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 Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Jeu 10 Jan 2019 - 13:04

There's no wound i can't healLa porte s’était refermée derrière elle et l’Araignée se permit enfin de soupirer. Cet entretien avec le seigneur Cerf avait été plus qu’instructif, en tous points. Premièrement, elle avait su prendre doucement un peu plus de place à ses côtés, cherchant à prouver sa loyauté et sa volonté d’agir en sa faveur avec cette proposition de s’infiltrer au sein du groupe apparemment responsable de l’empoisonnement de lady Rohanna. Chose qui n’avait malheureusement pas convaincu son époux qui n’avait qu’eut bien du mal à plaider sa cause auprès de la Main du Roi. Elinor ressentait à nouveau la déception de cet instant. De ce moment où il avait préféré lui tourner le dos, se détourner d’elle quand elle n’espérait avoir que son soutien, sa bénédiction et peut être même sa protection. Mais non. Ondrew avait vu cette proposition comme le seul danger inconsidéré qu’il représentait, comme la mort potentielle et obligée de la belle qui choisissait seule de se mettre en danger. Un nouveau soupir lui échappa tandis qu’elle relevait son regard noisette sur le couloir, souriant à quelques courtisans qui passaient, murmurant après l’avoir doublée.

Le Baratheon n’était pas des plus ravi à l’idée qu’Ondrew ne se trouve entre les mêmes murs que lui et pourtant, il n’en était pas l’instigateur. La question n’avait pas quitté l’esprit de la jeune femme durant tout l’entretien et elle avait fini par la formuler, n’obtenant qu’une demi réponse. Peut-être le seigneur Baratheon avait-il agi sans se soucier des potentielles conséquences que cela pourrait avoir sur Ondrew. Dans tous les cas, il était aujourd’hui en vie et à ses côtés alors quand bien même il serait responsable, il était également celui qu’elle devait remercier pour tout ceci, pour ce soutien qu’il lui avait offert quand d’autres se contentaient de la pointer du doigt, remuant de sordides rumeurs pour satisfaire leurs intérêts. Pour tout cela, Elinor se sentait redevable envers Robart Baratheon et obtenir les réponses qu’il cherchait au sujet de l’empoisonnement de son épouse était pour elle juste paiement qu’elle pouvait lui donner et elle s’attellerait à cela dès que possible.

Pour l’heure, elle avait d’autres choses à réparer. Des maux l’affectant bien plus qu’elle ne le souhaitait. Dès lors qu’Ondrew posait les yeux sur elle, elle se sentait redevenir cette jeune femme de quelques années, plus la terrible araignée qui avait passé tant de temps auprès du Roi, frôlant le pouvoir du bout des doigts. Auprès de son époux, elle n’était plus que la jouvencelle amoureuse, désirant satisfaire ses désirs et envies du mieux qu’elle le pouvait. L’homme avait su apprivoiser la mygale, lui passant toute envie de le mordre pour mieux le dévorer. Douce moitié de son être, il était du devoir de la jeune fille de faire en sorte qu’ils demeurent en osmose. Et elle avait manqué à son devoir, s’affirmant dans une position bien éloignée de cette que souhaitait pour elle l’homme qu’elle aimait. Pour la première fois, véritablement, leurs envies s’étaient opposées l’une à l’autre, créant une marque dans ce qui leur semblait être un amour parfait et infaillible. Cette nouvelle année passée à distance avait favorisé l’indépendance de la jeune femme qui peinait à lâcher cette capacité à survivre par elle-même pour se laisser à nouveau guider par son époux. Comme à l’époque où elle avait elle-même pactisé avec les Hightower pour mieux s’enfuir du Bief.

Parcourant le dédale de couloir, la brunette regagna doucement les appartements qui étaient les siens. Les leurs, désormais. Elle redoutait la confrontation qui s’annonçait et pourtant, la repousser ne rendrait que les choses pires encore. Et puis, au fond d’elle, Elinor ne savait que trop bien qu’une menace planait sur l’homme qu’elle avait épousé, dès son premier pas dans la capitale. Trop de gens désiraient le voir mort, payer pour les crimes causés par Maegor. Le peuple n’avait pu tuer son roi, par sa faute. Et ils n’avaient pu se venger sur celui qui avait été son plus fervent conseiller tant celui-ci avait été protégé par les Dieux. Ce Duel judiciaire avait été l’un des rares instants où la jeune femme avait cru mourir à de multiples reprises. La mort d’Ondrew représentait pour elle le pire cauchemar de son existence et pourtant, chaque jour qui passait semblait tendre dangereusement vers cette direction tant le nombre de menaces ne cessait plus de croître.

