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 ¤Earth and Fire brought together¤ [Rhaenys&Oberyn]

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Oberyn Tyrell

Oberyn Tyrell
BIEF
■ Localisation : Hautjardin, dans le Bief
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MessageSujet: ¤Earth and Fire brought together¤ [Rhaenys&Oberyn]   ¤Earth and Fire brought together¤ [Rhaenys&Oberyn] Icon_minitimeVen 8 Fév 2019 - 19:58


Rhaenys & Oberyn

Earth and Fire brought together


Le chant des cornes s'éleva dans l'air sec et parfumé, les sonneurs se répondant entre eux de rempart en rempart jusqu'à apporter leur message au cœur de la demeure suzeraine. Ils étaient à la porte du domaine. Oberyn Tyrell tourna la tête vers la grande fenêtre s'ouvrant sur une terrasse ornée d'une pergolas fleurie, un sourire goguenard s'invitant sur son visage. Ses sentiments étaient partagés entre l'honneur incommensurable qui lui était fait et le délice certain qu'il ressentait à l'idée de la revoir...Voilà plus d'une lune que le Bief tout entier était en émoi à l'idée d'accueillir en ses terres fertiles la souveraine des Sept Couronnes, et le Gouverneur du Sud avait mis sur le pied de guerre l'ensemble de sa maisonnée pour offrir à Rhaenys Targaryen un séjour dont elle garderait un souvenir impérissable. La sécheresse avait sévi ici à l'instar du reste du royaume, mais le Bief disposait de ressources dont les autres terres étaient dépourvues et Oberyn avait employé les meilleurs jardiniers sudistes pour conserver l'éclat de ses roses dorées et la luxuriance de ses bosquets. A en juger par le spectacle s'étirant sous ses yeux implacables, le pari était réussi et en cette heure, Hautjardin resplendissait comme au premier jour, comme si la guerre n'avait jamais été, comme si le long été ne s'était jamais installé...

Le Tyrell se détourna du paysage pour s'enfoncer dans son palais. Ils avaient tout juste le temps de se regrouper dans la grande cour du château pour accueillir la délégation Targaryen et aider à son installation, avant que la Reine elle-même pose pied à terre. Il avait envoyé en émissaire son Mestre accompagné de son frère cadet, Harys -rentré de Port-Réal exprès pour l'occasion-, pour escorter le convoi un peu en amont de Hautjardin, sur la route de la rose, et il avait reçu nouvelle de l'absence de la Souveraine. Après un instant de surprise, Oberyn avait esquissé un sourire en coin, reconnaissant bien là la personnalité de Rhaenys : elle était Targaryen et se devait de le faire savoir. Pas de convoi pour celle qui pouvait voyager à dos de dragon. Il en était bien mieux ainsi, se disait le Tyrell, car la Reine aurait ainsi une vue imprenable sur son domaine. Elle pourrait mieux que quiconque en apprécier la structure étonnante : le palais juché sur une vaste colline surplombant la vallée de la Mander apparaissait comme un véritable joyau reposant dans son écrin  d'albâtre, ceint par trois cercles de murailles, partant des pieds de la colline pour monter progressivement vers son sommet. Ses remparts étaient habillés de tours, hautes et élancées, d'une élégance délicate qui correspondait à l'état d'esprit de la région raffinée, et desquelles voltigeaient les bannières à la rose dorée. Pour l'occasion, Oberyn avait fait rajouter moult bannières des Targaryen. Seule une tour dénotait dans cette architecture distinguée : celle postée à la première entrée du domaine, sur la muraille extérieure, qui était courtaude et carrée, dernier vestige de l'Âge des Héros. Du ciel, Rhaenys pourrait d'un seul regard embrasser les multiples jardins ouvragés avec soin, les fontaines chantantes, les colonnades et les murs ornés de lierres... Elle pourrait aussi apercevoir le célèbre labyrinthe de ronces et de roses qui avait fait la renommée de Hautjardin, et qui se trouvait entre les premiers remparts et les seconds. Ce dédale était connu pour son esthétique et les secrets coupables qu'il pouvait abriter... mais à l'origine il avait été conçu pour ralentir les envahisseurs. Un jour peut-être retrouverait-il son utilité première... Peut-être même que l'oeil aiguisé de la dragonne distinguerait le Grand Septuaire ou encore le Bois Sacré et ses trois barrals millénaires plantés au bord d'un grand étang. Hautjardin avait tant à offrir... Et Oberyn avait grand hâte de pouvoir le faire découvrir à sa Reine. Le programme était déjà établi, par ses propres soin, et il laisserait sa reine décider au gré de ses envies.

