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 Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥

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Elinor Piète

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MessageSujet: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥ Icon_minitimeJeu 10 Jan 2019 - 13:04

There's no wound i can't healLa porte s’était refermée derrière elle et l’Araignée se permit enfin de soupirer. Cet entretien avec le seigneur Cerf avait été plus qu’instructif, en tous points. Premièrement, elle avait su prendre doucement un peu plus de place à ses côtés, cherchant à prouver sa loyauté et sa volonté d’agir en sa faveur avec cette proposition de s’infiltrer au sein du groupe apparemment responsable de l’empoisonnement de lady Rohanna. Chose qui n’avait malheureusement pas convaincu son époux qui n’avait qu’eut bien du mal à plaider sa cause auprès de la Main du Roi. Elinor ressentait à nouveau la déception de cet instant. De ce moment où il avait préféré lui tourner le dos, se détourner d’elle quand elle n’espérait avoir que son soutien, sa bénédiction et peut être même sa protection. Mais non. Ondrew avait vu cette proposition comme le seul danger inconsidéré qu’il représentait, comme la mort potentielle et obligée de la belle qui choisissait seule de se mettre en danger. Un nouveau soupir lui échappa tandis qu’elle relevait son regard noisette sur le couloir, souriant à quelques courtisans qui passaient, murmurant après l’avoir doublée.

Le Baratheon n’était pas des plus ravi à l’idée qu’Ondrew ne se trouve entre les mêmes murs que lui et pourtant, il n’en était pas l’instigateur. La question n’avait pas quitté l’esprit de la jeune femme durant tout l’entretien et elle avait fini par la formuler, n’obtenant qu’une demi réponse. Peut-être le seigneur Baratheon avait-il agi sans se soucier des potentielles conséquences que cela pourrait avoir sur Ondrew. Dans tous les cas, il était aujourd’hui en vie et à ses côtés alors quand bien même il serait responsable, il était également celui qu’elle devait remercier pour tout ceci, pour ce soutien qu’il lui avait offert quand d’autres se contentaient de la pointer du doigt, remuant de sordides rumeurs pour satisfaire leurs intérêts. Pour tout cela, Elinor se sentait redevable envers Robart Baratheon et obtenir les réponses qu’il cherchait au sujet de l’empoisonnement de son épouse était pour elle juste paiement qu’elle pouvait lui donner et elle s’attellerait à cela dès que possible.

Pour l’heure, elle avait d’autres choses à réparer. Des maux l’affectant bien plus qu’elle ne le souhaitait. Dès lors qu’Ondrew posait les yeux sur elle, elle se sentait redevenir cette jeune femme de quelques années, plus la terrible araignée qui avait passé tant de temps auprès du Roi, frôlant le pouvoir du bout des doigts. Auprès de son époux, elle n’était plus que la jouvencelle amoureuse, désirant satisfaire ses désirs et envies du mieux qu’elle le pouvait. L’homme avait su apprivoiser la mygale, lui passant toute envie de le mordre pour mieux le dévorer. Douce moitié de son être, il était du devoir de la jeune fille de faire en sorte qu’ils demeurent en osmose. Et elle avait manqué à son devoir, s’affirmant dans une position bien éloignée de cette que souhaitait pour elle l’homme qu’elle aimait. Pour la première fois, véritablement, leurs envies s’étaient opposées l’une à l’autre, créant une marque dans ce qui leur semblait être un amour parfait et infaillible. Cette nouvelle année passée à distance avait favorisé l’indépendance de la jeune femme qui peinait à lâcher cette capacité à survivre par elle-même pour se laisser à nouveau guider par son époux. Comme à l’époque où elle avait elle-même pactisé avec les Hightower pour mieux s’enfuir du Bief.

