé de la Couronne. Prenant conscience qu’il dévisageait depuis un peu trop longtemps la femme qui l’avait rejoint, Valyron esquissa un spectre de sourire tandis que son visage restait fermé à toute expression. Il avait eu son lot de rencontres inopinées au cœur de la nuit, celle-ci le surprenait mais ne l’impressionnait guère.

« Non, ma Dame, ce n’est pas là mon ambition : je suis sur cette terre pour servir. » répondit-il avec une moue affable sous laquelle résonnait un ton coupant comme de l’acier neuf.

Même s’il ambitionnait d’un jour pouvoir s’asseoir sur le Trône de Fer pour y parler avec l’autorité du Roi en qualité de sa Main, il savait que ce n’était là qu’un vaste rêve. Jamais il n’aurait la stature politique pour se faire accepter par les grands seigneurs, alors qu’il n’était lui-même pas même noble. Aussi, il se contentait de servir ses maîtres draconiques du mieux qu’il le pouvait. Il essaya de se montrer un peu plus loquace.

« Je sers notre roi et la famille royale, pour la plus grande gloire de la maison Targaryen. Nous avons tous à servir nos maîtres au mieux de nos capacités. Dès lors, un trône n’est d’aucune utilité. N’êtes-vous pas d’accord avec moi, ma Dame ? »

Il ne considérait pas cette inconnue comme une menace potentielle. Il pouvait bien sûr, sûrement, s'agir d'une espionne de Theodan Baratheon venue lui soutirer quelque bribe d'information, mais le Mantaryen était un habitué des jeux de cour, il ne se ferait pas avoir comme un jeune débutant.

« Nous n’avons pas été présentés hier soir, me semble-t-il. Il faut dire que le programme était plutôt chargé me concernant. »

Il effectua une révérence en parfait accord avec les standards du protocole de Port-Réal.

« Valyron de Mantarys, je suis maître des Lois du Roi. »


HRP:
 



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