D'un pas déterminé, le Gouverneur du Sud traversait les couloirs de son palais, qui pour l'heure ressemblaient à une véritable fourmilière tant l'agitation y régnait, et il interpella une chambrière pour s'enquérir de son épouse. « Madame est prête, monseigneur, elle vous attend déjà au bas du grand escalier. » Leandra et sa rigueur toute Arryn n'avaient pu s'empêcher de ne guère souffrir le retard, et ce fut un sourire amusé aux lèvres qu'Oberyn se glissa dans son dos pour venir déposer un baiser furtif dans le creux de son cou. Faussement offusquée, la Dame de Hautjardin réprimanda son époux, en contenant difficilement une moue mutine. « Quelle belle journée pour recevoir la Reine, ne trouvez-vous pas ma mie ? » « Toutes les journées depuis des années sont belles, mon cher... L'air est de plus en plus suffocant et la moiteur ne tardera pas à me gêner de nouveau... » Oberyn partit d'un rire sincère, s'amusant de la négativité de Leandra quand lui s'entêtait à ne voir que le positif. Rhaenys Targaryen avait accepté son invitation, répondant à l'appel du Bief et ses beautés, et donnant encore un peu plus corps à une affection instantanée née entre leurs deux êtres dans le secret des jardins de Port-Réal. Rien ne pourrait venir ternir le bonheur du Tyrell, pas même le bougonnement de son épouse.

« Jeyne ! » L'apparition de sa fille sortit Oberyn de ses pensées, l'homme laissant place au père, terriblement épris de son enfant aînée. A dix sept ans, Jeyne Tyrell incarnait à la perfection la beauté bieffoise dans toute sa splendeur : vêtue d'une toilette légère, faite d'étoffes voilées et imprimées de fleurs, le Bourgeon Doré offrait un spectacle de ravissement avec ses cheveux lâchés, simplement retenue par deux mèches réunies à l'arrière, pour dégager son visage angélique. Une couronne de roses ornait sa tête et son allure générale invitait à la rêverie éveillée. Accompagnée de Septa Maria, la jeune héritière répondit aux bras tendus de son paternel pour venir lui déposer un baiser sur la joue, sous le regard sévère de son frère cadet. Brynden, d'un naturel bien plus réservé et austère, faisait la fierté de son père pour une bien toute autre raison que Jeyne : son intellect développé, son sens de la mesure et son instinct politique. Mais bien qu'aimé profondément d'Oberyn, il fallait avouer qu'il n'était pas de très bonne compagnie. Se rengorgeant, le Suzerain déposa une main puissante sur l'épaule de son fils, le saluant d'un signe de tête. Brynden n'était guère friand des embrassades, et il atteignait aujourd'hui l'âge de seize ans, un âge où l'adolescent devait laisser place à l'homme en devenir. Oberyn songeait même à l'envoyer faire ses armes auprès de son beau-frère Lannister, histoire de couper le cordon et de le confronter à la dure réalité. Discrète et rayonnante, Eresys Tyrell, sa belle-soeur, vint se placer silencieusement aux côtés de Leandra. La belle Lannister de naissance avait toujours eu des difficultés à trouver sa place au sein de la famille de la rose, et son incapacité à donner à Harys un héritier la mettait en mauvaise posture... Aux yeux d'Harys essentiellement et c'était bien là le réel problème. Délaissant ses enfants, le Maître en ces lieux vint saisir la main d'Eresys pour y déposer un chaste baiser, lui offrant un sourire qui se voulait rassurant et étreignant sa main plus que de coutume pour lui signaler son soutien. Oberyn avait toujours éprouvé une affection particulière pour la Lannister, sans doute parce qu'inconsciemment elle lui rappelait Lorelei...