Parcourant le dédale de couloir, la brunette regagna doucement les appartements qui étaient les siens. Les leurs, désormais. Elle redoutait la confrontation qui s’annonçait et pourtant, la repousser ne rendrait que les choses pires encore. Et puis, au fond d’elle, Elinor ne savait que trop bien qu’une menace planait sur l’homme qu’elle avait épousé, dès son premier pas dans la capitale. Trop de gens désiraient le voir mort, payer pour les crimes causés par Maegor. Le peuple n’avait pu tuer son roi, par sa faute. Et ils n’avaient pu se venger sur celui qui avait été son plus fervent conseiller tant celui-ci avait été protégé par les Dieux. Ce Duel judiciaire avait été l’un des rares instants où la jeune femme avait cru mourir à de multiples reprises. La mort d’Ondrew représentait pour elle le pire cauchemar de son existence et pourtant, chaque jour qui passait semblait tendre dangereusement vers cette direction tant le nombre de menaces ne cessait plus de croître.

S’arrêtant un instant devant la porte des appartements, elle prit une profonde inspiration avant de poser sa main sur la poignée et ouvrir le battant. Il était là, bien en vie, comme l’avait promis le seigneur Cerf. Elle ne lui offrit qu’un regard rapide, ayant bien trop peur de ce qu’elle pourrait lire dans ses yeux clairs. Mieux valait pour elle essayer de noyer le poisson aussi, s’éclaircissant la gorge, elle rompit rapidement le silence. « Le Seigneur Baratheon te fait savoir qu’il souhaiterait un compte rendu écrit sur la situation à Dorne, soulignant que tout indice sur les actions potentielles que pourraient réaliser les Martell seraient les bienvenus… » Le travail et les devoirs. Voilà de quoi dissimuler un court instant le malaise bien présent entre eux à cause de celui-ci…
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MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥ Icon_minitimeDim 13 Jan 2019 - 16:13




Come What May

A peine était-il  à nouveau dans les appartements de son épouse qu’Ondrew laissa s’échapper sa frustration. Plus que jamais, le Donjon Rouge dans son entièreté lui démontrait à quel point il était tombé bas. Même à Dorne, la chose ne lui était pas apparue aussi fortement que depuis qu’il était revenu. Là-bas, il était certes un paria, traité avec la politesse nécessaire à un représentant d’une puissance étrangère qui masquait à peine l’hostilité ressentie à son égard, mais ici… Parmi les siens, ceux qui servaient le même Roi, en présence de ceux même qui s’inclinaient sur son passage il y avait un peu plus d’un an, croiser leur regard empreint de ressentiment et de gêne était tout autre chose. Il n’y avait pas le moindre doute sur la position qu’il occupait ici, celle de l’indésirable, du déchu, de celui dont la compagnie ne représentait plus qu’un danger aux ambitions personnelles, et le choc était plus fort qu’il ne l’aurait cru.

Des courtisans sur son passage aux gardes qui avaient reçu l’ordre de le ramener à ses quartiers, « pour sa protection », comme l’avait si bien précisé le seigneur Régent, tout était là pour lui rappeler qu’il n’était plus le bienvenu ici. Des éléments qui ne lui étaient pas apparu quand il avait remonté la route allant du port au château, ou même quand il s’était rendu dans les offices Baratheon, son propre regard et son attention alors accaparées par la présence de celle qui lui avait tant manqué. Mais seul sur le chemin du retour, avec ce sentiment de trahison de la part même d’Elinor qui hantait encore son esprit, toutes ces choses lui apparaissaient évidentes. Le bieffois se servit une coupe de la carafe de vin qui était restée dans la chambre, et la vida d’une traite d’un geste rageur.