S’arrêtant un instant devant la porte des appartements, elle prit une profonde inspiration avant de poser sa main sur la poignée et ouvrir le battant. Il était là, bien en vie, comme l’avait promis le seigneur Cerf. Elle ne lui offrit qu’un regard rapide, ayant bien trop peur de ce qu’elle pourrait lire dans ses yeux clairs. Mieux valait pour elle essayer de noyer le poisson aussi, s’éclaircissant la gorge, elle rompit rapidement le silence. « Le Seigneur Baratheon te fait savoir qu’il souhaiterait un compte rendu écrit sur la situation à Dorne, soulignant que tout indice sur les actions potentielles que pourraient réaliser les Martell seraient les bienvenus… » Le travail et les devoirs. Voilà de quoi dissimuler un court instant le malaise bien présent entre eux à cause de celui-ci…
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The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Dim 13 Jan 2019 - 16:13




Come What May

A peine était-il  à nouveau dans les appartements de son épouse qu’Ondrew laissa s’échapper sa frustration. Plus que jamais, le Donjon Rouge dans son entièreté lui démontrait à quel point il était tombé bas. Même à Dorne, la chose ne lui était pas apparue aussi fortement que depuis qu’il était revenu. Là-bas, il était certes un paria, traité avec la politesse nécessaire à un représentant d’une puissance étrangère qui masquait à peine l’hostilité ressentie à son égard, mais ici… Parmi les siens, ceux qui servaient le même Roi, en présence de ceux même qui s’inclinaient sur son passage il y avait un peu plus d’un an, croiser leur regard empreint de ressentiment et de gêne était tout autre chose. Il n’y avait pas le moindre doute sur la position qu’il occupait ici, celle de l’indésirable, du déchu, de celui dont la compagnie ne représentait plus qu’un danger aux ambitions personnelles, et le choc était plus fort qu’il ne l’aurait cru.

Des courtisans sur son passage aux gardes qui avaient reçu l’ordre de le ramener à ses quartiers, « pour sa protection », comme l’avait si bien précisé le seigneur Régent, tout était là pour lui rappeler qu’il n’était plus le bienvenu ici. Des éléments qui ne lui étaient pas apparu quand il avait remonté la route allant du port au château, ou même quand il s’était rendu dans les offices Baratheon, son propre regard et son attention alors accaparées par la présence de celle qui lui avait tant manqué. Mais seul sur le chemin du retour, avec ce sentiment de trahison de la part même d’Elinor qui hantait encore son esprit, toutes ces choses lui apparaissaient évidentes. Le bieffois se servit une coupe de la carafe de vin qui était restée dans la chambre, et la vida d’une traite d’un geste rageur.

Ils pouvaient bien le traiter comme s’il était atteint de la pire des maladies, le seigneur Baratheon pouvait bien asseoir sa nouvelle position et lui étaler le pouvoir incontesté et incontestable qu’il avait sur sa vie, lui rappeler aussi souvent que possible que ni son avis, ni son approbation n’étaient recquises ou même souhaiter, Ondrew aurait pu faire bonne figure et encaisser, en attendant l’heure de reprendre ce qui était sien et de redevenir digne du respect qui incombait à sa personne. Il était au dessus de cela, et avait suffisamment cotoyé les intrigues du royaume pour savoir que les paria d’aujourd’hui pouvaient devenir les incontournables le lendemain, pourvu qu’ils sachent manoeuvrer correctement, et inversément. Il avait été au sommet du pouvoir, et les Baratheon des traitres condamnés à mort, aujourd’hui la situation était inversée. En bon politicien, la Main Déchue savait parfaitement que cette situation pouvait vite changer, et qu’en usant de patience et d’intelligence, il récupérerait bien vite toute légitimité quand à sa présence. Ces certitudes auraient pu être suffisantes à affronter ces épreuves, si Elinor n’avait pas décidé à son tour de lui montrer qu’il n’avait aucun pouvoir, et ce même quand elle était concernée.