Lorsque le convoi dirigé par Harys et mestre Luwin entra enfin dans la grande cour d'honneur, la famille suzeraine au complet était là, digne et majestueuse, offrant un spectacle magnifique aux regards néophytes. Oberyn avait voulu marquer les esprits, même ceux des gens de peu. Il fut surpris de la petitesse de la délégation, simplement composée de quelques gardes royaux, d'un palefrenier et d'une servante, le tout accompagnant une petite équipée transportant les affaires de la reine. Sans penser que Rhaenys déplacerait toute sa cour, il n'avait pas imaginé qu'elle viendrait avec sa simple personne pour lui faire l'honneur de sa présence. Au fond de lui, Oberyn s'enorgueillit, c'était pour lui une marque de volonté d'intimité, propre à une profonde amitié. Après le salut du chef de la garde, Oberyn le redirigea vers son intendant, dont incombait la charge d'installer ce petit monde dans le château. Harys démonta, confiant son destrier à un palefrenier, et vint rejoindre son frère, et son épouse. « La reine ne devrait plus tarder, mon frère, nous avons pu apercevoir le dragon survolant les terres alors que nous approchions... Même en haut des cieux, cette bête reste impressionnante... » Harys frissonna presque, ne pouvant s'empêcher de se remémorer certaines scènes de guerre... Le Gouverneur du Sud quant à lui se montra plus serein, presque curieux à l'idée de voir un dragon de si près... et qui pourrait se vanter de dire qu'un dragon est venue se poser dans sa cour ?

A ce même instant, une ombre gigantesque s'abattit sur Hautjardin, furtive d'abord... « C'était le dragon, père ? » Jeyne avait les yeux brillants et scrutait le ciel. Chacun d'entre eux avait le regard rivé vers le haut, incertain de ce qu'il avait réellement vu. Ce fut surtout le lent bourdonnement, régulier et profond, qui ôta le doute. Le bruit se fit de plus en plus présent, faisant vibrer l'air comme jamais. Puis l'ombre à nouveau vint projeter son manteau noir sur la cour. Et enfin, quelques cris étouffés s'élevèrent de l'assemblée bieffoise. « Par les Sept... » Leandra elle-même était ébahie, pendant que Jeyne lâchait un cri en plaquant sa main sur sa bouche. Brynden se tenait imperturbable, prenant modèle sur son noble père. Lentement, l'immense créature descendit, portant avec fierté sa royale maîtresse. Oberyn souriait. Sourire de façade. Car si sa curiosité était réelle et son plaisir incommensurable, il mentirait s'il n'avouait pas être nerveux à l'idée de se trouver si près du feu du dragon. A l'atterrissage, les femmes portèrent instantanément leurs mains à leur cheveux et à leurs jupes, tant les ailes du dragon provoquaient un vent incontrôlable. « Voyons, mon aimée, ne vous plaignez pas de cette petite brise, n'était-ce pas vous, tout à l'heure, qui me disiez ne plus supporter la chaleur ? » Un sourire narquois sur les lèvres, Oberyn décocha un regard piquant à son épouse, qui se contenta de lever les yeux au ciel, exaspérée par son humour.

Alors que Rhaenys descendait de son dragon, plus belle que jamais, aidée d'un Manteau Blanc, la famille Tyrell au complet fondit en une révérence profonde et respectueuse. « Majesté, soyez la bienvenue à Hautjardin, j'espère que vous avez fait bon voyage et que vous trouverez en notre demeure la gaieté que je vous ai promis. » Courbé, Oberyn attendait avec impatience l'autorisation de sa Reine pour se redresser et enfin lui faire découvrir les fastes de Hautjardin.

AVENGEDINCHAINS

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“I swear to you, sitting a throne is a thousand times harder than winning one.”
   