Ils pouvaient bien le traiter comme s’il était atteint de la pire des maladies, le seigneur Baratheon pouvait bien asseoir sa nouvelle position et lui étaler le pouvoir incontesté et incontestable qu’il avait sur sa vie, lui rappeler aussi souvent que possible que ni son avis, ni son approbation n’étaient recquises ou même souhaiter, Ondrew aurait pu faire bonne figure et encaisser, en attendant l’heure de reprendre ce qui était sien et de redevenir digne du respect qui incombait à sa personne. Il était au dessus de cela, et avait suffisamment cotoyé les intrigues du royaume pour savoir que les paria d’aujourd’hui pouvaient devenir les incontournables le lendemain, pourvu qu’ils sachent manoeuvrer correctement, et inversément. Il avait été au sommet du pouvoir, et les Baratheon des traitres condamnés à mort, aujourd’hui la situation était inversée. En bon politicien, la Main Déchue savait parfaitement que cette situation pouvait vite changer, et qu’en usant de patience et d’intelligence, il récupérerait bien vite toute légitimité quand à sa présence. Ces certitudes auraient pu être suffisantes à affronter ces épreuves, si Elinor n’avait pas décidé à son tour de lui montrer qu’il n’avait aucun pouvoir, et ce même quand elle était concernée.

Il ne doutait pas qu’elle n’ait pas cherché à le blesser, et le fait même qu’elle ne lui ait pas parlé de son plan si dangereux auparavant n’était probablement dû qu’à une envie d’éviter de ternir leur retrouvailles, mais pourtant elle l’avait fait, pour des raisons qui lui étaient propres, et ça avait été comme un couteau planté dans son dos. L’Araignée était loin d’être idiote, et elle avait du voir qu’il ne feignait pas de désapprouver son plan, tout comme elle devait savoir l’inquiétude que cette idée pouvait créer chez lui, et pourtant elle avait appuyé le Régent face à lui, et avait choisi de suivre son autorisation plutôt que de renoncer en voyant sa réaction à lui. Et c’était cette découverte, cette démonstration du fait que même pour elle, son avis comptait moins qu’il avait pu le faire auparavant qui détruisait toutes ses barrières face à l’adversité de sa situation. Parce que si même Elinor agissait ainsi à son égard, regagner ce qui lui avait un jour appartenu n’était peut-être pas si simple, et sa situation plus grave qu’il ne le pensait.

Le seigneur de Tumbleton se resservit un autre verre du vin désormais tiède quand il entendit la porte des appartements s’ouvrir. N’ayant aucun doute sur l’identité de celle qui venait d’entrer, il se retourna pour la dévisager. Elinor ne le regarda que brièvement avant de tourner son regard ailleurs, preuve qu’elle savait autant que lui ce qu’avait pu causer son idée dans l’état d’esprit du bieffois. Lorsqu’elle prit la parole, ce ne fut que pour lui faire part des desideratas de son employeur :

« Le Seigneur Baratheon te fait savoir qu’il souhaiterait un compte rendu écrit sur la situation à Dorne, soulignant que tout indice sur les actions potentielles que pourraient réaliser les Martell seraient les bienvenus… »

Surpris par l’incongruité de la demande, Ondrew rit légèrement, se demandant pourquoi le Régent ne lui avait pas demandé la chose lui-même. Néanmoins, son esprit était occupé par tout autre chose, aussi balaya-t-il la question d’un revers de la main.

« Il sera fait selon la volonté du Régent, comme toujours. Même s’il serait bien naïf qu’il croie que j’en sache énormément sur ce qui se passe à Dorne. Nymeria Martell est beaucoup de choses, mais elle n’est pas idiote au point de laisser filtrer des informations importantes jusqu’aux oreilles de ceux qu’elle considère comme des ennemis. »

Son verre à la main, il s’approcha de quelques pas, avant d’aborder le sujet réellement important entre eux, d’une voix calme mais où l’on pouvait sentir la frustration derrière ces mots :

« Pourquoi es-tu allée proposer ce plan ? Cela te met dans une situation aussi dangereuse que quand la guerre faisait rage, plus encore peut-être parce que tu t’y expose directement. Toi mieux que personne devrait savoir que les puissants, peu importent leurs belles paroles, n’auront aucun scrupule à sacrifier une seule personne pour obtenir ce qu’ils désirent. Et Robart Baratheon est exactement comme n’importe lequel d’entre eux sur ce point, malgré ses belles paroles. Il ne lèvera pas le petit doigt pour te sauver s’il n’en voit pas l’intérêt, ou si le faire pourrait le compromettre. »


