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 At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor

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Elinor Piète

Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor   Ven 25 Jan 2019 - 15:34

Turn the pageLes larmes zébraient encore ses joues tandis que son pas précipité l’accompagnait à travers les couloirs. Quelques ombres curieuses se retournaient sur son passage, intriguées, curieuses de connaître quel nouveau tourment pouvait ainsi hanter l’Araignée du Bief. Elle semblait à bout de souffle, pressée dans un étau qui l’empêchait de respirer avec tranquillité, la forçant à cette respiration courte. La légèreté du tissu rose pâle qui recouvrait son corps semblait entrer en collision avec son état physique autant que mental. Elinor avait l’esprit lourd. Lourd de cette conversation, de cette trahison manigancée par le Serpent de Mantarys, par cet ami de longue date qui venait de lui planter ses crocs à la gorge pour mieux la jeter devant les dragons, observant de son œil vicieux ce qu’il pourrait désormais bien arriver. Il le lui paierait, elle en fit le serment silencieux. La colère dévorait son ventre, ses tripes, menaçant de gronder dans une crise de folie qu’elle était la seule à pouvoir tempérer. Le souhaitait-elle seulement ? Elle n’était plus sûre de rien.

Une vibration agitait son esprit, vrombissement sourd amplifié par ces émotions qui la rendait plus dangereuse que jamais. Elinor sentait le danger qui pesait sur ses épaules, cette cible dans sn dos qu’avait tracé le maître des Chuchoteurs. Mais elle ne saurait l’accepter sans agir. Wilhem avait été mis en danger à cause de cet imbécile qui prônait sa loyauté, son allégeance envers la couronne. N’avait-il pas été le premier à les trahir, servant Maegor dès les premiers jours de son règne. Il pouvait se persuader autant qu’il voulait de la légitimité de son acte, elle connaissait son ambition, sa volonté de se trouver plus près du soleil. Mais le serpent ne pouvait guère voler, pas plus que l’Araignée. Et un jour, aussi bien accroché qu’il puisse être aux écailles du dragon, il finirait par tomber. Et ce jour-là, elle serait là, à observer sa chute, lente, immense, dansant sur ses pattes fines qu’il avait essayé de lui arracher.

« Dame Elinor ! » La voix l’interpela, sans qu’elle ne s’arrête pour autant. Rien ne pourrait plus l’arrêter, à présent. Elle avait une idée bien définie en tête et elle se devrait de la mettre en place. D’avancer. Et qu’importaient les conséquences, cela se terminerait par elle, glorieuse, écrasant le serpent de Mantarys, ou bien par sa propre mort. Ne s’arrêtant pas devant la jeune dame de compagnie, elle poursuivit sa route à travers les couloirs du Donjon Rouge. « Dame Elinor, je dois vous parler ! » « Pas maintenant… » Non. Pas maintenant. Si cette jeune femme se mettait entre l’Araignée et sa proie, elle risquait de lui servir d’amuse-bouche. « Ma dame, la princesse Daenys… Elle… » Là, elle s’arrêta. Se figeant, la brune fit volte-face, ses cheveux accompagnant le mouvement. Ses yeux noisette s’écarquillèrent devant la mine de la jeune personne qui se trouvait là. Ce fut à ce moment qu’elle se rendit compte qu’elle avait les yeux rougis, non pas par la colère, mais par la peine. Non… La gorge de la Bieffoise se serra tandis qu’elle comprenait ce qu’il se tramait. Le messager qu’elle avait croisé dans les appartements du Roi. Il venait annoncer la sinistre nouvelle de la mort d’un dragon. Alors Elinor laissa la jeune femme l’étreindre tandis qu’elle sentait son monde vaciller à nouveau. Wilhem. Daenys. Fallait-il que les Sept lui reprochent à nouveau quelque chose pour se montrer si injustes ? Respirant avec profondeur, elle regardait un point fixe, sans le voir, s’inquiétant soudainement des conséquences de tout ceci sur son existence, sur le monde tout entier. Elinor avait œuvré pour Daenys, elle était morte. Elle avait joué de manigances pour Valyron, il lui plantait le premier poignard dans le dos. Devait-elle craindre pour la vie d’Ondrew ? Prenant une profonde inspiration, elle se dégagea de l’étreinte. Sa mine affichait une froideur indifférente, ses lèvres pincées ne s’ouvrant que pour quelques mots. « Va retrouver les autres. Je vous rejoins d’ici peu. Je dois d’abord faire quelque chose. » La jeune femme hocha la tête et Elinor se détourna d’elle.