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Rhaenys Targaryen

Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
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MessageSujet: Re: ¤Earth and Fire brought together¤ [Rhaenys&Oberyn]   ¤Earth and Fire brought together¤ [Rhaenys&Oberyn] Icon_minitimeSam 2 Mar 2019 - 15:41


Rhaenys & Oberyn

Earth and Fire brought together


« Majesté ? »

Le garde était anxieux, je pouvais le sentir. Si davantage de personnes devaient arriver il serait rapidement débordé et ne pourrait plus être en mesure d’assurer ma sécurité. Sa mission était simple, accompagner sa souveraine jusqu’à Hautjardin où elle resterait quelques jours à l’invitation du suzerain du Bief. Le voyage était conséquent, un peu moins de sept jours pour un convoi comme celui qui devait m’accompagner. A dos de dragon, évidemment, les distances n’étaient guère les mêmes. Il nous faudrait une journée, et nous étions partis avant le lever du soleil pour nous assurer d’arriver au cœur de l’après-midi. La campagne du Bief était magnifique. Les villages et les champs à perte de vue avaient quelque chose de poétique que je ne m’expliquais pas. Les survoler me donnait l’opportunité d’en étudier les aspérités et les couleurs, certes quelques peu affadies par le soleil cuisant, mais magnifiques.

Debout au bord d’une rivière je regardais avec un sourire amusé la chorégraphie d’Ailes d’Argent qui s’amusait à s’envoler au-dessus des nuages avant de plonger à nouveau vers le lit de la rivière, l’évitant de justesse. Il était rapide, plus grand que l’avait été Vif Argent, mais tout aussi furtif. Il n’avait pas la masse, ni la puissance, de Balerion, mais il avait la vitesse. Les dragonniers avaient été très clairs, un dragon ne pouvait être enchainé sous peine d’être empêché dans sa croissance normale. Fossedragon était ainsi plus un nid les invitant à ne pas retourner se nicher à Peyredragon, qu’une manière de les empêcher de voler. Pourtant, nombreux étaient les inquiets qui réclamaient que les dragons soient enchaînés. A le regarder voler, je ne pouvais que sourire à cette idée, enchaîner un dragon était une hérésie, une illusion. Le jour où nous commencerions à enchaîner nos dragons, nous signerions la fin de notre dynastie.

« Majesté, peut-être devrions-nous… »
« Nous allons repartir, Ser Joffrey, n’ayez crainte. »

Ser Joffrey Doggett était un membre important des gardes blancs, autrefois fervent soldat de la foi militante il avait fini par juré fidélité et protection à Jaehaerys, et il était non seulement l’un de ses protecteurs mais également un compagnon d’entraînement au maniement de l’épée. Il était jeune, mais personne à la cour n’aurait pu contester son agilité au combat.

Quelques minutes encore, et je décidais qu’il était en effet temps de reprendre notre chemin si nous voulions arriver en temps et en heure à Hautjardin. Le battement des larges ailes du dragon faisait se rider la surface de l’eau, et alors qu’il se posait on ne pouvait ignorer la secousse qui se propageait sous nos pieds au cœur de la terre irriguée de la prairie. Remontant sur le dos d’Ailes d’Argent, nous reprenions rapidement de la hauteur. Durant de longues heures les prairies, champs, forets, villages et palais se succédaient, donnant l’impression d’avoir été conçu et pensé à la manière d’une peinture galante. En contrebas la vie battait son plein, et il n’était pas rare de survoler un village en fête, orné de fleurs, dansant au rythme de musiques joyeuses. Lorsque nous les survolions d’un peu plus près, quittant les nuages, les danseurs s’arrêtaient subitement, surpris de voir le soleil être caché. La stupeur, l’angoisse, laissait rapidement place à l’admiration, et beaucoup reprenaient leurs danses immédiatement, lançant des fleurs vers le ciel comme si elles pouvaient nous atteindre. Il m’avait semblé charmant de voir les villageois en fête au premier village, puis, les villages et les fêtes se succédant, je devinais que cela avait quelque chose à voir avec ma visite. Je n’en étais que plus flattée de voir que le seigneur du Bief avait arrangé une fête permanente sur le chemin de mon convoi.