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MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥ Icon_minitimeLun 14 Jan 2019 - 23:43

There's no wound i can't healEn réponse à son rire, elle soupira. Jamais ils ne s’étaient trouvés dans une telle posture par le passé. Evidemment, comme tout couple, ils avaient leurs propres désaccords mais jamais ils n’avaient pris place dans la sphère politique. Toujours, leurs petites disputes restaient légères et pouvaient être résolues simplement. Quelques baisers, un rire léger, une concession obtenue avec quelques battements de cils… Mais il ne s’agissait pas de quelques préparatifs pour des noces parfaites. Non. Et au fond d’elle, Elinor comprenait Ondrew autant qu’elle lui en voulait de ne pas la soutenir. Relevant son regard noisette sur lui, elle pinça délicatement les lèvres, avisant le verre de vin qu’il tenait à la main. Peut-être devrait-elle s’en servir un, également ? Pourtant, elle resta là, le battant de la porte derrière elle, immobile après avoir annoncé les nouvelles consignes de cet homme qui était autant capable de souligner leur réunion que de pousser à un départ toujours plus lointain le seigneur Piète. Consignes qui semblaient le faire rire.

Il eut un revers de main méprisant envers ce qu’elle lui demandait, renvoyant à ces ordres la place qu’ils méritaient dans les priorités du moment. Evidemment, elle lui accorda raison concernant les informations qu’il serait susceptible d’avoir, certainement bien maigres à côté de ce qu’il pouvait se tramer de l’autre côté de la frontière. Elle se contenta de hausser les épaules, simple messagère dans cette demande. Rompant la distance entre eux, il fit quelques pas, la forçant à relever les yeux plus haut encore, les posant sur son visage. Elle devinait la colère sous ses traits qu’il conservait neutre. Mais elle le connaissait trop bien pour ne pas être capable de lire à travers ce masque qu’il servait aux courtisans. Sa voix le trahissait tout autant tandis qu’il ne perdit pas de temps à tourner autour du pot. Les lèvres toujours pincées, la jeune femme le laissa dire, lâchant pourtant un soupir qui trahissait une lassitude présente bien trop tôt.

Elle avait conscience des dangers, de la situation périlleuse dans laquelle elle plongeait sans regarder derrière elle, sans assurer véritablement ses arrières. Toi mieux que personne devrait savoir que les puissants, peu importent leurs belles paroles, n’auront aucun scrupule à sacrifier une seule personne pour obtenir ce qu’ils désirent. De qui parlait-il seulement ? D’Oberyn Tyrell et de la manière dont il avait séquestré la jeune femme et sa famille sous de faux prétextes afin de mieux toucher le seigneur de Tumbleton ? Ou bien était-ce là une confession à demi-mot ? Elinor avait tant souffert de ses absences par le passé, la rendant toujours plus esclave de lui et de son bon vouloir. Il luttait pour le bien du Royaume et jamais elle ne lui en avait voulu. Jusqu’à ce que le Roi prenne possession de son âme. Si les révélations lui faisaient peur, elle aurait pourtant aimé qu’Ondrew se rende compte du supplice qu’elle vivait au quotidien pour mieux la secourir. Mais il n’avait pas été là, guidé par ses ambitions, aveugle de celles que nourrissaient pourtant son ami.