Le brasier qui l’agitait s’était éteint, remplacé par cette tempête de glace qui s’abattait sur ses épaules, forçant son être à se montrer plus réfléchi. Mais ça ne changeait en rien ses intentions. De son pas pressé, elle se dirigea vers la tour de la Main, sachant qu’elle y trouverait l’homme qu’elle souhaitait rencontrer. Les gardes la laissèrent passer avec une légère hésitation, connaissant la jeune femme, sachant que par bien des fois, elle avait su pénétrer ces lieux sans être inquiétée. Et pourtant, à sa démarche, à son allure, ils avaient compris qu’elle venait pour une affaire urgente, pour quelque chose qui les dépassait et qui les intrigua. L’un d’eux finit par lui barrer la route, imposant sa large carrure devant la frêle demoiselle du Bief. « Je dois voir le seigneur Baratheon. Maintenant. »
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Robb Baratheon

Robb Baratheon
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■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor   Sam 26 Jan 2019 - 15:01




At the end of a chapter, another one can be open
La fin d’une ère

Aujourd’hui est le dernier jour

Assis derrière son large bureau, Robb écoutait d’une oreille le rapport de son capitaine lui relatant la fin du déménagement énorme qu’engendraient leur départ. La pièce autrefois remplie de rapports et de demandes était aujourd’hui vide, et le bureau lui-même était pour la première fois depuis qu’il était arrivé vide et rangé. Ne restait plus que la large bannière aux couleurs des Baratheon derrière lui, et celle-là ne quitterait pas sa place avant l’aube, le moment où le seigneur de l’Orage renoncerait officiellement à ses charges auprès de la Cour du Roi. Fut un temps où le Cerf avait craint ce moment, une époque où il aurait voulu ne jamais se défaire du rôle qui lui avait été confié, mais cette époque était révolue depuis longtemps. Aujourd’hui il ne voyait plus que la libération qu’elle représentait, et l’annonce des épreuves futures qui deviendraient bien plus tangibles une fois les portes de Port-Réal derrière lui. Un bien pour un mal, une nécessité pour une autre. Et il y avait le reste de lui-même, la part presque inexistante des restes de son enfance, la vraie, qui regrettait qu’il ait même posé le pied ici plutôt que de rester là où était sa place. Interrompant le chevalier, il lui demanda simplement :

« Est-ce de l’égoïsme ou de l’idiotie, Ser Dondarrion, de ne pouvoir m’ôter de la tête que j’aurais peut-être préféré rester à Accalmie et prendre le risque de voir le Royaume s’écrouler plutôt que de voir les miens ainsi fracturés ? »

Pris au dépourvu par la question, le capitaine observa son seigneur d’un œil incrédule. Robart Baratheon n’était pas du genre à avoir des regrets, ou bien s’il en avait il n’en faisait jamais part à personne, du moins pas comme ça, et certainement pas à lui. Il garda le silence quelques instants, cherchant les bons mots, avant de répondre.

« Je crois, monseigneur, qu’il s’agit simplement de la preuve que vous êtes humain. Vous avez trop sacrifié et perdu durant votre séjour ici pour voir que vous n’avez jamais réellement eu d’autre choix. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai servi votre père avant vous, et que je suis certain que s’il avait pu voir ce que vous avez accompli, il n’y aurait pas de père plus fier de son héritier sur le continent. Avec le temps, je suis certain que vous aussi finirez par voir les choses comme beaucoup d’entre nous les voient. »


Souriant légèrement, Robb s’apprêta à répondre, quand deux coups secs frappèrent la porte de l’office, suivis de la voix d’un garde derrière celle-ci.