Nous longions le fleuve qui s’élargissait de minutes en minutes à mesure que nous approchions de Hautjardin et de la mer. Au loin, le vert était bientôt remplacé par un bleu profond, mais je résistais à l’envie de pousser plus loin notre découverte et renonçais à survoler la mer alors que le palais de la famille Tyrell apparaissait. Grandiose aurait été un bien faible mot pour décrire ce qui s’étendait sous nos yeux. Tout ce dont on m’avait parlé était là, les jardins parfaitement dessinés, le célèbre labyrinthe qui entourait le palais qui lui se trouvait au sommet d’une colline. Les sept rangées de murs entourant le palais étaient de couleur si claire qu’ils tranchaient à merveille avec le vert profond des nombreux arbres et bosquets qui courraient en leur sein. Je faisais en sorte de descendre encore pour percevoir les détails que l’altitude me refusait et bientôt se distinguaient des fontaines, des statues et autres colonnades. Ce palais avait été construit pour le plaisir, cela ne faisait plus aucun doute, et je voyais finalement ce qu’Oberyn Tyrell avait tenté de me décrire lors de notre dernière entrevue. Ailes d’Argent prenait le temps de découvrir les lieux tournoyant au-dessus du palais quelques instants, avant que nous ne repérions la très large cour d’honneur où nous attendait, à première vue, la famille Tyrell.

« Tegon »

Tegon, terre… il était temps de quitter la confortable liberté des cieux pour rejoindre ceux qui nous attendaient. Cessant de tournoyer, Ailes d’Argent entamait sa descente, lente car l’espace, bien qu’immense pour tout être humain, était réduit pour un dragon de la taille de celui-ci. Le vent soulevé par ses ailes battant avait quelque chose de tempétueux, faisant se soulever les robes et les cheveux, se décrocher les feuilles des arbres, s’ébrouer les chevaux apeurés face à une telle bête. Le bruit sourd, pareil à un retentissement, accompagnant le moment où le dragon se posait avait quelque chose d’impressionnant, même pour moi, car il témoignait plus que jamais de la puissance et de la masse de ce dragon. Je laissais Ser Joffrey descendre en premier, prenant le temps de repositionner mes cheveux, puis j’entamais d’escalader pour rejoindre la terre ferme. Après avoir laissé descendre Ser Joffrey, Ailes d’Argent s’anima quelque peu, se redressant du côté où j’allais descendre pour tenter de me garder sur son dos.

« Gīda »

D’une voix assurée, douce mais non dénuée d’une certaine autorité, j’intimais au dragon de se calmer, et par là je l’assurais qu’il n’y avait là aucun danger pour lui, comme pour moi. Ser Joffrey me tendait la main afin de m’aider dans le dernier saut qui lierait à nouveau mes pieds et le sol. Je gardais mon regard et ma main fixés sur Ailes d’Argent, conservant ce lien physique qui permettait de nous rassurer tous les deux. Il était en terrain inconnu, entouré d’êtres qu’il n’avait jamais vus auparavant, et nous étions seuls en ces terres. Il avait besoin d’être apaisé et rassuré ainsi je prenais le temps de le faire, tant par la proximité physique que dans mon cœur.

Quittant finalement la bête du regard, je me retournais finalement vers Lord Tyrell et sa famille, courbés pour me démontrer leur respect. M’approchant sans attendre, j’invitais le seigneur de Hautjardin, ainsi que les autres membres de sa famille, à se relever.

« Majesté, soyez la bienvenue à Hautjardin, j'espère que vous avez fait bon voyage et que vous trouverez en notre demeure la gaieté que je vous ai promis. »

« Lord Tyrell, aux vues de la gaieté des villages que j’ai pu survoler durant mon voyage, je ne doute pas que votre demeure soit à la hauteur de l’avantageux tableau que vous m’en avez peint. »

Une dame de compagnie, arrivée quelques heures plus tôt, se précipitait pour récupérer le long manteau que je détachais rapidement. Noir et brodé du dragon tricéphale, il était d’un tissu lourd idéal pour se protéger de toute intempérie rencontrée lors du vol. Le manteau qui tombait entre les bras de la demoiselle révélait une robe légère, d’un bleu très clair et brodée de perles et d’argent, à la coupe volontairement inspirée de celles portée par les femmes du Bief, largement considérée comme indécente pour les femmes de la Cour, mais devenue de plus en plus prisée à mesure que la chaleur rendait les robes plus courtes insupportables.