Pourtant, alors qu’il attaquait le Cerf, elle soupira à nouveau. « Tu ne le connais pas. » Cela ne l’excusait pas, non. Mais c’était un début de réponse. Son regard noisette plongea dans celui, plus clair, de son époux. « Il ne t’a guère renvoyé, cela est une preuve suffisante à mes yeux quand il aurait pu jouer de cela à t’expédier là où seuls les Sept peuvent savoir… » S’avançant de quelques pas à son tour, elle fronça doucement les sourcils tandis que ses mots sortaient doucement de sa bouche, prononcés avec douceur. « Le Donjon Rouge n’est plus ce que tu as connu, Ondrew… J’ai eu si peur, les premiers instants où il m’a fallu évoluer à nouveau entre ces murs. Les murmures, les regards… Tout s’est aggravé après la guerre, après la fin de ce conflit. Je n’étais plus que la potentielle Régicide, l’épouse d’un homme qui ne devait sa vie qu’aux Dieux. Et bénis soient-ils… » Chaque fois, elle songeait à cet instant. A cette nouvelle bataille dans laquelle il s’était lancé. « Sans Daenys, je n’aurais pu rester à la Cour. Et le Seigneur Baratheon a pris possession des lieux… Pourquoi penses-tu que j’ai pu l’aborder de prime abord ? Mes pensées n’étaient que pour toi et il était celui qui pouvait le plus nous permettre de nous retrouver… Et à la première occasion, il a en effet songé de nouveau à cela. D’autres auraient nourri toujours plus d’exigences pour que tu puisses me revenir. Pas lui. »

Prenant une profonde inspiration, elle tendit la main, la posant sur son avant-bras, espérant l’atteindre suffisamment pour qu’il comprenne. « Je connais les risques. Crois bien que je les ai évalués. Que tu sois présent ou non, j’aurais agi de même. Ce n’est pas contre toi, mon Amour. J’ai besoin de le faire. Pour toi. Pour nous. »
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MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥ Icon_minitimeMer 30 Jan 2019 - 14:05




Come What May

Si la situation n’avait pas été ce qu’elle était, Ondrew aurait probablement souri face à l’analyse de son épouse sur la situation au Donjon Rouge. Loin d’être comme la plupart des autres femmes de Westeros, Elinor avait cette capacité à analyser la situation politique la plus complexe du Royaume, mieux, elle savait comment manœuvrer sur ces eaux troubles, quand bien même le vent faisait tout pour faire vaciller la barque sur laquelle ils étaient désormais tous deux forcés à naviguer, condamnés à sombrer au moindre écart de la seule voie qui pourrait les protéger. Mais elle voulait emprunter une voie bien trop dangereuse, dictée non pas par leur volonté à eux, mais par celle des intérêts d’un autre qu’eux-mêmes. Bien evidemment, c’était la volonté du Régent qui les protégeait du reste de ceux qui les voulaient morts, ou au moins loin de leurs yeux et de leur esprits, mais la Main Déchue en était certaine, pour avoir un jour été à sa place : à la seconde où Elinor cesserait de lui être utile, le Cerf détournerait son regard, et laisserait les autres faire ce qu’ils voulaient de ce qu’il ne verrait plus que comme un pion qui n’avait plus d’utilité. C’était dans l’ordre des choses à Port-Réal, quelqu’un qui n’était plus utile pourrait toujours l’être par sa mort, en gagnant les faveurs de ses ennemis, et les Dieux savaient à quel point le couple Piète en avait, désormais bien plus nombreux qu’avant la guerre.