« Monseigneur ? Dame Elinor Piète demande à vous voir... ça a l’air urgent. »



« Je dois voir le seigneur Baratheon. Maintenant. »

Devant la jeune femme, le garde ne savait que faire. Oui, elle travaillait pour le seigneur Baratheon, ce n’était un secret pour aucun membre de sa garde étant donné sa présence et la protection que le Cerf lui avait offerte, allant jusqu’à détacher des gardes pour l’escorter, mais tout lui indiquait que quelque chose n’allait pas. La Bieffoise était clairement dans un état des plus instables, il suffisait de voir son visage, et dans ces conditions elle pourrait bien être un danger pour celui que l’homme avait juré de protéger. D’autant que quelques temps auparavant, elle avait rencontré le Serpent de Mantarys, et avait abandonné l’escorte Baratheon qui la suivait pour se rendre les Dieux savaient où. Les gardes parlaient entre eux, et avec l’hostilité flagrante entre le suzerain de l’Orage et le Maître des Chuchoteurs, les idées les plus calomnieuses avaient circulé au sujet de l’Araignée, la moins invraisemblable d’entre elle étant qu’elle avait quitté le navire en sachant que celui qui la protégeait quitterait bientôt la capitale, pour se réfugier dans les jupes d’un autre de ses alliés.

Il finit par lâcher un grognement, avant de lui répondre :

« Je vais devoir m’assurer que vous ne portez pas d’armes avant ça. Si ma dame veut bien écarter les bras... »

La jeune femme s’éxécuta sans rechigner, ce qui était déjà en soi une preuve qu’elle ne portait rien, mais le garde palpa néanmoins ses bras, ses jambes et sa taille pour s’assurer qu’il n’y avait pas de lames dissimulées, avant de se relever, relativement rassuré, et soudain gêné d’avoir devant lui une femme qu’il voyait désormais plus comme bouleversée que comme un réel danger. Peut-être après tout, que Tyvaros lui avait fait un horrible chantage, et qu’elle était là dans l’espoir que malgré son départ prochain, son protecteur pourrait faire une dernière chose pour elle. Il inclina légèrement la tête avant de lui indiquer les marches.

« Suivez-moi. Je vais voir si monseigneur peut vous recevoir. »


Sans attendre, l’homme emprunta le chemin qu’il avait désigné jusqu’à la lourde porte de bois marquant le début de l’office de son maître, servant par la même de passe-droit à la jeune femme pour les autres gardes qu’ils croisèrent, la plupart en poste de garde ou occupés à préparer leurs affaires pour le départ du lendemain. L’escorte du suzerain de l’Orage se devait d’être parfaite, les armures polies et les lames entretenues à la perfection, selon les ordres qu’ils avaient reçu. Frappant à la porte, il annonça directement le but de sa venue, complétant sa phrase en lançant un dernier regard à la jeune femme qu’il escortait.

« Monseigneur ? Dame Elinor Piète demande à vous voir... ça a l’air urgent. »

Le silence régna  durant une seconde, avant que la voix du seigneur Baratheon ne se fasse entendre, autorisant la jeune femme à pénétrer dans le bureau.


« Faites-la entrer. »

Lançant un dernier regard à son capitaine, Robb observa ensuite la porte s’ouvrir pour laisser entrer la Bieffoise. S’il avait été intrigué par l’arrivée de celle-ci, son état laissait penser que la raison de sa venue était sans doute plus grave qu’un simple adieu, ou d’une nouvelle de dernière minute. Il la fixa du regard un instant, avant de le tourner vers son capitaine.

« Ser Dondarrion, nous reprendrons ce compte-rendu plus tard. Veillez à ce que l’on fasse monter du vin, je vous prie. »

Frappant son torse du poing pour saluer son seigneur, le chevalier se dirigea vers la sortie, inclinant légèrement la tête en direction de l’Araignée, avant de fermer la porte derrière lui. Alors seulement, le Régent se leva pour indiquer le siège en face de lui à la jeune femme. Quand elle fut assise, il se rassit à son tour, avant de prendre la parole, d’un ton relativement concerné pour l’état dans lequel se trouvait sa vis-à-vis.