Bien vite, Oberyn me présentait un à un les membres de sa famille. Lady Leandra Tyrell, née Arryn, dont la beauté était depuis longtemps clamée dans le royaume tout entier.

« Lady Tyrell, c’est un plaisir de vous rencontrer. »

Je lui adressais un sourire chaleureux avant de me tourner vers son fils, Brynden Tyrell, héritier de la Maison et jeune homme visiblement réservé. Ce fut ensuite au tour de Lady Jeyne, l’enfant que chérissait tant Lord Tyrell. Elle était adorable, d’une beauté indéniable et son regard laissait entrevoir un caractère tout aussi affirmé. Je prenais le temps d’échanger quelques mots avec chacun, passant par la suite au frère d’Oberyn Tyrell, Harys, et sa jeune épouse, Eresys, sœur de Garett Lannister.

Les présentations terminées, je me laissais conduire par Ser Joffrey jusqu’aux appartements qui m’étaient réservés. Mes affaires y étaient déjà rangées, et je ne pouvais que remarquer les petites attentions disséminées çà et là. Le grand balcon donnait sur les jardins, et une petite table agrémentée de deux chaises y avaient été disposés, ornés de livres et autres gourmandises adaptées à mes gouts. Je prenais le temps de découvrir les espaces, attrapant au passage un morceau de gâteau au citron disposé sur la table. Des fleurs, de précieuses étoffes, tout avait été fait pour que je me sente ici comme chez moi. J’aurais voulu flâner davantage, cependant déjà dans les jardins je voyais s’élever de grandes tentes, et déjà les jardins s’animaient de la musique et des douceurs de la fête qui était sur le point d’y commencer.

Je m’habillais d’une robe différente, d’un bleu profond et éclatant, dévoilant largement mes épaules et le haut de mon décolleté. Je n’étais guère habituée à ces tenues, mais puisqu’ainsi allait la mode en ces terres je comptais bien faire honneur aux tailleurs bieffois. Les tresses de mes cheveux étaient défaites, laissant les longues mèches d’un blond argenté tomber en cascade sur mes épaules. La coiffure réalisée par la dame de chambre était un savant mélange de sophistication et de naturel. A mes cheveux se mêlait un joli peigne doré orné de pierres précieuses colorées et d’un dragon sculpté dans l’or. Je prenais le temps de me débarrasser de la poussière et autres marques du voyage avant d’enduire mes bras et mon cou d’une huile sèche au délicat parfum de jasmin. Le temps semblait presque suspendu dans ce palais qui avait tout d’un paradis protégé. Entourée du luxe délicat et précieux du Bief, il me semblait que les guerres et le sang versé étaient à mille lieux de moi. Le peigne délicatement glissé pour retenir quelques mèches de mes cheveux venait compléter un fin diadème que la demoiselle déposait sur le sommet de mon crâne. Discret, il n’en était pas moins précieux.

Déjà en contrebas, sous la fenêtre ouverte de ma chambre qui donnait sur les jardins, les voix des convives et la musique s’élevaient en harmonie. La fête avait débuté. Je me levais doucement, traversant la pièce pour avancer sur la terrasse et jeter un coup d’œil rapide sur ce qui se préparait. Les arches fleuries, les danseurs et musiciens, les longues tables fournies de délicieux mets, des fontaines laissant s’écouler le délicieux vin de la Treille, tout était somptueux. Les dames portaient de très fines robes, toujours de coloris éclatants, les messieurs eux aussi portaient de riches étoffes, à l’image de l’élégance des terres qu’ils habitaient. Tous semblaient rire, se connaître et se charmer. Parmi eux, deux silhouettes retenaient sans peine mon attention, tout cela était lointain mais je reconnaissais aisément la silhouette gracieuse de Lady Tyrell, au bras de son époux.