Peut-être était-ce sur ce fait qu’Elinor était aveugle… Un de leur plus grands opposants n’était autre que le suzerain du Bief, du moins était-il son ennemi à lui, et la jeune femme ne faisait que subir les conséquences de l’opinion de son époux sur ce suzerain indigne. Néanmoins, Oberyn Tyrell restait aux commandes de toute une région et de ce qui fut autrefois un Royaume florissant. De la même manière, l’opinion du Tyrell quant à la Main Déchue n’était inconnue de personne, pas plus que le désir de celui-ci de voir son éternel rival mort, un souhait qui lui avait longtemps été refusé, que ce soit par Maegor ou par les Dieux eux-mêmes. Evidemment, il était trop tôt pour que la nouvelle du retour d’Ondrew lui soit parvenue, sans doute ne savait-il même pas qu’Elinor s’était mise au service du Régent du Royaume, mais il finirait par apprendre les deux, ce n’était qu’une question de temps. Et alors, présenté devant le choix de gagner les faveurs d’un suzerain, ou celui de conserver une simple espionne à son service, le seigneur Baratheon ne réfléchirait pas longtemps à ce qui lui rapporterait le plus. C’était là le jeu des puissants, un jeu qu’il ne connaissait que trop bien. Il avait fallu un Roi pour sécuriser sa position contre les Tyrell, et ce Roi était désormais mort, remplacé par un autre.

Lorsque l’Araignée posa sa main sur son bras, Ondrew baissa les yeux sur celle-ci, conscient de la véracité de ses mots, rassuré en même temps. Il lui était impossible de croire le contraire après tout, d’imaginer qu’elle aurait pu se détourner de lui, si ça avait été le cas, son existence n’aurait plus eu aucun intérêt, et la perspective de perdre sa vie lui aurait été alors entièrement indifférente. Il soupira légèrement, relevant le bras pour prendre la main de la jeune femme dans la sienne, tout en la serrant doucement.

« Je ne doute pas de tes compétences, pas plus que de ce que tu cherches à accomplir… Mais il y a trop de risques, trop d’inconnues. Tu ne sais rien de ce groupe que tu veux infiltrer, pas plus que pour qui ils pourraient agir… Des fanatiques, capables par eux-mêmes de tenter de tuer l’épouse de l’homme qui tient les rênes du Royaume ? Il y a quelqu’un d’autre derrière tout ça, et tu le sais autant que moi. Que se passe-t-il si ces gens découvrent qui tu es ? Pour qui tu travailles ? Et si tu réussis à découvrir la vérité, que se passe-t-il si la réponse à ses questions ne plait pas au Baratheon ? »

S’approchant un peu plus de son épouse, le bieffois posa son autre main sur son visage, avant de poursuivre :

« Et même si je suis paranoïaque, et que tout se passe bien, que fera-t-il quand nos ennemis, ceux qui détiennent un réel pouvoir, pas les simples courtisans de ce château, apprendront qu’il nous a offert sa protection ? Crois-tu réellement qu’il risquera de nous protéger si Oberyn Tyrell lui demande nos têtes ? Est-ce que les services que tu lui as rendus compteront pour quelque chose alors ? »



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MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥ Icon_minitimeDim 10 Fév 2019 - 23:52

There's no wound i can't healIl fallait qu’il comprenne. L’Araignée devait à tout prix lui démontrer qu’elle avait raison, qu’il avait tort. Pour une fois, elle ne céderait pas devant son époux, certaine de démontrer son amour pour lui comme elle avait déjà su le faire par le passé dans des choses inavouables qui continuaient de ronger son âme. S’il comprenait l’intention derrière le risque, peut-être saurait-il un jour comprendre ce qu’elle avait fait par le passé, pour assurer sa survie à lui. Sa main posée sur son bras, elle ne le quittait plus de ses prunelles noisette, espérant lire sur ses traits une certaine compréhension derrière cette colère qui le rongeait. Et dès lors qu’il soupira, elle sut qu’une partie du combat était gagné. La main de son époux vint trouver la sienne, s’en saisissant avec douceur pour l’étreindre, pour renouer ce contact qui s’était brisé dans le bureau de la Main du Roi.