« Je ne vous ai jamais vu dans pareil état, ma dame. Que s’est-il passé ? »

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Elinor Piète

Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor   Jeu 31 Jan 2019 - 22:51

Turn the pageElle ne reculerait pas. Pas cette fois. Qu’importe les raisons que ce garde pourrait évoquer, qu’importe la compagnie dans laquelle pouvait se trouver le Cerf, elle lui parlerait. La colère dévorait son âme, faisant frissonner sa peau, secouant son corps dans des tremblements d’une rage sourde qui ne faisait que croître. Ses yeux n’adressaient que les flammes d’un enfer bien personnel et dédié à l’unique Serpent de cette Cour. Il brûlera. Le garde ne sut trop que faire durant un court instant, la dévisageant, cherchant à lire dans ces expressions laquelle pouvait être dangereuse pour son seigneur. S’il se trompait sur la cible, il avait compris les intentions qui poussaient Elinor à agir avec moins de discernement qu’à l’ordinaire. Son cerveau était paralysé par cette trahison, ce coup de couteau dans le dos asséné par celui en qui elle avait choisi d’offrir son amitié sans réfléchir.

Le garde émit une demande, provoquant le haussement d’un sourcil insolent de la jeune femme. « Oh, mais faites-vous plaisir. » Ca ne lui plaisait pas, sous entendant largement dans les propos que le garde ne faisait que cela pour satisfaire ce que son état de mâle pouvait lui demander de faire. Pinçant les lèvres dans une moue dégouttée, elle se laissa faire, les mains de l’homme glissant sur le tissu de sa joue, palpant son corps à travers la fine barrière de soieries roses. Ça n’avait rien d’agréable, d’autant plus que, quelques minutes auparavant, elle avait dû remémorer à sa propre mémoire les horreurs subies par un Roi fou et abusant pleinement de la faiblesse de ses sentiments. Essayant de se soustraire à la sensation des mains sur ses membres, elle ne fit que pousser plus encore sa haine pour le Mantaryen, l’accusant même de cette séance infligée à cause de l’état dans lequel il l’avait plongé. Quand il eut fini, et malgré la gêne qu’il semblait ressentir d’avoir agi de la sorte, elle lui jeta le fond de sa pensée à la figure. « Satisfait ? » Dans quel sens seulement le prononçait-elle ? Il ne le saurait jamais.

Suivez-moi. Hochant la tête, Elinor s’exécuta en silence, suivant l’homme d’un pas trop lent à son goût. Passant devant plusieurs autres gardes portant les couleurs de la maison Baratheon, son regard noisette ne visualisait plus que cette porte au loin vers laquelle ils s’avançaient. Quand ils furent au-devant du battant, le garde frappa distinctement sur celui-ci avant de le pousser, annonçant la venue de l’Araignée, lui adressant un dernier regard avant de signaler l’urgence de la situation. Il y eut un silence durant lequel la brune prit une profonde inspiration. Puis, l’autorisation de la laisser passer. Marchant presque sur le garde qui ouvrait la porte en grand, elle s’avança dans la pièce, affichant tant au Cerf qu’à son vassal présent l’état dans lequel elle se trouvait. Ses yeux croisèrent ceux du suzerain de l’Orage avant de dévier vers le sol dans une mine contrite. Elle sut qu’il comprenait que quelque chose d’important était arrivé. Mais qu’était le pire ? La mort de Daenys, ou bien le coup de poignard du Serpent ?

