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 No one ever said it would be this hard (Victory)

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Rohanna Baratheon

Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
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MessageSujet: No one ever said it would be this hard (Victory)   No one ever said it would be this hard (Victory) Icon_minitimeVen 26 Avr 2019 - 23:07


 Victory & Rohanna

No one ever said
it would be this hard

 

 Assise sur son faudesteuil, la maîtresse des lieux observe le grand remue-ménage de la chambre seigneuriale. Éventrés d’une vie passée, les coffres sont par dizaines à offrir leurs couleurs, étoffes et parfums. Leur opulence perturbe l'austérité sacrée des lieux. Ici, tant de richesses sont désagréables et risibles. Heureusement quelques jours, semaines tout au plus, et ce chatoiement serait terni : de Port-Réal il oublierait tout. Les soins prodigués par les servantes pour ces ex-votos malheureux ni feraient rien, Accalmie étoufferait leur source de jouvence. Très bientôt, ils ne seraient plus que des vestiges romanesques. Ceux d’une vie qui n’aurait plus jamais lieu d’être. Les Cerfs couronnés étaient de retour. Désormais, Westeros pouvait bien tomber dans les feux du courroux et de la vengeance ! Cela n’importait plus. Sur ces terres de boues et de larmes, il y avait déjà bien des batailles à mener…



Trop, probablement, pour quelles soient victorieuses à l'unanime. Dès demain, à l’instar de tous les hommes, elle aussi devrait polir son armure. Dans quelques jours la majorité partirait pour les terres des Loups et elle serait à nouveau à la tête de la forteresse ancestrale. Prête à défendre les frontières intérieures et extérieures. Pendant l’absence du Lord, il faudrait aussi veiller à l’avenir d’Allya et lui trouver une place pour que la trahison de son époux ne vienne pas la foudroyer. Quoique… laisser la disgrâce frapper ce royal visage pouvait assurer bien une chose. Arraché aux souvenirs venimeux de sa mère, tel un fils de sang, Boremund serait éduqué dans la véhémence de son oncle. 


Depuis son réveil, ce matin aux aurores grises, la Dame d’Accalmie était sous l’empire d’un trouble ancien. Une glaciale sensation ne voulait plus la quitter. Peu avant l’Aurore, grondant sa colère et sa rancune pour ces mois d’absence à préférer les terres pestilentielles de la Couronne, un air froid et venteux était venu la frapper de mille fouets. Malgré l’épuisement de ces dernières semaines et de ce voyage qui, même court, avait nécessité l’épuisement de toutes ses forces récemment retrouvées, les réalités avaient afflué de toutes parts. Se levant plus tôt qu’à l’accoutumée, Robart l’avait laissé seule dans cette couche trop grande et depuis trop longtemps déserte pour être réchauffée. Quelques minutes plus tard, forcée par l’invisible, elle avait du s’obstiner à le suivre. Le jour était alors encore noir, et tel un songe blanc elle avait du allumer une à une les bougies. Attirées par les soudaines lumières, les servantes étaient arrivées et depuis, les lourdes clefs ancestrales de la forteresses tintaient le long de ses jambes. Dès lors, la journée avait été régentée de manière officielle, sous la houle du tonnerre et de la pluie. La soirée venant, le couple Suzerain avait repris sa juste place. 


« Dame Rohanna? »



Et ses iris migrent vers la lourde porte dans lequel le vent s’infiltre, aigu et déchirant. La vision faite d’une complainte orageuse. Le souffle lui manque et elle croit ses yeux lui mentir. La femme qui est face à elle, n’a rien de l’enfant. Où est l’enfant qu’elle attendait? Dans ses attentes, la plus jeune des Trant n’avait pas changé. Elle était la même que celle qu’elle avait quitté quelques années plus tôt. Le visage figé immortellement de cette prime jeunesse, dans cette robe à la couleur passée d’avoir été trop portée par les aînées de la Maison, les cheveux longs retenus par deux fines tresses… Qui était cette illusion aux traits empruntés qui se tenait devant elle?


Rapidement, d’une manière déséquilibrée, elle se relève pour s’avancer. Incertaine plus elle avance et plus sa vision devient nette et dure. Le voile de la vérité également. Elle était incapable de reconnaître sa sœur parce que, désormais, cinq années les séparaient. Des années si cruciales qu’elles se tenaient toutes les deux aux bords de deux abysses bien différentes. Robb l’avait prévenue, mais elle n’avait rien voulu écouter… Victory n’avait plus rien de la sœur qu’elle avait quitté. Ou était-ce elle, Rohanna Baratheon qui n’était plus fille de Gallowsgrey? 


« Bienvenue à Accalmie. »



D’un signe discret, elle ordonne à la servante qui était allée chercher la jeune Trant de quitter la pièce. Leur réunion, n’avait pas besoin d’être épiée. Elle le serait bien assez tôt, si elle n’était pas déjà sujet à des jacasseries mauvaises. Plus d’un habitant du château devait attendre avec férocité les retrouvailles des filles du Lord Elderick. Or, aucune satisfaction ne viendrait nourrir leur perfidie. Victory serait parfaite et bientôt elle serait acceptée par Robart lui-même.



« Victory… »



Aussitôt la porte close, la Biche Pendue referme ses bras autour de sa sœur. Elle la serre tout contre son grand corps maigre. Porte sa tête dans sa chevelure et se perd dans des odeurs familières qu’elle s’invente. Son souffle s’entrecoupe de grandes inspirations. Il faudrait réinventer l’air. Le corps de Victory est froid, étranger, mais quand bien même elle la serre comme elle n’a jamais serré personne. Les ressacs de la Baie des Naufragés ne seraient être aussi violents que ce qui se joue en elle. Doucement, elle susurre des mots tremblants qui demandent à être pardonnés : 



« Je suis désolée de ne pas être arrivée plus tôt, de t’avoir laissée seule dans cette Cour hostile… »



Ces mots en referment d’autres. D’autres excuses, d’autres désolations, d’autres solitudes. Mais toute la ferveur fraternelle n’y fait rien : ses gestes sont d’une grande disharmonie. L’amour qu’elle porte aux siens anime tout son être, mais ces retrouvailles sont amères. Et, à force d’instants à laisser battre son coeur contre cet autre, elle se recule soudainement gênée de cet emportement. Faîte d’argents et de blancs, la lumière basse violente la grande pièce. Elle n’aurait pas du dire ça, Accalmie n’est pas hostile. Ces pierres sont sa maison. Oui, l’Orage est sa demeure et Victory son invitée. Une obligée.



« T’acclimates-tu à ta nouvelle demeure? Viens, assieds-toi. »



De quelques enjambées vives, elle l’amène aux coussièges donnant une vue imprenable sur la mer déchainée. Une vue bien différente des champs et forêts de chez elles…. et qui avait accompagné tant d'heures de sa vie. Tant de jours où elle avait pensé aux siens sans pouvoir les voir. Et, maintenant, Victory était là.

« Donne-moi des nouvelles de nos terres... »


AVENGEDINCHAINS
 

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I WILL TELL YOU WHAT YOU THOUGHT. YOU THOUGHT THAT I WAS A WOMAN TO BE PITIED AND PAST OVER AND IGNORED.
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