Il ne voyait que les risques, reconnaissant les compétences de la jeune Bieffoise, portant l’accent sur le danger d’une telle mission. Il ne s’agissait plus de séduire les courtisans issus d’un milieu identique au sien, mais bien d’intégrer un groupuscule de fanatiques religieux qui étaient capable du meilleur… Mais surtout du pire. Elle ne minimisait pas le danger, gardant bien en mémoire ce qu’ils avaient pu faire à lady Rohanna. Mais si elle laissait le danger et les risques prendre une bien grande place dans sa tête, elle n’oserait plus. Et si elle n’osait plus, alors à quoi pourrait-elle servir pour mieux qu’Ondrew reste à ses côtés ? Comment pourrait-elle prouver plus encore au seigneur Cerf que ses intentions à son égard sont louables et qu’elle était farouchement déterminée à abattre chaque obstacle pour mieux obtenir ce qu’elle désirait si ardemment ? Alors oui, elle savait tout aussi bien que lui que le complot ne se résumait pas à une poignée de petites gens capables de tendre le bras pour effrayer les puissants. Une ombre planait au-dessus de cela et c’était bien là le but de l’Araignée que de découvrir à qui elle appartenait.

Les autres points qu’il soulevait, elle y avait déjà pensé. Sa réputation n’était plus à faire au sein de la cour, autant que son statut d’agent auprès du Protecteur du Royaume. Mais elle comptait se servir de cela. Elle comptait faire croire à ces fous que cette cape n’était que parure si aisément retournable, leur amenant la possibilité d’avoir la main mise sur une femme des hautes sphères qui côtoyait les Dragons et les Cerfs sans craindre la moindre représailles. Mais qui connaissait le vrai fond de la pensée de la jeune femme ? Personne. Et c’est pour cela qu’elle était la personne idéale pour ce travail car elle pourrait travailler celui-ci pour le rendre parfaitement acceptable pour eux. Elle ne voulait pas les sous-estimer et c’est pour cela qu’elle savait que le travail lui serait long et que le moment où elle saurait entrer ces sphères si fermées du monde était loin. Mais elle y parviendrait parce qu’elle avait la meilleure motivation du monde au bout du chemin. Elle ne voulait pas se cacher sous une autre identité, simplement remodeler la sienne, jouant des rumeurs à son sujet pour mieux tromper.

Silencieuse, elle le laissa poser sa main libre sur sa joue, accueillant le contact en fermant délicatement les paupières. Elle poussa un léger soupir, comme soulagée de le sentir contre elle malgré tout, trop heureuse de constater que les sentiments qu’ils avaient l’un pour l’autre ne pouvaient être abimés par une simple mésentente dans la conduite à tenir pour mieux assurer leurs arrières. Mais Ondrew ne s’arrêta pas là, remettant à nouveau en cause la protection qu’offrait le seigneur de l’Orage à son épouse, qu’il pouvait leur offrir à tous deux s’il agissait également correctement. Alors à nouveau, elle soupira, reculant doucement pour échapper à la présence de ses mains. « Je n’ai pas toutes les réponses, Ondrew. » Portant une main à son front, elle réveilla la tempête sous son crâne, cherchant à réfléchir, encore et encore à tout ceci. Sa main finit dans sa chevelure, ses doigts se refermant sur ses longues mèches brunes. « Mais je ne compte pas les attendre les bras croisés. Tu ne peux pas me demander ça. Si je n’aide pas le seigneur Cerf, qu’importe la reconnaissance qu’il puisse avoir après cela, de cette manière, alors que suis-je censée faire. Que veux-tu que je fasse si tu m’interdis de mener à bien ce projet. » Elle détestait la tournure de cette conversation mais mille caresses n’auraient su apaiser cet avis et elles n’auraient fait que repousser l’échéance. Mieux valait crever l’abcès dès maintenant. « Parfois, il vaut mieux se jeter sciemment dans la gueule du loup car on sait de quelle manière elle va se refermer, et on sait où se placer pour éviter ses crocs vengeurs. Je connais les risques, je sais que je joue avec le feu. Mais je refuse de rester stoïque et d’attendre le givre que sera ce jour où l’ordre tombera de te conduire… En Essos ? Au Nord ? Sur les Iles de Fer ? » Qu’était le pire ?
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