D’un coup de poing sur le torse, l’homme acquiesça les ordres de son maître, laissant l’Araignée et le Cerf dans leur discussion. Il se leva, lui montrant ce siège vide qui trônait en face du sien dans lequel elle vint prendre place. Et soudain, être assise fut la chose la plus agréable au monde. Tant de tensions avaient secoué son corps frêle, tant d’émotions l’avaient épuisée… Et pourtant, la rage la maintenant alerte, prête à mordre, plantant ses crochets dans la peau de celui qui lui chercherait à nouveau du tort. Robart Baratheon prit la parole, concerné par l’état dans lequel elle se trouvait. Elle laissa échapper un rire sarcastique, essayant de contenir la douleur de la traitrise, la colère amère de la trahison… En vain. « La naïveté d’une enfant qui pensait qu’en chaque homme se trouvait une part de bon… Mais vous aviez raison… Les Serpents ont la langue si fourchue que tout bien cache un mal maudit. » Relevant ses pupilles noisette sur lui, elle le laissa lire en elle les flammes de cette colère, l’envie mortelle d’étriper un homme jusqu’à se baigner dans son sang avec bonheur. « Vous souvenez vous de ce jour où vous m’aviez demandé de trouver des informations pour faire tomber Valyron Tyvaros ? Inutile de chercher une autre âme pour cette besogne, je m’en charge. » Et elle se délectait de ces mots comme s’il s’agissait d’un met délicat, d’un gibier chassé avec précision. Et un sourire mauvais naquit sur ses lèvres annonçant la vengeance qu’elle souhaitait prendre. « Je ne demande qu’une chose en échange… Je veux être celle qui lui assénera le coup final, celui qui le renverra dans le trou d’où je l’ai sorti… »
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MessageSujet: Re: At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor   Mer 6 Fév 2019 - 11:49




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La fin d’une ère

Il était difficile de ne pas voir l’état dans lequel se trouvait l’Araignée. Quand bien même une confiance relative avait pu naître de leur collaboration, Elinor Piète n’avait pas vraiment été de celles qui s’épanchent sur leur état émotionnel, et le fait qu’il soit si facile de voir les émotions qui la traversaient avait quelque chose de troublant, et peut-être même d’inquiétant. Robb avait appris, durant son séjour à Port Réal, que rien à la capitale n’était spontané, quand on parlait de relations politiques. Il y avait toujours un calcul, une manigance, une demande ou une menace, un objectif derrière chaque sourire, chaque œil mauvais et chaque geste. Et la jeune femme en face de lui avait eu bien plus de temps pour se faire à pareil environnement, sans parler des épreuves qu’elle avait dû endurer, et auxquelles elle avait manifestement survécu. La protection de Daenys était un élément dont beaucoup se contentaient pour expliquer pourquoi la bieffoise avait réussi à ne pas être exilée de la Cour comme son époux, mais le Cerf avait tendance à penser que ce n’était qu’un élément parmi d’autres, et c’était là la raison pour laquelle il avait fini par la charger de l’enquête concernant l’empoisonnement de son épouse. Et maintenant, la raison pour laquelle, quand bien même il aurait voulu croire à ce qu’elle disait, il continuait à s’en méfier tout autant.

Il y avait peu de temps encore, la jeune femme avait clairement montré sa volonté de ne pas agir, voire protéger le Serpent de l’ire du Régent, après tout, c’était elle qui avait constamment poussé pour qu’il accorde le bénéfice du doute au mantaryen, pour appuyer sur le fait que lui aussi l’avait aidée à avancer dans l’enquête, et qu’il n’était pas étranger dans la découverte des éléments qu’elle lui avait amené. Quelque chose avait changé, c’était évident, mais était-ce réellement ce qu’elle présentait ? Une trahison de Tyvaros à son égard ? Robb ne disposait que d’une information, elle l’avait rencontré au septuaire, avant de quitter les lieux quelques temps après lui, en laissant derrière elle les gardes qu’il lui avait dépêché. Ce qu’il s’était passé depuis, il n’en avait aucune idée, et si elle pouvait dire la vérité, peut-être était-ce autre chose, un plan du Maître des Chuchoteurs pour pouvoir l’attaquer, une fois que la charge de Régent ne serait plus sienne.