Il ne doutait pas qu’elle n’ait pas cherché à le blesser, et le fait même qu’elle ne lui ait pas parlé de son plan si dangereux auparavant n’était probablement dû qu’à une envie d’éviter de ternir leur retrouvailles, mais pourtant elle l’avait fait, pour des raisons qui lui étaient propres, et ça avait été comme un couteau planté dans son dos. L’Araignée était loin d’être idiote, et elle avait du voir qu’il ne feignait pas de désapprouver son plan, tout comme elle devait savoir l’inquiétude que cette idée pouvait créer chez lui, et pourtant elle avait appuyé le Régent face à lui, et avait choisi de suivre son autorisation plutôt que de renoncer en voyant sa réaction à lui. Et c’était cette découverte, cette démonstration du fait que même pour elle, son avis comptait moins qu’il avait pu le faire auparavant qui détruisait toutes ses barrières face à l’adversité de sa situation. Parce que si même Elinor agissait ainsi à son égard, regagner ce qui lui avait un jour appartenu n’était peut-être pas si simple, et sa situation plus grave qu’il ne le pensait.

Le seigneur de Tumbleton se resservit un autre verre du vin désormais tiède quand il entendit la porte des appartements s’ouvrir. N’ayant aucun doute sur l’identité de celle qui venait d’entrer, il se retourna pour la dévisager. Elinor ne le regarda que brièvement avant de tourner son regard ailleurs, preuve qu’elle savait autant que lui ce qu’avait pu causer son idée dans l’état d’esprit du bieffois. Lorsqu’elle prit la parole, ce ne fut que pour lui faire part des desideratas de son employeur :

« Le Seigneur Baratheon te fait savoir qu’il souhaiterait un compte rendu écrit sur la situation à Dorne, soulignant que tout indice sur les actions potentielles que pourraient réaliser les Martell seraient les bienvenus… »

Surpris par l’incongruité de la demande, Ondrew rit légèrement, se demandant pourquoi le Régent ne lui avait pas demandé la chose lui-même. Néanmoins, son esprit était occupé par tout autre chose, aussi balaya-t-il la question d’un revers de la main.

« Il sera fait selon la volonté du Régent, comme toujours. Même s’il serait bien naïf qu’il croie que j’en sache énormément sur ce qui se passe à Dorne. Nymeria Martell est beaucoup de choses, mais elle n’est pas idiote au point de laisser filtrer des informations importantes jusqu’aux oreilles de ceux qu’elle considère comme des ennemis. »

Son verre à la main, il s’approcha de quelques pas, avant d’aborder le sujet réellement important entre eux, d’une voix calme mais où l’on pouvait sentir la frustration derrière ces mots :

« Pourquoi es-tu allée proposer ce plan ? Cela te met dans une situation aussi dangereuse que quand la guerre faisait rage, plus encore peut-être parce que tu t’y expose directement. Toi mieux que personne devrait savoir que les puissants, peu importent leurs belles paroles, n’auront aucun scrupule à sacrifier une seule personne pour obtenir ce qu’ils désirent. Et Robart Baratheon est exactement comme n’importe lequel d’entre eux sur ce point, malgré ses belles paroles. Il ne lèvera pas le petit doigt pour te sauver s’il n’en voit pas l’intérêt, ou si le faire pourrait le compromettre. »


© Belzébuth
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Come what may... • Elidrew (ou Ondinor) ♥   Lun 14 Jan 2019 - 23:43

There's no wound i can't healEn réponse à son rire, elle soupira. Jamais ils ne s’étaient trouvés dans une telle posture par le passé. Evidemment, comme tout couple, ils avaient leurs propres désaccords mais jamais ils n’avaient pris place dans la sphère politique. Toujours, leurs petites disputes restaient légères et pouvaient être résolues simplement. Quelques baisers, un rire léger, une concession obtenue avec quelques battements de cils… Mais il ne s’agissait pas de quelques préparatifs pour des noces parfaites. Non. Et au fond d’elle, Elinor comprenait Ondrew autant qu’elle lui en voulait de ne pas la soutenir. Relevant son regard noisette sur lui, elle pinça délicatement les lèvres, avisant le verre de vin qu’il tenait à la main. Peut-être devrait-elle s’en servir un, également ? Pourtant, elle resta là, le battant de la porte derrière elle, immobile après avoir annoncé les nouvelles consignes de cet homme qui était autant capable de souligner leur réunion que de pousser à un départ toujours plus lointain le seigneur Piète. Consignes qui semblaient le faire rire.

