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 And burn them all away

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Andrew Osgris

Andrew Osgris
BIEF
■ Localisation : Froide-Douve | Bief
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MessageSujet: And burn them all away   And burn them all away Icon_minitimeLun 18 Mar 2019 - 22:25



And burn them all away


Agnes Crane & Andrew Osgris

Father, oh father. Come fill up my grail! In blood we trust!


« Que voulez-vous dire mon oncle? »  La voix sirupeuse s’élève. Elle livre ses mirettes brillantes à celui qui attise sa curiosité. Elle se recule d’un pas, encaissant le coup avant qu’il ne soit assené. Son regard cherche à percer le mystère des iris sombres qui la fixe, glacials. Les réponses tardent en une dernière hésitation, mais elle patiente. C’est alors qu’elle relève  le menton, acceptant le sort qui tombe, avec la grâce d’une véritable souveraine. « Vous accompagnerez l’ost. »  La dernière consonne n’avait pas encore été prononcée que je devinais le sourire réprimé qui ne s’autorisait jamais à poindre au coin de ses lèvres. Combien de fois avait-elle emboitée mes pas avec l’enthousiasme d’une jeunesse exaltée par l’odeur de la vengeance? Prétextant le devoir de son rang contesté pour se glisser dans les rouages d’une guerre à finir, elle condamnait à jamais le peu d’innocence ruisselant encore dans ses veines. Je ne cillais pas. Dévisageant les traits délicats de ma nièce, je m’imprégnais de l’immaculé que les relents terribles de la vie auraient tôt fait de tâcher. « Vous avez l’hardiesse de votre père » Dis-je en un souffle presque murmuré, entre froideur et admiration. Le ton était tel qu’il s’avérait impossible de savoir s’il s’agissait d’une bonne ou d’une mauvaise chose. Elle me renvoi un sourire splendide. Choisissant de taire les doutes pour n’en accepter que les louanges. « Mon dernier entretien avec lady Crane m’a fait reconnaitre l’importance de votre présence. L’héritière de la maison Osgris se devra d’être témoin de son histoire...»  La douleur imbibe ma décision, mais je m’efforce de rester stoïque . La grue noire s’était faite le modèle édifiant, dont la présence au cœur de la bataille était le maillon précieux dont les fidèles aimaient se rappeler. Il était temps pour Rowena de faire montre d’autant de vaillance. À l’exception près, qu’elle ne pourrait s’abreuver du tumulte des combats que dans un retrait sécuritaire, avec les prières comme seule arme. «...Nous partons ce soir »   La main délicate de la jeune femme s’empressait de saisir la mienne, posant sa paume enveloppante contre mon derme usé. Cette communion tendre évoquait une détermination dont elle avait acquise les subtilités, bien avant que nos routes ne se croisent. Rowena Osgris était prête depuis longtemps...

☩☩☩

L’ébène tape du sabot. La bête est furieuse, impatiente, soufflant bruyamment par ses nasaux pour en exprimer toute sa frénésie. La poigne de fer tire sur ses rênes et elle réagit docilement pour un instant au moins. Mais l’énergie parcours l’animal avec une rage familière à son cavalier. La grande ombre était prête à déferler. Le ciel se consumait de teintes éclatantes si rouge et si vives, qu’il m’était apparu évident que les enfers se déchaineraient, une fois que la pénombre aurait terminé de nous envelopper. La fraicheur timide du crépuscule soufflait agréablement, soulevant les nombreux étendards dont les couleurs alliées s’étaient multipliés au cours des dernières semaines. Entre autre celles des maisons Lyberr, Kidwell et Redding dont l’héritage s’était transmise dans le sang et qui offrirent leur gratitude en embrassant une nouvelle allégeance, prenant les armes pour assurer la prospérité d’une famille déchirée dont ils se faisaient alliés - par la grâce des divins. Les rangs s’étaient resserrés. La poignée d’hommes qui s’étaient fait serviteurs de la foi s’étaient multipliés et d’une maigre centaine nous étions devenus légion. Le fétide Sir des sept enfers cracherait son venin à la vue de cette marée venue lui arracher la vie, confiant que les murs de Boisdoré pouvaient tenir bon. Seul un blasphémateur pouvait se croire imperméable au jugement du Père, par delà des fondations de pierres et en brandissant un titre emprunté et malhonnête. Dans cette dernière contemplation, je repérais sans difficulté la détermination de la grue noire. L’échec de son entretien avec le suzerain du Bief me percutait presque aussitôt. Oberyn Tyrell était l’un de ces hommes dont je dédaignais l’arrogance. Une fois encore, alors qu’il avait l’opportunité de faire autrement, il avait fait montre de son éternel immobilisme. Lui qui avait le pouvoir de mettre un terme à cette guerre fratricide avait choisi de s’en tenir loin, préférant entretenir une image noircie par son indécision et sa lâcheté. Peut-être espérait-il que les lions se dévorent pour en ramasser les miettes une fois que le carnage aurait lieu, or il ignorait les conséquences qui le guettaient alors qu’il avait délibérément fermé les yeux. Tout cela n’était pas du ressort de la jeune femme et si j’avais accueillit froidement le résumé de sa rencontre avec le seigneur opportuniste, je ne l’avais pas tenue pour responsable. Elle restait mon meilleur atout, confiant qu’elle était apte à se faire messagère. Oberyn n’avait pas eu la sagesse de l’écouter. Soit. Il était trop tard pour en ressasser les déceptions. Mais je n’oublierais pas. À petit trot, longeant les rangs une dernière fois, j’élevais la voix à l’intention de ce symbole de la foi guerrière. « Lorsque vous retournerez chez-vous, Rouge-Lac sera vôtre. »  La promesse était tranchante, tout autant que l’épée que je dégainais sans attendre. Cette fois, il n’y aurait pas de discours enflammés. Juste le bruit du métal, puis le silence. Rien n’était plus éloquent que ce bras armé levé dans une dernière prière, que les mots n’auraient su compléter. Après tout, il suffisait de lever les yeux vers Boisdoré et ses hauts murs pour comprendre que tout ce jouait maintenant, à la lueur d’un feu purificateur. Il n’y aurait aucun siège. Et au terme de cette bataille, il n’y aurait plus qu’un seul lion...