Il y avait cet élément à prendre en compte également : les Baratheon quittaient Port-Réal, probablement définitivement. Robb n’avait aucune envie d’y revenir, pas plus qu’il n’avait d’intérêt à placer un orageois au Conseil. Il y avait suffisamment siégé, l’avait suffisamment manœuvré pour savoir que peu importait qui il enverrait, il y avait à cette table des esprits trop retors pour espérer qu’un de ses hommes ne soit manipulé par l’un ou l’autre. Connington aurait pu faire l’affaire, peut-être, s’il n’y avait pas son ambition et sa tendance à chercher la faveur de ceux qui détenaient le pouvoir, mais autrement, il n’y en avait pas d’autres qui soient à la hauteur. Edric devait encore être formé avant de pouvoir prendre une réelle place politique, Aglahad ne tiendrait probablement pas trois jours sans provoquer un duel, face à ces courtisans qui passeraient leur temps à lui quémander des faveurs, et Jasper… Toute la loyauté de Jasper devait être prouvée à nouveau, après ce que Kyra avait fait. Il n’y aurait plus d’orageois à la Couronne pendant longtemps, et par conséquent la protection dont Elinor avait pu bénéficier arrivait à son terme, du moins de manière directe. Sachant cela, n’aurait-elle pas pu accepter l’un des plans de Tyvaros en échange d’une autre garantie sur le fait qu’elle et son époux pourraient rester sous la protection royale. Si c’était le cas cependant, alors le Cerf l’aurait largement sous-estimée, car tout dans son attitude et dans sa manière de s’exprimer laissait penser que sa colère était authentique.

Probablement loin de la réponse ou de la réaction qu’elle attendait, Robb la fixa du regard un long moment, cherchant à décider si oui ou non la colère dans son regard et son envie déclarée de voir Tyvaros à terre étaient réels, ou s’il ne s’agissait que d’une mascarade destinée à l’aveugler avant de planter une dague dans son dos. L’opportunité était belle, mais le moment où elle avait lieu était par trop suspicieux, et il aurait été imprudent de simplement accepter tout ce que disait la bieffoise pour argent comptant. Sans se départir d’un ton neutre, le Cerf décida qu’il lui faudrait plus d’informations avant de prendre une décision : accepter aveuglément ce changement aurait été stupide, mais l’écarter directement encore plus. Si quelqu’un pouvait trouver un moyen de compromettre Tyvaros, c’était bien celle qui se trouvait en face de lui.

« J’aimerais vous croire, ma dame, autant que je regretterais de constater qu’il vous a visiblement fallu subir les manigances du seigneur Tyvaros pour comprendre sa vraie nature. Mais vous comprendrez que ce soudain changement d’attitude à l’égard de quelqu’un que jusqu’à présent vous aviez à cœur de protéger et de mettre en avant est des plus surprenants.

Peut-être pourriez-vous me donner les raisons d’un tel virement dans votre manière de le voir ? Vous parlez de naïveté, mais je n’ai aucune idée de ce que le Maître des Chuchoteurs a pu faire pour trahir votre confiance. A dire vrai, je n’ai aucune idée de ce qui a pu vous arriver récemment, la dernière information dont je dispose est que vous avez congédié mes gardes après avoir rencontré Tyvaros, et cette information-là peut vouloir dire tout et son contraire.

Loin de moi l’envie de me montrer insultant, mais si je vous fais entièrement confiance quant à la mission que je vous ai confiée, il me semble clair que celle-ci se limite justement à cette affaire, autant pour votre bien que pour le mien. Vous avez vos allégeances, qui ne sont pas modifiées notre accord, je l’ai accepté, mais aujourd’hui je trouve difficile de croire que tout a changé de façon aussi rapide. Eclairez-moi alors, et dites-moi ce qui fait que vous vous trouvez ici plutôt qu’ailleurs. »


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Elinor Piète

Elinor Piète
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MessageSujet: Re: At the end of a chapter, another one can be open • Robb & Elinor   Mer 13 Fév 2019 - 21:03

Turn the pageLa rage était là, ancrée en elle, vibrant sous sa peau légèrement hâlée, réchauffant son corps tout entier, la tendant comme un arc. Elle avait beau soupirer, elle avait beau se trouver assise, rien n’y faisait, son corps refusait de relâcher la tension qui partait de son ventre, alimentée par les pensées les plus dévastatrices qu’il soit. Elle entendait encore et encore la voix du Serpent dans sa tête. Vous m’avez menti, Elinor. La trahison qu’il avait lui-même commis était-elle à la hauteur de ce simple mensonge ? Il n’avait su comprendre, se cachant derrière ses devoirs, derrière son allégeance au couple souverain. Mais devait-elle rappeler à tous qu’il n’avait pas toujours été de cette nature ? Qu’il avait su trahir pour mieux prendre place, par le passé ? Ami. Le mot lui lacérait la langue désormais, laissant un goût amer dans sa bouche. Elle s’était fourvoyée, aveuglée par la sympathie d’un homme qu’elle pensait être seule à voir. Ce n’était que pour mieux la duper. Il avait beau lui faire croire qu’il avait agi pour elle, Elinor ne voyait plus qu’une seule manière de se faire justice pour la perte qu’elle allait devoir encaisser : la chute de celui qui se pensait intouchable.