Il eut un revers de main méprisant envers ce qu’elle lui demandait, renvoyant à ces ordres la place qu’ils méritaient dans les priorités du moment. Evidemment, elle lui accorda raison concernant les informations qu’il serait susceptible d’avoir, certainement bien maigres à côté de ce qu’il pouvait se tramer de l’autre côté de la frontière. Elle se contenta de hausser les épaules, simple messagère dans cette demande. Rompant la distance entre eux, il fit quelques pas, la forçant à relever les yeux plus haut encore, les posant sur son visage. Elle devinait la colère sous ses traits qu’il conservait neutre. Mais elle le connaissait trop bien pour ne pas être capable de lire à travers ce masque qu’il servait aux courtisans. Sa voix le trahissait tout autant tandis qu’il ne perdit pas de temps à tourner autour du pot. Les lèvres toujours pincées, la jeune femme le laissa dire, lâchant pourtant un soupir qui trahissait une lassitude présente bien trop tôt.

Elle avait conscience des dangers, de la situation périlleuse dans laquelle elle plongeait sans regarder derrière elle, sans assurer véritablement ses arrières. Toi mieux que personne devrait savoir que les puissants, peu importent leurs belles paroles, n’auront aucun scrupule à sacrifier une seule personne pour obtenir ce qu’ils désirent. De qui parlait-il seulement ? D’Oberyn Tyrell et de la manière dont il avait séquestré la jeune femme et sa famille sous de faux prétextes afin de mieux toucher le seigneur de Tumbleton ? Ou bien était-ce là une confession à demi-mot ? Elinor avait tant souffert de ses absences par le passé, la rendant toujours plus esclave de lui et de son bon vouloir. Il luttait pour le bien du Royaume et jamais elle ne lui en avait voulu. Jusqu’à ce que le Roi prenne possession de son âme. Si les révélations lui faisaient peur, elle aurait pourtant aimé qu’Ondrew se rende compte du supplice qu’elle vivait au quotidien pour mieux la secourir. Mais il n’avait pas été là, guidé par ses ambitions, aveugle de celles que nourrissaient pourtant son ami.

Pourtant, alors qu’il attaquait le Cerf, elle soupira à nouveau. « Tu ne le connais pas. » Cela ne l’excusait pas, non. Mais c’était un début de réponse. Son regard noisette plongea dans celui, plus clair, de son époux. « Il ne t’a guère renvoyé, cela est une preuve suffisante à mes yeux quand il aurait pu jouer de cela à t’expédier là où seuls les Sept peuvent savoir… » S’avançant de quelques pas à son tour, elle fronça doucement les sourcils tandis que ses mots sortaient doucement de sa bouche, prononcés avec douceur. « Le Donjon Rouge n’est plus ce que tu as connu, Ondrew… J’ai eu si peur, les premiers instants où il m’a fallu évoluer à nouveau entre ces murs. Les murmures, les regards… Tout s’est aggravé après la guerre, après la fin de ce conflit. Je n’étais plus que la potentielle Régicide, l’épouse d’un homme qui ne devait sa vie qu’aux Dieux. Et bénis soient-ils… » Chaque fois, elle songeait à cet instant. A cette nouvelle bataille dans laquelle il s’était lancé. « Sans Daenys, je n’aurais pu rester à la Cour. Et le Seigneur Baratheon a pris possession des lieux… Pourquoi penses-tu que j’ai pu l’aborder de prime abord ? Mes pensées n’étaient que pour toi et il était celui qui pouvait le plus nous permettre de nous retrouver… Et à la première occasion, il a en effet songé de nouveau à cela. D’autres auraient nourri toujours plus d’exigences pour que tu puisses me revenir. Pas lui. »

Prenant une profonde inspiration, elle tendit la main, la posant sur son avant-bras, espérant l’atteindre suffisamment pour qu’il comprenne. « Je connais les risques. Crois bien que je les ai évalués. Que tu sois présent ou non, j’aurais agi de même. Ce n’est pas contre toi, mon Amour. J’ai besoin de le faire. Pour toi. Pour nous. »
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