☩☩☩

La terre remuée par les échauffourées d’une mêlée infâme, était encore fumante. Le sol était jonché de cadavres retournés un à un, pour en distinguer les braves sacrifiés de nos ennemis. La vermine rampante achevé à grands coups de lance, hurlait à plein poumons dans une symphonie jouant frénétiquement contre mes tempes. Le tapis de chaire et de sang semblait nourrir une terre assoiffée, sous les rayons brûlant d’un soleil trop chaud. L’astre brillant, haut perché, éveillait ainsi les odeurs de la mort, piquant ma gorge à chaque inspiration. Observant le paysage putride de la victoire, j’étais incapable de satisfaction. D’innombrables tâches restaient à être accomplies et de nombreux noms devaient encore être effacés. Les seigneurs coupables d’outrages étaient peu nombreux à encore crapahuter dans la poussière d’une forteresse dont ils avaient fait leur bastion. Malmenés aux mains d’hommes agités par l’énergie de la consécration, ils se pressaient les uns contre les autres, trop fier pour montrer leur peur d’un jugement imminent. J’avais ordonné qu’on les rassemble dans la cour, arrachant les couleurs de leur famille et enserrant les cordes autours de leurs membres. Dans cet attroupement de dévots maudits, je devinais la présence du damné. Un frisson parcouru ma nuque, alors que la chaleur était tout juste supportable. Un soupire court s’extirpe entre mes lèvres. Les violences du combat s’étaient abattus contre mon flanc, rendant impossible l’inspiration profonde de l’air vicié. Je ne m’étais pas attardé à mes blessures, trop entêté par cette éternelle mission dont je me faisais l’émissaire. Qu’importe les maux de la chaire cachés sous les sombres lainages souillés par les torrents d’une pluie de sang. Gravant mon regard sur l’horizon, mes paumes s’érodaient contre la pierre des remparts sur lesquels je m’étais replié à la recherche d’un instant de calme. Un moment de répit trop rarement abandonné par les tourments m’assaillant constamment. Cela serait trop bref. Là, tout en bas, on m’attendait déjà.

Le bruit de pas légers ruinait mes réflexions morbides, bifurquant une œillade rapide vers celle venue se joindre à moi. Je ne me détournais pas de la plaine teintée de rouge, dont l’obsession se muait en prière silencieuses. « Rowena aime raconter de la martyre belliciste, qu’elle est baignée par la sagesse de l’aïeule. » Dis-je avec distance, initiant une conversation avant qu’elle ne m’appel à mon devoir. « Ma nièce a grande foi en vous.»  Puis le silence. Incapable de prononcer les mots qui feraient part de mes propres égards. Et pourtant il ne faisait aucun doute que l’héritière de Rouge-lac avait toute ma considération. Les mots n’avaient pas su trouver le chemin approprié, se coinçant dans ma gorge sèche et trahissant leurs existences pas un manque de chaleur. Mon flegme préservé était indue à une carence démonstrative qui ne surprenait plus. Je préférais détourner l’attention vers le sort réservé à cette protégée qui s’afférait à offrir les derniers sacrements aux mourants, à l’image de son oncle vengeur. L’influence d’Agnes Crane n’était pas négligeable, tant par son apport à la foi qu’auprès du lion échiqueté. La vérité était que moi plus que Rowena, j’avais besoin de ses conseils. C’est préoccupé par de nombreux fronts restant à tenir que j’abandonnais cette ouverture entre mise en garde et sentimentalisme, sautant du coq à l’âne, preuve que les tracas ne cessaient de déferler dans mon esprit. « Cela fait combien de temps que nous n’avons pas eu de nouvelles de frère Harlan? » Trop longtemps. Voilà la réponse qui me brûlait les lèvres. J’étais inquiet. Tout autant que je me préoccupais du sort de ce fidèle, le silence entourant cette épineuse situation m’embarrassait. Que pouvais-je faire de plus? Alors que la carte des territoires du Bief se modifiait encore et que les ressources se multipliaient pour le lion et la foi militante, il me fallait trouver la sagesse que l’héritière de ma famille semblait percevoir en la grue noire.

(c) DΛNDELION

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We were doing something great down here. We were gonna change the world. This was only the beginning.
The sacrament × by lizzou.
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