« Sa Majesté, la reine Rhaenys Targaryen. »

Alors que j’apparaissais en haut d’un escalier de marbre, menant aux jardins, toutes les têtes se retournaient vers moi, et je restais ainsi, souriant à chaque regard que je croisais, attendant le maître de maison qui ne se fit pas attendre. Rapidement, Oberyn Tyrell se trouvait à mes côtés après avoir monté les marches à la volée. Après une révérence gracieuse, il me tendait son bras, un sourire aux lèvres, et je n’hésitais guère à y déposer ma main. Nous descendions les escaliers lentement et entamions notre progression au sein des jardins, à chaque pas nous marquions une pause afin de permettre au seigneur de Hautjardin de me présenter les membres de sa cour et des grandes maisons du Bief.

« Lord Norridge, Lady Norridge, c’est un plaisir. Il se murmure que les membres de votre famille sont d’excellents archers, j’apprécie moi-même cette activité, peut-être aurons-nous l’occasion de nous mesurer les uns aux autres. »

Je les saluais et nous reprenions notre route. Un à un, les seigneurs du Bief me présentaient leur respect, et à chacun j’accordais une phrase personnalisée, ayant mémorisé depuis l’enfance chacune des maisons, la localisation de leurs domaines ainsi que les légendes entourant leurs noms. C’était un devoir auquel mon grand-père, Aegon, n’avait pu nous laisser échapper. Je me rappelais encore ses mots lorsque nous étions plus réticents à apprendre les familles de Westeros et souhaitions plutôt étudier les mystères de Valyria.

« La connaissance est un pouvoir, et en tant que membres de cette famille vous devez connaître les seigneurs qui ploient le genou. Vous devez connaître leurs noms, leurs fiefs, le passé de leurs maisons, leurs allégeances, et connaitre plus encore qu’ils ne pourraient l’attendre de vous. C’est ainsi que vous serez réellement dignes d’être leurs souverains. »

Après avoir finalement salué la grande partie des invités prestigieux de cet garden party, je laissais Oberyn me guider jusqu’à la tente où s’étaient rassemblés les proches d’Oberyn. Je saluais à nouveau son épouse, visiblement éprouvée par la chaleur, son fils, sa fille qui exécutait une révérence parfaite, et finalement sa mère, Grainne Tyrell. Ce n’était pourtant pas la première fois que je la rencontrais, et je me souvenais sans peine des arrivées toujours réussies de Lord et Lady Tyrell aux fêtes de ma grand-mère Rhaenys. Alors qu’Oberyn nous présentait, Lady Grainne se prosternait et semblait attendre que je lui fasse un signe pour se relever.

« Lady Grainne, la dernière fois que nous nous sommes vues je n’avais guère plus de sept ans, peut-être vous souvenez-vous de cette fête donnée par ma grand-mère à l’occasion de mon anniversaire… Vous étiez, comme aujourd’hui, la parfaite ambassadrice de cette belle région qu’est le Bief. »

Je me saisissais bien volontiers de la coupe que me tendait le seigneur de Hautjardin, levant mon verre alors qu'il levait le sien, en un toast silencieux marquant nos retrouvailles.

« J'espère que vous avez préparé votre costume de guerrier Dothraki, Lord Tyrell, ces festivités me semblent n'être que le début de ce que vous avez promis à votre reine. »

J'avais murmuré cette phrase, plongeant mon regard dans le sien pour capter son attention et ne pas avoir à parler trop fort. Notre complicité était nouvelle pour nous, elle serait sans doute surprenante pour les autres. Il était cependant difficile de ne pas interagir comme nous en avions l'habitude, et je craignais de n'être guère certaine de l'attitude à adopter en présence de la famille et des vassaux d'Oberyn Tyrell. Je riais ouvertement après ma petite piqure de rappel à notre dernière conversation avant de lever un verre en direction du reste de la famille Tyrell, me détournant légèrement de lord Tyrell avec un air joyeux.

« Merci, Lady Tyrell, de m'accueillir dans votre demeure, et merci à tous pour cet accueil époustouflant ! »

AVENGEDINCHAINS

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If I look back I am lost
I am the blood of the dragon. I must be strong. I must have fire in my eyes when I face them, not tears. © by anaëlle.
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