C’était ainsi perdue dans ses pensées qu’elle était quand le Cerf reprit la parole, accaparant soudainement toute son attention. J’aimerais vous croire. Comment pouvait-il en être autrement ? Comment aurait-il pu simplement la croire sur parole quand elle avait tant défendu le Mantaryen et qu’elle retournait soudainement sa veste. Pinçant les lèvres dans une mimique agacée, elle fronça les sourcils, écoutant le suzerain de l’Orage lui parler durant plusieurs minutes. Il n’était pas naïf au point de boire ses paroles et de s’en contenter. Il voulait comprendre, lui demandant les raisons d’un tel revirement de situation. Elinor ouvrit la bouche, pour mieux la refermer. Elle ne pouvait pas. Si elle lui disait les véritables raisons de tout ce retournement de pensées, alors Robb serait forcé malgré lui d’être mêlé à cela, de devoir prendre position et si elle n’était pas la même que Jaehaerys, dans un sens, ou dans l’autre, alors… Alors elle aurait créé plus de mal que de bien. Un court instant, elle envisagea de se lever et de partir. Pour lui. Pour lui éviter d’être aspiré dans ce gouffre en même temps qu’elle.

Pourtant, elle ne le pouvait pas. Sa haine pour le Mantaryen était là et Robart Baratheon n’était pas connu pour l’apprécier. Elle allait devoir trouver les mots justes. « Je… Je ne peux pas… » Baissant le regard, elle humecta ses lèvres, passant une main dans ses cheveux afin de l’aider à trier les informations, afin de mieux sélectionner ce qu’elle devait dire et ce qu’elle devait taire. « Je suis navrée, mon Seigneur, mais je ne peux tout vous révéler… Si je le fais, vous vous retrouveriez dans une position telle que la Couronne devra statuer sur votre cas autant qu’ils ont dû le faire avec moi. » Relevant son regard noisette sur lui, elle prit une profonde inspiration. « Vos gardes ne pouvaient m’accompagner car ce sont des gardes royaux qui m’ont emmenée. J’ai été convoquée par le Roi et la Reine afin de m’entretenir sur un sujet… Qui me concerner. Je peux vous assurer, sur la vie de mon époux et les Dieux savent combien elle m’est chère, que jamais je n’ai voulu trahir sa Majesté, que jamais je n’ai voulu le moindre mal à la couronne ni au Targaryen. Mais… Ce secret que je porte, que je ne peux vous confier, a été soumis au jugement des Dragons. Et je n’ai su avoir gain de cause de la manière que je l’espérais. » Wilhem serait emmené loin d’elle, en Essos. Son cœur se serra à cette pensée, les larmes revenant border ses paupières, asséchées bien rapidement par le brasier qui la dévorait, la vision du Serpent lui suffisant. « Et c’est ce scélérat de Serpent qui m’a livré à eux, espérant certainement voir ma tête tomber… Ou me voir lui appartenir pour de bon. » La proposition qu’il avait offert au Roi lui revint en mémoire et elle ricana un instant. « Lui a tenté d’obtenir du Roi l’ordre formel pour moi de vous suivre en Orage afin de vous espionner. J’ignore quels litiges peuvent exister entre l’Orage et la Couronne, mon Seigneur, mais le Serpent le juge suffisant pour aller jusqu’à de telles fins. Sa Majesté a décliné cette offre, cependant. » Prenant une profonde inspiration, elle rebraqua son regard sur lui. « Vous pouvez ne pas me croire, Seigneur Baratheon. Si tel est le cas, alors je passerai cette porte et oublierai cette rencontre en espérant que vous feriez de même. »
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